LES INDUSTRIES PRÉPARATOIRES
(Voir la carte no 1 o.)
163. Les industries mécaniques et les industries chimiques. — Les industries préparatoires sont beaucoup moinsenchaînées au sol que les industries métallurgiques. Elles peuvent, à leur gré, se placer dans le voisinage de leur matière première ou dans le voisinage de leur clientèle, et elles obéissent tantôt à l’une, tantôt à l’autre de ces deux attractions. Nous les avons divisées en industries mécaniques, fournissant à l’homme ses machines, ses outils, ses armes et ustensiles divers, et en industries chimiques , fournissant les acides, les réactifs de tout genre, les alcools, les matières premières préparées.
164. Les moteurs. — Les deux principales forces motrices que l’homme emploie, indépendamment de l’effort de ses propres muscles et de celui des bétes de somme, sont la chute de l’eau et l’expansion de la vapeur d’eau ; il les utilise, l’une par le moyen des roues hydrauliques ou des turbines, l’autre par le moyen des machines à vapeur , machines fixes, construites dans le système vertical et plus souvent aujourd’hui dans le système horizontal, et scellées àdemeure dans la fabrique (Voir, p. suiv., la fïg. 5G représentant la coupe d’une machine horizontale), et machines locomobiles, d’une puissance beaucoup moindre (Voir, p. 20?, la fig. n° 57 repr. une locomobile), mais montées sur des roues et pouvant être transportées partout où l’on a besoin d’une force motrice .
Dans tous les grands centres manufacturiers, ou piès de ces grands centres, il existe des usines pour la fabrication
toujours une clientèle assurée. Pour les moteurs hydrauli-
des moteurs mécaniques, parce que ces usines y Irouvent
Machine a "vapeur Horizontale
L’INDUSTRIE
ques, on peut citer Pans où tous les genres d’industries sont réunis, Chartres et üssonrtc^Seine-et-Oise), qui alimentent principalement les moulins à farine de ces riches contrées agricoles. En Alsace, Mulhouse fournissait des roues hydrauliques aux fabriques mues par les cours d’eau des Vosges.
Pour les moteurs à vapeur, Paris qui vient encore en première ligne, Rouen , le Havre, Amiens, kiràs, Lille, Saint- Quentin, au nord-ouest; Lyon et Marseille au sud-est; Nantes à l’ouest: c’est-à-dire nos plus grandes villes d’industrie. Dans ce nombre, la France comptait naguère Graffenstaden et Mulhouse.
La vapeur étant devenue l’âme de la grande industrie, on peut se servir du nombre et de la puissance des machines dans une contrée, comme de la houille et du fer, pour mesurer son énergie manufacturière. La France ne comptait, en 1820, que 65 machines à vapeur; en 1840, que 2,600; elle en compte aujourd'hui environ 30,000.
Les départements qui en possèdent le plus sont, dans l’ordre d’importance : le département du Nord et celui de la Seine, qui en comptent 2,700 et 2,500, le Rhône, la Seine-Inférieure, la Loire, lAisne, le Pas-de-Calais, la Saône-et-Loire et les Bouches-du-Rhône, dont le nombre de machines varie entre 1,000 et 450. Le Haut-Rhin figurait dans cette catégorie. (V. Tabi.de stat., n°29.)
Les industries qui en emploient le plus sont les filatures, les usines à fer et les exploitations de combustible minéral. (V. Tabl. de stat., n° 30.)
Si aux machines fixes on joint les machines destinées au transport, locomotives et bateaux à vapeur, on trouve un total de 30,000 machines, ayant une force nominale de 800,000 chevaux-vapeur, c’est-à dire produisant à peu près le travail que produirait 2 millions 1/2 de chevaux de trait ou 17 millions 1/2 de manœuvres. C’est autant de peine qui est épargnée aux hommes et dont la matière fait les frais* (V. Tabl. de stat., n° 28.)
La construction des moulins à vent, qui existent dans les campagnes où les cours d’eau font défaut, ne donne pas lieu à de grandes usines, et celle des moteurs à gaz et
Fig. 57. — Locomobile. Long. 2 œ ,50.
des moteurs électriques est presque exclusivement pratiquée à Paris.
1 65. Les machines agricoles. — Nous avons dit comment ^agriculture tendait à remplacer les simples outils à la main par de grandes machines traînées par des chevaux ou mues par la vapeur (voir § 80 ). On fabrique ces machines à Pans et dans les pays de riche culture, à Amiens, à Saint- Quentin, à Liancourt (Oise) pour la région du Nord-Ouest ; à Nancy pour la Lorraine; à Meaux, à Dourdan (Seine-et- Oise), ù Orléans pour la Brie et la Beauce; à Tours, à Sau-
L’I INDUSTRIE
mur, à Nantes pour la région de la Basse-Loire; à Bourges , à Châteauroux pour une partie du centre de la France; à Dijon pour la Bourgogne.
Toutefois cette fabrication en grand est encore loin d’approcher du chiffre de la fabrication des herses, rouleaux, charrues, etc., à monture en bois, qui appartiennent à la petite industrie et sont confectionnés dans un très-grand nombre de bourgs par les charrons.
166. Les machines de filature et de tissage. — De tous les travaux industriels, la filature et le tissage sont ceux dont la mécanique s’est le plus complètement emparée. Aussi la seule fabrication de leurs machines constitue-telle de grandes industries, pratiquées partout où les industries textiles elles-mêmes sont florissantes; à Paris d’abord; puis à Rouen , au Havre, à Saint- Quentin, dans l’Ouest, pour le coton; h Lille , à Maubeuge pour le lin : à Roubaix (Nord), à Elbeuf , à Louviers , à Sedan , à Rethel, à Reims pour la laine; à Saint-Pierre-lès-Galais (Pas-de- Calais) pour le tulle ; à Troyes pour la bonneterie ; à Nancy pour la broderie ; h. J^yon, h Saint-Chamond (Loire), à Saint- Hippolyte (Gard) pour la soie; h Nîmes pour la bonneterie ; à Marseille, à Nantes pour la fabrication des filets. Les machines pour l’impression des étoffes se font à Paris, à Rouen, etc. L’Alsace (Mulhouse, Thann, Guebwiller) nous fournissait beaucoup cfe machines pour la filature, le tissage et l’impression.
Les machines à coudre , qui sont maintenant répandues dans les petits comme dans les grands ateliers, sont fabriquées à Lyon et à Paris.
167. Les machines-outils. — Après les industries texlili les, ce sont les industries des métaux qui emploient le plus d’outils mécaniques, machines à percer, machines à tarauder, machines à raboter, tours, etc. Le plus puissant de ces engins est le marteau-pilon qui, aux marteaux des forgerons et aux martinets, a substitué un mécanisme aussi simple, aussi faciie à manœuvrer que puissant dans ses ef-
LA. FRANGE
fets : un homme le fait agir sans avoir d’autre peine que d’ouvrir ou de fermer le robinet du tuyau de vapeur, et il dirige si bien celte énorme masse, qui pèse jusqu’àSO, 000 kil.,
et qui pétrit, en retombanl, le fer maintenu sur l’enclume par un autre ouvrier, qu’il peut à son gré ou forger des pièces d’acier de plus de 20,000 kilog., ou casser une noisette sans l’écraser. (Voir la fig. 58. )
L’industrie du bois s’est depuis quelque temps armée de machines-outils analogues.
On les fabrique, pour tout genre de travail, à Paris , à Saint -Denis , pour le bois spécialement, à Fécamp, au Havre, où les constructions maritimes ont sollicité celte industrie; pour les métaux spécialement, à Rouen , à Saint-Étienne, à Rive-de- Gier, au Creusot , etc.
A cette catégorie se rattachent les machines employées dans l’exploitation des mines, que l’on fabrique dans les grands centres métallurgiques, tels que les départements du Nord, de Saône-et-Loire, de la Loire.
168. La chaudronnerie. — La chaudronnerie comprend : \° la grosse chaudronnerie qui confectionne une grande partie du mobilier industriel des fabriques, surtout des fabriques de produits chimiques, et qui est exercée dans les grandes usines à fer et à cuivre; 2° la petite chaudronnerie qui confectionne les objets de cuisine et de ménage en cuivre et qui est exercée principalement à Paris , à Lille, à Guise (Aisne), à Villedieu (Manche) et h Auriltac.
Fig. 58. — Marteau-pilon. II. 0 03 , 20 .
L’INDUSTRIE
169. La quincaillerie. — Sous le nom de quincaillerie , on comprend un grand nombre de produits divers :
En premier lieu, les outils ordinaires : limes, rabots, scies, enclumes, étaux, etc., dont les lieux principaux de fabrication sont: Paris , Maubeuge (Nord), Semouse, la Hutte (Vosges), Valentigney, Pont-de-Roide (Doubs), Chambon (Loire), Saint-Etienne , Saint-Maur (Seine).
En second lieu, plusieurs articles du bâtiment, tels que clous, vis, serrures, espagnolettes, etc., dont les lieux principaux de production sont : Valenciennes, Charleville (Ardennes), Laigle (Orne), qui a la spécialité des épingles et des aiguilles, Rugles (Eure), Feuquières et plusieurs autres communes du département de la Somme où cette industrie occupe un grand nombre de bras, Châtillon (Côted’Or), Metz, Vuillafans (Doubs), Toulouse, Nevers, Chambon (Loire), Lyon, Pamiers.
En troisième lieu, les articles de ménage et de batterie de cuisine qui se font en fer battu, en fonte ou en fer-blanc, et dont les principaux lieux de production sont : Paris y Randonnay (Orne), Lille , Fumay (Ardennes), Guise, (Aisne), Albert (Somme), Varigney (Haute-Saône), Rouen.
Dans l’Alsace et dans la Lorraine, aujourd’hui allemandes que nous avons perdues, cette industrie a une grande importance : Morvellars, Molsheim, Zorndoff, Beaucourt, une des plus grandes fabriques de quincaillerie du continent, Ars-sur-MoselIe.
A l’exception de quelques grandes villes, comme Paris, Lyon, "Toulouse, et de quelques lieux comme Villedieu et Aurillac où ce genre d’industrie s’est perpétué par tradition, les fabriques de quincaillerie se sont installées dans le voisinage des lieux qui produisent le fer.
170. Les armes. — Les armes sont de véritables outils destinés soit à défendre l’homme contre une agression étrangère, soit à lui procurer sa subsistance par la chasse. Elles se divisent en armes blanches, dont on fabrique les lames à C hâtellerault , à Saint-Étienne , et que l’on monte le
LA F H ANGE
plus souvent à Paris; et en armes à feu, comprenant ellesmêmes les armes de guerre que fournissent les manufactures de Charleville (Ardennes), de Maubeuge (Nord), de Saint-Étienne, de Châtellerault, de Tulle , les fonderies de canons de Ruelle, de Bourges, etc., et les armes de luxe dont la fabrication se partage entre Paris et Saint-Étienne. En Alsace, Mutzig et Klingenthal fabriquaient pour la France naguère des armes blanches et des armes à feu.
171. L’alcool. — En distillant du vin ou du marc de raisin, on obtient de Yeau-de-vie ; en distillant l’eau-de-vie de manière à la séparer de l’eau à laquelle elle est mélangée, on obtient Y esprit qui contient encore une certaine portion d’eau, ou, en poussant plus loin la distillation, de Yalcool pur. L’eau-de-vie est une liqueur de table; l’esprit est un liquide très-employé dans certaines industries. La quantité d’alcool est estimée à plus de 1/2 million d’hectolitres par an, produit de la distillation de 6 millions d’hectolitres de vin.
Les départements qui fournissent le plus d’eau-de-vieet d’alcool de vin sont : Y Hérault, célèbre par son eau-de-vie d 'Armagnac, la Charente et la Charente-Inférieure, par son eau-de-vie des Charcutes ou Cognac . (Voir §§ us et m .)
Longtemps ils ont été à peu près seuls en possession du marché ; mais aujourd’hui, on distille la betterave, la mélasse et même les grains, non-seulement de manière à faire de l’esprit propre aux usages manufacturiers (environ 1 million d’hectolitres), mais de l’eau-de-vie, et les départements du Nord et du Pas-de-Calais sont au nombre de ceux qui produisent le plus d’alcool. (Voir § i04.)
17 2. Les produits chimiques. — Sous le nom de produits chimiques , on comprend un très-grand nombre de substances diverses, acides ou sels, matières tinctoriales, etc., qu’on obtient par des réactions chimiques dans des usines montées comme de vastes laboratoires scientifiques. Ces produits jouent dans l’industrie un rôle d’autant plus considérable que l’industrie est elle-même plus avancée, c’est-
l'industrie.
à-dire mieux instruite par la science à tirer parti de ces agents naturels ou artificiels.
Nous avons mesuré la force productive de l’industrie par la houille, par le fer, par les machines à vapeur employées; on peut, presque avec la môme exactitude, la mesurer par l’acide sulfurique consommé; car c’est lui qui sert de réactif pour produire la plupart des autres acides et des sels, pour nettoyer les métaux et épurer un grand nombre de matières grasses et sucrées. Or, en 1830, la France consommait par an environ 14 millions de kilogrammes d’acide sulfurique ; elle en consomme plus de 50 millions aujourd'hui; et, ce qui est un signe non moins favorable, le prix du kilogramme a notablement diminué.
On prépare l’acide sulfurique avec du soufre natif, importé principalement de Sicile, ou du soufre provenant du grillagedes pyrites; on fait chauffer fortement ce soufre qui s’évapore à l’état d’acide sulfureux; on fait pénétrer cet acide sulfureux, avec de la vapeur d’eau, de l’air atmosphérique et de l’acide azotique, dans une série de vastes chambres de plomb 4 , où, par une des réactions les plus belles dont la science ait doté l’industrie, mais qu’il n’y a pas lieu de développer ici, se forme l’acide sulfurique. (Voir la fig. 5-> représentant le four à faire l’acide sulfureux F, le réfrigérant B, et la première et la dernière partie A, A", d’une série de chambres de plomb, et voir, pour plus de détails, le Dictionnaire de chimie industrielle de' MM. Barreswil et Girard, t. I. )
C’est surtout dans la région industrielle du Nord-Ouest que se trouvent les fabriques de produits chimiques : à Paris , qui, entre autres fabriques, comprend, depuis 1860, dans son enceinte, celle de Javel, et, près de Paris, à Ivry, Vaugirard, Clichy, Aubervilliers, Saint-Ouen , Saint-Denis, Argenteuil, Nanterre ; à Lille, qui en possède plusieurs dans ses murs ou dans sa banlieue (entre autres, celle de Loos) ; h Valenciennes; à Saint-Gobain, avec son annexe
1. Les chambres de plomb d’une seule usine de Lyon ne mesurent pas moins de 45,000 mèlres cubes.
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Chauny ; à lîouen. Sur les bords de la mer, la présence de la soudedans les varechs a donné naissance aux fabriques de Cherbourg , du Conquet (Finistère), etc.
Dans 1 Est et dans le Midi, à Dijon, à Dôle. à Lyon , où
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la fabrication des soieries a donné un grand développement à l’industrie de la teinture ; à Annonay (Ardèche), h Avignon, à Marseille et dans l’île de la Camargue, à Montpellier , ù Bordeaux , etc.
L’INDUSTRIE
Au Nord-Est, nous avons perdu les importantes fabriques :1e Dieuze et Bouxwiller.
173. Les matières grasses. — 11 va diverses espèces d 'huiles destinées à des usages distincts; les unes sont propres à l’alimentation, comme l’huile d'olive, l’huile de noix, l'huile d’œillette (voir §§ 1 25 et 1 07) ; d’autres à l’éclairage, comme l’huile de colza ; d’autres à la saponification ou à d’autres usages industriels, comme l’huile commune d’olive, l’huile de palme, l’huile siccative de lin. On fabrique, sous le nom d’huile d’Aix, l’huile d’olive dans le Boussillon , dans la Provence et le B as- Langue doc, qui ont presque le monopole de la culture de l’olivier; l’huile d’amandes douces, dans toute la région du Midi; l’huile de noix, dans les Charentes et dans la Dordogne ; l’huile d’œillette, dans les départements du Nord; l’huile* de colza, dans les mêmes départements ; l’huile de navette, dans les mêmes départements, dans les environs de Caen, dans la Franche- Comté, etc.; l’huile de lin, dans le Nord; l’huile de chênevis, dans la Lorraine, etc. ; l’huile de résine, dans les Landes et à l’usine de Saint-Ouen (Seine).
Les graisses , provenant de la dépouille des animaux, sont fournies parles grandes villes qui consomment le plus de viande, comme Paris, et elles y sont préparées.
La graisse sert à faire la chandelle, qui, il y a un siècle, éclairait presque exclusivement nos demeures, la bougie de cire étant un objet de luxe. l)c la graisse on extrait aujourd’hui certains acides, acide stéarique, etc., dont on fait à peu près toutes les bougies, excepté celles qui sont destinées aux églises. Paris, avec sa banlieue ( lvry , Clichy, Gentilly, Aubervilliers, Saint-Denis), est encore le centre principal de cette fabrication ; il faut citer aussi Lyon , Montpellier , Marseille , Lille, le Mans, Landerneau (Finistère), etc.
L’huile ou la graisse, combinée avec un alcali, soude ou potasse, forme le savon , dur ou mou. La L J rovence , possédant l’huile d’olive, donne les meilleurs savons, connus sous
le norri de savons de Marseille , et fabriqués dans celte ville, à Aix, à Draguignan, etc. ; les ports, comme Nantes, le Havre , recevant ainsi que Marseille lesgraines oléagineuses, arachide, sésame, etc., ont aussi d'importantes savonneries ; les grandes manufactures de tissus, comme Amiens , Rouen, Elbeuf , Reims, Lyon, consommant beaucoup de savons, ont aussi d’importants établissements de ce genre. A Paris et dans sa banlieue, à Neuilly, à Saint-Ouen, etc., est concentrée la fabrication des savons de toilette.
174. Les cuirs. — Pour être employée dans l’industrie, la peau des animaux doit subir de nombreuses et longues préparations. L’industrie se procure les peaux, soit par l’abattage des animaux en France, lequel donne les cuirs verts, c’est-à-dire les peaux fraîches, soit par l’importation d’Angleterre, d’Allemagne, d’Amérique, laquelle donne principalement les cuirs salés, c’est-à-dire les peaux salées pour prévenir la putréfaction. On convertit ces peaux en véritable cuir, dit cuir tanné, parle tannage, c’est-à-dire en les laissant s’imprégner pendant plusieurs mois du tannin qui les durcit et les rend imputrescibles. Les cuirs pour semelles sont des cuirs tannés et simplement battus au marteau. Mais la plupart du temps le cuir doit recevoir encore diverses mains-d’œuvre qui en font du cuir corroyé pour la chaussure et la sellerie, du cuir mégissé pour la ganterie, du cuir chamoisé, du cuir verni, etc.
Les tanneries, mégisseries, etc., se trouvent surtout là où l’on consomme la viande, où l’on élève les bestiaux et où l’on importe les peaux, particulièrement à Givet (Ardennes) qui donne beaucoup de cuirs forts, à Paris où l’on fabrique des cuirs de toute espèce, à Rouen, à Nantes, grâce surtout à l’importation ; dans l’Ouest, à Avranelles, à Rennes, à Tours, à C hâte au- Renault (Indre-et-Loire), à Niort qui fournit principalement des peaux chamoisées ; dans l’Est, à Haucourt (Haute-Loire), en Bourgogne, à Annonay (Ardèche) et Grenoble qui donnent des peaux pour la ganterie; dans le Midi, à Aniane (Hérault), à Mont-
pellier, à Milhau (Aveyron), un des centres les plus importants de la tannerie et de la corroierie.
Strasbourg, que nous avons perdu, fabrique beaucoup de cuirs forts.
Le caoutchouc et la gutta-percha qui, grâce à la vulcanisation, c'est-à-dire à leur combinaison avec le soufre, se prêtent à tant d'usages différents, sont travaillés surtout à Paris ; en seconde ligne, dans les usines de Clermont-Ferrand, de Bezons (Seine-et-Oise), de Langlée (Loiret), etc.
La co//e, qui comprend diverses espèces, colle de pâte, colle de poisson, colle forte, rentre dans la même catégorie que les cuirs, puisque la colle forte, la plus employée, provient de débris d J animaux. La meilleure est la colle de Flandre ; Givet , Rouen, Pans fournissent aussi de la colle estimée.
3° section.