Les plantes tinctoriales
— Les principales plantes tinctoriales sont la garance, le safran, la gaude, le pastel.
La racine de garance (Voir, p. 108 la fig. 19, représentant une tige de garance en fleur), que l’on cultive principalement dans les départements du Vaucluse et des Bouclies-du-Rhône, donne une teinture rouge particulière.
L’Alsace en cultive aussi.
Les stigmates du crocus, que l’on cultive surtout dans le Gatinaiset dans le département du Vaucluse , constituent le safran, belle couleur d’un jaune vif; le safran est employé aussi en médecine.
La gaude est une sorte de réséda qu’on cultive dans le Doubs, 1 Eure, 1 Hérault, et dont la lige desséchée fournit une couleur jaune.
Le pastel ou guede, un peu cultivé dans le Gers, etc., donne par ses feuilles une couleur bleue aujourd’hui presque totalement abandonnée.
108. Le tabac. Le TABAC (Voir la fig. 20, représentant trois pieds de tabac en fleurs) peut réussir en France sous tous les climats; mais l’administration des tabacs n’en a autorisé la culture que dans un petit nombre de départements : Lo-
S. Z SJ l A A'C
FL
1S. — Tête d'œillette.
zbre, Maine-et-Loire , Orne , Rhône , Ille-et-Vilaine , et dans les régions du Nord et du Nord-Est . Chaque cultivateur doit
Fig. |‘J. — Garance. H. Ci*"20. t'ig. 20. — Tabac. II. 2 m .
oDtenir une permisson, et, à moins d'exporter, ne peut vendre sa récolte qu’à la régie. Le produit dépasse 2,000 tonnes. (V. Tabl. de Stat., n° IG.)
409. Les prairies naturelles. — Les prairies sont indispensables à l’économie agricole, non-seulement parce qu’elles nourrissent les bestiaux dont l’homme se nourrit à son tour, et qu’elles sont, pour ainsi dire, les ateliers où se fabrique la viande, un des produits les plus rémunérateurs de l’agriculture, mais parce qu’elles procurent, par ces mômes animaux, le fumier sans lequel les hommes seraient réduits, pour obtenir les céréales, c’est-à-dire leur nourririture végétale, à la culture nomade. On distingue trois
L’AGRICüLTU RE.
genres de prairies : 1° prairies naturelles ; 2° prairies artificielles ; 3° pâturages. (V. Tabl. de stat ., u° n.)
Les prairies naturelles sont des terres cultivées en herbe. Cette herbe, composée d’un grand nombre de plantes et surtout de graminées, est tantôt mangée sur pied par le bétail, tantôt fauchée, en première coupe d’abord, puis en regain, et consommée sèche sous le nom de foin. Les prairies naturelles coûtent peu de main-d’œuvre et donnent, sur une terre bien ameublie, un riche produit. On évalue approximativement à 15 milliards de kilogrammes le rendement de nos 5 millions d’hectares de prairies naturel- Jes.
On ne peut en établir avec succès partout. Il faut soit un climat humide, comme celui de la Bretagne et de la Normandie, et particulièrement, en Normandie, comme celui du Cotentin , du Dessin, de la vallée d' Auge où les brumes de l’Océan entretiennent une salutaire fraîcheur, soit des plaines basses et riveraines d’un cours d’eau, soit une colline sur la pente de laquelle il soit facile de ménager des irrigations . Dans l’Orne, le Calvados, la Manche ou littoral de la Manche , dans la Vendée et la Loire-Inférieure ou littoral de VOcéan , dans la Haute-Vienne, la Creuse, le Cantal, la Haute-Loire, l’Aveyron ou Massif central, dans le Cher ou vallée de la Loire, dans la Nièvre ou Morvan , dans Saône-et-Loire ou vallée de la Saône , dans les régions montagneuses, Vosges, Doubs, etc., le cinquième du territoire, quelquefois plus (le tiers dans le Cantal), est en prairie».
Sur la pente des montagnes où l’eau est en abondance, on arrose en général par des rigoles qui épandent pour ainsi dire l’eau en gerbe ou par des rigoles transversales et parallèles qui la font en quelque sorte descendre en cascade lente. Dans les plaines, on emploie d’autres moyens : le plus usité est l’immersion. Pour le pratiquer, il faut établir, dans un cours d’eau naturel ou dans un canal, une prise d’eau à un niveau supérieur et une rigole de
LA FBAKCE
HO
décharge à un niveau inférieur : on ouvre et on ferme avec des vannes. Le rendement moyen d’un hectare, qui est de 2,800 kil.de foin, s’élève par l’irrigation à 3,700.
Il est donc très-important d’avoir de l’eau. Sur divers points, on en a amené de loin par des canaux : en Provence, par le canal de Craponne qui exisle depuis le xvi« siècle et qui a divers embranchements, par le canal du Ver don, par le canal du Drac , par le canal de la Durance , dont l’eau sert principalement à la ville de Marseille et qui a nécessité la construction du magnifique aqueduc de Roquefavour; dans la Haute-Garonne, par les canaux de la Neste et de Saint- Mar tory ; dans le Forez, par le canal du Forez; en Sologne, par le canal de la Sauldre . La plupart, sont inachevés, et il n’y a guère encore que 2/5 de nos prairies qui soient irrigués. «C’estun tortenverslaProvidence, disait un savant jurisconsulte, et presque un crime envers la société, de laisser s’écouler à la mer une seule goutte d’eau sans l’avoir utilisée au profit de l’agriculture ou des arts. » Nous sommes encore loin d’avoir à cet égard usé de toutes
les richesses dont la Providence a doté notre pays.
' 1 10. Les prairies artificielles. — Dans la plupart des terres de labour, les prairies naturelles réussissent imparfaitement, faute d’humidité, ou sont peu goûtées, parce qu’elles se prêtent mal à l’alternat. On y a suppléé en introduisant, par la culture, dans l’assolement des terres labourables, la prairie artificielle qui est d’une immense uti i é pour le progrès agricole, puisqu’elle permet de multiplier à volonté le bétail et l’engrais : c’est l’avantage que nous avons déjà constaté à propos de W betterave. Dans la région où la prairie artificielle entre le plus dans 1 assolement, l’hectare de froment rend en moyenne 19 hectolitres et 10 seulement dans la région où elle est le moins usit e. Au premier rang, sont les départements d Eure-e - oir , de Y Oise , de la Seine -Inférieure, de Seine- et- Marne, de V Aisne, du Cher et de Y Yonne. Le total en France de-
passe 2,700,000 hectares.
L’AGRICULTURE. Jjj
Les plantes fourragères les plus cultivées sont, par ordre d importance (v. Tabl. de stat., nMl) :
1° Le trefle trèfle des prés, très-employé, trèfle incarnai
Fig. 21. — , Tige de trèfle. H. 0 m ; 09.
ou farouche, qui tous deux se sèment sur une céréale, etc. Ce sont des plantes herbacées qui se distinguent aisément à leurs fleurs en forme de fraise et à leur feuille trifoliée, d’où le nom latin de « trifolium. » (Voir la fig. 21, représentant la fleur et la feuille du trèfle commun.
LA FRANGE
2° La luzerne, qui comprend aussi plusieurs espèces et se reconnaît à ses feuilles veinées et à ses grappes de fleurs violettes. (Voir la fig. .22, représentant la fleur et les feuilles de la luzerne.)
Fig. 22. — Tige de luzerne. H. 0 m ,07.
3° Le sainfoin, dont les petites feuilles rappellent la disposition symétrique des folioles de l’acacia. (Voir, pagesuiv., la fig. 23, représentant la fleur du sainfoin.)
Ces trois plantes appartiennent à la famille des légumineuses, si facile à reconnaître par la forme caractéristique de ses fleurs. Ces deux dernières durent plusieurs années, donnant coupes et regains ; on peut laisser quelquefois une luzerne, quand le terrain est propice, sept ans et plus. Le trèfle aime les terrains frais et friables ; dans le Midi, un soi purement argileux, mais bien divisé, lui convient, de même
L AGRICULTURE
que, dans le Nord, un sol silico-argileux. La luzerne, plus exigeante, veut, pour développer ses racines, un sol profond et riche, et, bien irriguée, elle donne jusqu’à six et sept coupes dans le Midi. Le sainfoin, la plus accommodante des trois, accepte les terres sèches et calcaires.
En seconde ligne, il faut noter les fourrages consommés en vert , tel que la vesce, le pois, la fève* rôle. (V. Tcibl. cle s fat., n° 11.)
ii l. Les pâturages. — II y a, dans des terrains maigres, sur des pentes non arrosées; au milieu des bois, des espaces couverts d’une herbe trop peu drue pour être fauchée : ce sont des pcitu rages où l’on envoie les animaux.
Quelquefois, au lieu de gazon, il ne pousse guère que du trèfle rampant, des genêts, des ajoncs, des bruyères : ce sont des pâtis ou des landes. On les trouve surtout dans les régions montagneuses de la Corse, des Pyrénées , des Cévennes,
des Alpes, dans les Landes et la Bretagne : en tout 6 millions t/2 d’heclares. Mauvaises terres et mauvais produits; plus de science dans la distribution des eaux et des amendements, plus de capital appliqué à l’agriculture,
0n ^ tiansformé depuis 30 ans quelques centaines
/v Gn P raiiaes > en k°i s eu en champs labourés.
(V. Tabl. de stat. n° 11.)
fo ! a ^es pâlis et landes et terres incultes
j ! 1 ’ ^^eclares) sont des propriétés communales; la
loi de 1857 sur l’assainissement des landes a été rendue pour en hâter la transformation, (v. Tabl. de stat.,
Fig. 23. — Fleur de sainfoin.
4 12. Les cultures arborescentes. — Les cultures herbacées, qui pour la plupart sont annuelles, occupent la majeure partie de nos terres ; l’autre partie, encore très-importante (environ 13 millions d’hectares) appartient aux cultures arborescentes qu’on divise en trois grandes catégories : 4° vignes; 2° autres arbres à fruits; 3° bois et forêts.
413. Les vignobles (1). — La VIGNE (Voir la fig. 24, représentai une branche de vigne avec feuilles et grappe de raisin) est une des richesses caractéristiques du sol français; elle y occupe près de 2 millions 4/2 d’hectares, répartis entre 78 dépar-
Fig. 24. — Raisin. H. Û m ,30.
tements, et donne des vins d’une saveur toute particulière,.
(ljLes noms de province et de lieu en italiques désignent les principaux crus ; les noms de départements en italiques sont ceux qui produisent plus de 1 million d’hectolitres.
L’AGRICULTUllE. 115
qui sont recherchés dans le monde entier. Celte culture, malgré les accidents fréquents que l’intempérie des saisons lui lait éprouver, et malgré l’oïdium, se développe considérablement ; on estime la récolte moyenne à plus de ? 60 millions d’hectolitres, valant chez le propriétaire plus ■de 1 milliard, dont plus du tiers est exporté, principalement en Russie, dans les Pays-Bas, en Angleterre et en Allemagne. Les sept principaux groupes de production sont: la Bourgogne, la Champagne, le Bordelais, la Charente, le Midi, le Rhône, le Centre. (V. Tabl . de stat . , n os 11 et i~.)
(Voir la carte no 10.)
114. Les vins de Bourgogne. — Les terrains les plus propres à la vigne en Bourgogne sont ceux où dominent le calcaire et la silice, terrains pierreux, souvent colorés en rouge par l’oxyde de fer. Ils sont situés sur le flanc de collines exposées, en général, au midi ou au soleil levant; les plus justement renommés sont ceux qui se trouvent audessous des sommets dénudés et des bois, sur toute la pente des Cévennes et de la Côte d’Or, jusqu’à la plaine de la Saône, depuis Lyon jusqu’au plateau de Langres. On mélange d’ordinaire dans les plants le pinot, plus fin, et le gamay, plus productif; depuis un certain nombre d’années, le désir d’avoir des récoltes abondantes a beaucoup multiplié le gamay, au détriment de la qualité du vin. Les bons vignobles sont très-chers, et la culture en est très-dispendieuse. Une vigne ne rapporte qu’au bout de quatre ans, sur un terrain déjà longuement préparé, et, chaque année, il faut biner ou labourer plusieurs fois, tailler, provigner, échalasser, souvent soufrer, puis vendanger, et faire le vin, c est-à-dire encuver, fouler, conduire la fermentation, enlever les rafles, décuver et mettre en fût. Le produit, très-variable en quantité et en valeur, ne paye pas tous les ans les frais, mais donne quelquefois un produit considérable.
1 ÎG
Dans la longue série des vignobles qui s’étendent sur trois départements ( Côte-d'Or , Saône-et-Loire, Rhône), le premier rang appartient à la Côte-d’Or dont tous les vins, dits vins de Haute-Bourgogne, sont fort estimés et dont plusieurs crus sont très-célèbres : au premier rang, Chambertin , Clos-Vougeot, Romanée-C onti , Nuits , Beaune , qui est avec Châlon le centre principal de ce commerce, Corton, Pomard , Volnay , parmi les vins rouges ; Mont-Rachet et Aleursault , parmi les vins blancs ; au second rang, Pouilly-sur- Saône pour les vins blancs; le Maçonnais, avec Thorins , Moulins- à-Vent, etc., le Beaujolais, pour les vins rouges.
Dans la Basse-Bourgogne, c’est-à-dire au nord-ouest des Cévennes, les départements de V Yonne et de Y Aube produisent une grande quantité de vins qui ont moins de bouquet que ceux de la Haute-Bourgogne, mais dont plusieurs cependant sont très-recherchés. Les principaux crus sont, pour les vins rouges, les Riceys , la côte des Oliuotes, Tonnerre, Épineuil, Joigny, et, pour les vins blancs, Chablis.
115. Les groupes secondaires et la Champagne. — ■ Au groupe Bourguignon, on rattache :
1° Les groupes secondaires du Jura (quatre départements: Ain, Doubs, Jura, Haute-Saône), avec les crus principaux de Seyssel, d ’Arbois, de Lons-le-Saulnier, de Poligny, de Salins; de la Lorraine (Meurthe, etc.) dont les vins sont agréables et légers, mais sans réputation. L’Alsace, avec ses vins de Guebwiller, de Bibeauvillé, etc., formait un de ces groupes.
2° Le groupe très-important de la Champagne (département de la Marne). Là, sur la lisière des deux formations jurassique et crétacée, sont des coteaux crayeux, dont le sol est composé pour les 4/5 de carbonate de chaux, pour 1/5 de silice et d’argile, et qui s’étendent (Voir le 1 er carton de la carte n° 20), d’une part, sur les deux rives de la Marne, en regardant le soleil du midi ou le soleil levant, depuis Cumières jusqu’à Vertus, avec Ay, la Côte c VÈpernay , YàCôte
L’AGRICULTURE
d J Avize ; d’autre part, sur les flancs de la montagne de Reims, depuis la Marne jusqu’à l’Aisne, avec Bouzy, Sillery, etc., etc. Les vins rouges et blancs que produisent ces coteaux sont tous soumis à de longues préparations qui ont pour but, par l’addition de sucre, de différentes matières alcooliques, et par la mise en bouteille avant que la fermentation soit complète, de développer l’acide carbonique qui les rend mousseux et de leur donner un bouquet particulier. Reims et Épernay sont les principaux centres du commerce de ces vins, qui, à cause de leurs nombreuses manutentions, nécessitent des caves immenses, objet de curiosité pour les visiteurs.
416. Les vins du Sud-Ouest. — Le vin de Bourgogne a pour rival le vin de Bordeaux, moins capiteux, mais ayant plus de bouquet et de finesse. Le Bordelais (département de la Gironde), dans lequel les plants et la culture diffèrent quelque peu des usages de Bourgogne (Voir la fig. 25, représ, un vignoble de Bourgogne), renferme plusieurs terroirs (Voir le 2 e carton de la carte n° 20) : le Médoc qui possède les premiers crus de vins rouges, le Château-Lafîte et le Château- Latour, fort rares dans le commerce et fort chers, situés tous deux dans la commune de Pauillac , Château- Mar g aux, Haut- Bnon, non moins rares; puis les crus divers et très-estimés de Pauillac (cru de Mouton, etc.), de Saint-Estèphe , de S aint-J ulien(cYu de Léoville, etc.), de Mar gaux, de Cantenac , de Laborde; les Graves ou terre de gravier renfermant les premiers crus de vins blancs, Sauterne (avec le cru de St-Yquem), Bar sac , Bommes, Preignac ; au second rang, viennent les vins de la P alu, les vins du IÀbournais, les vins d ’ Entre-deux-Mers.
A ce groupe principal se rattachent des groupes secondaires :
1° Les vignes de la Dordogne, dont les bons vins blancs et rouges, légers et clairs, sont connus sous le nom de vins de Bergerac ; les vins du Quercy, dont le commerce se fait principalement à Cahors ; les vins de V Albigeois, dont le
cru le plus connu pour les mélanges est celui de Gailiac ;
les vins de loulouse et les vins épais des Pyrénées , qui sont en général expédiés sur Bordeaux et soumis dans les caves
L’AGRICULTURE
de cette ville à divers coupages ; les vins de Y Armagnac (departements du Gers et du Lot-et-Garonne ) et des Landes , qui sont produits sur les nombreux coteaux de la contrée* (v. § 22) et qui sont pour la plupart convertis en eaux-de-vie ; les vins paillets du Béarn où le cru de Jurançon jouit d’une très-ancienne renommée.
2° Un groupe très-important, celui de la Charente (deux départements, Charente et Char en te- Inférieure ), rend plus de 5 millions d’hectolitres de vin destinés, pour la plus giande partie, à être distillés et vendus sous le nom éé eauxde-vie de Cognac. Le plus renommé est celui de Champagne , près de Cognac. Angoulôme, Cognac, Rouillac, Jarnac, la Rochelle, Château, Tonnay-Charente, Saint-Jean-d’Angély sont les principaux centres de ce commerce.
117. Les vins du Midi. — Le Midi, dont la production s est considérablement accrue depuis que la maladie de la vigne a fait renchérir le produit et que les chemins de fer lui ont ouvert des débouchés, fournit des genres très-distincts : vins ordinaires de table, vins de liqueur, vins de coupage et vins pour la distillation. On y distingue quatre groupes : le Roussillon, le Languedoc, la Provence et la Corse.
Le Lioussillon , dans les terrains pierreux qui avoisinent Collioure, Banyouls et Rivesaltes, donne ces trois genres : ses eaux-de-vie et ses gros vins pour coupage, forts et colorés, sont recherchés. Le département de Y Aude se ratlache à ce groupe dont le commerce est concentré à Carcas sonne, à Narbonne, à Limoux, donnant une blanquette estimée.
Le Languedoc (Hérault, le plus productif de tous les départements, et partie du Gard) produit plus de 4 millions d hectolitres, une grande partie pour la consommation directe ou pour les coupages, une petite partie pour V eaude-vie de Montpellier , une notable partie pour l’alcool, dit trois-six, dont les principaux marchés sont à Montpellier , à Pézénos , h Bézier et à Cette , une partie notable pour la fa-
LA F RANGE-
brication de Cetle, où l’on fait, à l’aide du vin du pays, de vins importés, d’aîcool et de quelques aromates, toute espèce de vins de liqueur. Parmi les vins de liqueur naturels, il faut citer Picardan (côte entre Marseillan et Pommerols), Frontiçjncin et LXmel.
La Provence donne surtout au commerce des trois-six et des muscats ; elle exporte des vins cuits (vignobles de Lamaîgue, de Saint-Tropez, de la Gnnde, etc.).
Les vins de la Corse servent à fabriquer des vins de liqueur ; le vin blanc du cap Corse est estimé.
1 18. Les vins du Rhône. — Au nord d’Avignon, sur la rive droite du Rhône (département du Gard), se trouve une série de coteaux donnant les vins de la côte du Rhône, vins rouges et blancs, dont les plus célèbres sont ceux de Tavel et de Roquemaure , centre de ce commerce. De l’autre côté du fleuve (département du Vaucluse ), senties crus de Chateau- JS'euf -du-Pape , de Sorgues, de Sérignan.
En remontant le fleuve, on trouve, de distance en distance, des vignobles dont les uns ne fournissent qu’à la consommation du pays et dont les autres ont une réputation lointaine, copime celui de Saint- Peroy (département de l’Ardèche) avec ses vins blancs ayant, au goût, un certain parfum de violette, et, en face, celui de l 'Ermitage (commune deTain, Drôme), qui rivalise avec les plus grands crus de Bourgogne et de Bordeaux; puis ceux de la Côte .Srtm£-Anfù’e(département de l’Isère), et, en face, ceux qui donnent les vins de Renaison (département de la Loire), celui de Condrieu avec ses vins blancs, et de Côte-Rôtie avec ses vins rouges (département du Rhône).
119. Les vins du Centre. — Le centre n’a pas de grands crus; mais ses vins sont achetés en grande quantité pour les coupages et pour la consommation journalière. On les désigne, d’après les principaux lieux de production, sous les noms de vins cl' Auvergne , vins blancs de Pouilly (Pouilly- Sancerre, département de la Nièvre), vins du Cher (département du Cher et du Loir-et-Cher), vins du Loiretou vins
L"’ AGRICULTURE
<T Orléans et de Beaugency dont une grande partie est transformée en vinaigre d'Orléans ; vins d Anjou ou de Sau~ mur (coulée de Serans, etc.), et vins de Touraine ( Loire-Jn fêrieure , etc.) parmi lesquels on estime les vins blancs mousseux de Vouvray , ceux de Saint-Avertin et de Bour - ■gvsil.
Les environs de Paris (Seine, Seine-et-Oise et Seine-et- Marne) produisent une grande quantité de vins pour la consommation de la capitale, Argenteuil et Surcsncs surtout.
120. Le raisin de table. — On cultive aussi le raisin comme fruit de labié, en treilles; le plus renommé est le -chasselas de Fontainebleau, que l’on produit à Thomery et, aujourd’hui, dans beaucoup d’autres localités ; en second lieu viennent les raisins noirs des environs de Paris, les raisins du Midi dont le commerce se fait principalement à jVTontauban, les muscats et les raisins secs de Provence .
121. Le cidre. — Dans la région du Nord-Ouest et dans une grande partie de celle du Nord et du Centre, la vigne ne vient pas, et la boisson ordinaire des habitants est le cidre. On cultive à cet effet une grande quantité de pommiers qui bordent les routes ou sont espacés au milieu des terres de labour et des prés, et qui donnent des pommes douces, acides ou Apres. Quelque temps après la récolte, lorsque la fermentation a commencé, on broie, puis on presse ces pommes, et le jus constitue d’abord le cidre •doux, puis bientôt le cidre ordinaire.
La Normandie (et, dans la Normandie, la Seine-Tnférîeure) •est la contrée qui en produit le plus : on évalue sa récolte moyenne à plus de 4 millions d’hectolitres, et on estime particulièrement le cidre du pays d'Auge et du Dessin. La Bretagne occupe le second rang; puis la Picardie etl 'Artois. La Vendée , le Poitou , les provinces du Centre et du Ford- Fst ne viennent qu’en quatrième ligne, sous le rapport de ia quantité comme de la qualité.
Dans les mêmes contrées, des poiriers fournissent, par
les mêmes procédés, une boisson dite poiré, moins usitée et moins estimée que le cidre.
Du cidre et du poiré distillés on extrait une eau-de-vie de qualité inférieure.
122. La bière. — Dans la région du Nord, où le pommier vient mal et où la vigne ne vient pas, la boisson ordinaire est la bière, que l’on fabrique avec de Veau, de Y orge fermentée et du houblon; aussi le houblon (Voir la fig. 26, représentant le sommet d’une tige de houblon avec fruits et feuilles.) est-il cultivé dans les régions du Nord-Ouest , du Nord et du Nord-Est , surtout dans la Flandre , en Lorraine, à l’est des Vosges en Alsace et jusqu’en Bourgogne. {y ■ Tabl.de stat., n° IG.)
Cette fabrication est surtout importante dans les départemenls suivants : le Nord , qui vient en première ligne
avec ses bières légères dites de Lille , de Douai , de Cambrai , de Dunkerque , etc. ; le I J as-de-Calais , la Somme , V Aisne, les Ardennes, la Lorraine, la Seine, où l’on fabrique pour Paris toute espèce de bière ; le Rhône, connu par sa bière de Lyon. Strasbourg, que nous avons perdu en 1871, est un des principaux centres de la fabrication de la bière.
Il y a quelques années, la statistique évaluait la valeur du cidre produit en France au dixième de la valeur du vin, celle de l’eau-de-vie et celle de la bière au huitième ; la production a augmenté sur les quatre articles, et la proportion a quelque peu changé, particulièrement au profit delà bière, dont la consommation dans les villes semble augmenter avec celle du tabac.