LES ANIMAUX
(Voir La carte n° 12.)
129. Lebétail. — Nous avons dit que le bétail faisait la richesse de la terre; mais le bétail ne peut être abondant lui-même qu’autant que la terre est riche en fourrages, et la statistique constate que le nombre de têtes possédées par chaque région est presque toujours en rapport direct avec l’étendue de ses terrés arables.
Sous le nom de gros bétail, on comprend, d’une part, les chevaux, dont on porte le nombre à près de 3 millions 1/2, les ânes et les mulets au nombre de plus de 800,000 pour les deux espèces ; d’autre part, les taureaux, bœufs, vaches et génisses au nombre de plus de 12 millions, et, sous le nom de tetit bétail, les moutons au nombre d’environ 30 millions, les chèvres au nombre de plus de 1 million 1/2, et les porcs au nombre de plus de 5 millions 1/2. (V. Tabl.
de stai ., ii° 20.)
130. Le cheval. — Le cheval est de tous les animaux domestiques celui dont l’entretien est le plus dispendieux; mais il fournit le meilleur fumier et il a une valeur trèsgrande, soit par les services qu’il rend au cultivateur, soit par le prix auquel il est vendu sur le marché.
Avant le développement des prairies artificielles et l’usage général du croisement, on n’élevait guère de chevaux que dans les régions de prairies naturelles, et les chevaux de chaque région avaient des caractères distinctifs trèsaccusés. 11 n’en est plus de même aujourd’hui, surtout pour le cheval de selle; cependant, pour les gros chevaux de trait, on reconnaît encore, plus ou moins conservées, diverses races, à savoir :
1° La race flamande , race de trait qui a la taille haute, les formes épaisses et à qui on reproche une certaine mol-
2° Larate- boulonaise (Voir la fig. 39^ race de Irait bien supérieure à la précédente, presque aussi grande, fortement charpentée, courte de jambes, et cependant très-propre au trot : aussi s’est-elle répandue, avec quelques variétés, non-seulement dans Y Artois, mais dans la Picardie , le Lnonnais , le pays de Caux ; au delà de la Seine, dans le Calvados , on en rencontre une très-belle espèce, un peu plus élancée, que l’on désigne sous le nom de chevaux caennais.
3° La race normande ou anglo-normande, race de selle et d’attelage, qui a été notablement améliorée par des croisements avec les chevaux pur sang anglais; le type du cheval de selle est dans le Merlerault et dans la vallée d' Auge, celui du cheval d’attelage dans le Cotentin et dans toute la Basse Normandie *
4° La race bretonne , donnant une petite race de selle ou d’attelage, connue sous le nom de race du Conquet, fine et énergique, souvent modifiée par des croisements, et une race de trait trapue et dure au travail, dite race de Léon.
5° La race percheronne (Voir la fig. 40), de moyenne grandeur, à l’encolure forte, à la robe ordinairement d’un gris pommelé, à la croupe large, aux muscles vigoureux et bien dessinés; c’est la race la mieux faite pour traîner avec une grande vitesse de très-lourds fardeaux : double avantage qui en fait rechercher et payer à un très-haut prix les produits, particulièrement par les administrations des omnibus et des chemins de fer à Paris. Aussi est-elle fort répandue, non-seulement dans le Perche , mais dans le Maine , dans le pays Charirain et dans la Beciuce.
Le canton d’illiers est son berceau; mais elle doit surtout ses fortes qualités à son genre d’élevage. Les jeunes chevaux, après avoir passé dans les herbages de l’Orne leurs deux premières années, sont achetés par des fermiers du pays Charirain ou de la Beauce qui les exercent en s’en servant pour les travaux agricoles, et les fortifient en les nourrissant largement d’avoine jusqu’à quatre ans, âge auquel ils sont ordinairement vendus pour le service des attelages.
Cheval percheron.