‹ La France avec ses colonies;Chapitre 105 sur 147 · LA REVUE DES PROVINCES ET LES GRANDES · texte numérisé non relu

LA REVUE DES PROVINCES ET LES GRANDES

VILLES

(Voir dans l'Atlas la Franco politique et historique et la France économique, ^ *> carte générale.)

247. La partie nord-ouest et nord. — La partie nordniest et nord de la France, quiVétend sur les côtes de l'Océan

[depuis notre frontière du nord jusqu'au delà de l'embouchun

(de la Loire, et qui appartient au climat séquanien, comprenc

|2i départements répartis en 8 provinces :

1° La Bretagne, l'Anjou, le Maine et la Normandie. I; Bretagne, toute granitique, avec des rivages découpés efbattu;

-parles! empêtes, un sol accidenté sans grandes élévations, médiocrement fertile, renferme de vastes landes, mais elle a auss de nombreux pâturages où paissent de petites vaches laitière tïes-estimées. L^Xnjôu a des pépinières renommées, quelqui peu de houille et les~ plus' grandes ardoisière^ ào, France. Li Maine etTa in ormandie sont au nombre de nos plus riches pro vincës~ agricoles. Entre Avranches et la Seine est la basse Nor mcmclie, avec la campagne de Caen, riche en céréales, avec 1 Cotent in et le Bessin où sont les plus grasses prairies; c'est 1 fraîcheur de l'air, rendu presque constamment humide par 1 voisinage de la mer, qui entretient la riche verdure des vallée de cette province et qui lui donne son caractère particuliei Elle fournit, indépendamment des céréales et du colza, du lai du fromage, de la viande; elle nourrit de très-beaux chevauo La haute-Normandie, comprenant le pays de Caux, est situe sur la rive gauche de la Seine et ressemble à un vaste jardii avec ses fermes tout entourées d'arbres. Les quatre provinct produisent en grande quantité le chanvre. La côte de Bretagi

et de Normandie est toute semée de ports de pêche, de bains de mer, de ports de commerce, qui exportent en Angleterre, entre autres marchandises, les produits agricoles de l'Ouest, et elle compte trois ports militaires. Le tissage de la toile, conséquence delà culture du chanvre, caractérise toute cette contrée. L'inlustrie, peu active en Bretagne, est très-développée dans la Normandie et le Maine où sont de grands marchés de toiles, le grandes manufactures de cotonnades et de draps.

La population est dense dans cette région et les villes imposantes s'y trouvent en grand nombre (1) : ■ La Bretagne, très-peuplée, compte beaucoup de villes impor- 'antes par leur population ou par leurs souvenirs historiques. ! Dans le Finistère, Brest (66,272 hab.), port militaire, ville placée au nord d'une admirable rade fermée par le Goulet t où toutes les flottes d'Europe pourraient s'abriter; son port :it creusé, au xvne siècle, dans le lit approfondi de la Penfeld ; a a construit récemment, au pied des rochers de la rade, un jort marchand qui, grâce à la position avancée de Brest dans |0céan et aux chemins de fer, peut acquérir un jour une "amie importance; au sud, Quimper (3,160 hab.), petit port chef-lieu du Finistère, remarquable par sa cathédrale gothiîe; Concarneau (4,400 hab.), dont les habitants s'adonnent à pèche de la sardine; à l'est, Morlaix (14,360 hab.), port de tmmerce assez important et jolie ville dont la vallée est trafersée par un beau viaduc ; Landerneau (7,720 hab.), où l'inistrie des toiles est assez active.

iDans les Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc (15,250 hab.), le chef- •u, dont la promenade offre un beau panorama sur la baie

!) Les chiffres des populations que nous donnons ici sont ceux de la

pulation totale de la commune (recensement de 1872) ; cette popu-

ion est toujours supérieure à la population agglomérée dans l'inté-

ur de la ville. Nous mentionnons dans cette revue toutes les villes qui

. au moins 10,000 âmes de population agglomérée et celles qui offrent

intérêt historique ou économique. Mais nous n'y plaçons pas, par

;mple, la commune de Lambézellec, qui n'a pas d'importance histo-

jue, et qui, bien que comptant 11,G35 âmes, n'a que 1,272 habitants

nme population agglomérée. Pour mieux distinguer, les noms des

'les de plus de 20,000 âmes sont en caractères gras ; ceux des

les de 10 à 20,000 âmes en italiques; les autres en romain.

du même nom; Saint-Cast (1,500 hab.), célèbre par une défaite des Anglais en 1758. Toute cette côte, d'ailleurs, conserve de nombreux souvenirs des luttes de la France avec l'Angleterre. Dinan (7,690 hab.), bâtie sur une hauteur au-dessus de la Rance dans une situation pittoresque.

Dans le Morbihan, Lorient (34,660 hab.), port militaire, au confluent du Scorff et du Blavet, et Port-Louis (3,450 hab.), où l'on pêche la sardine; Auray (4,895 hab.), célèbre par le souvenir d'un des nombreux combats (1364) livrés dans la province durant la guerre de la Succession ; Vannes (14,690 hab.) petit port et chef-lieu du Morbihan, et près de là, Carnae (2,860 hab.) et Locmariaquer (2,100 hab.), où sont des reste.' très-remarquables des anciens monuments mégalithiques qu sont en grand nombre dans les provinces de l'Ouest.

Dans Vllle-et-Vilaine, Saint-Malo (12,3 10 hab.) et Saint-Servai (12,560 hab.), ports qui se touchent presque, à l'embouchure de la Rance; Fougères (11,200 hab.), ville de tissage, bâtie sui une hauteur qui domine le Couesnon; Rennes (52,000 hab.) ancienne ville parlementaire, bâtie dans une plaine fertile entre les hauteurs de la Bretagne et celle du Maine, au con fluent de l'Ille et de la Vilaine; Redon (6,130 hab.), sur 1; Vilaine et sur le canal de Nantes à Brest, assez importante pa son commerce.

Dans la Loire-Inférieure, Saint-Nazaire (17,000 hab.), qui esl pour ainsi dire, l'avant-port de Nantes et le point de départ de grands paquebots, qui, à cause de leur tonnage et de l'ensa blement de la Loire, ne pourraient remonter le fleuve,- Paim bœuf (2,850 hab.), port situé de l'autre côté du fleuve; Nante (118,520 hab.) occupant sur la Loire, à 60 kilomètres de l'em bouchure, la même position que Rouen sur la Seine. La m;i rée se fait sentir jusqu'à la ville, qui existait du temps des Gai lois, et qui, bâtie sur la rive septentrionale, s'est étendue su plusieurs des îles dont est semé le fleuve. L'Erdre y débouch et sert de point de départ au canal qui conduit jusque dans 1 rade de Brest. Nantes est une ville d'industrie et de commert à la fois ; elle construit des navires en bois et en fer, raffii le sucre, fait des conserves alimentaires. Le chemin de fer ] relie, d'un côté, à Paris, de l'autre à Saint-Nazaire qui, loi

l éclipser Nantes, est jusqu'ici comme un faubourg où les négociants de la grande ville ont leur comptoir. Ses principales relations maritimes sont avec l'Angleterre, la Réunion, les colonies des Antilles, la mer du Nord, l'Espagne et le Portugal; elle en reçoit du sucre, de la houille, du bois de coni. traction, du café, de la fonte, de l'engrais, des oranges, des iuétaux, de l'huile, etc.

Dans l'Anjou (1), département de Maine-et-Loire, sont : Aners (58, 400 hab.), ville triste, mais ayant une belle cathé- Irale, un commerce actif, de riches pépinières, de vasl.es aroisières, des fonderies, des fabriques de toiles et de poteiies ; elle est bâtie sur les deux rives de la Maine, dans une Haine très-fertile, sur un point où confluent plusieurs riières et où la Maine donnait, avant les chemins de fer, un ébouché facile aux richesses du sol; Cholet (13,550 hab.), fabriae importante de toiles ; Saumur (12,550 hab.), sur la Loire, icienne capitale d'un petit gouvernement, célèbre, comme ïaucoup d'autres localités de ces provinces, dans l'histoire \ la guerre de Vendée, et renfermant aujourd'hui l'école de valerie ; les Pont-de-Cé (3,400 hab.), commune importante au >int de vue militaire parce qu'elle se compose en partie des latre ponts qui traversent les quatre bras de la Loire et qui ut communiquer Angers avec le sud ; Fontevrault (3,450 hab.), i fut une des grandes abbayes de France. Le Maine renferme plusieurs villes importantes : Dans la Sarthe, le Mans (46,000 hab.), bâtie au confluent 1 la Sarthe et de l'Huisne, dans une plaine fertile, au milieu me contrée riche en chanvre et en toiles, centre d'un réseau i voies ferrées qui ont beaucoup contribué à sa prospérité bissante, et possédant une des plus belles cathédrales de juest; la Flèche (9,340 hab.), avec son prytanée militaire; i:i0 hab.), avec son marbre et son anthracite; Solesme 0 hab.), connu par son abbaye.

}l) On sait que les limites des anciennes provinces ne concordent pas

-Mtoutavec les limites des départements. Classant ici les départements

|, provinces, il arrivera quelquefois que nous citerons, à propos d'un

i arteinent, des villes qui ne faisaient pas autrefois partie de la pro-

Dans la Mayenne, Laval (26,340 hab.), sur la Mayenne, im portante par l'industrie des toiles, ainsi que Mayenne (10,1 3<

hab.).

La Normandie est une de nos plus riches provinces.

Dans la Manche, sont Mortain (2,380 hab.) et Avranches (8,14 hab.), bâties dans des positions pittoresques sur la ligne de coteaux de Normandie, l'une au-dessus d'une verte campagne l'autre au-dessus de la mer; Coutances (S, 030 hab.), évecht ancienne capitale du Cotentin, ayant une belle cathédrale. Gnu> ville (14,750 hab.), port de pêche; Villedieu-les-Poêles, grand fabrique de chaudronnerie; Cherbourg (35,580 hab.), un d nos ports militaires, bâti au fond d'une rade naturellement oi verte, mais qu'abrite une digue gigantesque commencée soi Louis XVI, terminée en 1853 et destinée à donner un abri à ne vaisseaux sur la Manche.

Dans le Calvados, Formigny (620 hab.), illustré (1450) pr une des nombreuses batailles livrées dans cette province enti les Français et les Anglais ; Bayeux (8,540 hab.), au milieu i plantureux herbages et possédant une belle cathédrale et grande tapisserie de la reine Mathilde; Caen (41,210 hab.), a cienne ville d'intendance ; Falaise (8,050 hab.), où l'on voit 1< ruines du château où naquit Guillaume-le- Conquérant ; Lisiei (12,520 hab.), centre important de commerce agricole et d'il dustrie textile; Trouville (5,760 hab.), le plus renommé d< nombreux bains de mer de cette côte; Honfleur (9,060 hab. port commerçant à l'embouchure de la Seine.

Dans Y Orne, Tinchebrai (4,500 hab.), souvenir d'une bâtai] de 1106; Fiers (10,680 hab.), ville manufacturière qui tisse coton ; Argentan (5,725 hab.), qui dispute à Alençon le premirang dans le département ; Alençon (16,040 hab.), sur la Sarth chef-lieu de l'Orne; Séez (4,910 hab.), éveché et belle catb drale ; Mortagne (4,836 hab.), ancienne capitale du Perch< Soligni-la-Trappe (1,210 hab.), avec son monastère fondé p l'abbé de Rancé ; Laigle (5,285 hab.), importante par ses fabi ques d'aiguilles et de menue quincaillerie.

Dans VEure, Évreuœ (13,350 hab.), sur l'Iton, chef-lieu du d partement ; Louviers (11,360 hab.), sur l'Eure, ville très-impe tante par ses fabriques de draps; Gaillon (3,335 hab.), s[

Epte, et Gisors (3,830 hab.), sur la Seine, sont deux châteaux- »rts qui rappellent les anciennes limites et les luttes de la ormandie et de l'Ile-de-France ; Cocherel, victoire de Duguesin (1364) ; Ivry-la-Bataille (1,050 hab.), sur l'Eure, où Henri IV it vainqueur de la Ligue en 1590.

Dans la Seine- Inférieure, Elbeuf (22,850 hab.), bâtie où la bine reçoit le Puchot, ruisseau dont les eaux sont favorables la teinture, et près d'une région où les moutons abondent, )il son importance à l'industrie des draps. Rouen (102,470 hab.), ancienne capitale de la Normandie, a é réunie au domaine royal par Philippe-Auguste. Prise plus rd par les Anglais, elle a été reprise définitivement par parles VII. Située sur la basse Seine, à un point où la marée fait encore sentir, elle a été, depuis le commencement du ►yen âge, le port principal du commerce de la vallée delà *ine avec les pays d'outre-mer et une des villes les plus florisates de France. De nombreux monuments, la cathédrale, glise Saint-Ouen, Saint-Maclou, le palais de justice, attestent » splendeur. Le chemin de fer qui met Paris en communication vi te avec le Havre a nui à son commerce ; cependant de . hents travaux d'endiguement ont facilité la remonte de la aine, et l'industrie rouennaise qui consiste en tissus de coton, wffes imprimées, machines, etc., quoique éprouvée par la ijse cotonnière, est toujours très-active, soit dans la ville, soit «lis les faubourgs (Saint-Sever et quartier de Martainville),soit His les communes des vallées environnantes, Deville, Dari al, etc.; Sotteville-lés-Rouen (10,590 hab.), Caudebec-lès-Elbœuf ,7iS hab.), Bolbec (10,200 hab.), villes toutes adonnées à la •ijiiufacture du coton.

-.e Havre (86,825 hab.), un des deux plus grands ports de comrçe de France, creusé, du temps de Louis XII et de Fran- < > Ier, a l'embouchure de la Seine pour recevoir les gros nâ- Vi.'s qui ne peuvent entrer à Honfleur. La ville entière est pour 4si dire un grand entrepôt, coupé en tous sens de bassins 4]ssin de l'Eure, bassin Vauban, bassin du Commerce, etc.) 4»t plusieurs débouchent directement dans l'avant- port et Oj stationnent les navires ; elle possède aussi de grandes i-;ues, travaillant la plupart pour la marine, et elle est, après

Marseille, le premier port de France : c'est en quelque sor le bras droit de Paris sur l'Océan, comme Marseille en e le bras gauche sur la Méditerranée ; Fécamp (13,000 hab. petit port du pays de Caux; Dieppe (20,160 hab.), port du pade Caux, célèbre au moyen âge, auquel le commerce avec l'Ai gleterre et le chemin de fer ont rendu de nos jours une part de son importance; près de là, à Arques (970 hab.) et pli loin à Aumale (2,130 hab.), Henri IV remporta deux ava tages signalés sur les Ligueurs et les Espagnols (1589 1592).

Cette région, habitée autrefois par des Celtes dont la langi est encore parlée dans la basse-Bretagne, a fait partie, dans Gaule romaine, des provinces désignées sous le nom de Lyo naise. Du temps des Mérovingiens, la presqu'île bretonne s'a pelait Armorique, c'est-à-dire « sur mer, » nom conservé s un grand nombre de points de la côte bretonne (Armor) ; é. resta sous les deux premières races à peu près isolée et inc pendante. Noménoé battit môme Charles le Chauve, et c'( sur la frontière de Bretagne que fut établie la Marche (pi tard comté) d'Anjou. La partie qu'on appelait Neustrie fut céd par Charles le Simple (911) aux Normands, barbares du No qui la ravageaient depuis longtemps, et prit d'eux son nouve nom de Normandie. Les ducs de Normandie devinrent ri d'Angleterre (1066), et les rois de France furent battus par eà Brenneville, aujourd'hui Brémulle, à Mortemer (1154). Enlli la famille des comtes d'Anjou et du Maine hérita, avec Hei Plantagenet, du trône d'Angleterre, et par conséquent du duc de Normandie ; la Bretagne devint peu de temps après, par n riage, la possession d'un fils d'Henri Plantagenet. Cette red( table puissance du grand vassal de l'Ouest fut brisée par P lippe- Auguste, qui conquit la Normandie (1204), le Mai l'Anjou (i%05), cédés en 1259 par le roi d'Angleterre, au tir d'Abbeville. Philippe le Bel érigea la Bretagne en duché-pai; (1297). Mais, pendant la guerre de Cent ans, les Anglais enhirent plusieurs fois la Normandie ; Duguesclin battit à CocA l (1364) le général de Charles le Mauvais, qui possédait par B père de nombreux fiefs dans cette province ; en Bretagne, u longue guerre entre deux partis aboutit, après la bataille dY-

ray (1364), au triomphe de la maison de Montfort. Henri V, : ayant envahi la France, prit Harfleur (441 5), et les Anglais occupèrent de nouveau tout le nord-ouest et môme le nord de la France. Charles VII victorieux rentre à Rouen (1449) et achève à Formigny la conquête de la Normandie. Louis XI, qui avait I un moment cédé la Normandie à son frère, hérite, à la mort de René d'Anjou et de son neveu Charles du Maine, des provinces du Maine (1481) et de l'Anjou (1480), données en apanage ,| (1246; à une branche de la famille royale ; la dernière duchesse j de Bretagne, Anne, épouse Charles VIII (1491), puis Louis XII, jet la Bretagne est définitivement réunie au domaine en 1532, ipar suite du mariage de la fille d'Anne avec François Ier. Cette (province a conservé jusqu'en 1789 ses états particuliers. Près || d'Argués, Henri IV repoussa Mayenne dans une série de combats 1(1589). Plusieurs fiefs, enclavés dans ces grandes provinces, |comté d'Évreux, comté d'Alençon, comté d'Eu, comté de Laval, flduché de Penthièvre, n'ont été réunis administrativement au [royaume d'une manière définitive qu'en 4789.

Les côtes de Bretagne et de Normandie ont été le théâtre de nombreux faits d'armes dans nos guerres maritimes ; au cap \de la Hague fut livrée, en 4692, une grande bataille navale dans laquelle Trouville succomba sous le nombre des ennemis ; plusieurs descentes furent tentées par les Anglais au Havre (1694), ixSaint-Malo, à Cherbourg, etc., durant la guerre de Sept ans; à {Yiled'Ouessant (4778), Villiers inaugura par un combat resté indécis la guerre d'Amérique. Pendant les guerres de Vendée, f Hoche écrasa à Quiberon les émigrés (1795) ; Marceau battit les 1 (Vendéens au Mans (1794), et la chouannerie persista longtemps •dans les campagnes accidentées du Maine. Dans la guerre de 1870-71, la seconde armée de la Loire, après des succès baiinrcs, éprouva un désastre au Mans.

:'; 1/Ile-de-France^dont la température appartient encore ' f3il pame^ïûlîITmat séquanien, est cependant un peu moins «roide et un peu moins humide, parce que la province est moins près de la mer ou moins au nord que les autres pro- Hvinces de la partie nord-ouest ; mais, comme la Flandre, l'Artois et la Picardie, elle présente l'aspect de plaines légèrement ondulées et richement cultivées ; on y trouve des forêts dans les

parties sablonneuses ou montueuses, de beaux cours d'eau comr la Seine, Y Oise et la Marne, un terrain généralement fert: couvert de céréales, de prairies artificielles, déplantes industriell des betteraves, dans l'Aisne principalement, du colza, d légumes partout ; c'est en quelque sorte le jardin potager Paris, le plus grand centre de consommation de toute la Franc Les chevaux y sont nombreux; le bétail, bœufs et moutons, y i engraissé pour la boucherie. C'est un terrain tertiaire (exce dans l'Aisne) où l'on ne trouve pas de houille, mais qui dor en revanche des matériaux de construction en très-grar abondance : nulle province ne compte plus de carrières. L' dustrie manufacturière esttrès-active dans deux départemen l'Aisne et la Seine. L'Aisne possède des fabriques de sucre, « distilleries, et est un des centres principaux du coton. La Se possède la capitale de la France, la plus grande ville du coi nent européen, qui, située au centre du bassin, a donné grande partie à la province son caractère économique et p tique.

Sur le cours moyen de la Seine, dans une île que l'on pela plus tard île de la Cité, était, à l'époque de la Gaule ii pendante, une petite bourgade nommée Lutèce, nom auquel < voulu faire signifier, par un jeu de mots sans fondem ville de boue : c'était la cité principale de la petite peupl * des Parisiens qui habitaient les environs. Au nord s'éleni une vaste plaine marécageuse, bornée par des collines dor 1 principale prit, à l'époque du christianisme, le nom de M-t martre (mont des Martyrs) ; au sud était une montagne, nom j plus tard montagne Sainte-Geneviève, qui descendait jus à la rive de la Seine, et, plus à l'ouest, de basses et vertes j I ries qu'on désignadans la suite sous le nom dePré-aux-Clf 3, Lutèce prit, sous la domination romaine, quelque importa par suite de sa position sur le fleuve. Au quatrième siècle, u sieurs empereurs s'y fixèrent pour être à portée de défend] k nord de la Gaule contre les Barbares ; Constance Chlore c u lien construisirent sur la pente de la montagne un palais m quelques ruines subsistent encore (les Thermes).

Après l'invasion des Barbares, Clovis fixa sa résidern Paris, et cette ville demeura la principale capitale des }i

Mérovingiens. Les Carlovingiens, Germains des bords du Rhin, ila dédaignèrent; les pirates normands la pillèrent, et Paris amoindrie se trouva dé nouveau resserrée dans l'île de la Cité, où, en 880, ils l'assiégèrent sans pouvoir s'en emparer.

Elle redevint définitivement la capitale de la France avec les jrois Capétiens, qui étaient eux-mêmes, avant de porter la coujronne royale, ducs de France et comtes de Paris. Au xne siè- [Icle, avec Abeilard et l'Université, la montagne Sainte-Genejviève se peupla principalement d'écoliers ; à la même époque, lia rive septentrionale commençait à se couvrir de maisons où ^'établissaient les gens de métiers, et les Templiers construi- | liaient le Temple ; la batellerie de la Seine était devenue assez \ importante pour que la corporation des « Marchands d'eau » groupât autour d'elle les autres corporations et que son chef électif, le « prévôt des marchands, » exerçât en quelque sorte es fonctions de maire de Paris à côté du prévôt du roi : de là, e navire qui est la principale pièce des armes de la ville de 'aris.

Au même siècle, l'évêque Maurice de Sully commençait la onstruction de l'église cathédrale de Notre-Dame. Philippet juiguste, au xme siècle, bâtit la tour du Louvre, forteresse siuée à l'extrémité occidentale de la ville, fit paver deux rues, uvritles halles, et donna à Paris sa première enceinte fortiiée que rappelaient encore récemment les noms de plusieurs ues. Saint Louis l'embellit de quelques monuments, entre autres de la Sainte-Chapelle. Etienne Marcel (1357) fit agrandir enceinte septentrionale, ôt, en 1358, le dauphin Charles campa lès de ses murs pour réduire la cité révoltée. Au xve siècle, aris et ses environs furent désolés par les Armagnacs et les ourguignons. Au xvie siècle, François Ier et Henri II rebâti- -iîit le Louvre ; Catherine de Médicis fit construire les Tuilees. Henri IV, qui avait dû faire deux fois le siège de la capitale 589-1590), continua les Tuileries, acheva l'Hôtel-de-Ville, le ont-Neuf, construisit la place Royale; sous Louis XIII, noueux embellissements et nouvelle enceinte fortifiée, formant ligne actuelle des boulevards intérieurs, qui furent plantés arbres sous Louis XV, lorsque la limite eut été reportée plus Il nord; sous Louis XVI, un mur d'octroi fut construit sur

l'emplacement actuel des anciens boulevards extérieurs qui demeurèrent à très-peu près la limite de Paris pendant la pre-

mière moitié du xixe siècle. Avec la Fronde et la bataille d faubourg Saint-Antoine, Paris avait vu les derniers troubles d

ancienne monarchie. Depuis le 14 juillet 1789, date de la irise de la Bastille, la capitale a donné naissance à la plupart les mouvements populaires qui ont agité les gouvernements l produit des révolutions.

Napoléon perça des rues et embellit la ville. Sous Louis-Phi-

fippe, de nouveaux quartiers furent construits dans l'intérieur

u mur d'octroi et, en 1840, une vaste enceinte fortifiée, ayant

n dévoppement de 34 kilomètres et flanquée de forts détachés,

nveloppa Paris et les communes de sa banlieue ; cette enceinte

Ut devenue, en 1860, la limite de la ville de Paris (voir fig. 138

139). Sous Napoléon III, de nouveaux quartiers se sont élevés,

i ont été entièrement renouvelés par suite des démolitions et

is reconstructions ; un grand nombre d'édifices publics ont été

lis ; des boulevards ou de larges rues ont été percés dans tous

s sens de manière à rendre les communications plus directes

plus faciles ; de grands travaux de tout genre et d'une coûteuse

ignificence ont été exécutés en vue de l'embellissement de

ville; le vaste réseau des égouts a été complété, et, aux eaux

la Seine, d'Arcueil, du puits de Grenelle et du canal de

ureq qui l'alimentaient déjà, se sont ajoutées les eaux de la

uys, amenées par une longue série d'aqueducs et de siphons

département de l'Aisne jusqu'au grand bassin de Ménil-

>ntant et celles de la Vanne amenées des environs de Sens au

( oir de Montsouris.

'eodant la guerre de Prusse, Paris a été assiégée par l'armée flamande de septembre 1870 à février 1871, bombardée et récite par la famine à capituler. Sa banlieue et une partie de ses s ont considérablement souffert de ce siège. A peine étaitrminé que l'insurrection criminelle du 18 mars 1871 a eu et a occasionné plus de ruines encore (mars-mai 1871). i ville de Paris s'étend sur une surface de 78 kilomètres es (ou 7,800 hectares). La Seine, qui y forme un arc de le ouvert au sud et qui est bordée des deux côtés de maint > quais, la partage en deux parties inégales, rive droite ive gauche. Un grand nombre de ponts relient les deux ^. La ville est divisée en 20 arrondissements, subdivisés mêmes en quatre quartiers chacun et disposés en forme •ir.de ou de colimaçon, depuis le premier arrondissement

Li ii;wcp. 36

placé au centre et comprenant les Tuileries et les parties avoi sinantes de la rive droite, jusqu'au XXe arrondissement com prenant le quartier de Charonne et la partie située au nord-es de la place du Trône ; les boulevards intérieurs, les ancien boulevards extérieurs et l'enceinte fortifiée dessinent à pei près cette spirale.

Indépendamment de ces grands boulevards, Paris est coupé par diverses voies droites de premier ordre, entre autres 1 boulevard de Sébastopol, continué par le boulevard Saint-Mi chel et s'étendant à peu près dans la direction du nord au su( du chemin de fer de l'Est à l'Observatoire ; la rue de Rivol qui s'étend de l'est à l'ouest le long des Tuileries et se prolon^ sous divers noms, par la Bastille et la place du Trône, jusqu Vincennes ; ces deux voies sont, pour ainsi dire, les deux di; mètres de Paris. Sur la rive droite, les Champs-Elysées, ur des promenades les plus fréquentées de la ville, qui contini presque la rue de Rivoli et conduit à Neuilly ; le boulevai Malesherbes qui monte au nord- ouest; la rue Turbigo, partai des Halles, et la rue Lafayette, partant de l'Opéra, qui monte) obliquement dans la direction du nord-est; le boulevard c Prince-Eugène qui relie directement les boulevards intérieurs la place du Trône ; le boulevard Richard-Lenoir qui cache canal Saint-Martin, rendu souterrain. Sur la rive gauche, boulevard Saint-Germain qui coupe une partie de la ville < nord-est au sud-ouest, la rue de Rennes qui sert de débouc au chemin de fer de l'Ouest, la rue de Yaugirard qui, Luxembourg, se dirige au sud-ouest.

Toutes les grandes compagnies de chemins de fer, moi celle du Midi, ont leur tête de ligne à Paris avec un ou de embarcadères. Le chemin de fer de Ceinture, qui est à p près parallèle aux fortifications, les relie tous et dessert extrémités de Paris.

On compte aujourd'hui à Paris 61,000 maisons particuliè • comprenant environ 850,000 logements. On y compte aussi grand nombre d'édifices publics : des églises, parmi lesque I les plus importantes sont, dans le style gothique, Notre-Da , église cathédrale, bâtie dans l'île de la Cité ; dans le style zantin, le Panthéon; dans le style grec, la Madeleine:

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palais, dont les plus importants étaient le palais des Tuile- /.s. brûlé par les incendiaires en mai 1871, le Louvre, qui renferme nos principaux musées, et le palais du Luxembourg ; le Palais de Justice presque entièrement brûlé en mai 1871, iiége des tribunaux, avec le palais du tribunal de Commerce 2t des Conseils de Prud'hommes qui lui fait face, est situé dans lans l'île de la Cité où l'on a réuni un grand nombre d'admiîistrations publiques. En face de l'île de la Cité, sur la rive lroite, est YHÔtel-de-Ville, entièrement brûlé par les incendiaires en mai 1871 ; à l'est de l'Hôtel-de-Ville, la place delà Bas- \ille où se termine la ligne des boulevards intérieurs ; au nordijuest, les Halles centrales, le Conservatoire des arts et métiers, la Uourse, et, en franchissant le boulevard, Y Opéra, une des œures originales de l'achitectare moderne ; à l'extrémité des Champs-Elysées, Y Arc-de-Triomphe de l'Étoile, où aboutissent llouze larges avenues dont l'une conduit à la place du Roi-de- Home. En face de cette place, sur la rive gauche de la Seine, Ist le Champ-de-Mars, et, à peu de distance à l'est, le Palais Y es Invalides.

\ Paris renferme aujourd'hui une population d'environ ',851,000 habitants : c'est une population supérieure à celle de el royaume de l'Europe (1). Il n'est pas étonnant qu'une paeille population consomme, par an, plus de 150 millions de 'ilogrammes de viande et tous les autres objets nécessaires à !i vie dans une proportion' semblable ; depuis quarante ans, 'ette consommation s'est considérablement accrue (V. Tabl. $tat„ n° 54). Au commencement de notre siècle, la popu- Ution de la même ville ne dépassait pas 550,000 âmes loir Tabl. de stal., n° 54).

j C'est que Paris est restée non-seulement, comme capitale, le entre de toutes les grandes administrations, et, comme ville le plaisirs, le rendez-vous des étrangers et des gens riches, lais encore le foyer le plus important de la petite et de la grande iiduslric en France. On y exerce toutes les professions (voir '•us les paragraphes de la 5e partie : l'industrie). Les deux remiers rangs, comme importance, appartiennent auxprofes-

(1 1 Supérieure à celle du royaume de Grèce.

sions relatives à l'alimentation qui comptent environ 30,000 établissements, et aux professions relatives au vêtement qui en comptent plus de 20,000, et qui ensemble font un chiffre an nuel d'affaires estimé à 1 milliard 1/2 de francs (Voir Tabl. de stat., n° 56) ; au second rang, viennent le bâtiment et l'ameu-. blement, puis la fabrication des machines, les industries chimiques, etc. Placée au centre des affaires, Paris est une des premières douanes ou un des premiers entrepôts de France, moins par le poids que par la valeur des objets qui lui sont expédiés et qu'elle expédie elle-même à l'étranger. On évaluait, en 1847, le nombre des établissements industriels à 64,000, celui des ouvriers à 340,000, et le chiffre des affaires industrielles à 1 milliard 1/2; en 1867, cette évaluation était portée à 100,000 établissements, à 416,000 ouvriers et près de 3 milliards 1/2 d'affaires (voir Tabl. de stat., n° 56). C'est surtout dans les IIe, IIIe et XIe arrondissements que l'industrie est le plus active et le nombre des ouvriers le plus grand.

Paris a une administration particulière. Le préfet de la Seine y fait les fonctions de maire; il a sous ses ordres vingt maires nommés par décret du gouvernement, un par arrondissement et il administre de concert avec un conseil municipal de 80 membres élus par le suffrage universel.

La ville de Paris, qui tire sa principale ressource de son octroi (environ 100 millions), dépense environ 240 millions par an ; c'est un budget plus élevé que celui de plusieurs État? de l'Europe. Les recettes ont augmenté, depuis le commencement du siècle, dans la proportion de 1 à 20 ; mais la dette, déjà considérable, a beaucoup augmenté par suite des événements de 1870-71 (voir Tabl. de stat., n° 55).

Les autres villes principales de lIle-de-France sont :

Dans le département de la Seine, de nombreuses communes avoisinant Paris et devenues des centres d'industrie ou des rési dences pour une partie de la population laborieuse de Paris Boulogne (1 8,965 hab.), Levallois- Perret (19,160 hab.), commune toute récente; Clichy (14,600 hab.); Neuilly (16,280 hab.) Aubervilliers (12,200 hab.); Montreuil (12,300 hab.); Panti.i (12,340 hab.); Vincennes (17,000 hab.); Saint-Denis (31,991 hab.), au nord de Paris, centre d'une partie de la grande

; industrie à laquelle la capitale a donné naissance ; ïvry (13,690 hab.).

Dans le département de Seine-et-Oise, Versailles (6 1,1 65 hab.),

d'abord rendez-vous de chasse, puis résidence des rois de

'France depuis Louis XIV jusqu'à la Révolution de 1789 ; ville

'toute remplie, dans son palais transformé en musée, dans son

parc et dans ses grands bâtiments, des souvenirs du grand roi

ît de sa cour; elle est devenue de nouveau, depuis 1871, le

siège du gouvernement; Saint-Germain (22,860 hab. dont

12,700 seulement en population agglomérée), sur un plateau

lui domine la Seine, avec un château célèbre qui est devenu

in musée celtique; Saint-Cloud (8,760 hab.), dont le château a

ké brûlé par l'armée ennemie dans l'invasion de 1 870-7 1 ;

hampes (7,790 hab.), principal marché de la Beauce, qui faisait

■artie de l'Orléanais.

Dans le département de Seine-et-Marne, Melun (11,130 hab.), h chef-lieu, sur la Seine, centre agricole; Fontainebleau (10,940 ab.), célèbre par son château et sa forêt ; Meaux (1 1,200 hab.), ui faisait partie du gouvernement de Champagne, centre agriple assez important; Montereau-Faut-Yonne (6,715 hab.), au ■influent de l'Yonne et de la Seine, dont les coteaux ont été j'mc-ins de la bataille livrée en 1814 par Napoléon à l'armée utrichienne.

! Dans le département de l'Oise, Beauvais (15,550 hab.), imitante par ses manufactures de tapis; Compiêgne (12,280 iib.), ancienne résidence royale et impériale. Dans le département de V Aisne, Laon (10,365 hab.), le chefllui, bâtie sur une montagne isolée à l'extrémité des plateaux û bordent la Champagne et qui renferment les nombreux tamps de bataille de la campagne de 1814 ; Soissons (10,400 ]).i, dans une plaine fertile; Saint-Quentin (34,800 hab.), | |r le canal du même nom et sur la Somme ; cette ville, trèslustrielle, faisait jadis partie de la Picardie; elle tissait autrelis des batistes et fabrique aujourd'hui des mousselines, des ^deries, blanchit et apprête des tissus de coton ; elle fut deux s témoin de la défaite de nos armées (1557 et 1871). L'Ile-de-France faisait partie de la Celtique, puis de la Lyonise. C'est le premier pays qu'ont envahi les Francs de Clovis,

venus du Nord (bat. de Soissons, 486). C'était, depuis Eudes, 1 fief principal des ducs de France, qui plus tard montèrent su le trône avec Hugues Capet. Cette province a été aussi le noya du domaine royal. Cependant beaucoup de fiefs qui en faisaien partie n'ont fait que successivement retour au domaine et pli sieurs n'ont été supprimés qu'en 1789 : comté de Valois, sei gneurie de Nemours, baronnie de Montmorency, etc. Placée a; centre du royaume, elle a été moins éprouvée que les autre provinces par la guerre ; cependant elle a eu beaucoup à souf frir de la guerre de Cent ans et des querelles des Armagnac et des Bourguignons ; à Montlhéry, Louis XI (1465) livra une ba taille . indécise aux troupes de la ligue du Bien public. Cett province fut également éprouvée par les guerres de religio (bat. de Dreux, de Saint-Denis, etc.), lors de l'invasion, de 181 pendant laquelle Napoléon livra à l'armée de Blucher des corr bats à Craonne et à Laon, pendant l'invasion de 181o et per dant la guerre de 1870. C'est à Versailles, la résidence des ro de France, sous les règnes de Louis XIV, Louis XV et Louis XV que siègent depuis 1871, l'Assemblée nationale et le gouvcrm ment de la République.

3° La Picardie, l'Artois et la Flandre sont des pays de pla nés fertiles, très-peuplêsj dont l'agriculture, savamment dirigé donne en abondance non-seulement les céréales, mais lesplanti industrielles, betterave, colza, œillette, lin, et nourrit beaucoi de chevaux et de bestiaux. Dans cette contrée, l'industrie e aussi active que l'agriculture est prospère: la betterave a donn dans notre siècle, naissance aux fabriques de sucre et aux di tilleries ; le colza et l'œillette aux fabriques d'huile; le lin a crû il y a très-longtemps déjà, le tissage de la toile; les moutons, fabrication des lainages. Le grand bassin houiller deValencienr a complété en quelque sorte la fortune de cette contrée en ! donnant abondamment le combustible que le peu de fort rendait rare ; il a permis à toutes les industries à feu, forg< usines métallurgiques, verreries, d'y prendre un grand dév loppement et de fournir aux autres manufactures, telles que ; filatures, leur outillage. Partout où l'industrie agricole et nnufacturière est grande, le commerce nécessairement est gral aussi ; ces provinces ont en outre l'avantage d'être en face s

l'Angleterre, avec laquelle elles communiquent par des services réguliers de paquebots, et sur la frontière de la Belgique, pays très-industriel, avec lequel elles communiquent par plusieurs lignes du réseau de la Compagnie du Nord et par des \ canaux.

Les villes principales sont : dans la Picardie ( département de la Somme), Amiens (63,750 hab.), grande ville d'industrie, qui file et tisse la laine et le chanvre, qui fabrique en grande 'quantité des velours de coton, des tapis, qui est devenue un igrand entrepôt, grâce aux canaux et aux chemins de fer, et qui iattire les visiteurs par sa belle cathédrale du xme siècle; Abbe- \iille (18,210 hab.), port sur la Somme, qui fut dans le principe (une dépendance de la célèbre abbaye de Saint- Riquier ; au nord d'Abbeville, Crécy (1,680 hab.), bataille perdue par les ^Français contre les Anglais qui battaient en retraite vers la Flandre (1346) ; Péronne (4,175 hab.), célèbre par la détention ie deux rois de France et voisine du village de Testry dont il pst parlé plus loin ; Corbie (3,640 hab.), sur la Somme, où s'apnea l'armée espagnole menaçant Paris, en 1636.

Dans l'Artois (département du Pas-de-Calais) : Boulogne [39,700 hab.), ville ancienne dans la partie haute, un des ports bui font le plus de commerce avec l'Angleterre ; Arras (27,330 |iab.), chef-lieu du Pas-de-Calais et ancienne capitale de l'Arois; Saint-Omer (22,380 hab.), ville forte, renfermant un tssez grand nombre de fabriques; Calais (12,840 hab.), un des brincipaux points de communication entre la France et l'Angleterre; Saint-Pierre-lès-Calais (20,410 hab.), simple faubourg de Calais naguère, devenu aujourd'hui, principalement har l'industrie du tulle, plus important que la ville même. En- :uiiitmiUe ou Guinegatte (500 hab.), Renty (800 hab.), Azin- 'ourt (1,415 hab.), lieux témoins de nos défaites ; Lens (7,300 iab.), souvenirs des guerres de la France contre la maison l'Autriche

Dans la Flandre (département du Nord) : Dunkerque 5>,350 hab.), le port de la France sur la mer du Nord, ville îorte dont les environs peuvent être facilement inondés.

Lille (158,1 17 hab.) ne date que du ixe siècle de l'ère chréienne et tire son nom d'une île de la Deule sur le bord de

laquelle elleest bâtie ; elle devint, durant le moyen âge, comme beaucoup de communes de Flandre, une florissante cité; Phi lippe le Bel la posséda ; mais elle n'est devenue définitivemeu possession française que depuisla conquête de Louis XIV (1067) Elle a été fortifiée par Vauban ; l'accroissement de son indus trie avait tellement étendu ses faubourgs, principalement ai sud et à l'est, qu'il a fallu récemment les réunir à la ville e supprimer les anciennes fortifications. La citadelle subsistt toujours sur la rive gauche de la Deule. La ville est reliée pa des chemins de fer et des canaux avec la Belgique et Paris C'est, après le groupe de Paris, le centre le plus important de 1< grande industrie en France ; au premier rang, l'industrie li nière, fils et toiles, puis l'industrie du coton et de la laine presque sur le même rang, la fabrication des huiles et le com merce des tourteaux, et, à un rang secondaire, la fabrication du sucre, la distillerie, la fabrication des machines de diver: genres qu'emploient ces industries. C'est aussi un centre très important du commerce de Belgique et de France; on y im porte une quantité considérable de houille, de matières textile et de graines oléagineuses.

Roubaix (75,990 hab.) et Tourcoing (43,320 hab.), deu: villes de manufactures qui se touchent et qui sont situées ai nord de Lille, près de la frontière ; elles doivent leur accrois sèment à l'industrie de la laine, tissus mélangés et tapis; Ar mentières (19,000 hab.), ville de manufactures de toiles, situé' sur la frontière au bord de la Lys ; Bailleul (12,830 hab.); Wat trelos (14,680 hab.); Halluin (12,950 hab.) près de Lille, ville de fabriques; Douai (23,840 hab.), sur la Srcarpe, place fort et ville importante par ses usines et ses fabriques; Benaï, (12,330 hab.), au centre de la région de la houille et du fei souvenir d'une grande victoire de Yillars, en 1712; Cambra (22,900 hab.), sur l'Escaut, archevêché et place forte; Valen ciennes (24,660 hab.), place forte sur l'Escaut, ville indus trielle, doit surtout sa prospérité au bassin houiller qui port, son nom; Maubeuge (13,230 hab.), place forte; Saint-Aman (10,575 hab.), eaux minérales.

On trouve dans le département du Nord de très-nombreu champs de bataille du moyen âge; Bouvines (600 habit.

-rès de Lille, célèbre par le premier grand triomphe de la ûonarchie capétienne (1214); Mons-en-Pevèle (2,090 hab.), lataille de 1304; Cassel (4,260 hab.), bataille de 1328, et plus Lrd de 1077 ; Malplaquet (250 hab.), défaite de Villars, en 1709; ondschoote (3,470 hab.) et Wattignies (2,390 hab.), batailles i 1793.

Ces provinces dépendaient de la Gaule-Belgique. Dans la

[andre était établie, à F avènement de Clovis, une partie des

unes Saliens. Dans le département de la Somme est Testry

luj. Tertry) où Pépin d'Héristal, maire d'Austrasie, triompha

i la Neustrie (687). Au traité de Verdun (843), ces provinces

vnt partie du royaume de Charles le Chauve. La féodalité y

a de profondes racines; les comtes de Vermandois et de

nuire furent très-puissants, mais ces derniers eurent, à partir

tli xme siècle, de fréquents démêlés avec les nombreuses et

yihes communes de leur pays. Philippe-Auguste, par mariage

! par cession, avait acquis le Vermandois et la Thiérache

If 14), l'Amiénois et l'Artois (1180). Philippe le Bel conquit la

indre française (1312). Pendant la guerre de Cent ans, la

ilindre prit d'abord parti pour le roi d'Angleterre et ces pro-

s furent le théâtre de deux de nos plus grandes défaites ;

Ijouard III prit Calais en 1347, et les Anglais restèrent maîtres

• la ville jusqu'en 1558. Au xve siècle, ces provinces passèrent

i puissante maison des ducs de Bourgogne, et l'Artois et la

ire (traité d'Arras, 1435) sortirent de la mouvance du

i aume de France. Le Boulonnais et les villes de la Somme furent

ri nis au domaine royal à la mort de Charles le Téméraire

|U77). Les deux autres provinces, dont l'une avait été un mo-

«nt réunie en 1477, échurent à la maison d'Autriche, et,

c-.nme pays frontière, elles virent souvent la guerre. Riche-

U'i conquit l'Artois, que nous céda (16o!» le traité des Pyrénées.

I. lis XIV conquit la Flandre etle Cambrésis, que nous cédèrent

I» traites d'Aix-la-Chapelle (1668) et de Nimègue (1678). Pen-

d! t son règne, presque toutes les villes fortes de Flandre furent

sihessivement assiégées et de nombreuses et grandes batailles

liées sur cette terre toute couverte de forteresses. Il existait

«tare en 17S9 quelques fiefs particuliers dans ces provinces :

cdté de Saint-Pol, duché de Guise, etc. Les guerres delà Ré-

volution rappelèrent encore une fois, de 1792 à 1794, la guerr dans cette contrée, qui a été, en 1871, le théâtre de quelque succès de l'armée du Nord, succès terminés par la défaite t Saint-Quentin.

248. jLajgtartie nord-est. — La partie nord-est de France qui s'étend des Àrdennes, sur notre frontière septei trionale, jusqu'au Jura et au Rhône, et qui appartient en m; jeure partie au climat vosgien, comprend 14 départemen répartis entre 4 provinces :

1° La^Champas11^ qui est presque tout entière compri dans le bassin de la Seine. Une partie, la Champagne pouillew est une immense plaine, jadis nue, semée de maigres pât rages et de sapinières, mais où la culture a fait de récents grands progrès ; les moutons en font la principale richesse. L autres parties sont fertiles ; la Brie est une des parties de France les mieux cultivées ; elle abonde en céréales, et 1 fromages en sont célèbres ; les environs de Reims et d'Épern donnent le vin de Champagne. La houille ne s'y trouve pc mais le minerai de fer y abonde, et a donné naissance à nombreuses usines métallurgiques; les moutons ont créé tissage de la laine, qui a fait la fortune de Sedan et de Rein

L'ancien gouvernement de Champagne comprenait les qua départements désignés ci-après et s'étendait en outre sur u partie de l'Yonne, de Seine-et-Marne et de l'Aisne (voir Boi gogne et Ile de France).

Les villes principales sont :

Dans Y Aube, Troyes (38,110 hab.), sur un des bras de Seine, ancienne capitale de la Champagne, fabrique consi • rable de bonneterie ; elle avait, au moyen âge, des foires tr importantes, et elle conserve encore de beaux monume i de l'époque de sa grande prospérité ; c'est là que fut signé, i 1420, le trailé qui livrait la France aux Anglais, un an aps l'assassinat du pont de Montereau; les ruines du Paraclet, rnastère fondé par Abeilard au xne siècle, et l'abbaye de Cl; vaux, fondée par saint Bernard et transformée en prison, sn les plus importants souvenirs monastiques ; Brienne (1 ,885 h; .) rappelle la jeunesse de Bonaparte et les dernières luttes e l'Empire (1814).

j Dans la Marne, Reims (71,995 hab.), placée sur la Vesle, au icd de coteaux riches par leurs vignobles, en face de plaines lèches où paissent de nombreux troupeaux de moutons ; cette ille a de bonne heure tissé la laine et doit à cette industrie i fortune présente, bien qu'elle n'ait plus le privilège de voir licrer les rois dans sa belle cathédrale gothique; Chàlonsn-Marne (16,450 hab.), chef-lieu du département, et Épernay ! 2,930 hab.), deux centres du commerce des vins de Chamigne; à l'ouest, sur le plateau de la Brie, Montmirail (2,320 >utb.) et les souvenirs de la campagne de 1814; au nord- »t, Sainte-Menehould (4,240 hab.) et Valmy (450 hab.), souve- . jir de la première victoire de la Révolution, i Dans les Arcîennes, Sedan (14,345 hab.), importante par ses briques de drap, et dont le nom rappelle un des plus grands Castres militaires de notre histoire (septembre 1870); Charmille (12,670 hab.), que ses usines rendent plus importante : ne le chef-lieu, situé sur l'autre rive de la Meuse ; Rocroi j,280 hab.), sur un triste plateau, rappelle une grande victoire |643).

iDans la Haute-Marne, Saint-Bizier (11,230 hab.), ville qui doit n importance au commerce des fers ; Langres (9,630 hab.), Ile antique, siège d'un évêché, dans une position militaire uportante.

'.La Champagne était presque tout entière comprise dans mcienne Belgique ; durant la période des invasions, la baille des champs Catalauniques (451), dans laquelle fut vaincu Itila, fut livrée dans ses plaines, près de Châlons. Depuis le liité de Verdun (843), cette province formait la frontière jientale de la France. Les comtes de Champagne furent, au byen âge, de puissants seigneurs, et les foires de Champagne M'oyes, Reims, Provins), dans lesquelles les provinces du • rd-ouest s'approvisionnaient de marchandises, venues en jnéral du sud par le Rhône et la Saône, étaient renommées. I (ûlippe le Bel, par son mariage avec Jeanne, réunit la Cham- Igne au domaine "royal (réunion définitive à l'avènement j son fils, 1314). Quelques fiefs y subsistaient encore en 319 : comté de Réthel, seigneurie de Joinville, comté de Tonrre, etc.

La Champagne fut troublée par les guerres de religion (ma; sacre de Vassy, bataille de Dormans, lô7o). Pendant les troi blés du ministère de Richelieu, elle fut le théâtre de la bataill de la Marfée, livrée près de Sedan (1641), et, peu de temps aprèi de la grande victoire du duc d'Enghien à Rocroi (1643). Elle fi envahie, en 1792, par les Prussiens, qui avaient franchi h déniés de l'Argonne, et que Dumouriez repoussa à Valmy , e 1814, par les années coalisées que Napoléon battit à plusieui reprises sur la ligne accidentée des coteaux qui coupent <lr i côté la vallée de la Seine. Elle a été de nouveau envahie par 1< Prussiens en 1870.

2° La Lorrains.^ contrée coupée de collines (Argonne et A denitŒsJ^ei bordée à l'est par le long massif des Vosges; h vallées en sont fertiles ; quelques coteaux ont des vignobles ;h collines et les montagnes ont de verts pâturages et de grandi forêts; nulle partie de la France n'est plus boisée. On y troirla houille, le fer, le sel gemme, et, par conséquent, les industri métallurgiques et chimiques. On y trouve aussi beaucoup i sources thermales et minérales, Plombières, etc. Les verreri et cristalleries sont nombreuses, à cause des forêts. Les indu tries textiles, surtout les cotonnades, ont pris un grand dév loppement dans les vallées des Vosges, dont les paysaflm font de la broderie.

Les principales villes sont :

Dans le département de la Meuse, Bar-le-Duc (15,475 hab ancienne capitale du Barrois ; Verdun (10,740 hab.), évêché place forte, devenue notre principale défense de ce côté depn la perte de Metz.

Dans le département de Meurthe-et-Moselle, Nancy (oi>,!> hab.), sur la Meurthe, ancienne capitale de la Lorrain encore pleine des souvenirs de Stanislas Leczinski, a vu, api les événements de 1871, sa population augmenter par l'en gration alsacienne; Lunéville (12,370 hab.), résidence des du de Lorraine au commencement du xvnr3 siècle; Toul (6,9 hab.), vieille ville dont on travaille à accroître les fortification elle est devenue une de nos principales barrières contre i ennemi marchant de la Moselle sur la Meuse.

Dans le département des Vosges, Domrémy (300 hab.), pr

e Neufchâteau, patrie de Jeanne Darc ; Épinal (11,850 hab.), "aef-lieu du département; Saint-Dié (12,320 hab.), siège de évêché; le Val d'Ajol (7,000 hab.), jolie petite ville de fariques.

Cette province faisait partie de l'ancienne Belgique. Sous

s Mérovingiens, elle fit partie du royaume d'Austrasie, dont

[s rois résidèrent souvent à Metz. Par le traité de Verdun (843),

Lefut donnée à Lothaire ; disputée entre les rois de France et

h rois de Germanie, elle demeura fief de l'Empire d'Allemagne

ndant presque tout le moyen âge. Charles le Téméraire

îbitionna la possession de la Lorraine, et fut tué au siège de

ncy (1477). Henri II s'empara sur Charles-Quint des trois

■elles Melz, Toul et Verdun (1552). La reconnaissance de ces

•Étiquetes par l'Empire d'Allemagne n'eut lieu que beaucoup

ms tard, par les traités de Westphalie (1648), qui nous cédaient

fJmême temps Y Alsace, occupée par nos troupes depuis 1638;

wasbourg devint française en 1681. Par la possession de l'Ai-

* e et des trois évêchés, la France enveloppait la Lorraine,

'ûelle occupa à plusieurs reprises durant les guerres du

«Ie siècle, et dont plusieurs places lui furent successivement

-, Bar et Stenay en 1641, Sarrebourg, Phalsbourg en

11, Longwy en 1678, Sarrelouis en 1698. Le troisième traité

d Vienne (1738) donna cette province à Stanislas Leczinski,

ne de la reine de France et roi expulsé de Pologne ; à la

i : ! de Stanislas, qui embellit Nancy, les duchés de Lorraine

Bar furent réunis à la France (1766); le comté de Cler-

•i ît on Argonne ne le fut qu'en 1789. Comme la Champagne,

a subi les invasions de 1814, de 1815 et de 1870-71. En

I », >hnsboui'(j, Phalsbourg, Thionville, etc., ont été bombar-

Belfort a énergiquement résisté à l'armée qui l'in-

\< Usait. Autour de la place de Metz, contre laquelle avait

îemé, en 1552, la fortune de Charles-Quint, les armées alle-

Wides bloquèrent, à la suite de la défaite de Forbach, l'armée

!' cuise commandée par un maréchal de France qui, après

'' ieurs combats sanglants, Borny, Gravelotte, etc., capitula

■l'.etobre IsTO. le traité de Francfort (mai l.s71).qui a ter-

■p cette funeste guerre, nous a enlevé tout le nord-est de

Borraï/ie (l'ancien département de la Moselle moins l'arron-

dissement de Briey, deux arrondissements du département ( la Meurthe, et un canton du département des Vosges), et tov V Alsace moins Belfort et ses environs.

3° La Franche-Coiatg comprend la plaine ou région de SaônêTTertile en céréales, et la montagne ou région du Jur riche surtout en bois et en patinages ; aussi les bestiaux et' fromage sont-ils au nombre des principales richesses agrico] de cette contrée pittoresque. On y trouve aussi quelques vigy blés, du fer, et, partant, des usines métallurgiques. L'industrie l'exception de Y horlogerie, n'y est pas très-active, mais le coi merce avec la Suisse est assez important.

Les villes principales sont :

Dans la Haute-Saône, Gray (6,96o hab.), ville d'industries le bord de la Saône ; Vesoul (7,720 hab.), chef-lieu du dép; tement; Luxeuil (3,910 hab.), célèbre par son abbaye et : eaux thermales.

Dans le Doubs, Besançon (49,400 hab.), ville forte, presc entièrement enveloppée par une boucle du Doubs, et domir par deux collines fortifiées et par sa citadelle ; ancienne capitde la Franche-Comté, importante fabrique d'horlogerie, en ville est destinée à devenir, grâce à de nouveaux ouvra ; avancés, un des boulevards de la France, du côté de l'e; Pontarlier (4,975 hab.), sur le haut plateau du Jura et près? la frontière suisse, assez importante par son commerce, • fendue par le fort de Joux qui domine la route.

Dans le Jura, Lons-le-Saunier (10,700 hab.), et Dôle (H, 3 hab.), où siégea le parlement jusqu'à la conquête de la rvince par Louis XIV.

La Franche-Comté, l'ancienne Grande-Séquanaise, fit, à poque des invasions barbares, partie du royaume des Burg des, puis de l'empire des Francs ; au traité de Verdun, elle il mise (833) dans le lot de Lothaire, et, par suite du démenai] ment du royaume de ce prince, elle fut comprise dans laB<fgogne cisjurane et devint (1032) terre d'Empire. Philippe kd la conquit (1295); mais elle devint au xive siècle une des * sessions des puissants ducs de Bourgogne, et passa ensuite 1* branche espagnole de la maison d'Autriche (loobj qui la g 1< jusqu'au temps de Louis XIV. Ce prince conquit deux fo fc

rovince, et, la seconde fois, il la garda par le traité de Nimègue 678); le comté de Montbéliard a été conquis en 1793. La ranche-Comté fut envahie en 1814 et en 1815 parles Autriîiens, et Besançon assiégée. Elle a été envahie de nouveau en *71, à la suite des batailles à'Héricourt et de Villersexel qui ont pu débloquer Belfort et qui ont été suivies d'une retraite ssastreuse.

4° La Bour||ogne, que la Côte-d'Or sépare en deux parties, we-Bourgôgne ou bassin supérieur de la Seine, pays fertile, che en vignobles sur le penchant des coteaux bien exposés, en is sur les hauteurs, et haute-Bourgogne ou vallée de la Saône, us fertile encore et plus riche, grâce à ses vins renommés eaune, etc.), et à ses grands bœufs charollais. La Bourgogne urnit des vins à la France et à l'Europe entière. Les Bombes, m sud, sont marécageuses. On trouve, surtout dans la basse- ^urgogne, de nombreuses et belles carrières de pierre de taille ; i y fabrique beaucoup de ciment. Le fer se rencontre dans esque toute la province; la houille est en très-grande abonnée dans le département de Saône-et-Loire ; aussi y voit-on aucoup de verreries et d'usines métallurgiques, telles que le eusot.

Les principales villes de la Bourgogne sont : Dans le département de YYonne, Sens (11,515 hab.), ancienne rntale d'une des Lyonnaises et capitale du Senonais qui était taché au gouvernement de la Champagne, archevêché, poslant une belle cathédrale ; Auxerre (15,630 hab.), avec un ] rt sur l'Yonne, fait le commerce de bois et de vin ; Chablis 300 hab.), Tonnerre (5,330 hab.), célèbres par leurs vignots ; Vézelay (1,050 hab.), connue par son abbaye. )ans la Côte-d'Or, Alise-Sainte-Reine (730 hab.), surlepenint de la colline sur le sommet de laquelle s'est défendu rcingôtorix; Montbard (2,730 hab.), patrie de Buffon ; Semur }15 hab.), ancienne cité romaine et ancienne capitale de uxois, bâtie sur un rocher au-dessus de l'Armançon ; Dijon ,570 hab.), ancienne capitale du duché de Bourgogne et ïenne ville de parlement, qui rappelle par ses monuments oque de sa prospérité au xve et au xvne siècle ; Beaune 175 hab,), au pied de la Côte-d'Or, centre principal du

commerce des vins renommés de cette région ; Saint-Jean d Losne (1,600 hab.), bâtie sur les prairies de la Saône, au dé bouché du canal de Bourgogne ; cette petite ville se défendi avec une égale énergie, mais avec un succès différent, en 163 et en 1814.

Dans Saône-et-Loire, Antun (11,685 hab.), une des plus ail ciennes cités de la Gaule, ancienne capitale de l'Autunois évêché, conservant encore de nombreuses et belles ruines d l'époque romaine ; le Greusot (22,890 hab.), qui n'est pour ain dire qu'une vaste usine et dont la population s'est accrue avt une merveilleuse rapidité de 1830 à 1866 ; Cluny (4,990 hab. dont l'abbaye célèbre est devenue l'école normale de Pense gisement secondaire spécial ; Chalon-sur-Saône (20,430 hab. centre important du commerce des vins, ainsi que Màci (17,450 hab.), chef-lieu du département; Tournus (5,550 hab. qui possède une belle église romane.

Dans le département de Y Ain, Bourg (14,280 hab.), ancieni; capitale de la Bresse, possédant à l'extrémité d'un de ses fai bourgs l'église de Brou, un des plus coquets chefs-d'œuvre d gothique tertiaire; Ferney (1,230 hab.), rendu célèbre par I séjour de Voltaire.

La Bourgogne est l'ancien pays des Éduens qui attirèrent Gésj dans la Gaule indépendante; c'est là qu'est Alesia (Alise Sainti Reine) où fut vaincu Vercingétorix. Sous la domination romain Autun fut une des villes les plus considérables et les plus le trées de la Gaule. A l'époque des invasions, la province tira sr nom des Burgondes qui s'y établirent vers 413 et fondèrent royaume de Bourgogne. Clovis battit sur les bords de l'Oucl (500) le roi Gondebaud. Rattachée au royaume des Francs puis à peu près indépendante sous des rois ou des maires pari culiers, rattachée de nouveau àl'empire franc par Charles-Marte la Bourgogne échut en grande partie (jusqu'à la Saône) à Charl le Chauve par le traité de Verdun (843) et devint un des gran< duchés du royaume de France. Réunie au domaine en 100 elle fut donnée par le roi Robert à son fils. Réunie une secoir fois en 1361, elle fut donnée par Jean le Bon à son plus jeui fils, tige de la plus puissante maison de Bourgogne qui régi de 1362 à 1477 (Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe

Bon, Charles le Téméraire) : c'est l'époque de la grande prospérité de Dijon, capitale de la province. A la mort de Charles le Téméraire, la Bourgogne fut réunie au domaine royal; au delà de la Saône, les Bombes ne furent réunies que par héritage en H7C2; la Bresse et le pays de Gex, par le traité de Lyon (1601). En Bourgogne, Henri IV avait gagné à Fontaine-Française (1595) une bataille sur les Espagnols; cette province, dans laquelle l'ennemi n'avait pénétré qu'une fois au xvne et au xvme siècle ité envahie en 1814 et surtout en 1870, époque à laquelle plusieurs combats (Nuits, etc.) ont été livrés autour de Dijon. 249. l*a partie sud-est et sud. — La partie sud-est et sud de la France, qui s'étend de l'extrémité méridionale du îura jusqu'aux Pyrénées orientales, sur la frontière des Alpes it de la Méditerranée, y compris la Corse, et qui appartient mx climats rhodanien et méditerranéen, comprend 23 déparements répartis entre 10 provinces :

1° Le Lyonnais, petite province montagneuse, marécageuse lans le Forez, plantée de châtaigniers sur les hauteurs, nourrissant des chèvres qui donnent un fromage renommé, importante lurtout par le grand bassin houiller de la Loire qui a donné nais- . lance à de nombreuses forges, usines, verreries, et par la fabrication des soieries ettles cotonnades. C'est un des centres les lus actifs du travail manufacturier en France. Les villes les plus importantes sont :

Dans le Rhône, Lyon (323,000 hab.), moins ancienne que

Urseille, datant de l'époque romaine, et fondée sous ,1e règne

'Auguste, dans une magnifique position, au confluent de la Saône

t du Rhône, sur la route qui reliait l'Italie à la Gaule dont cette

ifle est longtemps demeurée la capitale. Après l'invasion des

wrbares, elle a fait partie du royaume des Burgondes ; ratta-

tée à l'empire des Francs, elle en a été détachée par le traité

• Verdun (843) et a fait successivement partie du royaume

Ailes et de l'empire germanique (depuis 1032) jusqu'au

Mips où Philippe le Bel l'a rattachée à la France et au domaine

|l»yal (1312). A toutes les époques, elle a été un important

arche ; depuis le xvic siècle, elle est devenue le centre de

industrie de la soie, importée d'Italie en France. Les révolu-

j>ns ont plus dune fois cruellement éprouvé cette fabrication

RliVUE DES PROVINCES. 651

de luxe : eu 1703, Lyon, révoltée contre la Convention, fut bombardée et prise par les troupes républicaines. En 1851, les faubourgs voisins ont été réunis à la ville pour former, sous le nom d'agglomération lyonnaise, un même groupe administratif. La ville (voir fîg. 140 et 141), serrée entre la Saône et le Rhône, I s'étend sous forme d'un long triangle dont la pointe est dirigée vers le sud ; au nord, s'élève une haute colline qui s'étend d'une rivière à l'autre, et qui, jusqu'en 1851, a formé le faubourg de la Croix Housse; en 1806, les fortifications qui sépa-

Fig. 141. — Vue de L\on

eut ce faubourg du reste de la ville ont été démolies. Sur i rive droite de la Saône, s'élèvent la colline de Fourvicres t l'ancien faubourg de Vaise; sur la rive gauche du Rhône, «tendent les anciens faubourgs de la Guillolièrc et des Brotiiu\, qui, transformés depuis quelques années, sont devenus e beaux quartiers ; les quais du Rhône sont justement reoftimés et n'ont de rivaux que ceux de la Seine à Paris.

Le tissage de la soie, avec ses annexes, moulinage, teintuirie, fabrication des métiers, est l'industrie la plus importe de la \ille de Lyon. C'est surtout dans le faubourg de la

Dix-Rousse et dans les rues qui y montent que sont groupés

les tisserands. La fabrication des machines, la fonderie de cuivre, la quincaillerie viennent au second rang. [1 faut citer encore, outre les métiers nécessaires à une nombreuse population, la chapellerie, la préparation des peaux, la fabrication de la bière et des liqueurs, l'ébénisterie, la bijouterie, la fabrication des pâtes alimentaires, la charcuterie, la fabrication des papiers peints, la verrerie, la carrosserie, l'imprimerie et la fabrication des instruments de musique.

Lyon avait, jusque dans les temps modernes, des foires célèbres. Elle est encore aujourd'hui le plus grand marché européen de la soie et le principal entrepôt du commerce de h France avec la Suisse, à laquelle elle est reliée par le chemir de fer de Genève, et avec le Piémont auquel elle est reliée pa; le chemin de fer de Turin, passant au col de Fréjus. La grandi ligne de Paris à Marseille y a un de ses principauxembarcadères et sert, ainsi que la batellerie de la Saône et du Rhône, aux com munications de Lyon avec le nord et le sud; la ligne du Bour bonnais y aboutit, et, des deux gares de Lyon, les lignes ferrée rayonnent dans six directions différentes, sans compter le pe tit chemin de la Groix-RoUsse, en forme de montagne russe. Les autres villes importantes du département du Rhône sont Villefranche (12,170 hab.), près de la Saône, la seule sous-pn fecture du département ; Tarare (13,695 hab ), située dans un jolie vallée, au pied de la montagne de Tarare, centre de l'ii dustrie des mousselines et des broderies.

Dansle département de la Loire, Saint-Étienne(l 10,8 15 hab. est en quelque sorte la sœur cadette de Lyon. Bâtie sur Furens, elle a dû à la qualité des eaux de cette rivière et à s< mines de houille ses industries métallurgiques, au voisinai de Lyon ses fabriques de rubans; sa population s'est rapidemei accrue ; Roanne (20,040 hab.), où commence le canal lalér à la Loire ; Rive-de-Gier (13,945 hab.), St-Chamond (12,585 hab et Firminy (10,420 hab.), villes de forges et d'usines bâties si le bassin houiller ; Feurs (3,050 hab.), autrefois Forum Segusi norum, a donné son nom au Forez et conserve de nombre is ruines romaines .

2° La Savoie et le Dauphiné, contrée toute montagneu sillonnée par les contre- forts des grandes Alpes qui en forme

la limite orientale. La plus haute montagne de l'Europe, le mont Blanc, en fait partie. L'hiver est rigoureux dans la montagne et, sur les hauts sommets, les neiges sont perpétuelles; le sol est médiocrement fertile, excepté sur les bords du Rhône et dans le Graisivaudan; les bestiaux, surtout les chèvres, sont nombreux dans les pâturages alpestres, et l'on y fait beaucoup de fromage. Vinduslrie métallurgique, avec la houille et le fer de 1 [sère, et le tissage de la toile, avec les chanvres du Graisivaudan, ont une certaine importance. C'est la contrée de la France la plus pittoresque et la plus visitée par les touristes : Charnou- ////, au pied du mont Blanc, reçoit tous les ans, dans la saison d'été, un très-grand nombre de voyageurs. Cette contrée fait, (surtout par l'intermédiaire de Lyon, un trafic très-suivi avec iVItalie. Le chemin de fer de Modane à Bardonnèche est le grand chemin de communication des deux pays. Les principales villes de la Savoie sont : Dans la Haute-Savoie, Annecy (11,580 hab.), chef-lieu du département, sur le bord d'un des lacs les plus pittoresques de lia région alpestre; dans la Savoie, Chambéry (19,145 hab.), ancienne capitale de la province et archevêché. Les principales villes du Dauphiné sont : Dans l'Isère, Vienne (20,020 hab.), sur la Loire, au pied du mont Salomon , ancienne grande cité romaine conservant encore beaucoup de souvenirs de l'antiquité et ancien archevêché; Grenoble (42,660 hab.), ancienne capitale du Dauphiné, tille forte sur l'Isère,dans la fertile vallée du Graisivaudan ; lurant la Terreur, on avait changé son nom en celui de Greibre ; c'est la première grande ville où soit entré Napoléon à •on retour de l'île d'Elbe; Vairon (10,260 hab.), ville industrielle •m l'Isère, possédant une belle église moderne dans le style :otlii(jue ; plusieurs souvenirs historiques, la Grande Charreuse, monastère fondé par Saint-Bruno, Ponlcharra (2,700 liah.). patri.' de Bavard, Vizille (2,900 hab.), dont le château ervit à la réunion des états provinciaux eil 1788.

Dans la Drôme, Valence (20,G70 hab.), sur le versant d'un lateau qui descend jusqu'à la Loire, ville importante par ses manufactures de soie; Romans (12,67:; hab.), et Montélimar ii,120 hab. . \illes fortifiées et manufacturières.

654 LA FHANCE.

Dans les Hautes-Alpes, Gap (8,930 hab.), chef-lieu du département, petite villeentourée de montagnes ;Briançon (4,170 hab.), bâtie à 1306 m. au-dessus du niveau de la mer, avec des forteresses qui défendent l'entrée de la France du côté du mont Genèvre.

Ces deux provinces, habitées par les Allobroges, furent conquises par les Romains avant César. C'est peut-être par un des cols de la Savoie (col du petit Saint-Bernard) qu'Annibal franchit les Alpes. Elles firent plus où moins complètement partie des divers royaumes de Bourgogne et furent rattachées, depuis 1032, à l'Empire d'Allemagne ; les Sarrasins occupèrent quelque temps plusieurs passages des Alpes. Le dernier Dauphin (ou seigneur du Dauphiné), Humbert II, légua ses domaines (1343) à Philippe VI de Valois, à condition que le fils aîné du roi de France aurait toujours cette province en apanage; depuis la fin du règne de Charles VII, les fils aînés de France ou Dauphins cessèrent d'avoir le gouvernement de la province. En 1789,1e duché de Valentinois appartenait encore au prince de Monaco. Le Dauphiné a joué un rôle dans la révolution française par l'assemblée de Vizille.

La Savoie, qui eut des comtes, puis des ducs devenus puissants sur les deux revers des Alpes, a été plusieurs fois occupée par la France (lo3o-!oo9 et 1792-1814). Henri II s'empara de Montmélian (1600). La Savoie a été cédée à la France par le traité de Turin (1860);, à la suite de la guerre d'Italie.

3° Le Comtat-Venaissin, la Provence et le comté de Nice contrée qui est, comme la précédente, adossée aux Alpes, e douée, par conséquent, dans sa partie orientale, du caractèn alpestre, pâturages et forêts, entre autres, forets de chênes lièges ; mais, dans sa partie méridionale et occidentale, ell< jouit du chaud climat de la Méditerranée. Le Comtat offre 1< spectacle dîme belle et savante culture ; la Provence et la cam pagne de Nice portent, à côté des céréales, Yoranger, Volivier, l figuier, la vigne, les fleurs odoriférantes. L'industrie s'est con formée aux produits du sol : l'olive a donné naissance au huileries, l'huile aux savonneries, les fleurs aux fabriques d1 parfums. La Méditerranée baigne les côtes de ses belles eau bleues, et, dans les golfes nombreux du rivage, les homme ont établi des ports.

Les principales villes du département du Vaucluse, qui comprend le Comtat Venaissin avec la principauté d'Orange, sont: Avignon (38,10.5 hab.), sur la rive gauche du Rhône, ancienne résidence des papes au xivc siècle, a conservé de nombreux souvenirs de leur séjour; importante aujourd'hui par l'industrie de la soie; Orange (10,065 hab.), ancienne ville romaine autrefois très-florissante et ancien éveché; Çarpentras (10.520 hab.), ville ancienne, bâtie dans un site pittoresque.

Les villes les plus importantes de la Provence sont :

Mans les Bouches du- Rhône, Marseille (312,864 hab.), notre grand port sur la Méditerranée.

Les embouchures du Rhône sont ensablées ; la côte à l'ouest est basse et marécageuse; mais, à l'est, elle est découpée à arêtes vives, et l'eau y est profonde. C'est autour d'une de ces découpures que s'est développée la ville de Marseille. 600 ans avant l'ère chrétienne, des Grecs de Phocée avaient reconnu l'importance de cette position et avaient fondé Massilia, qui était une république, florissant depuis plusieurs siècles par le commerce, lorsque les Romains conquirent la Gaule. Apres la longue période de la domination romaine, Marseille eut, dans le moyen Age, diverses fortunes; elle fit longtemps partie du royaume d'Arles, puis du comté de Provence et fut réunie au domaine de la Couronne en même temps que cette province, en 1481.

Longtemps Marseille n'a eu qu'un seul port, celui qu'on nomme aujourd'hui le vieux Port, auquel aboutit la Cannebière (voir Sg. 142 et 143). Aujourd'hui elle en possède de plus vastes à l'ouest : la Jolictte, le bassin du Lazareth, le bassin Napoléon. L'intérieur de la ville a été également transformé ; on a commencé à construire une vaste cathédrale; quand on arrive sur le vieux port par la Cannebière, on la voit à sa droite, ainsi que a série des mâts de navires alignés dans les bassins neufs,penlant que sur la hauteur, à gauche, on aperçoit Notre-Dame de a Garde dominant le paysage. Un magnifique château d'eau récemment construit verse dans la ville les eaux de la Durance. Marseille esl aujourd'hui la première ville maritime de France.

Les autres villes du département des Bouchcs-du-Iihône, sont :

Arles (24,095 hab.), sur la rive gauche du Rhône, ancienne métropole des Gaules et ancienne capitale du royaume d'Arles, conserve encore par ses arènes et dans ses autres monuments le cachet de son antique grandeur, comme elle conserve un type particulier dans la physionomie de ses habitants ; Aix (29,200 hab.), la première colonie romaine fondée en Gaule dans un lieu où jaillissent des eaux thermales, ancienne ville de parlement, et aujourd'hui siège d'une cour d'appel et chef-lieu

Fi'r. 142. — Vue de Marseille.

d'académie; Tarascon (11,250 hab.), chef-lieu judiciaire de l'arrondissement d'Arles.

Dans le département du Var, Toulon (69,130 hab.), notre port militaire sur la Méditerranée, abrité derrière la presqu'île Cepet, au fond d'une double rade; la Seijne (10,120 hab.), port et chantier de construction sur la rade de Toulon ; Uyères (11,210 hab.), renommée pour la beauté de son site sur le bord de la Méditerranée et la douceur de son climat ; la Garde- .Freynet (2,690 hab.), au-dessus de laquelle se voient encore les restes d'un chateau-fort, souvenir de l'occupation du pays par les Sarrasins; Draguignan (9,450 hab.), chef-lieu du dé-

parlement, dans une vallée fertile enveloppée de montagnes. Les principales villes du département des Alpes maritimes

1 ig - i i :;. — Plan de Marseille (extrait de la carte de l'État-major, au 80,000e).

qui comprend, outre le comté de Nice, une partie de la Provence, sont :

Cannes (10,140 liai).), station d'hiver que la douceur de son

climat fait rechercher parles étrangers et les malades; Antibes (0,840 hab.), ancienne colonie de Marseille, comme la plupart des ports de cette côte; Grasse (12,560 hab.), importante pai ses fabriques de parfumeries et de savons; Nice (52,380 hab.), sur le bord de la Méditerranée, composée d'une vieille ville et d'une ville neuve, élégante, très-fréquentée par les étrangers : ornée de promenades que bordent des palmiers en pleine terre.

Ces provinces, habitées primitivement par des Ligures, semées sur la côte de colonies grecques (Marseille, Antibes, Mce, etc.), furent visitées de bonne heure par les Romain? qui y bâtirent Aix (122). Scipion fut battu par les Cimbre? et les Teutons à Orange (105), mais Marius battit (102) les Teutons près de la montagne dite plus tard montagne Sainte-Victoire (à côté d'Aix). A l'époque des invasions , elles furent traversées d'abord par les Wisigoths, occupées ensuite par les Burgondes, et suivirent en général la fortune des royaumes de Bourgogne ou d'Arles. Près d'Arles, Thierry, fils de Clovis. fut battu par les Ostrogoths (508). Au milieu du xine siècle. un frère de saint Louis, Charles d'Anjou, épousa l'héritière du comte de Provence (1245). A la mort du roi René (1481), dernier prince de la seconde maison Capétienne des ducs d'Anjou, la Provence revint au domaine royal. Au xvie siècle, elle fut envahie par l'armée de Charles-Quint qui échoua au siège de Marseille. François Ier donna l'ordre d'écraser les Vaudois des villages de Cabrlêres, de Mérindol, etc. Pendant la révolution, Toulon, qui s'était donné aux Anglais, fut repris grâce surtout à Bonaparte (1793) ; l'armée française combattit plusieurs années dans le comté de Nice sans pouvoir pénétrer dans le Piémont (prise du camp de Saorgio, 1794). Le Comtat-Venaissm, qui était depuis la fin de la guerre des Albigeois une possession du Saint-Siège et où les papes avaient résidé pendant 70 ans (1308-1378), est réuni k la France (1791-97). Le. comté de y (ce, qui avait été français de 1793 à 1814, est cédé de nouveau à In France par le traité de Turin (1860).

4° La Corse, contrée montagneuse, irès-boisée, peu cultive et nullement industrielle ; cette île, colonisée en partie par les Carthaginois, conquise par les Romains, avait été une dépendance de l'Italie au moyen âge, et, dans les temps modernes,

-.m mise à la république de Gènes. Elle fut cédée par cette dernière à la France en 1768 par le traité de Compiègne.

Ajaccio (16,545 hab.), port sur la côte occidentale, chef-lieu de la Corse, est le lieu de naissance de Napoléon (1769); Battia (17,850 hab.), port sur la côte nord-est, est le siège de la Cour d'appel et le centre des études.

Pendant la Révolution, la Corse se donna aux Anglais (1794) ; Bonaparte les fit expulser.

5° Le Languedoc, vaste province qui présente des caractères très-divers. Le caractère montagneux domine dans le Vivarais, le Gévaudan, YAlb>gco>s ; on est sur la lisière du Massif Central et l'on rencontre le châtaignier, les pâturages et les grands troupeaux de moutons ; sur les pentes inférieures et dans la plaine, le mûrier : aussi y élève-t-on beaucoup de vers à soie. Les côtes du Rhône et les coteaux du bas-Languedoc sont en grande partie couverts de vignobles, plus riches, en général, par l'abondance que par la qualité des produits. On élève des abeilles qui donnent le miel dit de Narbonne. Les bords de la mer sont semés de lagunes et de salins d'où l'on lire le sel. La houille est exploitée sur plusieurs points, dans le bassin à'Alais, etc. : de là les nombreuses usines d'Alais et des environs. Les principales industries sont la filature et le tissage de la soie, à Alais, à Aubenas, etc., conséquence de la culture du mûrier ; le tissage de la laine, à Carcassonne, etc., conséquence des troupeaux des Cévennes, la bonneterie. Le canal du Midi traverse cette province et met en communication Toulouse, son ancienne capitale, avec Cette (Hérault), notre principal port commerçant sur la Méditerranée après Marseille.

Les principales villes du gouvernement du Languedoc sont :

Dans le département de la Haute-Loire ou ancien Vélay, avec une petite portion de l'Auvergne, le Puy (19,230 hab.), ancienne capitale du Vélay, bâtie sur le versant méridional du mont Anis, dominée par le roc Corneille que surmonte une statue île La Vierge ; Brioude (4,015 hab.) ville antique de la basse Anu'igne ; la Chaise-Dieu (4,736 hab.) remarquable par son église gothique.

Dans le département de la Lozère, ancien Gévaudan, Mende / (6,905 hab.), dans l'étroite vallée du Lot au pied des Causses ;

Châteauneuf-de-Randon (896 hab.), avec les ruines du château devant les murs duquel mourut Duguesclin.

Dans le département de YArdêche ou ancien Vivarais, Annonay (17,030 hab.), importante par ses papeteries et par le commerce de la soie ; Tournon (5,390 hab.) dans une belle situation au bord du Rhône; Privas (7,835 hab.), chef-lieu du département, en partie détruite durant les guerres de religion du xvne siècle ; Aubenas (7,430 hab.) le principal centre du commerce de la soie ; Viviers (2,940 hab.), ancienne capitale du Vivarais et siège de l'évêché.

Dans le département du Gard, Alais (19,230 hab.) qui fa.il un grand commerce de soie ; Nîmes (62,395 hab.), ville gauloise rebâtie par les Romains près d'une source abondante, ayant encore quelques beaux monuments de l'époque impériale, les arènes, la maison carrée ; prospère naguère par l'industrie de la soie, elle l'est toujours par la fabrication des châles, des tapis, et par le commerce des vins et alcools ; patrie de Guizot ; Beaucaire (8,805 hab.), sur le bord du Rhône en face de Tarascon, célèbre par ses foires qui attiraient autrefois les marchands de toutes les côtes de la Méditerranée. Dans cette vallée inférieure du Rhône, les souvenirs de la civilisation abondent et caractérisent un des aspects de la région : à Carpentras, l'arc de triomphe faussement attribué à Marius ; non loin de Nîmes, le pont du Gard, un des chefs-d'œuvre de l'art antique (voir la fig. n° 130).

Dans le département de Y Hérault, Montpellier (57,730 hab.), bâtie sur une hauteur d'où Ton découvre la Méditerranée, ancienne ville d'étude et de commerce au moyen âge, qui conserve encore cette double réputation, quoique son commerce maritime soit nul ; Cette (25,830 hab.), entre l'étang de Thaï et la mer, au débouché du canal du Midi, notre second port d( commerce sur la Méditerranée, fait surtout le commerce de* vins; Lodève (9,465 hab.), ville ancienne, qui a de grandes fabriques de draps ; Béziers (31,470 hab.), sur une colline, arrosée par l'Orb et par le canal du Midi, importante par k commerce de vins et la fabrique des draps.

Dans le département de Y Aude, Carcassonne (23,645 hab.). sur l'Aude et sur un bras du canal du Midi, conservant dan;

, Wlje hn„,o l'aspect d'une cité du moyeu âge, animée dans

ville basse, toute moderne, par la fabrique des draps • Nar-

- « 7,263 hab ,, antique cité romaine, ayant aujourd'hui un

"iiimcrce assez important.

Dans le département du Tarn, Mazamet (13,970 hab.), au pied B "Montagne Noire, grande fabrique de draps ; Castre

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Dans le -département de la Haute-Garonne' dont la portion tfd-est, Toulousain et Lauraguais, appartenait seule au gou-

LanTedoc hT^' ^^ {m^ hab'>> IacS Languedoc, ba le au coude de la Garonne, au point où abou-

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