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LES INDUSTRIES EXTRACTIVES

où elles les rencontrent, elles ne peuvent pas toujours les tirer avec la même facilité et par les mêmes moyens. Car tes matériaux, qui constituent une partie du sol même, sont en étroite connexion avec la constitution géologique du pays ; ils ne peuvent se trouver que là où se trouvent les couches de terrains qui les renferment, et ils y sont, tantôt à la surface, tantôt dans les profondeurs, selon que les couches ellesmêmes sont récentes ou anciennes, et ont été ou n’ont pas été bouleversées par les soulèvements du sol.

La loi française distinguait trois genres d’exploitation : les carrières d’où l’on extrait les matériaux de construction, les substances terreuses de toute espèce, et qui sont exploitées le plus souvent à ciel ouvert, quelquefois en galeries souterraines, mais situées à peu de profondeur; les minières d’où l’on extrait la plupart des minerais de fer, catégorie qu’une loi récente supprime à partir de 1876 ; les mines d’ou l’on extrait les métaux et la houille, et dont le minerai, disposé soit en amas, soit en couches, soit en filons, est ordinairement enfoui à de grandes profondeurs, parce qu’il se trouve, la plupart du temps, dans les terrains d’une formation très-ancienne. Aussi l’exploitation des mines exige-t-elle de grands travaux d’art, le creusement de puits par lesquels on descend directement jusqu’au gîte, le percement de nombreuses galeries souterraines qu’on est le plus souvent obligé d’étayer et par lesquelles les ouvriers, munis de leur lampe, exploitent, avec la poudre et la pioche, le minerai, en suivant, sur un ou plusieurs étages de hauteur, la direction des couches. (Voir la fig. 50 représentant un mineur avec sa pioche et sa lampe et une galerie étayée dans laquelle un autre mineur pénètre avec sa brouette.)

Carrières, minières et mines sont soumises, dans une mesure diverse, à la surveillance de l’administration publique ; les carrières à ciel ouvert ne diffèrent guère des autres propriétés privées ; les mines, au contraire, ne peuvent être exploitées qu’en vertu de concessions faites par i’Rtat.

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(Voir la carte n* 1.1.')

148. Les granits et les schistes. — Le granit, composé de feldspath auquel est mêlé du quartz et un peu de rnica est une roche généralement très-dure; il se trouve dans les terrains primitifs, dont il constitue la majeure partie, et il est employé, sur place, pour les bâtiments ordinaires, au loin, pour les constructions qui demandent une grande solidité, dalles de trottoirs, marches d’escalier, Jetées de port, etc.

On l’exploite surtout dans le Cotentin, à Vire où l’on trouve un granit gris à grain fin fort recherché, dans le

Fig. 50. — Galerie de mine. H.

îles Chausey, qui approvisionnent en partie Paris, sur différents points de la Bretagne , dont les côtes sont hérissées

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de roches granitiques, dans la Vendée , dans le Limousin : la distribution géographique de ces carrières rappelle la forme du Massif central de laFrance aux premières époques géologiques. On l’exploite aussi dans les Alpes et dans les Vosges qui fournissent de beaux granits de couleurs variées. Il faut aussi citer le jaspe de Saint-Gervais.

Les produits volcaniques, quoique ayant une origine bien postérieure, doivent être rangés dans la même catégorie ; on peut citer, entre autres, les basaltes d’ Auvergne, particulièrement la pierre de Volvic, le porphyre de Galéria (Corse), d’Agay (Var) et d’Épinal.

Dans le voisinage et pour ainsi dire au pied des terrains granitiques, se trouvent des schistes argileux, c’est-à-dire des argiles disposées en feuillets plus ou moins minces, de couleur grise ou noire, généralement très-dures et peu altérables aux acides : c’est Y ardoise, qu’on emploie pour la couverture des maisons, le dallage et le ravalement de certaines constructions.

On l’exploite principalement à l’est d’ANGERS (près de Trélazé) dans de vastes carrières à ciel ouvert; qui s’étendent sur une surface de près de iO kilomètres et jusqu’à une profondeur de 150 mètres, à Châteaulin (Finistère), dans les Ardennes, à Rimogue et à Fumay , en Savoie et dans les Pyrénées.

Le mica , qui n’est guère employé que pour la bimbeloterie et pour la fabrication de la poudre de bureau, Vamiante, qui est recherchée dans les laboratoires à cause de son inaltérabilité, se trouvent dans les roches primitives de la Corse, des Alpes, des Pyrénées. Le feldspath de Bayonne est recherché par les porcelainiers.

Dans les mêmes terrains aussi, soit qu’ils proviennent de l’action des volcans, soit qu’ils aient une origine analogue à la houille, sont le bitume ou asphalte dont on se sert pour garnir les trottoirs, et les schistes argileux qui donnent de i’huilè. On en exploite à Aniche (Nord), à Pont-du-Chàleau (Puy-de-Dôme)-, à Orthez (Basses-Pyrénées), dans les dé-

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parlements de l’Ardèche et de Saône-et-Loire, à Seysscl {Ain), à Buxières (Allier) et près d’Autun. Lobsann, en Alsace, était un des principaux sièges de cette exploitation.

149. Les marbres. — La plus grande partie du sol français se compose de carbonates de chaux ou calcaires, débris decoquillages antédiluviens déposés en assisesgigantesques durant les diverses périodes secondaires et tertiaires de la formation géologique. Ces calcaires se présentent sous différents aspects.

Le marbre est un calcaire très-compacte, diversement coloré parle carbonate ou par les oxydes de fer, souvent veiné, souvent moucheté de coquillages qui conservent encore leur forme primitive, comme les marbres dits lumachelles, quelquefois composé de morceaux agglomérés dans une pâte compacte. On le trouve d’ordinaire dans les montagnes et dans les terrains métamorphiques.

La France est riche en carrières de marbre. Les exploitations les plus connues sont :

1 ° Dans le Nord, Boulogne (Pas-de-Calais) qui donne des marbres d’un gris brunâtre; Maubeuge , Ferrières (Nord) qui donnent des lumachelles grises; Givet (Ardennes) où est la principale carrière des marbres de l’Argonne ;

2° Dans l’Ouest, le Mans, centre du commerce des produits d’une douzaine de carrières situées dans la Sarthe et dans la Mayenne; Sablé (Sarthe), d’où l’on tire de beaux marbres noirs, noirs veinés de blanc (marbre dit de Sainte- Anne), rouges et roses; ltegneville (Manche);

3° Dans le Centre, diverses carrières situées pour la plupart dans les départements du Lot, de Lot-et-Garonne, de i’Ardèclie, de la Nièvre et de l’Ailier, et enveloppant en quelque sorte le Massif central ; on peut citer, entre autres, les carrières de Chomérac (Ardèche), la carrière de laDoix (Côte-d’Or) qui donne un marbre blanc teinté de rose, et celle de Châlillon (Loiret) ;

4° Dans les Pyrénées, qui possèdent les carrières les plus nombreuses et les marbres les plus beaux de France, la

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