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Les fruits. — Les arbres qu’on cultive exclusive

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ment ou principalement pour leurs fruits sont de divers genres ; les uns produisent pour la table des fruits frais ou des fiuils secs , les autres produisent pour des emplois industriels.

(Yoir la carte n° 11.)

Parmi les fruits frais, il faut citer, en première ligne, les pommes et les poires que cultivent beaucoup les départements voisins de Paris , la Normandie , le Perche , le Maine ,

I Anjou , !e Loir et et la Limagne , et qui affluent sur le marché de Paris pour la consommation intérieure, dans les ports de Normandie et de Bretagne pour l’exportation ; les oranges, les citrons et les grenades du département du Var et des environs de Nice , lesquels cependant ne parviennent il fournir qu une très-petite partie de la consommation française; les pêches , que donnent, en qualité supérieure, Montreuil et les environs de Paris, en qualité secondaire* le Midi ; les abricots , qui viennent du Bourbonnais , de V Auvergne de VAgenois et du Lyonnais ; les cerises des environs de Paris et du littoral de la Manche , les fraises et les groseilles des environs de Paris et les câpres du Midi.

Parmi les fruits secs, outre les raisins, les poires et pommes tapées de Châtellerault et de Saumur , les pâtes d'abricots d'Auvergne dont le commerce se fait à Clermont les prunes d'Agen que fournissent les départements voisins de cette ville; les prunes de Provence , qui viennent principalement des environs de Castellane; celles de Tours, qui viennent des environs de Chinon ; les figues marseillaises que l’on récolte dans la Provence et dans le Comtat ; les amandes de Provence et de Languedoc , les unes amères, destinées à l’industrie, les autres douces, fraîches ou sèches, destinées à la table : production capricieuse, qui manque souvent, mais qui dans les bonnes années est une véritable richesse pour le pays; les noisettes ou avelines dont les plus renommées viennent aussi de Provence et de Languedoc .

La production de la plupart de ces fruits n’est pas cir-

consente dans telle ou telle province ; elle est favorisée en général par une température modérée et par un terrain à Tabri des excès de sécheresse et d’humidité, comme on l^s

Fig. 27. — Branche de noyer. H. 0 m ,\6.

rencontre dans les vallées de la Seine et de la Loire ; mais elle a lieu, pour ainsi dire, partout où il y a des jardins, et donne lieu, dans le voisinage des villes, à une industrie quelquefois importante et très- variée. La création des chemins de fer a été particulièrement favorable à la production des fruits frais, en étendant le rayon d’approvisionnement des grands marchés.

Sur certains points, comme Angers, les envwons de Paris , Dijon , cette production a aussi donné naissance à l’industrie des pépiniériste qui élèvent de jeunes plants pour peupler les jardins.

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124. Les arbres industriels divers. — Parmi les arbres qui servent à des emplois industriels, les plus importants sont :

^ noyé? (Noii la fig. 27, représentant une branche de noyer avec feuilles et noix enveloppées de leur brou), qui fournit un bois d’ébénisterie, et dont les fruits sont -comestibles, avant maturité, comme cerneaux, à maturité, comme noix fraîches ou sèches, et servent à fabriquer de l’huile : on en trouve partout, mais la plus grande quantité pousse dans le Centre et Y Est, surtout dans la Dordogne, dans le Jura, le Cher, la Drôme et la Sarthe.

2° L’ olivier (Voir la fig. 28, représentant une branche d’olivier avec feuilles et olives), dont le fruit est servi sur les tables et fournit la meilleure huile comestible : on ne le trouve que dans la région du Sud et du Sud- Est ; il est l’objet d’une très-importante culture dans les Pyrénées- Orientales , Y Aude, Y Hérault, le Gard, les Bouches-du-Rhône, le Var et la Corse. Il aime les terrains pierreux et très-perméables. Marseille est un des centres les plus importants de ce commerce.

3° Le châtaignier (Voir la fig. 29, représentant une branche de châtaignier, avec feuilles, chatons de fleurs et fruit avec ses châtaignes), qui peuple des forêts entières et qui, se plaisant surtout dans les terrains granitiques ou argilo-sableux, est très-répandu dans la Corse, le Limousin , le Cantal , Y Anjou, la Provence, le Dauphiné , le Périgord, et tout le Massif central; son bois léger est recherché pour faire des douves

Fig* 28. — Branche d’olivier, H. d^b.

de tonneau et pour des échalas de vigne; ses fruits, cuits en galette ou en bouillie, forment une portion notable de

la nourriture dans les pays pauvres ou il pousse; les plus beaux fruits, châtaignes ou marrons (surtout les marrons

dits de Lyon et venant principalement du Vivarais ) , sont consommés dans les villes.

4° Un produit végétal fort recherché et croissant, tantôt à l’état entièrement sauvage, tantôt par une sorte de culture consistant à planter des chênes truffiers, peut être rattaché aux cultures arborescentes, parce qu^on le trouve toujours enfoui en terre sur la lisière des bois éclairés, au

;Fig. 30. — Truffe coupée. H. 0 m ; 05.

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pied des chênes : c’est la truffe , abondante surtout dans le Vaucluse (Digne) (Carpentras et Api), !e Lot (Cahors, etc.),, les Basses- Alpes, la Dordogne (truffes du Périgord) et la Drôme. Le commerce de la truffe est évalué à 15 millions de francs.

5° Le mûrier blanc (Voir la fig. 31, représentant une Tranche de mûrier avec feuilles), que l’on cultive en grande quantité dans le bassin du Rhône , et surtout dans les départements de l’Aï-

Fig. 31. — Branche de mûrier. H. 0 m .,40.

dèche et du Gard, pour sa feuille, nourriture du ver à soie. (V. Tabl.de stat., n° IG.)

125. Les essences forestières. — Les arbres que l’on cultive pour leur bois bordent d’ordinaire les chemins, séparent les champs, ou forment, sur une étendue plus ou moins grande, des massifs désignés sous le nom de bois et de forêt. °

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On distingue dans le commerce trois genres de bois d’après leur densité et leur nature :

1° Les bois durs, le chêne , chêne-liége dans le Midi, chêne vert dans le Midi et le Centre, chêne rouvre (Voir lafig. 32, représentant une branche avec feuilles et glands) dans toutes les parties tempérées de notre climat et dans les terres suffisamment compactes et profondes; Yonne champêtre (Voir la fig. 33, représentant une feuille d’orme), qu’on voit souvent ombrager nos roules et qui fournit, ainsi que le frêne et le charme ,

Fjg. 32. — Branche de chêne. H. 0 m ,03.

Fig. 33. — Feuille d’orme, tl. 0 m ,08.

un excellent bois ; le hêtre ou fayart qui est, avec le chêne, le roi de nos forêts; le châtaignier, plus rustique, mais qui craint les sommets battus des vents, etc.

2. Les bois blancs, Y aune , le peuplier (Voir la flg. 34, représentant une branche de peuplier blanc), le tremble et le saule qui aiment les lieux frais et poussent au bord des routes et des

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ruisseaux ; le bouleau (Voir la fig. 35, représentant une branche de bouleau avec feuilles et fruits)à la blanche écorce, et aux feuilles ténues et tremblotantes, plante rustique qui vient volon-

Fig. 34. — Branche de peuplier. H. Q ra ? 50. Fig. 35. — Branche de bouleau, H.

tiers dans tous les terrains, même les plus maigres et les plus froids, etc.

3° Les bois résineux, ou arbres verts, ainsi nommés parce que leurs feuilles, étroites et allongées en forme d’aiguilles, ne tombant qu’au bout de plusieurs années, leur conservent une verdure perpétuelle; le sapin (Voir, page suiv., la fig. 3G, représentant une branche de sapin commun, avec feuilles et fruits), dont le tronc élancé se plaît principalement sur les pentes montagneuses des Vosges et du Jura ; \e mélèze, plus rare, mais qui, dans les Alpes, pousse à des hauteurs que le sapin n’atteint pas ; 1 e pin (Voir la fig. 37, représentant une branche de pin sylves tre, avec feuilles et fruits), pin sylvestre dans les bois du Nord et du Centre, pin maritime sur les dunes et dans les forêts du Sud, pin laricio en Corse.

\ 26. Les bois et forêts. — Les massifs forestiers, qui comprennent environ 8 millions 1/2 d'hectares , sont inéga-

lement répartis sur la surface de notre sol. Ils occupent à peu près le quart du territoire dans la région du Nord-Est qui comprend aujourd’hui la Lorraine , la Franche- Comté, la Haute et Dusse- Bourgogne et le Nivernais ; dans le département des Vosges même, ils forment 36 pour 100 du territoire. Avec l'Alsace, notre territoire forestier dépassait

Fig. 36. — Branche de sapin. H. 0 m ,50. Fig. 37. — Branche de pin. H. 0 œ ,o0.

9 millions d’hectares. C’est un sol généralement montagneux (Vosges, Argonne, Faucilles, plateau de Langres, Morvan, Jura), pauvre, peu propre au labour, et dont le bois est le produit le plus avantageux. Cette ligne de forêts, qui forme comme un demi-cercle autour des affluents de la Seine, se continue par les forêts plus clair-semées du Cher, du Loiret, de la Sarthe et de l’Orne et semble, sur les terrains ingrats qui entourent le bassin tertiaire de la Seine, rappeler la limite du golfe antédiluvien de l’époque crétacée. (V. Tait, de stat., n° 11.)

Les principaux massifs de cette ligne sont les forêts de la Thiérache, celles des Ardennes et de l’Argonne, sur la lisière de la Champagne ; celles de Hâve et de Dabo (11,000 hec-

l’agriculture.

tares), dans la Meurthe; celle de Chaux (11,500 hectares), dans le Jura; de Der, de Châlillon, d’Othe, dans la Basse- Bourgogne; de Vézelay et de Prémery, dans la Nièvre ; de Tronçais (10,500 hectares), dans l’Ailier; d 'Orléans (37,600 hectares), la plus grande forêt de France, dans le Loiret; de Perseigne (10,500 hectares) et d’Écouves près d’Alençon; de Breteuil, dans l’Eure, et de Pont-de-V Arche.

Au centre du bassin tertiaire, plusieurs grandes forêts isolées, réservées dans des terres sablonneuses et pour le plaisir des souverains : Compiégne (1-4,600 hectares), Villers- Cotterets (11,500 hectares), Chantilly , Saint- Germain, Rambouillet (13,000 hectares), Sénart , Fontainebleau (17,000 hectares), Dreux, Arques.

Hors de ce cercle, les principaux massifs sont :

1° Dans les Alpes, et surtout dans les Alpes du Dauphiné où sont les forêts de la Grande-Chartreuse, de Vercors, etc., et dans les Alpes de Provence où sont les forêts de Bormes, de Saint-Tropez, de l’Esterel, etc.

2° Dans les Pyrénées , où sont les forêts de la Maîtrise, de Quillan (11,000 hectares), de la Soûle, etc.

3° Dans les Landes, celui des départements de France qui compte le plus d’hectares boisés (274,000 hectares), à cause des plantations de pins maritimes à l’aide desquels on a utilisé son sol rebelle à la culture et dont on extrait la résine.

127. Le reboisement. — Sur les dunes et dans les montagnes, les sables nus et les terres incultes sont non-seulement une perte, mais un danger, parce que, d’une part, les sables que le vent soulève gagnent toujours du terrain et envahissent les terres; que, d’autre part, les montagnes privées de végétation ne retiennent plus les eaux, et que ces eaux, plongeant tout à coup dans les vallées, sont une des causes des inondations. Depuis Bremontier, c’est-à-dire depuis la fin du siècle dernier, on a travaillé à fixer les dunes de Gascogne par des semis de pins. Récemment, par suite de la loi de 1860 sur le reboisement et delà loi de

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1864 sur le gazonnement, on a entrepris de réagir contre les ravages que fait dans les montagnes soit l’homme en coupant les arbres, soit la nature elle-même en continuant l’œuvre de désagrégation des roches commencée depuis l’origine du monde. On estime à plus d’un million le nombre d’hectares à reboiser ou à gazonner : ils sont presque tous silués dans les Pyrénées, dans les Cévennes , dans le Massif central et dans les Alpes ; on a déjà commencé sur plusieurs points ce travail difficile.

128. Les produits des forêts. — Le premier et le plus général emploi du bois est le chauffage; on consomme, en France, à l’état de bois à brûler ou à l’état de charbon , environ 3o millions de stères; les forêts de France en fournissent un peu plus de la moitié. Le bois de chauffage est coupé en bûches dans la forêt, lancé sur des glissières ou conduit par un homme sur une espèce de traîneau, nommé schlitte dans les Vosges, jusqu’au prochain cours d’eau flottable; là, les bûches amoncelées et poinçonnées par le propriétaire sont, à certaines époques de Tannée, jetées dans le courant qui les porte au point où la rivière devient navigable et où les bûches peuvent être réunies en train : c’est ce qu’on nomme le flottage , pratiqué surtout dans le Morvan pour l’approvisionnement de Paris. Les bûches de moindre diamètre, dont on veut faire du charbon, sont disposées, sur place, en meules régulières que Ton recouvre de mousse et de gazon et que Ton carbonise, c’est-àdire qu’on brûle incomplètement et pour ainsi dire à TétOUlfée.(Voir la lig. 38, représentant une meule coupée verticalement par la moitié.)

Les forêts fournissent des matériaux à la marine qui prend, à des prix très-élevés, les plus beaux sujets pour la mâture des vaisseaux; des traverses aux chemins de fer; des poutres cquarries à l’industrie du bâtiment; des planches , sciées ordinairement à la mécanique auprès du torrent voisin, à la menuiserie et à l’ébénislerie ; des merrains , des échalas et autres bois fendus provenant surtout du chêne

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el du châtaignier, à la tonnellerie, au charronnage et à l’agriculture . Les oseraies fournissent de l’osier à la vannerie, industrie que l’on pratique un peu partout, mais surtout dans le voisinage de Vervins (département de l’Aisne). Le total du bois ainsi débité est d’environ 2 millions de stères, et ne forme guère que 2/3 de notre consommation industrielle.

De la cendre du bois, on tire la potasse , comme de la

Fig. 33. — Coupe d’une meule de charbon. H. l, m 30.

. cendre des plantes marines on tire la soude . La France d'ailleurs en produit peu, quoiqu’on cite dans le commerce la potasse des Vosges, la soude de Normandie et de Narbonne .

Parmi les produits des forêts, il faut encore noter le liège, écorce que tous les dix ans environ ou enlève au chêne-liége des forêts de la Corse et du Midi, Y écorce à tan qu’on tire delà plupart de nos essences forestières, mais principalement du chêne, et dont les résidus sont vendus comme mottes h brûler, la résine que l’on extrait du pin maritime par incision et qui fournit elle-même la térébenthine, la colophane, la poix.

FRAïVCe.

3 e section.

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