‹ La France aux coloniesChapitre 65 sur 85 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Note 1.

En 1831 on comptait plus de 121,000 Anglais (et non 111,000 comme il a été mis par erreur), sur un total deotl,000; en 18-14, 16n,000 Ang;lais, sur 699,800 âmes; et en 1831, 221,000 sur 890,000 ; il est facile de calculer que la proportion à ces trois époques est toujours la môme, de 2i à 23 p. 100.

I^otc 'l.

{Extrait du cens de 1830 des Etats-Unis.) Dans l'état du Maine, li,181 émigrants nés dans l'Amérique anglaise; — Vermont, 14,470; — Massachusets, 13,862; — New-York, 47,200; — Pensylvanie, 2,300; — Louisiane 499; — Ohio, .S,880; — Midiigan, 14,008; — Illinois, 10,699; — Missouri, 1,033; — Wisconsin, 8,2"; — Minnesotta, 1,417. — Nous ne citons que ces Etats, parce que ce sont ceux-là qui nous paraissent avoir pu attirer le plus grand nombre de Canadiens français. Tous cependant no le sont pas, ime partie vient de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick, notamment dans le Maine et le Massacluisets. Nous n'estimons pas que dans ces deux Etats il y eut plus de 12,000 Canadiens français. Dans l'Etat de New- York il en vient de toutes les parties de l'Amérique anglaise; néanmoins, à cause du voisinage pins immédiat des Canadiens français, nous estimons leur nombre « à environ 18,000. Dans la Pensylvanie, dans l'Oliio, dans le Michigan et dans / le Wisconsin, les émigrants du Haut-Canada et des autres parties de l'Ame- | rique anglaise doivent se partager s;ms doute avec ceux du Bas-Canada ; ' néanmoins nous n'estimerons ceux-ci qu'à 12,000; mais dans le Vermont, la Louisiane et le Mis^^ouri, ces derniers doivent former la presque totalité, et dans rillinois et le Minneso'ta, la majorité; nous les estimons donc dans ces cinq Etats au moins à 22,000 âmes, soit en tout 64,000. Mais nous sommes certainement dans cette évaluation au-dessous de la réalité, parce que nos estimations partielles sont trop basses, et qu'il faudrait encore tenir compte des Canadiens dispersés dans les autres Etats ; aussi l'opinion commune estelle au Canad:i que les Franco-Canadiens étaient pour plus de moitié dans les émigrants de l'Amérique anglaise aux Etats-Unis.

Nous nous basons dans ces ap[)réciations sur les données que nous ont fournies 1° l'enquête faite au Canada en 1837 sur l'émigration et qui nous indique les points principaux où se portaient les Canadiens; 2" sur l'examen de la répartition des diverses paroissfs catholiques des Etats-Unis et la recherche des points où le service religieux a lieu en français; 3" sur de nombreuses informations, par nous recueillies, sur la répartition des Canadiens français aux Etats-Unis.

Les documents sur l'émigration, M. Taché et beaucoup d'autres estiment aujourd'hui à plus de 130,000 b's Franco-Canadier.s répandus aux Etats-Unis; il est vrai que dès 1830 ils estimaient cette émigration plus haut que nous ne le faisons.

La société de Saint-Jean-Baptiste a été fondée en 1837 par M. Ludger Duvernay.

IVotc Z bis.

D'excellents ecclésiastiques du Canada sont venus irtablir en ce canton l'ordre et la paix des consciences, mais toute émigration nouvelle du Canada n'ei> est pas moins arrêtée. Voici l'état actuel do celte intéressaMte colonie : Bourbonn/ns, qui est le groupe le plus considérable, est à 16 ou 17 lieues sud-ouest de Chicago, et contient TiOO familles canadiennes, il y a à peine une cenlarne d'Américains dans la localité ; à t2 ou 3 lieues de Bourbonnais, Mantetio, contient 30 familles canadiennes et environ autant d'Américains et d'Irlandais; un peu plus à l'est, les Petites-Iles^ l'i familles canadiennes seules; à 4 ou 5 lieues au sud-ouest, Suinte-Anne, 170 familles canadiennes et 2o américaines; aux environs de Sainte-Anne se trouvent Suinte-Marie, 7o familles toutes canadiennes; V Erable, GO familles toutes canadiennes; Momenée, 15 familles canadiennes; Aroma, 12 familles canadiennes; la Rivière de Kankaliée, 2o familles canadirnnes; dans ces trois derniers endroits les Canadiens sont mêlés avec des Américains, des Allemands et des Irlandais,

Au centre à peu près de tous ces établissements est une petite ville américaine qu'on nomme Konkake'e, qui contient quelques mille âmes, parmi lesquelles 50 familles canadiennes. Pour compléter l'état de situation de ce pays ajoutons qu'à Chicago même, capitale de l'Illinois, il y a environ 400 familles canadiennes, et qu'au sud-ouest de Chicago, à environ 80 lieues de cette ville, 30 h 40 familles canadiennes ont fondé une autre petite colonie.

Pour nous restreindre au groupe de Bourbonnais et de Sainte-Anne, on voit qu'en calculant à raison de six personnes par famille, et en laissant de côté la petite ville de Kankakée, il s'y trouve concentré près de 6,000 Canadiens parmi lesquels se trouvent à peine mêlés 7 à 800 colons d'une différente origine.

IMote 3.

Il s'est constamment entretenu des relations et même un certain courant d'émigration entre les Canadiens du Missouri et du sud de l'Illinois et ceux du Canada; la Rochefoucauld dans son voyage en 1795, rencontra une famille canadienne, le père, la mère et quatre enfants, partis de Montréal en canot d'écorce et qui allaient s'établir aux Illinois; Parckmann, en 1840, dans son Trciil of Oregon, cite plusieurs Canadiens des environs de Saint-Louis comme étant natifs du Canada; le recensement de 1850 accuse dans le Missouri seul 1,053 individus natifs de l'Amérique anglaise. — Pour la situation des Franco-Canadiens du Missouri et du sud de l'Illinois, voir V Appendice.

Idiote 4.

En relevant les paioisses catholiques des Etats-Unis en 1853, nous trouvons sur le lac Ontario et le lac Erié, dans le comté de New-York, 7 paroisses où le service se fait en français, savoir: Petite-France, Oswego, Rochester; 2 paroisses à Buffalo, Cape- Vincent ou French-Creek et Rosière ; en Pensylvanie, 2 paroisses près Meadville, savoir : Saint-Hyppolite et Saint-Pierre Saint- Paul; dans l'Ohio, la rivière Toussaint, près Sanda>ky, et Saint-Walbert, près Versailles, comté de Shelby. En 1842 le cap Vincent se composait d'une soixantaine de familles émigrées de France et d'une vingtaine de familles allemandes.

IVote 5.

On peut voir le tableau détaillé et officiel du recensement de 1851 au chapitre 1", et le tableau du recensement de 1844, à la note 1, chap. ix. — Quant à l'émigration aux Etats-Unis, que nous évaluons à 30,000 âmes, on peut voir

par la noto 2 de ce chapitre, qu'elle est plutôt au-dessous qu'au-dessus de la réalité. — Nous expliquons aussi fort amplement au chapitre xii, page 221, comment nous trouvons en 1851 comme en 18il une progression beaucoup plus élevée qu'auparavant. Mais nous ferons observer ici en outre combien les données sur le cliiffre de la population franco-canadienne étaient peu régulières et peu sûres en lT8i et en 1831 , puisque pour établir la quotité de cette population sur la masse totale, nous avons été obligiis de recourir par' des inductions à une évaluation approximative; ces évaluations, que nous avons restreintes, de peur de paraître en forcer le chiffre, ont donc pu très- bien à chacune de ces époques nous laisser au-dessous d^'. la vérité, de sorte qu'il y avait peut-être moins d'Anglais et pins de Canadiens que nous ne l'avons calculé, et par suite la progression de ces derniers a pu se trouver estimée, par nous, trop faible.

Enfin, comme nous le faisons observer au chapitre xii, nous n'avons pu alors tenir compte de l'émigration des Canadiens : or, quoique bien moins forte alors que dans ces derniers temp?, l'émigration aux Ktais-Unis n'en existait pas moins depuis déjà bien longtemps, car Weld nous parle de Canadiens qui se louaient comme douiestiques aux Etats; la Rochefoucauld en 1795 prit pour guide dans le Genessée un Canadien nommé Poudrit qui s'y était établi et marié avec une femme indienne; en Virginie même il en rencontra uu autre nommé Duchoi/uct; M. Quevillon, prêtre canadien envoyé en mission dans le Verniont, il y a une dizaine d'années, fut fort étonné de rencontrer dans l'intérieur même du pays divers groupes de familles canadiennes qui y étaient établies depuis fort longtemps déjà. Si à toutes ces émigrations nous ajoutons l'émigiation bien constante qui se faisait cliaque année du Canada vers le nord-ouest, il deviendra visible que l'accroissement réel de la population canadienne était plus fort que l'accroissement apparent que nous avons observé en 1784 et 1831.

IVote 6.

La progrefsion vers le nord eut surtout lieu dans les comtés d'Ottawa, de Leinster, de Berthier, de Saint-Maurice, de Port-Neuf et de Saguenay; dans celui d'Ottawa, jusque-là délaissé en quelque sorte à la colonisation anglaise, sauf la seigneurie de la Fetite-y'ation, nous voyons les Canadiens commencer à pénétrer en nombre notable dans les townships de Templeton. de Buckingham, de Masham, du Calumet, des Allumettes et d'Aylmer. (Voir note 5, chapitre xi.)

!«ote t.

Le mouvement d'expansion des Canadiens en arrière des anciennes seigneuries fut dû dans ces comtés à la bienfaisante initiative de M. l'abbé Mailloux. (Voir note 7, chap. xi.)

]%'ote S.

Dans le comté de Shefford, les Canadiens forment déjà la majorité dans quatre townships limitrophps des comtés de Saint-Hyacinthe et de Rouville, savoir : dans Miilon, 1,.^08 Canadiens sur 1,741 habitants; Roxton, 1,013 sur l,22(î; Ely, 581 sur 1,018; Stukeley, 1.572 sur2,l!)f. Dans tout l'ensemble du comté ils sont 7,290 sur 16,482 ; en IHtt ils n'éiaifnt que 4,300 sur 10,147, ils ont presque doublé tandis que la population anglaisi? n'a augmenté que de 1 sur 2. — Dans le comté de Drummond ils forment la majorité dans onze townships, sur lesquels sept peuplés par eux presque exclusivement; depuis 1844 ils ont doublé, tandis que les Anglais n'ont pas même augmenté de 1 sur 2. — Dans celui de Mégantic les Canadiens forment à jien près la totalité dans six townships, et la majorité dans deux autres; depuis 1844 ils ont plus que

doublé, mais ici les Anglais les suivent do près, car ils se sont presque doublés. — Dans le comté de Sherbrooke même, où jusque là on avait h peine vu des Canadiens, ils commencent déjà à peupler trois townships, Weedon, Winslow et Stratford.

Pour la région de l'est, voir note 8, chap. xi.

Sur les confins du Haut-Canada les Canadiens étaient surtout agglomérés : comté de Prescott dans l'ancienne seigneurie do Longueil ou l'Orignal où ils sont en majorité, dans Hawkesbury, Est, Alfred et Plantagenet, où ils sont presque la moitié de la population ; comté de Glengarry dans le townsliip de Charlottembourg. (Voir note 9, chap. x.i.)

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