‹ La France (avec ses colonies) (volume 2)Chapitre 63 sur 87 · L’OCÉANIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

L’OCÉANIE FRANÇAISE

279. La Nouvelle-Calédonie. — A 8,000 kilomètres environ au sud-est de Saigon, et à 1,000 kilomètres à l’est de l’Australie, est une grande île de 280 kilomètres de longueur sur 55 de largeur moyenne : c’est la Nouvelle-Calédonie (voir la carte iv de la planche n°i4.), traversée par une haute chaîne de montagnes et enveloppée d’une vaste ceinture de récifs et d’îlots. Au sud-est, est la petite île des Pins avec plusieurs îlots, et, à l’est, le groupe des îles Loyalty, comprenant trois grandes îles et un grand nombre d’îlots. La superficie totale est de près de 2 millions d’hectares, et la population, composée de sauvages plus noirs que ceux de la Polynésie, mais moins noirs que les nègres de la Nouvelle-Guinée, ne pratiquant aucune industrie, paresseux, farouches et même anthropophages, peut être estimée à 40,000 individus; cette population est divisée en tribus qui se font la guerre.

La Nouvelle-Calédonie a un sol généralement fertile qui donne l’igname, nourriture ordinaire des sauvages, la patate, la canne à sucre, le tabac ; on y trouve du charbon de terre. Protégée par ses récifs, elle a l’avantage de posséder d’excellentes rades, surtout celle de Kanala, à l’est, et, au sud-ouest, celle de Nouméa, chef-lieu de la colonie. Il a fallu soumettre par la force la plupart des tribus. Les missionnaires ont, sur divers points, des établissements ; mais presque toute la population blanche, composée d’environ 500 individus venus pour la plupart d’Australie, est groupée autour de la baie de Nouméa; on y a fondé un établissement où des condamnés sont transportés.

Le commerce, encore très-peu développé, ne se fait guère qu avec Sydney et consiste en importations de bes-

LES COLONIES

tiaux et de denrées alimentaires, en exportations d’huile de coco, d’écaille de tortue, etc.

280. Les établissements français de l’Océanie. — Sous le nom (Y etablissements français de V Océanie (voir la carte v de la planche n° h) on comprend deux ordres de possessions très-distinctes en principe : 1° les possessions françaises, c’està-dire les îles Marquises; 2° les États du Protectorat, c’est-àdire les îles de la Société et dépendances. Elles sont situées dans l’hémisphère austral, entre le 153® et le 137 e degré de longitude occidentale d’une part, d’autre part entre le 7 e et le 24 e degré de latitude australe, et sont disséminées sur un espace d’environ 320 kilomètres du nord au sud et de l’ouest à l’est.

L 'archipel des Marquises, au nord-est, est composé de onze îles ou îlots dont plusieurs sont inhabités. La principale île est Nouka-hiva, dont on avait voulu faire, en 1850, un lieu de déportation. Les indigènes y sont environ au nombre de 10,000. La France y a un résident et une brigade; mais le commerce y est absolument nul.

L’archipel de la Société se compose de deux parties, let> îles sous le vent et les îles du vent. Le protectorat français n’embrasse que ces dernières , qui sont au nombre de quatre, deux îlots ou groupes d’îlots et deux îles importantes, Taïti et Moorea (voir lacavte VI de la planche n°21), ayant une superficie, la première de 104,000 hectares, la seconde de 13,000. Ce sont deux îles montagneuses, d’origine volcanique , et en partie enveloppées de récifs de corail.

- La population indigène y est d’environ 10,000 habitants, répartis en villages ayant chacun leur chef, mais reconnaissant tous l’autorité de la reine Pomaré.

Le commandant de la station navale et des établisses ments de l’Océanie est chargé d’exercer le protectorat. Le centre de l’administration française est à Papeete, port naturel situé derrière les récifs, à l’occident de l’ile Taïti, et petite ville d’environ 2,000 habitants. Le nombre des Européens habitant les îles du vent est d’environ 600.

LA F RANGE

Le commerce, qui se concentre presque tout entier à Papeete, consiste surtout, à l’importation , en étoiles ou en outils, dont le cabotage porte ensuite une partie dans les îles du groupe, et, à Fexporlalion, en huile de coco, en oranges, en jus de citron, en vanille, en fungus , en nacre, que l’on expédie principalement en Amérique, à San-Francisco, à Valparaiso, ou en Australie, à Sidney. Mais la valeur totale ne dépasse pas 600,000 francs.

A l’est, Y archipel de Pomotou l , composé d’environ 80 îles, reconnaît le protectorat. Ce sont moins des îles que des récifs circulaires de madrépores, s’élevant à peine de quelques mètres au-dessus du niveau de la mer (d’où leur nom d 'îles Basses ), et entourant d’une étroite ceinture, quelquefois coupée par une ou plusieurs passes , de vastes lacs maritimes. Aussi n’y compte-t-on pas plus de 8,000 habitants. A l’extrémité de cet archipel , presque sous le tropique du Capricorne , est le groupe circulaire dit îles Gambier ou Mangareva, qui, dans son lac intérieur , renferme plusieurs îles habitées. Dans ces parages, le cabotage a quelque activité, et on recueille de la nacre qui est portée à Papeete.

Au sud, est Y archipel de Toubouaï, composé de quatre îles, dont les deux plus occidentales reconnaissent aussi le protectorat; les indigènes (environ 500 habitants) viennent vendre de l’arrow-root et des gâteaux à Papeete.

6 e section.

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