‹ La France (avec ses colonies) (volume 2)Chapitre 59 sur 87 · L’ALGÉRIE · texte numérisé non relu

L’ALGÉRIE

(Voir la carte n° 20.)

2G3. Le climat et le sol. — Sous le nom cTAlgérie, on désigne la portion de la côte septentrionale de l’Afrique qui s’étend entre l’empire de Maroc, à l'ouest, le désert, au sud. et la régence de Tunis, à l’est. Elle occupe le rivage de la Méditerranée sur une étendue d’environ 900 kiî., depuis le territoire de la Calle, à l’est, jusqu’à la rivière Kis, à l’ouest, et s’étend dans l’intérieur des terres à une profondeur de plus de 600 kiî., du 37 e au 31 e degré de latitude septentrionale, mesurant ainsi une superficie égale environ aux 4/5 e de celle de la France.

Sur le littoral et dans le Sahara, on ne connaît guère que deux saisons : un été ordinairement très-chaud, et un hiver très-pluvieux. On y distingue d’ailleurs diverses régions climatériques. Sur la côte, les brises de mer tempèrent la chaleur, surtout durant la soirée, et, l’hiver, il n’y gèle jamais; aussi le climat d’Alger est-il recherché par les malades. Au delà de la chaîne de l’Atlas, la chaleur des étés est plus brûlante; mais la température s’abaisse rapidement la nuit, et la neige tombe en hiver.

L’Algérie est coupée, dans toute son étendue, de l’est à l’ouest, par un massif montagneux de trois chaînes qui se mêlent et se confondent souvent, surtout les deux premières: lepetit Atlas, le plus voisin de la côte, s’étendant du cap Ivi au cap Carbon, et désigné, à l’est, sous le nom de Djebel [\) Jurjura (2,400 mètres) ; le moyen Allas , qui court du Maroc à la Tunisie, mais se confond sur beaucoup de points avec le petit Atlas; et le grand Atlas, dans lequel se trouvent le Djebel Amour et le Djebel Aures,

fl). Ce mot signifie montagne.

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Le sol présente, par suite, trois aspects distincts :

4° Au nord, entre la mer et le moyen Atlas, est le Tell y région des cultures permanentes, entrecoupée de plaines, de marais et de montagnes, où coulent des rivières nombreuses, dites oued, où poussent les céréales et où se trouvent les belles forêts et les prairies; il a une superficie d’environ 14 millions d’hectares et une profondeur généralement plus grande à l’ouest qu’à l’est. La partie située à l’est d’Alger, de l’embouchure de Tisser à celle du Kébir,. toute hérissée de montagnes (Jurjura, etc.), est désignée sous le nom de grande et de petite Kabylie.

2° Entre le moyen et le grand Atlas, une région dont la limite est vague comme celle des chaînes qui labornent, la région des plateaux on des steppes, où sont les lacs, dits choit et sebkha, où les rivières n’ont d’eau que dans la saison des pluies, où les céréales ne poussent que sur quelques points privilégiés, mais où le sol se couvre, après l’hiver, de petites plantes aromatiques et de hautes herbes, principalement d’alfa, propres à nourrir le bétail ; vastes steppespierreuses, où la population est très-clair-semée et où Ton commence à avoir le sentiment du désert, -

3° Au sud du grand Atlas, on commence à redescendre la pente que Ton montait depuis le bord de la mer ; les eaux, quand il y en a dans le lit des rivières, coulent au sud, et on entre dans le Sahara ou désert, immense surface aride,, qui n’est plus habité que dans quelques rares oasis et que les indigènes nomment, dans la partie sablonneuse du Sud, El-Erg, c’est-à-dire la région des Dunes de Sable; on dit aussi quelquefois la région des Palmiers , parce que cet arbre, qui croît dans les oasis, et qui constitue le fond de la nourriture des rares habitants, caractérise cette région.

Il y a, en Algérie, peu de cours d’eau importants. Il suffit de nommer la Sey bouse, qui se jette dans la meràBone;le Kébir , qui reçoit le Rummel, le torrent de Constantine; le Sahel, qui arrose Aumale ; VJsser ; le Chéliff , le plus important, qui parcourt toute la région des plateaux avant de

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descendre dans le Tell, grossi de la Mina ; la Mac.la , formée de la réunion de l’Habra et du Sig, et coulant à travers une plaine marécageuse ; le Tafna, grossie de l’Isly.

c. Dans la région des plateaux, les lacs les plus importants sont ceux de Gharby, de Cher gui, de Zahrès, de Hodna et de Tharf, et, dans le désert, ceux de Melghir, alimenté en grande partie par Toued Djeddi, et de Gharnis, sur la frontière, tous deux situés dans la partie orientale.

9 '2 64. Les circonscriptions administratives. — L’Algérie est administrée par un gouverneur général, qui commande les forces de terre et de mer, et statue sur toutes les affaires qui n’ont pas été spécialement attribuées à une autre autorité ; sous ses ordres, un sous-gouverneur, général de division, dirige les affaires civiles, un conseil de gouvernement donne son avis sur les affaires qui lui sont soumises, et un conseil supérieur examine le budget.

Elle est divisée en trois provinces : Oran, Alger, Constantine, comprenant chacune : 1° un territoire civil formant un département divisé en arrondissements, commissariats civils et communes, et administré, sous les ordres du commandant militaire, par un préfet, des sous-préfets, commissaires civils et maires ; 2° un territoire militaire, formant une division militaire, divisé en subdivisions, cercles et annexes, et administré par un général de division, des généraux de brigade et des commandants assistés d’un bureau arabe.

Le territoire militaire est presque exclusivement peuplé d’Arabes ; ils sont groupés en tribus, gouvernées par des caïds et subdivisées en ferkas ou communes et en douars ou hameaux. Plusieurs tribus réunies forment un groupe surveillé par un agha.

Parmi les tribus les plus importantes, il faut citer: 1° dans la province d’Oran, les Djafra, les Hachem, les Flita, et, au sud, les Sidi-Cheikh, etc. ; 2° dans la province d’Alger, au sud, les Ouled-Naïl , les Ksours, les Beni- Mzab, etc. ; 3° dans la province de Constantine, les Nemencha, les Quled-Zekri, etc.

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Les territoires civils forment pour ainsi dire des îles semées au milieu du territoire militaire; ils sont tous situés dans le Tell et représentent moins de 1/100 du sol algérien (environ 400,000 hectares).

2G5» Les villes. — Les principales villes sont :

1° Dans la province d’Oran, Tlemcen (14,000 hab.), la place forte de l’est et le marché le plus fréquenté du commerce marocain, avec Lalla-Maghrnia ; Oran (25,000 hab.), chef-lieu de la province, située au fond du golfe du même nom, centre du commerce de la région orientale ; mais son port, malgré quelques travaux insuffisants, est mauvais, et le commerce maritime préfère le port très-sûr de Mers-el- Kèbir, situé à l’ouest lu golfe; Arzeu, petite bourgade, mais excellent mouillage, qui sert de refuge aux navires ancrés dans la rade de Moslaganem et aux produits des fertiles plaines du Sig et de l’Habra; Mascara (7,000 hab.), au nord de la plaine d’Eghris; puis, au sud de Mascara, les postes sahariens de Saïda, de Geryville, communiquant avec l’oasis lointaine de El-Goléa, etc.

2° Dans la province d’Alger, Orlèansville, poste militaire de la vallée du Cheliff; Tenez, qui lui sert de port; Milianah (6,000 hab.), à l’est dans la même vallée, marché agricole situé au pied du revers méridional du petit Atlas ; Cherchell qui lui sert de port; Mèdéah (8,500 hab.) à l’est, sur le même revers, mais sur un plateau élevé d’environ 900 mètres, ayant dans le voisinage les mines de cuivre de Mouzaïa; Dlidah (7,000 hab.) que l’on rencontre au pied de l’Atlas, sur le revers septentrional, à &0 kilomètres au nord de Médéah, et à l’entrée de la vaste plaine de la Métidja, centre agricole important ; cette plaine, arrosée principalement par l’oued Harrach, renferme plusieurs villages agricoles dont le principal est Bouffarik; sur la côte occidentale de la rade d’Alger, bornée par la pointe Pescade et le cap Matifou, Alger (64,000 hab.), que l’on rencontre à 50 kil. au nord-est de Blidah, après avoir traversé la plaine de la Métidja, capitale de la colonie, située à 800 kil. de

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Marseille, port de mer que les grands travaux exécutés jusqu’ici ont amélioré sans le mettre entièrement à l’abri des vents, ville pittoresque, bâtie en amphithéâtre au-dessus des eaux, avec ses beaux quartiers européens sur la plateforme qui pointe dans la mer, et ses étroites rues mauresques sur les pentes ardues de la colline; Dellys (2 , 0 0 0 hab.), le port de la Kabylie; Aumale, poste militaire de l’intérieur dans la région du Sud ; Boghar , sur la limite du Tell et desplateaux; El-Aghouat, à l'entrée du désert, communiquant avec les postes de Guerrarà, de Ghardaya ;

3° Dans la province de Constantine, Bougie (3,000 hab.), petite ville à l’embouchure du Sahel, avec une vaste et bonne rade et un commerce assez important ; Sèlif, centre agricole de la grande plaine de la Medjana ; Djidjelli, petit port abrité par des récifs; Pliilippeville (fri, 000 hab.), le port de Constantine, mais n’offrant qu’une plage d’un accès difficile, ce qui oblige, jusqu’à l’exécution des travaux projetés, les navires d’aller mouiller à Stora; Conslanline (36,000 hab.), à 83 kilom. sud de Pliilippeville, dans la région montagneuse, sur l’angle d’un plateau calcaire que borde de deux côtés le Rummel, roulant ses eaux au fond d’un immense abîme, ville très-forte, dans une situation pittoresque et en même temps grand centre de commerce entre le Tell et le Sahara; Guelma (3,600 hab.), connue par son marché de bestiaux tunisiens; Souk-Harras, Ain-Beïcla et Tébessa, entrepôts du commerce; Boue (11,000 hab.), qui, quoique en partie ensablée, sert de port à cette région; la Calle, abri ordinaire des pêcheurs de corail; dans le sud, les marchés de Batna, avecLambessa dans le voisinage, et de Biskra, avec Zaatcha dans le voisinage, sur les deux revers des monts Aurès ; et, plus au midi, l’oasis de Tougourt, communiquant avec l’oasis indépendante de Souf, et l’oasi* ù’Ouargla, communiquant, d’une part, avec Ghadamès’au sud-est, d’autre part, avec El-Goléa et le Touat au sud-ouest, les deux grandes routes des caravanes allant de la côte barbaresque au Soudan.

266. L’agriculture et l’industrie. — Cette immense étendue de terre, très-inégalement peuplée, est aussi trèsinégalement cultivée. (Voir tab. de Stat. n° 58.)

Dans le Tell, on compte à peu près 2 millions d’hectares cultivés, dont 1/1 0 e environ appartient à la culture permanente, les 9/1 0 CS à la culture nomade. Ils produisent surtout des céréales (environ 11 millions d’hectolitres), particulièrement de Y orge et du blé dur , que les indigènes cultivent beaucoup; les blés tendres, plus recherchés du commerce, mais plus délicats, sont cultivés par les colons européens; des fèves , une petite quantité de sorgho, de maïs, d’avoine, du tabac (environ 7,000 quintaux), du coton, mais qui, malgré sa qualité supérieure, est, faute d’eau et de bras, cultivé seulement sur un petit nombre de points* des melons, des pastèques, etc. Les forêts et les bois sont évalués à près de 2 millions d’hectares, et sont presque tous propriétés de l’État; ils renferment, en premier lieu, des chênes-liège qui fournissent le liège et les bouchons* en second lieu, des bois de construction comme le chênezèen; des oliviers , qui prennent sur leur sol natif de trèsgrandes proportions et fournissent beaucoup d’huile et de Iruits ; des pins d’Alep, qui fournissent du goudron ; des bois d ébénisterie, comme le cèdre, le thuya; des figuiers de Barbarie dans les montagnes, des palmiers nains qui hérissent le sol presque partout et principalement sur les plateaux* des tamariniers dans le Sud, etc.

Parmi les arbres fruitiers cultivés, il faut citer, en première ligne. Y oranaer. dnn.t nn AAmnto ni.^ a x. aaa • i

plan lés surtout aux environs de Blidab, et le citronnier, dont le limon est une variété d’une saveur plus douce* puis le

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cédratier dont le fruit ressemble au citron ; le bananier, glande plante herbacée qui donne une riche grappe de

•les broussailles et les terres vagues.

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Dans la région des plateaux , on ne rencontre plus, excepté dans les rares parties irriguables, que des espèces de landes ou pacages d’été. Le palmier nain et l 'alfa, dont se nourrissent les bestiaux et dont on fait des ouvrages de sparterie, en sont pour ainsi dire la seule production agricole.

Dans le désert, le dattier des oasis donne aux habitants leur principale nourriture. C’est en quelque sorte la providence du désert; sa sève fournit une boisson agréable ; ses larges feuilles couvrent les cabanes, dont sa tige forme la charpente ; son ombrage protège le sol et permet à l’orge et au blé de croître.

La grande richesse des régions situées au sud du moyen Atlas, régions de pâture, est le bétail. Les bêtes à cornes, petites, mais vigoureuses et sobres, sont au nombre de plus de 1 million ; les moutons, relativement très-nombreux dans le Sud, où ils suivent et souvent commandent les pérégrinations des tribus nomades, sont au nombre de plus de 7 millions ; ils appartiennent à diverses espèces, sont en général grands , rustiques, mais ne fournissent, faute de soins, qu’une laine très-commune. Les chèvres sont au nombre d’environ 3 millions 1/2. Les chevaux, quoique beaucoup inférieurs à leur réputation, ont une grande renommée : ce sont les chevaux barbes, grands, minces, rapides et durs à la fatigue, et les chevaux arabes, petits, mais remarquables par la finesse de leurs formes et la vigueur de leurs muscles, et passant, à juste titre, pour le type le plus parfait du cheval de course; on ne compte guère plus de 150,000 chevaux en Algérie. Les mulets sont à peu près en même nombre; les chameaux, employés surtout dans le Sud, sont plus nombreux.

Parmi les autres produits animaux, sont la soie que l’on commence à obtenir en quantité notable; les peaux de chèvres dont on fait les outres ; celles de bœufs et de moutons que l’on tanne pour la consommation indigène ou que l’on expédie brutes en Europe ; le miel et la cire qui sont de

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bonne qualité ; V autruche que l’on chasse dans le Sahara et dont les plumes ont une très-grande valeur.

La mer fournit le corail que l’on pêche un peu sur toute la côte, beaucoup du côté de Bone et de la Calle ; certains zoophytes, en se développant les uns au-dessus des autres, donnent naissance à un axe rameux et pierreux : c’est la branche de corail, rose ou rouge (voir la fig. n° G3). Ce sont surtout, malgré les encouragements donnés aux pêcheurs

Fig. 59. — Corail. H. 0‘“ 20.

français, les Italiens qui se livrent à cette pêche, occupent aujourd’hui plus de 300 bâtiments.

Les principaux produits minéraux sont le cuivre, le plomb, le fer, dont l’exploitation n’a jusqu’ici réussi qu’à la mine de plomb de Gar-Rouban, près de Lalla-Maghrnia (prov.

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d’Oran) ; à la mine de cuivre de Mouzaïa (prov. d’Alger); â la mine de fer magnétique de Karesas, de Mokta-el-Hadid et autres des environs de Bone qui donnent une fonte trèstenace, de Saumah (province d’Alger); à la mine de plomb de Kef-oun-Téboul, près de la Calle ; à la mine de cuivre d’Aïn-Barbar (prov. de Constantine) ; le sel, que l’on exploite dansées cinq lacs salés de la province de Constantine et aux salines d’Arzeu, qui fait l’objet d’un assez grand commerce; le marbre onyx de la province d’Oran (Aïn-Tek balet), et le marbre statuaire de FilOla, près de Philippeville.

L’Algérie n’est pas un pays industriel. La minoterie, la fabrication des pâtes alimentaires, des briques, la préparation des peaux, surtout des cuirs maroquinés, et la fabrication des tissus et des poteries grossières, constituent les principales occupations manufacturières des habitants.

2G7. Le commerce. — L’Algérie fait un double commerce, l’un de terre, l’autre de mer.

Le commerce de terre se fait par caravanes, avec la Tunisie, le Maroc et les tribus du désert ; il consiste en importations de peaux, de laines, de dattes, de bestiaux, de plumes d’autruche, et en exportations de numéraire, de tabac, de tissus de coton et de laine, d’articles de mercerie. Il ne saurait être évalué d’une manière satisfaisante; il est, en somme, peu considérable , et presque nul du côté de la frontière du Sud (1).

Le commerce de mer se divise en un cabotage assez actif entre les ports de la côte et en un commerce extérieur avec la France, qui Figure pour les quatre cinquièmes dans le total, avec l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie, les États barbaresques, etc. Alger , Oran et Phiiippeville sont les ports les plus importants.

Le commerce extérieur, qui est d’environ 280 millions. Comprend (Voir iab. de Stat. n° 57.) ;

(1)* Sur 2 millions et demi que produisent les douanes algériennes, la part des douanes de terre n’est que de 30,000 francs.

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1° A l'exportation , le blè, en grains ou en farine, les bestiaux , les peaux, la laine, Y huile, le liège, le colon, le corail, le minerai, le tabac (Voir tab. de Stat. n° 59.)

2°-A l’importation, les tissus et surtout les tissus de coton, les vins, le sucre, la houille, la fonte, les ouvrages en fer, les vêtements et autres articles de toilette, etc.

269. Les communications. — Dans l’intérieur, le commerce se fait sur un grand nombre de marchés: celui de Tiaret, dans la province d’Oran, est le plus important pour les laines; celui de Guelma, dans la province de Constantine, pour les bœufs.

Des routes ont été tracées pour faciliter les communications, et de grands travaux d’utilité publique sont entrepris ou projetés ; déjà le chemin de fer d'Alger à Blidah est en exploitation.

Les paquebots des Messageries impériales mettent en communication régulière , deux fois par semaine, Alger avec Marseille, une fois Oran avec Marseille et avec Cadix, et desservent, dans un service accessoire, les 12 principaux ports du littoral (voir§22G). Plusieurs autres services, à vapeur ou mixtes, leur font concurrence, et le total du mouvement des navires qui entrent chaque année dans les ports est d’environ 4,000 navires jaugeant 500,000 tonnes.

La Banque de V Algérie escompte aujourd’hui environ 100 millions de valeurs par an.

268. La population. — L’Algérie compte une population que l’on peut estimer à peu près à 3 millions d’individus, et qui se compose de deux éléments distincts :

1° Les indigènes, qui comprennent eux-mêmes plusieurs races . les Berbères (plus de 1 million), habitants primitifs du sol, que l’on nommait autrefois Numides, et qui, sous le nom de Kabyles, occupent encore presque sans mélange les montagnes du Jurjura; race énergique, laborieuse, pratiquant l’islamisme, mais ne condamnant pas les femmes à la réclusion, et ayant de fortes institutions communales; les Arabes (plus de 1 million 1/2), qui sont séden-

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taires dans le Tell, nomades au sud de l’Atlas, vivant en tribus (au nombre de 1,200 à 1,500) subdivisées en douars (voir § 259) ou campements: race conquérante, qui paraît plus disposée à la vie pastorale qu’au travail assidu de la terre; les Juifs (30,000 environ), entre les mains desquels est concentré presque tout le petit commerce.

2° Les Européens, parmi lesquels il faut distinguer : l’armée, en nombre variable, 60 à 90,000 hommes, selon les besoins du service; la colonie formant un total d’environ 220,000 individus comprenant, d’une part, les fonctionnaires, d’autre part, les colons proprement dits, dont le nombre s’élève progressivement. 11 ne dépassait pas 8,000 il y a trente ans. (Voir tab. de stat. n° 61.) Les naissances annuelles, au nombre de 8,500, excèdent depuis une dizaine d’années les décès et assurent le recrutement de la colonie par elle-même. (Voir tab. de Stat. n° 60.) La province d’Alger est celle où les Européens sont le plus nombreux, la province de Conslantine celle où il y a le plus d’Arabes des tribus. (Voir tab. de Stat. n° 62.)

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