‹ La France (avec ses colonies) (volume 2)Chapitre 8 sur 87 · LE RELIEF DU SOL · texte numérisé non relu

LE RELIEF DU SOL

(montagnes, collines, plateaux.)

(Voir la carte n° 3.)

17. La direction générale des pentes. — Le sol de la France, considéré dans son ensemble, présente un plan doucement incliné du sud-est au nord-ouest, c’est-à-dire des Alpes et des Pyrénées à l’océan Atlantique. A l’est, une longue dépression coupe ce plan : c’est la vallée du Rhône; le terrain qui se relève à l’ouest de cette vallée forme le bourrelet des Cévennes, d’où coulent, dans une direction à peu près paralèlle, les eaux de trois des grands bassins de la France. Notre système orographique se compose ainsi ;

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1° D’une ceinture extérieure de chaînes comprenant les Vosges, le Jura, les Alpes et les Pyrénées ;

2° D’une ceinture intérieure comprenant les Cevénnes et leur prolongement :

3° De ramifications , partant des Cévennes, dans la direction du nord- ouest, comprenant le massif central et séparant les bassins des fleuves tributaires de l’Atlantique.

Dans l’ensemble les plaines dominent; si l’on pouvait s’élever à plusieurs lieues dans l’air, on apercevrait une surface à peu près unie ou du moins légèrement ondulée sur laquelle les plus hautes montagnes ne formeraient qu’un très-Iégër relief (1) ; on remarquerait aussi que les chaînes elles-mêmes se présentent rarement comme des murailles escarpées ou tout au moins isolées. La carte ne montre le plus souvent que la ligne de faîte. Mais de ce faîte les hauteurs se prolongent en décroissant, presque toujours à une très-grande' distance, par une série de contre-forts, comme dans les Pyrénées, de chaînes secondaires, comme dans les Alpes, de mamelons qui bordent les cours d’eau, comme dans certaines parties du Massif central, ou de plateaux dans lesquels les rivières se sont creusées d’étroites vallées. C'est ce que la carte a essayé en partie d’indiquer par des teintes hypsométriques, c’est-à-dire par des teintes qui mesurent l’altitude relative des lieux, en représentant ici, par la couleur jaune, les terrains situés entre 200 et 500 mètres d’altitude au-dessus du niveau de la mer, par la couleur verte les terrains situés entre 500 et 1,000 mètres, par la couleur brune les terrains au-dessus de 1,000 mètres. On voit ainsi comment du côté des Alpes est une énorme masse de terres très-hautes, comment le Massif central, moins élévé, forme cependant aussi une vaste éten-

(1) Voir (carte n° 3) la coupe idéale des Alpes. A l’échelle des cartes de l’Atlas, le mont Blanc, le plus haut sommet des Alpes et de toute l’Europe, mesurerait 0 mil!. 87; le plus haut sommet des Pyrénées, 0 mill. 49; le plus haut sommet du Jura, 0 mill. 2i; le plus haut sommet des Vosges, 0 mill. 21

due de hautes terres s’abaissant peu à peu vers le nord, l’ouest, et le sud-ouest ; certains plateaux de ce massif ont une altitude supérieure à certaines chaînes de montagnes (la partie occidentale des monts Faucilles par exemple) .

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18. Les Vosges. — La chaîne des vosges s’étend du nord au sud, parallèlement au Ithin, sur une longueur d’environ 200 kilomètres. Les sommets arrondis en forme de ballons sont ordinairement couverts de gazon ; cà et là., perce le rocher. Les croupes sont parées des magnifiques forêts de hêtres et sutout de sapins. A mesure qu’on s’avance vers le sud, les montagnes s’élèvent ; elles n’ont guère que 000 mètres d’altitude du côté de Bitclie et sont peu boisées de ce côté. C’est entre le col de Saverne'et le ballon de Giromagny que la ligne de faîte atteint la plus grande élévation : le ballon de Guebwiller, un des deux sommets désignés sous le nom de ballons cl Alsace, a 1,-426 mètres, l’autre, celui de Giromagny, a l,2b0 mètres.

Divers cols s’ouvrent dans les Vosges et facilitent le passage d’Alsace en Loraine : la route de Bitche, la route de Saverne , le col de sainte- Marie -aux- Mines , celui de Bonhomme, celui de la Schlucht, celui de Bussang , avec la route de Giromagny. Au sud du ballon de Giromagny, est une plaine haute, ondulée, qui sépare les Vosges du Jura : c’est le col de Valdieu ou trouée de Belfort.

19. Le Jura. — Le Jura est un massif calcaire mêlé d’argile qui s’élève comme un plan incliné, ou plutôt comme une série de plateaux disposés par étages supportant diverses séries de chaînons parallèles, orientés de l’est à l’ouest dans la partie septentrionale, du nord-est au sudouest dans la partie centrale, du nord au sud dans la partie méridionale; entre les chaînons, des vallées longitudinales désignées sous le nom de « cluses : » de là, la direction

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particulière des cours d’eau dans cette région. Les plus hauts sommets sont à l’est sur la frontière de France d’où l’on descend par des pentes rapides sur le bord des lacs de la Suisse. Le massif s’étend, de Besançon à la frontière de France, sur une longueur d’environ 60 kilomètres, et, du Rhin au Rhône, sur une longueur de près de 300 kilomètres. L’étage supérieur se divise en :

1° Jura septentrional, qui s’étend des bords du Rhin au plateau d’Etalières, et qui présente un plateau plissé dans tous les sens et supportant quelques hautes montagnes.

2° Jura central, entre le plateau d’Elalières et la Dole, avec le Suchet (1,590 mètres), le Ghasseron (1,610 mètres) qui sont sur le territoire suisse :

3° Jura méridional, de la Dôle au Rhône, où sont les plus grands sommets de la chaîne, la Dôle (1,681 mètres), le grand Credo (1,690 mètres), le Reculet [ 1,720 mètres).

Dans les étages secondaires, on remarque au midi les monts du Bugey et les monts Revermont ou Jura occidental, qui séparent le bassin de l’Ain du bassin de la Saône, et au nord les monts Laumont que longe le Doubs.

20. Les Alpes. — Les alpes forment un grand arc de cercle qui enveloppe de trois côtés l’Italie du nord. Un seul de ces côtés, celui des Alpes occidentales , sert de limite à la France, cette partie des Alpes dont la longueur est d’environ 450 kilomètres se divise en quatre sections :

1° Alpes Pennincs dont le nom d’origine celtique signifie hauts sommets, et qui s’étendent de l’est à l’ouest du mont saint Gothard au mont Blanc entre la Suisse et l’Italie; elles ne servent de frontière à la France que par le mont Blanc, la plus haute montagne de l’ Europe (4,810 mètres ) qui doit son nom à la masse gigantesque de ses neiges éternelles et de ses grands glaciers (mer de glace, glacier des Bossons, etc.), et qui est orientée du nord-est au sud-ouest.

2° Alpes Grées dont le nom d’origine celtique signifie rochers, et qui s’étendent du mont Blanc au mont Cenis (2,896 mètres), renfermant le petit Saint-Bernard et le

mont Iseran (4,045 mètres) et suivant une direction générale du nord-ouest au sud-est.

3° Alpes Cottiennes, dont le nom vient d’un petit roi du pays, vivant au temps d’Auguste, et qui s’étendent du mont Cenis au mont Viso, formant un angle aigu dont le mont Tabor (3,4 80 mètres) est le sommet, et renfermant le mont Genèvre (3,592 mètres).

4° Alpes maritimes, qui commencent au mont Viso (3,836 mètres) et s’étendent jusqu’au col de Cadibone , à 60 kilomètres environ de la frontière française, en formant un grand arc de cercle ouvert du côté de l’Italie.

A mesure que, des bords de la Méditerranée, on s’avance vers le nord, les montagnes s’élèvent; le col de Cadibone n’est qu’à 490 mètres au-dessus du niveau de la mer, tandis que, depuis le col de Tende, aucun passage n’est à moins de 1,900 mètres, et le mont Longet n’a guère que 3,000 mètres, tandis que le mont Blanc en a 4,810. Dans ces montagnes, la nature est sauvage et grandiose; des neiges éternelles couvrent les sommets de la chaîne centrale et même quelques pics des chaînes secondaires (I). Partout des eaux torrentueuses, des rochers, de profondes et pittoresques vallées qui se rétrécissent à mesure qu’on les remonte.

Du côté de l’Italie, les montagnes descendent rapidement vers la plaine, et les pentes sont escarpées.

Sur le versant français, au contraire, elles projettent de longs et puissants ramaux jusque dans le voisinage du Rhône. En allant du nord au sud :

Les Alpes du Valais , qui séparent la France de la Suisse et comprennent, entre autres sommets élevés, le Buet;

Les Alpes de Faucigny, qui ferment au sud la vallée del’Arve;

Les Alpes de Savoie, qui s’élèvent par divers massif, entre autres le massif de la grande Chartreuse, Q ntre le bassin du

(1) Sous le 45 e degré de latitud ■, la limite inférieure à laquelle les neiges sont perpétuelles, est à 2,V50 met. au-dessus du niveau de la mer.

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Rhône et celui de l’Isère ; sur plusieurs points une éminence de quelques mètres à peine sépare à leur source l’affluent du Rhône de celui de l’Isère, tandis que des hauteurs de plus de mille mètres bordent leurs deux rives; ces chaînes dominent au nord les belles vallées de la Tarantaise et du Grésivaudan ;

Les monts de la Vanoise qui partent du mont Iseran entre l’Isère et son affluent l’Arc, séparant ainsi la Tarantaise et la Maurienne ;

Les Alpes du Dauphiné qui se détachent de la chaîne centrale au mont Tabor et constituent la plus importante des chaînes secondaires; l’arôte principale forme une ligne brisée dont la direction générale est vers le sud-ouest ; elle a de hauts sommets, le pic des trois Eli ions (3,882 mètres), et, dans la partie granitique et sauvage qu’on appelle « les montagnes d’Oisans, » le col du Lautaret (2,070 mètres) par lequel passe la route pittoresque de Grenoble à Briançon, le Grand Pelvoux (3,954 mètres), le mont Olan; au sud-ouest, la chaîne devient calcaire et s’épanouit en plusieurs massifs interrompus dont les principaux sont le mont Ventoux (1,912 mètres), c’est-à-dire le mont battu des vents, et le mont Leberon. Les Alpes du Dauphiné projettent entre l’Isère, le Rhône et la Durance de nombreuses ramifications ;

Les Alpes de Maurienne , Alpes sauvages dont une partie forme la ceinture méridionale du Grésivaudan, montagnes de Bure, etc. ;

Les Alpes de Provence qui commencent au mont Lausanier, au sud du bassin de la Durance, et ont une direction générale du nord au sud ; elles se continuent par les monts Esierel , montagnes décharnées dont la direction est de l’est à l’ouest, et se terminent près du Rhône par le massif isolé des Alpines; près du massif de la Sainte-Baume, vers la source de l’Argens, prend naissance la chaîne côtière dite monts des Maures , en souvenir des Sarrasins qui ont occupé et désolé la contrée.

Les chaînes du nord, là où ne sont pas les neiges éternelles et les rocs à pic, sont presque toujours tapissées d’une riche verdure, arbres et gazon. Les chaînes du sud, au contraire, depuis le revers méridional des Alpes du Dauphiné, sont nues, arides, ravinées par les torrents. D’ailleurs, du Rhône à la Méditerranée, sur une longueur de plus de 300 kilomètres et de la ligne de faîte jusqu’à l’étroite plaine du Rhône, sur une largeur de 60 à 80 kilomètres, le pays n’est qu’un amas de montagnes encaissant d’étroites vallées.

21. Les Pyrénées. — La chaîne des Pyrénées françaises est formée par une masse granitique, schisteuse ou calcaire qui a une longueur de 330 kilomètres et une largeur de 100 kilomètres environ au centre, de 50 aux extrémités. D’un aspect tout différent de celui des Alpes, cette chaîne présente une haute muraille, aux sommets aigus, qui s’étend en ligne presque droite de l’est à l’ouest, et projette, du sud au nord, une série de contre-forts parallèles, enfermant d’étroites vallées assez semblables les unes aux autres. Les vallées du versant méridional sont plus courtes et d’une pente plus rapide. Les crêtes sont presque partout infranchissables, ou accessibles seulement aux montagnards ; aussi y a-t-il peu de routes à travers les Pyrénées. L’aspect des montagnes est généralement plus sévère et plus décharné que celui des Alpes; les neiges éternelles y sont beaucoup plus rares.

Les Pyrénées se divisent en :

\° Pyrénées orientales, qui s’étendent du cap de Creus au pic Corlitte et prennent, en s’abaissant à leur extrémité orientale, le nom de monts Albères ; elles projettent le mont Canigou avec les Aspres et les Corbières ;

2° Pyrénées centrales , du pic de Corlitte (2,921 mètres) au mont Cylindre dans le Massif du Marboré (3,322 mètres), renfermant la Maladetta { 3,370 mètres, au pic d’Anéthou) le plus haut sommet de toute la chaîne qui forme à cet endroit un crochet d’une trentaine de kilomètres vers le sud,

le pic de Posets, le mont Perdu. Les Pyrénées centrales projettent, au mont Cylindre, la chaîne des monts de Bigorne), avec le pic du midi de Bigorre (2,909 mètres), monts qui s’abaissent promptement en simples collines; au plateau de Lannemezan, ils se confondent avec les nombreuses rangées des collines d’ Armagnac et de la Chalosse, étalées en éventail de la Garonne jusqu’à l’Adour et au delà, et toutes composées de petits cailloux à peine liés ensemble ;

3° Pyrénées occidentales , du mont Cylindre auco! de Belate avec le Vignemale (3,298 mètres), le pic du midi d'Ossau (2,847 mètres), etc.; au col de Belate se détache la chaîne des monts de la Basse- Navarre qui se termine au fond du golfe de Gascogne et sert de frontière à la France.

La chaîne des Pyrénées se prolonge, sous divers noms, du col de Bélate j’usqu’au cap Finistère, à l’extrémité ouest de l’Espagne.

22. Les Corhières. — Du pic de Corlilte se détachent deux chaînes secondaires : les corbières, Corhières orientales, toutes décharnées, et Corbières occidentales , granitiques et hautes au sud, calcaires et basses au nord; l’Aude coule entre ces deux chaînes. Les Corbières occidentales se terminent an col de Naurouse qui n’est élevé que de 190 mètres au-dessus du niveau de la mer et de 60 mètres à peine audessus de Toulouse.

23. Les Gévennes. — Les cévennes commencent où finissent les Corbières occidentales, au col de Naurouse. Elles s’étendent sur une longueur d’environ 475 kilomètres jusqu’à la dépression par laquelle passe le canal du Centre et se divisent en trois parties dont le mont Aigoual , à l’extrémité sud-est du Massif central de la France et la source de la Cance, petit affluent du Rhône, sont les points de démarcation :

1 ° Les Cévennes méridionales formant une courbe de

175 kilomètres orientée vers le nord-est, et désignées sous les noms de montagne Noire, montagne toute granitique dont quelques sommets dépassent 1,200 mètres, et qui est orientée de l’ouest à Test, monts V Espinous, c’est-à-dire épineux, orientés comme les chaînes suivantes vers le nord-est, monts de l’Orb, ainsi nommés à cause du petit lleuve qui y prend sa source, monts Garrigues , monts granitiques dont le principal sommet est l’Aigoual, situé à l’extrémité de la chaîne. Les pentes de ces chaînes sont plus rapides et plus longues sur le versant méridional que sur le versant septentrional où elles présentent. fréquemment de grands plateaux pierreux, couverts d’une herbe maigre. Elles s’élèvent à mesure qu'on s’avance vers l’est : le coteau de Saint-Félixqui termine lachaîneau sud-ouest de la montagne Noire, n’atteint pas 3 10 mètres ; le mont Aigoual en a 1,568.

2° Les Cévennes centrales ou Cévennes proprement dites, c’est-à-dire en langue celtique les crêtes, orientées du sud au nord avec une légère inclinaison vers l’est, sur une longueur d’environ 160 kilomètres et désignées, d’après les provinces qu’elles traversent, sous les noms de monts du Gévaudan , entassement de hauteurs âpres et de plateaux ravinés, qui s’étend de l’Aigoual au mont Lozère (1,702 mètres), et de monts du Vivarais , montagnes de granit et de basalte, parmi lesquelles sont le Gerbier-des- Joncs (1 ,562 mètres) et le Mézenc (1766 mètres), le plus haut sommet des Cévennes. C’est d’ailleurs dans les Cévennes centrales que la chaîne atteint sa plus grande altitude et que les montagnes ont Je caractère le plus sauvage.

3° Les Cévennes septentrionales , orientées du sud au nord sur une longueur de 140 kilomètres et désignées aussi, d’après les provinces qu’elles traversent, sous les noms de monts du Lyonnais qui ont encore quelques sommets assez élevés (mont Pilât 1,434 mètres), montagne de Tarare, (1,450 mètres), mont d’Or détaché «à l’est de la chaîne centrale, de monts du Beaujolais dont un seul sommet (mont d’Ajoux) atteint 1,000 mètres et qui projettent au

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nord-est le rameau des monts du Maçonnais, de monts du Chcirolais dont la partie centrale est granitique, et dont aucun sommet n’atteint i ,000 mètres. Sur les hautes cimes, il y a des parties incultes et rocheuses; mais, à mesure qu’on s’avance vers le nord, les hauteurs s’abaissent: elles n’ont que 550 mètres en moyenne dans les monts du Charolais, que 309 mètres au point culminant du canal du Centre, et partout, jusque sur les sommets mamelonnés, on trouve des prairies, des bouquets de bois et des céréales.

24. Le prolongement des Gévennes. — Au nord des monts du Charolais est une dépression où se trouve, à une altitude de 309 mètres, l’étang de Longpendu qui sert de bief de partage au canal du Centre. Au nord de cette dépression commence la chaîne de la côte d’or qui a une longueur de 120 kilomètres et une hauteur moyenne de 4 à 500 mètres; les plus hauts sommets sont la montagne de Bligny (665 mètres), le montMoresol et 1 emont Tcisselot (620 mètres) situé à l’extrémité septentrionale. LaCôle d’Or, assez accidentée, boisée sur ses flancs, beaucoup plus rapide sur son versant oriental que sur son versant occidental, doit le nom qu’elle porte, non à ses sommets nus pour la plupart, mais aux coteaux qui sont à ses pieds sur le versant de la Saône et que couvrent les riches vignobles de la Haute-Bourgogne.

Au nord de la Côte d’Or, et orienté vers le nord-est, s’étend, sur une longueur de 80 kilomètres et avec une altitude de 400 à 450 mètres, le plateau de langres, série de plateaux ondulés, partout cultivés, à pente beaucoup plus rapide sur le versant sud-est que sur le versant nord-ouest.

25. Les monts Faucilles. — Les monts faucilles doivent ïeur dénomination à leur forme recourbée; ilscommencent à la source de la Meuse; ils sont formés, à l’ouest, de simples plateaux boisés ne dépassant guère 500 mètres, è l’est, depuis la source de la Saône, de massifs montagneux assez élevés qui les rattachent au ballon d’Alsace et qui relient ainsi le système Cévennien au systèmeVosgien : ils ont un peu plus de dOO kilomètres de longueur.

26. L’Argonne et les Ardennes. — Au nord des Faucilles, s’élève une région accidentée, toute semée de bois et* hérissée de collines dont la hauteur n’est que de 4 à 500 mètres; la Meuse y court dans une étroite vallée qu’elle a creusée quelquefois à. pic; à l’est du fleuve, les collines entre Meuse et Moselle s’étendant jusqu’à la hauteur de Verdun; à l’ouest, les ??w?its du Bassigny , ainsi nommés du nom du pays, plus rapides sur le versant oriental que sur le versant occidental, ensuite depuis les sources de l’Aire et de l’Aisne, 1 ’Argonne, plateau en grande partie calcaire^ boisé et raviné, donnant passage à plusieurs défilés: les Islcttes, la Chalade, Grand-Pré, la Croix-aux-Bois, le Chêne- Populeux, lesquels on entre dans la vallée de la Seine.

Au nord des collines entre Meuse et Moselle et de l’Argonne, commencent les terrains de transition constituant le Massif des Ardennes, vieux mot celtique qui signifie forêts; la Meuse le traverse, séparant ainsi les Ardennes Orientales et les Ardennes Occidentales. Les Ardennes sont, en réalité, un vaste plateau très-uni sur son sommet, tout boisé, souvent marécageux et peu cultivé, élevé au-dessus des plaines environnantes et profondément raviné par les cours d’eau qui le coupent en plusieurs plateaux.

Dans l’intérieur de l’arc de cercle formé par le plateau de Langres, les monts de Bassigny et l’Argonne, courent plusieurs bourrelets de collines concentriques, qui marquent en général la terminaison des diverses couches géologiques du bassin parisien et dont les pentes les plus rapides sont tournées vers l’est, à contre-sens du cours des eaux.

27. Le plateau de Picardie, etc. — Les Ardennes occidentales se terminent par une suite de plateaux jurassiques ou crétacés, formant de belles plaines, peu accidentées, sauf dans le voisinage des cours d’eau où ils s’enfoncent en pentes douces pour encaisser les rivières. Leur altitude varie entre 50 et 200 mètres. On peut les diviser, suivant les provinces dont ils forment le soi, en plateau d’Artois , bien cultivé, Irès-lcgèrement mouvementé et

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aboutissant au cap Gris-Nez, plateau de Picardie , formé en général de bonnes terres argilo-caicaires, ondulé en manière de collines dans sa partie méridionale (le pays de Bray plus accidenté s’y rattache) et continué par le plateau de Caux qui est assez élevé et qui aboutit au cap la Hève.

28. Le dos d’entre Seine et Loire. — Du mont Moresol (Côte d’Or) s’étend, dans la direction du nort-ouest, sur une longueur d’environ 600 kilomètres, un relief de sol formé, en premier lieu, d’un massif de collines granitiques, boisées et sauvages, dit monts du Morvan du nom du pays, et dont un sommet (les Bois du roi) atteint 902 mètres;

En second lieu, des collines du Nivernais , collines calcaires dont la hauteur n’excède pas 300 mètres et qui s’étendent entre la source de l’Aron et celle du Loing;

Puis d’une simple plaine calcaire très-unie, haute seulement de 120 à 160 mètres au-dessus du niveau de la mer (1), que couvrent, d’une part, la forêt d’Orléans, d’autrepart,les cultures de la Beauce et qu’on désigne sous le nom de plateau d’Orléans.

Le sol se relève dès qu’on arrive au terrain jurassique, forme, à partir de la source du Loir, 1 e, plateau du Perche y qui a de 150 à 300 mètres d’altitude, et dont les collines du Lieuvin sont une ramification projetée vers le nord, puis, à partir de la source de la Sarthe, dans des terrains de transition et des terrains granitiques, les collines de Normandie , plus accidentées, et dont un sommet atteint 386 mètres; près de Domfront, la chaîne se divise en deux branches :

Au nord, les collines du Cotentin , qui aboutissent au cap de la Hague.

Au sud, les collines du Maine , qui, d’abord granitiqùp^ et stériles, se continuent entre les bassins de la Vilaine è| de la Mayenne par de très-légères ondulations. Y

(1) A Orléans, la Loire est à 30 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Entre la source du Couesnon et celle de la Vilaine, naîl un long rameau granitique et schisteux qui s’étend jusqu’aux extrémités du Finistère. Ce sont d’abord les collines de Bretagne , simples ondulations à peine sensibles, de 50 à J 50 mètres, qui se relèvent non loin de la source de la Rance et prennent alors le nom de Menez qui, en breton, signifie montagnes (montagnes arrondies qui d’ailleurs n’excèdent pas 300 mètres). Vers la source du Blavet, elles se bifurquent; dans la direction de Fouest continuent jusqu’à la pointe Saint-Mathieu, les monts d’Arrée, véritables montagnes, escarpées, couvertes de landes, quoiqu’aucun sommet n’y dépasse 300 mètres; dans la direction du sud-ouest jusqu’à la pointe du Raz et à la pointe de Penmarch, les montagnes Noires , un peu moins élevées, également âpres, couvertes de bois, de landes et toutes coupées de ravins.

29. Le dos d’entre Loire et Garonne. — La chaîne entre Loire et Garonne, bien plus importante que la précédente, orientée en général au nord-ouest, forme la principale arête du Massif Central qui séparait le golfe de la Seine du golfe de la Garonne dans les temps antédiluviens. Elle commence au nord du mont Lozère qui s’allonge lui-même dans la direction de l’est à l’ouest entre la source du Tarn et celle du Lot; elle se compose de chaînes très-diverses :

Le mont de la Margeride , montagne granitique de 48 kil. de longueur et de 1 ,100 à 1 ,600 mètres d’élévation, orientée vers le nord-ouest.

Les monts d’ Auvergne , dont la direction générale est du sud au nord, et qui, de Saint-Flour à Aigueperse, formenl quatre massifs distincts : au sud le massif dont le sommet le plus élevé est le Plomb -du- Cantal (! ,856 m .), au centre le massif du Cézallier et celui du mont Dore , qui renferme le Puy-de Sancg (1 ,886 m.), le plus haut sommet de la France centrale et septentrionale et qui projette au nord-ouest le rameau granitique des montagnes de la Basse- Auvergne, au nord le massif du Puy-de-Dôme (1,465 m.). Dans les monts d’Auvergne (excepté ceux de la Basse-Auvergne), le sol est

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volcanique et se compose de basalte, de trachyte, de coulées de lave, de terrains cristallins, plus rarement de granit. Ce sont en effet d'anciens volcans éteints ; on les nomme, dans la partie nord, des dômes à cause de leur forme arrondie, ou des puys d’un mot latin (podium) qui signifie éminence ; beaucoup, dans les deux massifs septentrionaux, laissent encore apercevoir distinctement la forme de leurs cratères: le Puy-de-Pariou est en ce genre un des plus curieux.

Les monts du Limousin qui commencent à l’extrémité des monts de la Basse-Auvergne et s’étendent de l’est à l’ouest sur une longueur de 150 kilomètres : c’est un groupe de monts de granit, arrondis, pressés les uns à côté des autres, qui atteignent leur plus grande élévation dans le mont Odouze (1 ,364 m.) ; ils s’inclinent de là par le stérile plateau de Mille- Vaches jusqu’au mont Jargeau (950 m.), et se prolongent jusqu’à la source delà Charente par des bruyères, puis des bois sur les sommets, et des pâturages sur les plans inférieurs.

Les collines du Poitou , collines argil euses et calcaires, qui n’ont plus guère que 200 mètres d’altitude; elles se continuent par 1 e plateau de Gatine, plateau granitique qui ne dépasse que sur un point (mont des Alouettes) l’altitude de 200 mètres, et elles se terminent vers l’embouchure de la Loire par les collines du Bocage vendéen.

Le Massif Central a plusieurs arêtes secondaires :

Au nord, une chaîne longue de 200 kilomètres, dont rallitude moyenne dépasse 1,000 mètres, qui atteint même plus de 1,600 mètres sur divers points et dont les cols sont très-élcvés (monts basaltiques du Velay , monts granitiques du Forez , monts porphyriques de la Madeleine ); elle se détache de la chaîne des monts du Vivarais et forme une haute barrière entre la Loire et l’Ailier.

Au nord-ouest, se détachant de l’arête principale, les monts granitiques de la Marche qui ont leur racine au mont Odonze, etc.

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