Pour faire du verre à bouteilles, par exemple
des bouteilles, des cylindres, qu’elle coupe et étend en forme de vitre .
Elle le souffle dans un moule pour en fabriquer des carafes, des verres, tous les articles courants désignés sous le nom de gobelelerie -, elle le coule en grande masse sur des tables de fonte pour fabriquer des glaces qu’ensuile on polit et on étame. Elle manie de la môme manière le cristal et en fabrique des objets analogues à ceux de la gobeleterie, mais plus beaux et le plus souvent ornés de tailles faites à la meule ou de gravures.
La verrerie consomme, comme la céramique, beaucoup de combustible. C’est pourquoi elle plaçait autrefois ses fabriques dans les régions boisées et les place généralement aujourd’hui près des mines de houille.
C’est en effet à côté du charbon de terre qu’on trouve les principaux groupes de verreries communes, celles qui font les bouteilles et les vitres : dans les houillères du Nord , à Fresnes, à Anzin, à Aniche, etc. ; dans les houillères du Centre , à Vierzon, à Chagny, à Blanzy, àÉpinac, etc,; dans le bassin de la Loire, à Rive-de-Gier, à Saint-Étienne, à Givors; dans le bassin d ’Alais, h Alais, etc. Forbach, que nous avons perdu, était un des centres de celte industrie. Dans les parties boisées de la Seine -Inférieure, de YOrne, de Y Aisne (Folembray, Prémontré, etc.), on trouve aussi un assez grand nombre de verreries (1).
La gobelelerie se fait très-souvent dans les mêmes fabriques, plus particulièrement à proximité des belles forêts des Vosges , à Meisenthal, près Saint-Louis (Moselle), à Vallerysthal, près Saint-Quirin (Meurlhe), à Plancholte (Vosges), à Treslon, à Trois-Fontaines (verres de montre), etc.
La cristallerie compte deux grands établissements : Baccarat (Meurthe) et Clichy (Seine) ; nous avons perdu
1. Dans les forêts du département de l’Aisne, près de la frontière belge, se trouve la verrerie de Quiquengrogne , qui, fondée en 1200, est la plus ancienne que l’on connaisse en France.
L’INDUSTRIE. 239
Saint- Louis (Moselle) qui formait le troisième; en second ordre sont Pantin (Seine), Fourmies (Nord), etc.
Les glaces viennent surtout du grand établissement de Saint-Gobain, fondé sous le règne de Louis XIV, dont Chauny (Aisne) et naguère Cirey, aujourd’hui perdu, sont des dépendances; Aniche (Nord), Montluçon (Allier), Saint-Quirin (Meurthe), etc., ne sont qu’au second rang.
203. Le bronze et l’orfèvrerie. — L 'orfèvrerie qui fabrique des pièces destinées au service de la table, couverts, plats, cafetières, etc., en or et plus souvent en argent, et le bronze , qui fabrique en bronze des flambeaux, des lampes, des garnitures de pendule, statuettes, etc., sont encore des industries de luxe, exigeant la coopération d’un grand nombre d’artistes et d’ouvriers d’élite, modeleurs, fondeurs, ciseleurs, ajusteurs, etc. : c’est pourquoi elles sont presque exclusivement pratiquées à Paris.
204. La coutellerie. — La coutellerie , qui fournit couteaux de table, couteaux de poche, canifs, rasoirs, ciseaux, etc., a pour centres Thiers (Puy-de-Dôme), qui fait les articles à bas prix (12 millions d’aflaires), Nogent (Haute-Marne) et Châtellerault (Vienne), qui font toute espèce d’articles ordinaires (Voir § 15 1 ) ; Paris fait les montures et les articles d’une qualité supérieure; Saint-Étienne et Nontron fabriquent en quantité considérable de grossiers couteaux de poche à manche de bois, dits eustaches.
6 e section.