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chez les sauvages avec son père qui devient roi ? Je ne raillerai pas ces lectures, que partagent les héroïnes gracieuses de M. Francis Jammes et la fille de ces petites gens du Languedoc, que rénergie française a transplantés aux confins du grand désert.
Cette petite fille de notre sol, elle retiendra bien de ses débuts au pays natal quelque expression familière, dont se trouvera consolé plus tard un compatriote malheureux et qui passera devant elle cherchant sa route et son futur foyer I Elle se souviendra aussi de son aïeule désolée « parce qu' « Ils » avaient chassé les sœurs de Boghari » et que ce n'était pas bien ce qu' « ils» avaient fait là. Que les cuistres de THumanitairerie, que les libérâtres de la Huguenoterie doucereuse et traîtresse s'insurgent, que les intellectuels de la Loge protestent, je suis bien tranquille, elle épousera peut-être un Maltais, mais son fils lui aussi lira les livres de la comtesse de Ségur et parlera français I
De braves gens, bien sûr I Trop décriés. Parce qu'il y eut des turbulents et des exaltés, que l'on parlait fort et que l'on parlait beaucoup, il y eut des sottises faites. Faut-il pour cela oublier les grandes œuvres ?...
Le bateau filait vers le Nord et l'on n'apercevait plus la bande sombre des côtes escarpées de la petite Kabylie, que je cherchais encore à
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voir une dernière fois ce pays. Tristesse des départs, regret des horizons que Ton aimait et et des heures qui nous ont ému. . Oh mon Algérie française qui me fut une leçon si vivante, où j'entendis les voix chères me prêcher l'espoir et me dicter le courage I Algérie qui m'a fait aimer ma race et mieux aimer ma patrie !
J'étais un mauvais touriste. Si distrait quelques instants par ton exotisme le détraillé de tes mœurs, les bizarreries savoureuses de ta vie libre, j'ai laissé vagabonder ma pensée, elle se reprenait vite devant les promesses de force les leçons nationales qu'on me criait de partout. J'ai pris conscience des efforts anciens et des volontés mystérieuses qui nous poussaient vers tes rives. Volontés secrètes qu'enfantait notre nation et qu'il nous est aujourd'hui donné de réaliser. Laissons donc masquer nos desseins par le verbiage des diplomates, les formules de convention qui font partie de la suffisance peureuse des démagogies. Le désordre actuel que maintiennent à leur profit et hypocritement les maîtres du jour et les conseillers étrangers aura sa fin. Notre France est le pays des patiences robustes et des fortes surprises. On essaiera en vain d'élever sur son sol sacré des autels à la peur. Patientons, les vengeances se préparent et l'heure de la raison doit sonner.. Nous pourrons alors regarder tes rivages et ta frontière. Maîtres chez nous, nous
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pourrons agir et reprendre plus vigoureusement l'action commencée par nos pères et qui semble en sommeil aujourd'hui. De nouveau sur la Méditerranée, lac latin, retentira le vieux cri que nous avons hérité :
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La Langue Française
La Langue française : Sous ce titre La 'Valeur coloniale, dans le Journal du 15 juillet 1906, M. Pierre Baudin publie un article dont nous extrayons les considérations suivantes :
« Cependant l'opinion se demande encore avec inquiétude comment un peuple peut garder et exploiter ses colonies, s'il ne les occupe pas effectivement avec xme majorité de nationaux. On voit souvent revenir cette question, à propos notamment de la Tunisie, où les Français ne sont pas plus de 28.000 en face d'une masse hétérogène composée de 80.000 Italiens, 12.000 Maltais et 1.800.000 indigènes. Et en ce moment même, on se demande ici avec inquiétude s'il convient d'enseigner l'italien dans les écoles de la Régence. Un grand nombre de citoyens s'indignent secrètement qu'on puisse poser une telle question. Enseigner l'Italien dans nos écoles, mais c'est déjà organiser une possession itsilienne I Voilà une des formes et ime des conséquences de la politique théoricienne fondée avec l'idée du peuplement national. Erreur
grave capable d'entraîner à des fautes irréparables, parce qu'elle tend à violenter les faits, à faire plier la vie au joug d'une idée fixe. Enseigner l'Italien en Tunisie, et pourquoi pas ? Pourquoi voulez-vous fermer les yeux à cette chose évidente : les Italiens sont très nombreux, et dans la vie courante, dans les relations nécessaires, l'Italien intervient nécessairement comme le français.
Voudriez-vous que les 80.000 Italiens abandonnassent leur langue pour la nôtre ? Impossible. La sagesse ne commande-t-elle pas qu'on ouvre les écoles aux enfants des deux origines pour leur enseigner les deux langues usuelles ?
Mais, dira-t-on, vous ne garderez pas la Tunisie.
Voilà le sophisme grossier. La puissance d'un peuple ne se manifeste-t-elle que par sa prédominance numérique ? Dans les questions de défense militaire, le nombre joue un rôle important... Encore faut-il aussi y regarder de près et ne pas faire du nombre le dominateur nécessaire. Mais en colonisation le nombre importe peu.
11 y a en Algérie 300.000 Français d'origine, en face de 130.000 assimilés, c'est-à-dire Français improvisés en vertu de la loi, 220.000 étrangers et plus de 3.700.006 indigènes. Si le nombre devait faire ici la loi, nous n'aïuîons plus qu'à plier bagages.