CHAPITRE IX
Kote t.
Voici le recensement de 1844 :
Noril du Saint- Laurent; comtés de Saguenay, 13,737 habitants, dont 13,500 Canadiens français ; — Montmorency, 8,i3i, dont 8,100 C. ; — Que- , bec, 45,761, dont 2i,()0U G. ; — Port-Nenf. 16,440, dont 14,500 C. ; — Champlain, 10,509, dont 10,300 C; — Saint-.Maurice, 21,143, dont 21,000 C; — Berthier, 27,121, dont 26,000 C; — Leinster, 25,583, dont 23,200 C; — Teri'pbonne, 20,786, dont 18,900 C. ; — Deux-Montagnes, 27,132, dont 18,500 C; — Ottawa, 12,516, dont 4,000 C. ; — Vaudreuil, 17,308, dont 15,100 C.
Sud du Saint-Laurent ; comtés de Tllet, 17,048 habitants, dont 17,000 C. ;
— Bellechasse, 11,601, dont 1 4,300 C. ; — Dorchester, 35,137, dont 31,600 C;
— Lotbinière, 13,761, dont 11,3! 0 C; — Nicolet, 16,491, dont 16,21)0 C. Yamaska, 12,352, dont 12,200 C; —Richelieu, 21.255, dont 20,600 C. Verchères, 13,260, dont 13,200 C; — Chambly, 17,154, dont 15,400 C; Montréal, 64,306, dont 27,300 C; — Huntin^dÔn, 36,133, dont 30,500 C. Beauharnois, 29,064, dont. 14,000 C; — Rouville, 23,192, dont 18,000 G. Saint-Hyacinthe, 21,976, dont21,i00 C.
Sud-pst : comtés de Mé^antic, 6.753 habitants, dont 3,900 C.; — Drummond, 9,589, dont 6,000 G.; — Sherbrooke, 13,579, dont 2,000 G.; — Shefford, 10,147, dont 4,300 C.; — Stanstead, 12,015, dont 1,000 G.; — Missisqui, 10,933, dont 1,600 C. ••
Est; comtés de Bonaventure, 8,200 habitants, dont 4,000 C. ; — Gaspé, 7,242, dont 4,000 G.; — Kimouski, 18,800, dont 28,200 G.; — Kamonraska, 18,504, dont 18,300 C.
Total 681,806 habitants dont 324,300 Canadiens français; la répartition du chiffre total des habitants par comtés est tirée de Bouchette ; le chiffre total des Canadiens français nous a été fourni par VE<:sai de M. Langevin ; et nous ivons opéré la répartition approximative dos Canadiens français par comtés, en prenant pour base le travail de Monigommery- Martin sur 1827, comparé avec le Dictionnaire topographique de Bouchette et le recensement de 1831 .
IVote S.
Nous n'avons aucun document précis sur le chiffre des émigrants du Canada i cette époque, mais 1» nous ne pouvons estimer à moins de 3 à 400 hommes par an les pertes résultantes des voyages au nord-ouest, le commerce des fourrures étant alors dans toute sa force ; soit pour 13 ans, 4,000 à 4,500 personnes; 2° ce fut alors que les Canadiens commencèrent à se porter dans les comtés limitrophes du Haut-Canada, où nous en comptons déjà 3 à 4,000. 3" L'insurrection de 1837 détermina un grand mouvement d'émigration vers les Etats-Unis, émigration qui depuis longtemps commençait à s'opérer à petit bruit, mais qui se dessina d'une manière notable à partir do cettn époque et que nous estimons en moyenne à 2,500 âmes par an, d'après le nombre considérable de Canadiens qu'accuso le recensement de 1830 des Etats-Unis, nombre que la seule émigration de 1844 à 1850 ne saurait expliquer.
iVote 3.
Voir le tableau de la noie 1 .
TXote 4.
Voir le Voyage de Weldel le Dictionnaire iopographiqiie de Bouchettc.
Voir dans Bouchette et même dans Montgomraery-Martin, les indications qu'ils fournissent sur les Canadiens qui étaient déjà établis alors dans ces cantons.
Note 6.
En 1760 il n'y avait encore aucune terre concédée dans les deux comtés de Saint-Hyacinthe v,'t de Beauliarnois, et en 1827 il y avait déjà dans le premier 12,846 âmes et dans le second 14^264; on peut voir à la note 1 comment la population s'y trouva doublée en 1844, et en quelle quantité les Canadiens français s'y étaient portés, surtout dans Saint-Hyacinthe.
Note 9.
Dans l'état de milice 1750 (note 9, chap. v), les paroisses de Sainte-Anne, de la rivière Quelle , des caps Mouraska (comté de Kamouraska), formaient quatre compagnies de milice, composées ensemble de 424 miliciens^ plus la paroisse de Rimouski (comté de Rimouski) formait une compagnie de 56 miliciens. Le tout ensemble suppose une population de 2,200 âmes environ, c'était alors tout» la population européenne de la région de l'esté plus peutêtre quelques pécheurs et trafiquants de fourrures, cantonnés sur les rivages de Rimouski et de Gaspé. Or en 1827 nous trouvons 13,844 habitants en Kamouraska, 7,762 en Rimouski, el en Gaspé, 5,617, dont 2,500 Canadiens; nous ne parlerons pas de Bonaventurc, où les Français sont d'origine acadienne., c'était donc alors plus de 23,000 habitants franco-canadiens dans cette contrée; en 18i4nous en trouvons dans ces trois comtés plus de 40^000, la progression est donc bien remarquable durant cette dernière période, surtout dans le comté de Rimouski, où étaient attirés de nombreux émigrants des cantons voisins par les propriétaires des seigneuries presque désertes de cette côte.
Note 8.
Le capitaine Fortin, de la marine provinciale du Ganada,'de qui nous tenons une partie de ces détails, nous a dit y avoir vu en 1858 une femme âgée de près de 100 ans, qui y était venue en 1780, amenée là avec son mari par M. Coiîin : ils étaient la quatrième famille qu'il avait fait venir; cette femme pouvait alors (1858), disait-elle, rassembler autour d'elle 450 descendants. Les chiffres de population sont extraits de Bouchette, sauf le dernier, qui provient du cens de 1851 ; aujourd'hui la population dépasserait certainement de beaucoup 3,000 âmes, si le défaut d'espace ne forçait pas ces pauvres Acadiens à une nouvelle émigration. Depuis plusieurs années une partie de leur excédant se dirige sur les rivages du Labrador; M. l'abbé Forland, dans son excursion sur ces eûtes, trouva établies non loin de Mingan une vingtaine de familles venues des îles- Madeleine : « Xous étions autrefois fort heureux, lui « disait l'un de ces Acadiens, mais en augmentant en nombre les plaies « d'Egypte sont tombées sur nous. Les trois premières sont venues avec les « mauvaises récoltes, les seigneurs et les marchands ; les quatre autres sont « arrivées avec les gensde loi : du moment que les avocats ont paru, il n'y avait « plus moyen d'y tenir. »
Kotc 9.
Deux pièces émanant de M. de la Jonquière, l'une du 2o et l'autre du 28 octobre 1750, établissent qu'il a accordé à mademoiselle do Ramsay, sur la rivière au Sable, une concession de six lieues de front sur le lac Champlain, savoir : une lieue au-dessus de la rivière au Sable et cinq lieues au-dessous. {Archives.)