TROISIÈME PARTIE
LA POLITIQUE
69. L’homme. — La nature fournit le soleil et la terre; l’homme met en œuvre ces forces naturelles, crée la richesse, forme les sociétés et fonde les États. L’homme, dans l’étude de la géographie, comme dans l’élude de l’économie politique et des autres sciences morales, doit être considéré comme la fin que se propose la science. La nature est l’instrument; l’homme est l’agent; il se sert d’elle comme de son bien légitime et en vue de son propre intérêt. 11 s’établit sur le sol dont il fait sa propriété par le travail; il en tire les produits de l’agriculture ; il y trace ses voies de communication ; il le rend plus habitable par ses constructions et ses aménagements; il le divise en circonscriptions diverses correspondant aux divers besoins de sa politique et de son administration ; il le défend par ses armées. Possesseur des ressources du sol, l’homme, par son industrie, les convertit en produits propres à être consommés; par le commerce intérieur, il les fait passer du producteur jusqu’au consommateur; par le commerce extérieur, il y ajoute les ressources des pays étrangers et il étend lui-même, par la colonisation, son autorité sur les contrées lointaines ; par la religion, par l’instruction, par la justice, par la police, il exerce son action, non plus sur la nature, mais sur lui-même, pour réprimer le mal, développer les germes du bien, améliorer sa condition morale et élever son âme jusqu’à Dieu. L’ensemble compose les harmonies sociales que nous allons étudier.
L’état de la population, considérée dans son développement, dans son bien-être et dans sa moralité, est en quelque sorte la résultante de ces diverses influences naturelles et morales.
l re section.