‹ La France (avec ses colonies) (volume 2)Chapitre 29 sur 87 · Epi de froment · texte numérisé non relu

Epi de froment

réales ; il se divise lui-même en un

grand

nombre de

races qui constituent, les unes, les blés tendres (ce sont les plus nombreuses), et les autres, les blés durs (en France, cultivées seulement dans quelques terrains du Midi), ou bien considérées d’après l’époque de la culture, les blés d’ automne qui se sèment généralement en octobre ou novembre, et les blés de printemps ou trémois qui se sèment en mars ; on les distingue quelquefois aussi en blés barbus et en blés sans barbe.

La culture du froment est en progrès. On y consacre un plus grand nombre d’hectares qu’autrefois, et chaque hectare rend en moyenne un plus grand nombre d’hectolitres: ainsi 4 millions f/2 d’hectares étaient ensemencés en 1815 et rendaient 40 millions d’hectolitres, soit 9 hectolitres par hectare : aujourd'hui près de 7 millions d’hectares ensemencés rendent, dans une bonne année moyenne, environ 100 millions d’hectolitres , soit 14 hectolitres par hectare ( Tabl. de stat., n°‘ 9 et 13.)

La partie la mieux partagée est celle du nord oues t où sont les départements du Nord , le plus productif de tous, de la Somme , du Pas-de-Calais , de 1 ’ Aisne, de l'Oise, de Seine-et- Marne (Brie), de Seine-et-Oise d’ Eure -et- Loir (Beauce), de V Eure, de la S cine- Inférieure . Puis vient la région de la Basse-Loire avec les départements de Maine-et-Loire , delà Loire- Inférieure et de la Vendée , et, enfin, le département de Saône-et-Loire et celui du Gers. Dans chacun d’eux, on récolte de 2 à 3 millions 1/2 d’hectolitres ; aussi le froment est-il généralement à meilleur marché au nord qu’au midi de la Loire. (V. Tabl. de slat ., n° 11.)

La région la moins bien partagée est celle des départements de la Haute-Loire, de la Lozère, du Cantal, de la Corrèze, de la Creuse, le moins productif de tous (Massif central), de la Savoie, des Hautes-Alpes, des Alpes-Maritimes, des Hautes-Pyrénées (Alpes et Pyrénées). Dans chacun d’eux, on récolte moins de 300,000 hectolitres.

94. L’épeautre. — L 'épeautre ne diffère guère du froment que parce que la balle adhérente au grain ne s’en

I/AGR1CU LTU R E.

sépare pas au hallage et doit être enlevée par une opération particulière : c’est pourquoi on l’appelle blé vêtu. Il n’est cultivé en France qu’en petite quantité, dans le nord et le nord-est de la France.

95. Le seigle. — Le SEIGLE (Voir la fi g. 8, représentant un pied et un épi de seigle) est le blé des terres légères et des contrées pauvres ; c’est pourquoi sa culture recule devant le froment, à mesure que la richesse augmente et que des marnages modifient le sol. Aussi les départements qui en produisent le plus sont-ils en général les moins riches :

Haute-Loire , Puy-de-Dôme, Allier, Haute- Vienne, Creuse , Corrèze (Massif central), Morbihan (sol granitique), Marne (Champagne pouilleuse et Argonne). (V. Tabi. de stat., n° 12.)

Il occupe environ 2 millions d’hectares et rend en m >yenne 25 millions d’hectolitres.

Souvent on sème et on récolte un mélange de froment et de seigle que l’on nomme méteil. Cette culture occupe environ un 1/2 million d’hectares dans la Somme, l’Oise, etc. (V. Tabl. de stat . , n° 12.)

90. L’orge. — L’orge (Voir, page suiv., la fig. 9, représentant un épi d’orge), qui comprend diverses espèces, est une graminée plus courte en paille et plus petite en épi que le blé. Elle vient dans les mêmes terres que le froment ; elle se sème au printemps (1) et donne en général une récolte

abondante : mais elle a des qualités alimentaires bien infé- (l) Excepté l’escourgeon, orge d’hiver.

L’AGRICULTURE

rieures au blé : aussi Pemploie-t-on en grande partie pour la fabrication de la bière, (v. Tabl. de stat., n° 12 .)

Elle occupe environ 1 million d’hectares, rendant 20 millions d’hectolitres (Champagne , Côte-d’Or, Eure-et- Loir, Flandre, etc..)

97. L’avoine. — L’avoine (Voir la fig. 10 , représentant un épi d’avoine), qui a longtemps servi à nourrir les hommes et qui les nourrit encore dans certaines contrées, n’est plus guère consommée en France, aujourd’hui, que parles chevaux ; c’est cependant de l’avoine qu’on tire le gruau. Elle craint la sécheresse; partant, elle est cultivée surtout dans la région du Nord-Ouest, dans la Lorraine et dans la Champagne ; elle peut donner, principalement l’avoine d’hiver qu’on sème dans l’ouest (1), plus de 40 hectolitres à l’hectare (V. Tabl . de stat., n° 12..)

Mais la moyenne n’est guère que de moitié, et la production totale est de 75 millions d’hectolitres sur une surface de plus de 3 millions d’hectares.

98. Le maïs. — Le maïs diffère beaucoup, comme aspect, des précédentes céréales. C’est une forte tige surmontée, à l’époque de la fructification, d’une hampe portant le bouquet des fleurs mâles, et garnie de larges feuilles épanouies, aux aisselles desquelles apparaissent les épis dont les grains très-nombreux et très-serrés sont symétriquement disposés sur un axe charnu (Voir la fig. Il, représentant, 1° une touffe de maïs, 2° les fleurs mâles, 3° un épi). C’est une céréale de printemps qui exige, comme toutes les plantes sarclées, une grande main-d'œuvre. Le maïs est particulièrement cultivé dans toute la région du Sud-Ouest et dans une partie de la région du Sud-Est (Bourgogne et Franche- Comté); il sert à la nourriture des hommes qui en font des pains non levés ou de la bouillie, connue sous le nom de gaude, et à la nourriture des volailles et des bestiaux

(1) L’avoine de printemps, à cause de la rigueur de l’hiver, est Ja seule cultivée dans le Nord.

auxquels ses feuilles fournissent un abondant fourrage. (Voir Tabl. de sfat ., n° 12.)

Toutefois les surfaces ensemencées ne dépassent pas

Fig. il. — Maïs.

G00,000 hectares ; elles produisent à peu près 10 millions d'hectolitres.

99. Le millet. — Le millet, très-cultivé en Italie, l’est peu en France, et seulement dans le Morbihan, les Landes, etc. (V. Tabl. da stat., n° 12.)

100. Le sarrasin. — Le sarrasin, que l’on nomme dans certaines parties de la France blé noir, se présente avec un aspect particulier : tige herbacée et rameuse, portant des feuilles triangulaires, de l’aisselle desquelles partent des faisceaux de petites fleurs roses et blanches, puis des

L’AGRIC ULTU RE.

fruits noirs (Voir la fig. 1 2, représentant l’extrémité d’une tige de sarrasin en fleur).. Il exige très-peu de main-d’œuvre et il est généralement cultivé dans les terrains les plus pauvres. Cependant il préfère les climats tempérés et quelque peu humides, les terres siliceuses et granitiques: c’est pourquoi il réussit surtout en Bretagne , en Normandie , dans le massif central , dans l’Ain, dans Saône-et-Loire. Dans les contrées riches, on le réserve exclusivement aux animaux ; dans les contrées pauvres, on en fait une sorte de pain ou des galettes. (V. Tabl. de stat., n° 12.)

Sa production est de 10 millions d’hectol. sur 700,000hect.

101. Le riz. — Le riz a besoin d’un grand soleil et d’un sol inondé : c’est une culture du Midi (Pyr.- Orientales), productive, mais malsaine et presque entièrement abandonnée en France.

Le millet occupe à peu près 40,000 hectares dans le Morbihan, les Landes, la Gironde, etc.

102. La pomme de terre. — Après les céréales, un des premiers produits de l’agriculture à mentionner est la pomme de terre qui les remplace souvent et que l’on nomme à juste titre « le pain tout fait » des pauvres. C’est un tubercule (Voir la fig. 13, représentant un pied avec ses racines et

ses pommes de terre) originaire d’Amérique qui, longtemps dédaigné en France (excepté dans les Vosges où il était cultivé dès la fin du xvii e siècle), doit surtout aux efforts de

Parmentier d’avoir été enfin apprécié en France au commencement du xix* siècle. Elle occupe aujourd’hui plus de 1 million d’hectares, et sa récolte, très-variable d’une année à l’autre, dépasse souvent 100 millions d’hectolitres ; elle est cultivée dans tous les départements, principalement autôur de Paris , dans la région du Nord, du Nord-Est , dans la vallée de la Saône et dans le Maineet-Loire. (V. Tabl. de stat., n° 12 )

103. Les légumes. — Les légumes sont, au point de vue de la vente, de deux genres très-distincts : 1° les légumes secs , haricots, cultivés surtout dans les environs de Paris, de Soissons, d’Orléans, de Lille, dans le nord, nord-ouest et sud-ouest; lentilles dans l’est et dans le midi (Avignon, etc.); fèves dans le nord et le nord-est, la Vendée, le Gers, etc., qui seuls ont été longtemps l’objet d’un commerce important et lointain ; 2° les légumes frais , pois, choux, carottes, salades, asperges, artichauts, etc., qui, devant être consommés peu de temps après la récolte, étaient pour la plupart produits dans le voisinage du marché et avaient donné naissance à la culture maraîchère près des grandes villes (1). Aujourd’hui, les chemins de fer permettent de cultiver ces derniers au loin (Roye, Senlis,

(1) On compte environ 1,300 maraîchers dans Paris et la banlieue.

L’AGRICULTURE

ïVi

Compïègne, Orléans, Nantes, etc.) ; les primeurs du Midi (Niort, Bordeaux, Montauban, Avignon, Algérie etc.), et quelques légumes des maraîchers de Bretagne (Roscoff, etc.) approvisionnent Paris. (V. Tabl. de stat. y n<>» 14 et 15.)

104. La betterave. — Les plantes industrielles, nous 1’avons déjà dit, sont le cachet d’une culture perfectionnée : c’est pourquoi elles se rencontrent surtout dans nos départements du Nord. (Tabl. de stat., n° 16.)

En première ligne vient la betterave (Voir lu fig. 14, représentant une betterave sans ses feuilles, avec l’indication de la partie qui pousse sous terre), qui, comme la pomme de terre, n’est entrée que depuis le commencement de notre siècle dans les habitudes de l’agriculture. Elle est destinée, soit à la nourriture du bétail, et à ce titre on la cultive un peu partout, soit à la fabrication du sucre, et à ce titre on la cultive en très -grande quantité dans les départements du Nord , de ! * Aisne , d u Pas -de - Calais , de la Somme , de l 'Oise, de Seine-et-Marne et de Seine-et-Oise ; elle occupe plus de 130,000 hectares. Excellente culture qui permet, à l’aide des résidus et des feuilles, de nourrir un nombreux bétail, £t, par conséquent, d’avoir un fumier abondant qui féconde les terres à blé. Dans l’arrondissement de Valenciennes, où la betterave est le plus cultivée, le blé donne 27 hectolitres à l’hectare.

fi

[il.

103. Les plantes textiles. — ■ Les plantes textiles, en France, sont le chanvre et le lin. El les occupent 200,000 hect.

Le chanvre est une plante d’une hauteur de 2 mètres environ (Voir, la flg. 15, représentant la fleur du chanvre mâle) qui se sème au printemps et se récolte trois ou quatre mois après; il vient dans les terrains riches, profonds et frais. Il est cultivé dans un grand nombre de provinces, surtout dans la région du Nord-Ouest {Aisne, Picardie , Normandie , Maine , Anjou , Bretagne , Touraine ), dans VEst , dans la Limagne et le Dauphiné . Il donne deux produits, la graine ou chenevis, et la tige dont les fibres fournissent la

Fig. 15. — Fleur du chanvre. H. 0™,20.

filasse. Ce dernier produit, que l’on obtient par diverses manipulations, rouissage,' billage ou broyage et peignage, est de beaucoup le plus important; il fournit à la filature et à la corderie, en moyenne, 53 millions de kilogrammes. On distingue plusieurs variétés; celui de Picardie est

aujourd’hui le plus renommé. Toutes les variétés comprennent d’ailleurs deux sexes, chanvre mâle et chanvre femelle, le second plus fin que le premier. Ces deux dénominations continuent à être consacrées par le commerce, bien qu’on sache depuis longtemps qu’elles proviennent d une ei reur, et que le chanvre dit mâle par les cultiva-

f ig. 16. — Partie de tige de lin. II. 0 m > 09.

Fig. 17. — Gousse de colza. G ni ,03«

leurs, parce qu’il est le plus grand, soit au contraire celui qui porte les graines.

he lin (Voir la tig. 16 ‘, représentant le sommet d’une tige de lin en

Page 1