‹ La France (avec ses colonies) (volume 2)Chapitre 58 sur 87 · LA FORMATION COLONIALE · texte numérisé non relu

LA FORMATION COLONIALE

(Voir les planches n«* 20, 21, 22.)

259. Les colonies sous Colbert. — La France avait eu, dès Je xiv e siècle, de hardis marins rouennais et dieppois, qui allaient commercer sur la côte d’Afrique et, au xvi e siècle, elle avait envoyé des navigateurs (Verazzani, Jacques Cartier) dans le nouveau monde. Cependant sa première colonie date seulement de la fondation de Québec, au Canada, par Champlain, en 1608, et sa puissance coloniale, de la seconde moitié du xvu e siècle, lorsque, sous Louis XIV, Colbert dirigea la marine.

Le Canada devint une colonie prospère, qui s’étendit des bords du Saint-Laurent jusque sur les rives des grands lacs auxquels ce fleuve sert de débouché; puis, grâce auxdécouvertes de Fintrépide voyageur Cavelier de la Salle (1682), sur toute la vallée du Mississipi qui reçut le nom de Louisiane . Cette immense région qui, de Terre-Neuve et de la baie d'Hudson jusqu’au golfe du Mexique, comprenait plus des trois quarts de l’Amérique du Nord, mais que les Français n’avaient véritablement colonisée que dans le Canada, au delà duquel ils ne possédaient que des postes isolés

au milieu des tribus sauvages et destinés à protéger le commerce des peaux de castor, était souvent désignée sous le nom de Nouvelle-France.

dans les Antilles, la France avait la portion occidentale de File Saint-Domingue, l’île Saint-Christophe , qui avait été le premier point occupé par d’Esnambuc, le créateur, sous le ministère de Richelieu, de nos colonies des Antilles, et la plupart des îles du Vent, la Guadeloupe, la Dominique, la Martinique, Saint-Vincent, Tabago, etc., dont la propriété avait été donnée à la grande Compagnie des Indes occidentales.

Dans l’Amérique du Sud, elle avait la Guyane, où le premier établissement, demeuré infructueux, datait du ministère de Richelieu.

En Afrique, elle possédait le Sénégal que des marchands rouennais, établis dès le temps de Richelieu, cédèrent à la Compagnie des Indes occidentales, bientôt démembrée, et qui s’accrut aux dépens des comptoirs hollandais (Gorée, etc.) ; les comptoirs de Madagascar, d’où les colons ne tardèrent pas à être expulsés ; Vile Bourbon et F île-de-France avec les petits groupes voisins, dont la prise de possession datait de la fin du règne de Louis XIII.

En Asie, elle avait Pondichéry, que la Compagnie des Indes orientales, repoussée de Madagascar, avait acheté en 1683, après avoir tenté inutilement deux autres établissements, Chandernagor, acheté en 1688, etc.

260. Les revers du XVIII e siècle. — Le traité d’Utrecht (1713) porta à la puissance coloniale de la France une première atteinte, en cédant à l’Angleterre Terre-Neuve, l’Acadie et Saint-Christophe.

Cependant, durant la première moitié du règne do Louis XV, la Louisiane se peupla quelque peu, et la Nouvelle-Orléans fut fondée en Amérique ; aux Indes, Dumas, et surtout son successeur Dupleix, commencèrent à fonder un vaste empire français. La guerre de Sept ans ruina ces espérances: battue sur mer par l’Angleterre, la France dut,.

LES COLONIES

par le traité de Paris (1763), renoncer à l’empire des Indes, où elle ne conserva que des comptoirs qu’elle n’avait plus le droit de fortifier, Chandernagor, Yanaon, Pondichéry, Karikal, Mahé; elle dut céder le Canada tout entier, ne recevant en échange que les petites îles de Saint-Pierre et Miquelon pour abriter ses pêcheurs de morue; abandonner les terres situées à l’est du Mississipi sur la rive gauche du tleuve, la plupart des petites Antilles, le Sénégal, et elle indemnisa les Espagnols , ses alliés, en leur donnant la Louisiane.

Sous Louis XVI, la marine française reparut avec honneur sur les mers, mais sans grand profit pour notre empire colonial qui ne recouvra que quelques îles des Antilles, avec le Sénégal, et qui bientôt fut entièrement anéanti pendant les guerres de la Révolution et de l’Empire, de 1793 à 1810. Saint-Domingue se révolta, et toutes nos colonies tombèrent successivement au pouvoir des Anglais.

Par les traités de 1814 et de 1815, les Anglais rendirent à la France les colonies qu’elle possédait en 1789, moins l’Ile-de-France (en Afrique), Sainte- Lucie et Tabago (aux Antilles). L’île de Saint-Domingue demeura indépendante.

261. La conquête de l’Algérie. — En 1830, à la fin du règne de Charles X, une armée française, envoyée pour venger une injure, débarqua à Sidi-Ferruch, et prit Alger. L’Algérie, qu’avaient successivement occupée, dans l’antiquité, les Numides, les Carthaginois, les Romains; au moyen âge, les Vandales, les Grecs, les Arabes et diverses dynasties berbères, formait, depuis 1518, un État particulier, gouverné par des deys de race turque, sous la suzeraineté de la Porte Ottomane : la conquête d’Alger mit fin à cette domination.

Pour maintenir cette conquête, il fallut, sous le règne de Louis-Philippe, en faire d’autres : prise d ’Oran (1831), de Bone (1832), de Constantine (1837). Néanmoins la. France ne possédait que quelques villes, toujours enveloppées par une population ennemie, dirigée par Abd-eR

Kader, donWle traité de la Tafna (1837) avait fait un personnage important. Sous le gouvernement du maréchal Bugeaud (1841-18£*7),Ia conquête s’étendit et s’affermit par la soumission entière de la vallée du Cheliff, par la prise de Biskra, centre des populations de l’Aurès, et par la victoire de l’Isly remportée sur les Marocains (18H). A la fin de l’année 181*7, Abd-el-Kader fut pris par le duc d’Aumale, devenu gouverneur général.

Depuis 181*8 et surtout depuis 1852, la colonisation et l’organisation administrative, dont s’était beaucoup préoccupé le maréchal Bugeaud, ont été la principale affaire du gouvernement dans le Tell : à l’est d’Alger cependant, une grande expédition, conduite par le maréchal Randon, a été nécessaire pour soumettre les Kabyles du Jurjura (1856- 1857). Dans le sud, c’est-à-dire dans le Sahara, il a fallu encore conquérir pour consolider les conquêtes précédentes : prise de Zaalcha (181*9), à'El-Aghouat (1852), d’Ouargla et deTougourt (1854), il a fallu en 1865-1867, comprimer une grande révolte des tribus nomades du désert, et, en 1871, à la suite des désastres de l’invasion prussienne, une révolte plus générale encore qui s’est étendue sur la Kabylie, sur le Tell, et jusque dans les environs d’Alger.

262 . Les récentes acquisitions. — Cependant, sous le règne de Louis-Philippe, durant la période de 1840 à 1848, la France acquéraitles comptoirs de Grand-Bassam, d’Assinie, de Gabon , les îles Mayotte et Nossi-bé en Afrique, et, en Océanie, les îles Marquises et le protectorat de Tditi.

Sous le règne de Napoléon III, le Sénégal, par les soins au général Faidherbe, a été considérablement agrandi, et plusieurs Etats nègres ont été soumis ou placés sous notre suzeraineté ; en Asie, à la suite de la prise de Tourane (bientôt abandonnée), de Saigon (1860) et d’une guerre avec l’empereur d’Annam, terminée parle traité de 1862, la basse Cochinchine a été cédée à la France et vient d'être agrandie par de nouvelles conquêtes; en Océanie, la Nouvelle- C a lédonie a été occupée.

LES COLONIES

2 e section.

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