Les affluents de la Seine. — Elle reçoit
(1) La liste complète des affluents navigables de chaque bassin se trouve au Tableau de statistique, n° 6.
LE SOL
1° Sur la rive droite :
L’Aube, qui prend sa source au plateau de Langres et coule entre de belles prairies ;
La rivière d Yères, bordée de maisons de campagne ;
La Marne, qui prend sa source près de Langres et qui, grossie de la Biaise, de l’Ornain, du petit et du grand Morin, de 1 Ouicq, se jette dans la Seine à Charenton, après avoir baigné Chaumont , C hâtons, Épernay, Meaux, etc. ;
L’Oise, dont la source principale est en Belgique, près de Chimay (forêt des Ardennes), et qui reçoit VAisne (accrue de la \ es le) né dans l’Argonne au mont Beuvron, e le Thérain qui passe à Beauvais. L’Oise se jette dans la Seine, à Conflans-Sainte-Honorine ;
L’Epte , qui fut Iontemps la frontière des ducs de Normandie et des rois de France ;
L Andelle , dont la vallée est renommée par sa verdure et par ses fabriques ;
2° Sur la rive gauche :
L’Yonne, qui prend sa source dans Fétang de Belle- Perche (Morvan), qui arrose Auxerre , et qui, accrue de 1 Armançon, se jette dans la Seine à Monter eau- f ault-Y onne (c’est-à-dire Montereau où l’Yonne fait défaut) ;
Le Loing , dont le confluent est près de Moret;
L 'Essonne, dont le confluent est à Corbeil ;
La Bièvre, dont l’eau, noircie par les fabriques, se déverse dans la Seine à Paris ;
L’Eure, qui prend naissance dans le plateau du Perche (forêt de Longny), arrose Chartres, reçoit l’Iton qui se perd quelque temps sous terre, puis arrose Evreux et se termine a Pont-de-l’Arche ;
La Elite, qui descend des collines du Perche et se jette .dans l’estuaire de la Seine.
3i. Le bassin de la Seine. — Les eaux de ces rivières confluent vers la Seine dont le lit occupe le fond du bassin. La ceinture est formée par les plateaux de Caux et de Picardie, par les Ardennes occidentales, VArgonne et les monts
du Bassigny , par le plateau de Langres el la Côte-d’Or, par le dos d’entre Seine et Loire el les collines du Lieuvin . Sa superficie est de 4,327,000 hectares et présente l’aspect d’une vaste plaine où les montagnes n’apparaissent guère que vers la limite orientale, mais que coupent plusieurs rangs de coteaux correspondant en général aux diverses formations géologiques.
35. Les bassins secondaires de la Seine. — Ils forment trois groupes :
1° Le bassin de la Somme qu’enveloppent les plateaux d’Artois, de Picardie et de Caux; ses cours d’eau sont :
La Liane qui arrose Boulogne ;
La C anche qui arrose Montreuil ;
L ' Authie, trois petites rivières q i coulent dans une direction à peu près parallèle ;
La Somme, qui prend sa source près de l’Escaut et de la Sambre, à la naissance du plateau d’Artois, coule au fond d’une vallée tourbeuse, devient navigable, grâce à la canalisation, depuis Saint-Quentin, arrose Amiens , Abbeville et, après un cours de 220 kilomètres, se jette dans la Manche, en formant, à son embouchure, une baie assez arge, mais encombrée de bas-fonds ; elle reçoit l’Aivre;
La Bresle, qui arrose Eu ;
L ’ Arques, qui, grossie de la Bclhune, arrose une vallée t<’ès- fertile et se jette à Dieppe ;
2° Le bassin de la baie de la Seine , formé par les collines du Lieuvin, du Perche, de la Normandie et du Cotentin ; ses cours d’eau sont :
La Touques qui arrose la vallée d’Auge ;
La Dire ;
L’Orne, qui a sa source dans le plateau du Perche et qui passe à Caen ;
La Vire, qui arrose Isigny et se jette dans la même baie que la Douve ;
3° Le bassin de la baie de Saint-Malo , borné par les monts du Cotentin, de Bretagne et d’Arrée, comprend :
LE SOL
La Sée, qui arrose Avranches et qui se jette, ainsi que la Sélune et le Couesnon , dans la baie du mont Saint-Michel ;
La Rance , qui prend sa source dans les monts de Bretagne et qui arrose Saint-Malo ;
La Trieux et la Jaudy, dont l’embouchure est près de la pointe du Sillon.
36. La Loire. — La Loire, le plus grand fleuve de France (cours de 1,126 kilomètres dont 750 navigables), prend sa source au mont Gerbier-desJoncs (mont du Vivarais), dans le département de l’Ardèche, à 1,420 mètres au-dessus du niveau de la mer, coule avec rapidité vers le nord dans une très-étroite vallée bornée par les Cévennes et par les monts du Forez, passe au pied du Puy, devient navigable à Saint-Just (département de la Loire), arrose la plaine du Forez, Roanne , incline au nord-ouest à partir de Digoin, sous l’influence du massif du Morvan qui l’arrête dans sa course vers le nord, passe à Nevers , Sancerre , Cosne , Gien , puis, rencontrant le relief produit par le sous-sol crétacé qui était autrefois le rivage du golfe de la Seine et qui se relie lui-même au massif de Bretagne, elle tourne brusquement au sud-ouest ; c’est au point le plus septentrional du fleuve, à proximité de la Seine, qu’a été bâti Orléans , entrepôt de commerce autrefois très-important. La Loire baigne ensuite, dans une riche et belle plaine, Blois , Tours; puis se dirige vers l’ouest, décrit un arc de cercle vers le nord en baignant Saumur , Ancenis, Nantes, et va déboucher dans l’Océan à Saint- Nazaire, entre les pointes de Chemoulin et de Saint-Gildas .
La marée se fait sentir jusqu’à Nantes et au delà. Le lit du fleuve est large (350 mètres en moyenne); mais il est partout embarrassé de bancs de sable. Bien de plus capricieux que ses eaux. Tantôt elles débordent et inondent les basses plaines de sa vallée avec d’épouvantables ravages. Pour les contenir, on a élevé sur la rive droite, de Blois à
Angers, une cligue, la Levée, qui remonte, dit-on, à Charlemagne; les travaux actuels, exécutés en pierre et sur pilotis, datent de la fin du xvn e siècle; sur les deux bords d’ailleurs, on a dû l’encaisser dans des digues de terre ; mais dans les grandes crues qui dépassent 7 mètres, ces digues sont quelquefois rompues. Tantôt, à l’époque de la sécheresse, l’eau manque ; le lit ne présente pour ainsi dire qu’une suite de bancs de sable jaune, au milieu desquels serpentent de maigres canaux; les bateaux ne sauraient trouver la route tortueuse qu’il leur faut suivre sous peine d’échouer, si les jalons, piqués de dislance en distance, ne marquaient la voie navigable.