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palmiers et leurs jardins, tranchent sur la solitude des contrées plus septentrionales ou plus méridionales; ces chaînes dans lesquelles on trouve le Mekter, le Mir-er-Djcbel, le Djebel-Ksan (2110 m.), s'étendent jusqu'à Géryville et à Amonida.
A l'est, le Djebel- Amour, qui renferme les sources du Chélif, est un massif plus considérable, plus abrupt, dressant à' 1500 ou 2000 mètres ses lignes de rocs nus au-dessus de vallées presque aussi nues et brûlées du soleil; cependant un certain nombre de Ksour s'y abritent et l'Oued-Djeddi sort de ses versants méridionaux.
Au delà, les chaînes sont moins prononcées. Le Senelba (1500 m.) fait suite au Dj. -Amour; le Bou-Khaïl (1370 m.) dresse au-dessus du Sahara ses murailles escarpées.
L'Aourès ou Aurès est un puissant massif dans lequel paraissent dominer les terrains crétacés et dont certains sommets conservent leurs neiges presque toute l'année. Le mont Chéliah y atteint 2328 mètres : c'est le plus haut sommet de l'Algérie. Les versants septentrionaux de l'Aourès sont en partie boisés et projettent leurs ramifications jusqu'à l'Atlas Tellien ; les versants méridionaux, plus ravinés, présentent une suite de longues crêtes enserrant d'étroites vallées cultivées et descendent jusque dans une plaine basse, présentant l'aspect de cônes de déjection et formée d'alluvions enlevées par les torrents de la montagne. Les Arabes considèrent la région de l'Aourès comme faisant partie du Tell.
Au delà de la frontière tunisienne, plusieurs sommets dépassent encore 1000 mètres (Dj.-Maizer 1396 m., Dj.-Mechila 1453 m., etc.).
4° Au sud de l'Atlas Saharien qui se compose, sur divers points, de plusieurs lignes parallèles, le terrain, nu, brûlé du soleil, descend en terrasses doucement inclinées vers le sud : c'est le Sahara, c'est-à-dire le désert, tantôt calcaire, sec et absolumenl stérile, surtout dans les régions dites Hamada, tantôt sablonneux et ondulé de dunes dans les régions dites El-Erg, ne possédant que des cours d'eau intermittents appelés ouadi (1) et rare.' dans les ravins, semé d'oasis dans ces ravins ou dans les bas)
(1) Pluriel du mot Oued, rivière.
fonds où les rivières intermittentes ont quelques fois apporté de l'eau et ont laissé du moins une croûte de sel et assez d'humidité pour qu'on y creuse des puits. Ces dernières régions, dites Chotts, Sebkhas, Heicha, sont celles où quelques cultures s'abri- ' tent à l'ombre des dattiers ; aussi nomme-t-on cette contrée brûlante la légion des dattiers par opposition avec la région beaucoup plus froide des steppes. Au sud de Laghouat et de Guerrara, la terrasse se soutient, jusque vers El-Golea, à une altitude de 500 mètres : c'est le principal Hamada. A l'est de cet Hamada et au sud des cônes de déjection de l'Aourès, le terrain s'abaisse rapidement et forme une vaste dépression dont le centre, occupé par le Chott Mel-Rhir, est à 27 mètres au-dessous du (niveau de la Méditerranée ; cette dépression se prolonge par june suite de chotts jusque vers le golfe de Kabès.
258. Les eaux. — Les cours d'eaux de l'Algérie méritent à peine le nom de fleuve. Ce sont pour la plupart des ruisseaux ou des torrents boueux, rapides et dangereux en hiver, presque à sec et partout guéables en été, dont quelquefois le lit ne présente plus en été qu'un chapelet de mares, dites rédir. Le sol perméable boit la plus grande partie des pluies. Les cours d'eau (forment trois bassins : le bassin de la Méditerranée, celui des (plateaux et celui du Sahara.
1° Le bassin de la Méditerranée, dont les cours d'eau, descendant des plateaux ou des montagnes de l'Atlas, arrosent le [Tell et peuvent fournir à l'irrigation et à la culture de précieuses ressources.
La Maîouia (env. 400 kil.) coule entièrement sur le territoire (marocain, mais un de ses affluents, le Kseub, prend sa source en Algérie ; son embouchure n'est qu'à 10 kilomètres de la Irontière française.
La Tafna (172 kil.), sortie d'une grotte pittoresque, est dans son cours supérieur un torrent qui roule avec grand bruit, et flans son cours inférieur un fleuve qui a toujours des eaux assez ibondantes et qui arrose une plaine très-fertile; un de ses afluents de gauche, venu du territoire marocain, lui apporte les îaux de Ylsly , ruisseau sur les bords duquel le maréchal Bugeaud léfit, en 1844, l'armée marocaine; à droite, elle reçoit Tisser Le l'ouest.
La Macta, ou plus exactement Oued-el-Mokta (1) « la rivière du gué,» est formée par la réunion du Sig (240 kil.) ouMekerra et de YHabra (240 kil.) ou O.-el-Hamman (2) « rivière des bains chauds, » qui, venus des hauts plateaux à travers des gorges pittoresques et des plaines fertiles, confondent leurs eaux au" milieu d'un vaste marécage ; des barrages ont fait servir ces deux rivières à l'irrigation.
Le Chélif est formé aussi par la réunion de deux cours d'eau. Au pied du Djebel- Amour naît un maigre torrent, souvent à sec, l'Oued-Sebgâg, qui coule à travers la steppe vers le non} sous différents noms (Oued-Taguin, sur les bords duquel le duc d'Aumale prit, en 1843, la Smala d'Abd-el-Kader, Oued- Bettin, etc.). Au sud du massif de l'Ouarnsenis, naît le Nahr- Ouassel (170 kil.), « le fleuve naissant, » alimenté par de nombreuses sources (Sbaïn-Aïn, les 70 sources), et quelquefois cependant à sec en été. Les deux cours d'eaux se réunissent dans une plaine marécageuse, dite marais de Kséria, et le Chélif, ainsi formé, s'engage dans un étroit ravin par lequel il descend des hauts plateaux en contournant les montagnes des Matmata ; il débouche avant Orléansville, dans une plaine d'alluvion basse, étroite, naturellement fertile et susceptible de devenir très-productive grâce aux torrents (Oued-Mina, etc.) qui de l'Atlas descendent l'hiver dans le fleuve. Quoique ce soit le principal cours d'eau de l'Algérie, il ne débite guère en moyenne dans son cours inférieur que 30 mètres cubes d'eau à ls seconde, dix fois moins que la Seine, et, en été, il est réduit s, moins d'un mètre cube. Au-dessous d'Orléansville, il côtoie le flanc méridional du Dahra. Depuis la source du Sebgâg, 1( Chélif mesure 695 kilomètres, 425 depuis la réunion des deu? cours d'eau.
Le Mazafran « rivière aux. eaux jaunes, » formée de troi: torrents dont le principal est la Chiffa (65 kil.), célèbre par le; gorges sauvages qu'elle traverse, et YHarrach (75 kil.) arrosen
(1) Oued signifie en arabe cours d'eau et s'applique à tous les fleu ves, rivières ou torrents. Nous écrirons quelquefois, par abréviation O. pour Oued, ex.: O.-el-Kébir.
(2) La plupart des torrents de l'Algérie portent dans les différente: parties de leur cours des noms différents.
la plaine de la Métidja, l'un au sud-ouest et l'autre au sud-est : d'Alger.
Lisser de l'est (220 kâl.) se forme par la réunion de plusieurs torrents sur le plateau des Beni-Sliman, et descend dans la iplaine en arrosant une étroite mais riante vallée.
Le Sebaou (Ho kil.) coule dans un large lit, avec des eaux assez abondantes, au milieu de la grande Kabylie, au pied du .Djerjera dont il reçoit les nombreux torrents, et il traverse des ! gorges profondes.
Le Sahel (210 kil.) est formé de la réunion de plusieurs cours (d'eau, dont un des principaux est le Lékah, qui naît dans le (massif du Dira et arrose Aumale ; il coule au pied méridional Idu Djerjera, traverse plusieurs plaines fertiles et plusieurs 'défilés pittoresques et débouche dans le golfe de Bougie.
VOued el-Kébir, « la grande rivière » (238 kil.), naît dans les j montagnes qui enveloppent le plateau des Abd-en-Nour et iporte successivement divers noms ; il s'appelle Rummel « rivière (des sables », et il vient de recevoir le Bou-Merzoug « rivière de l'abondance », lorsqu'il s'engage dans un ravin d'une profondeur vertigineuse bordant le plateau sur lequel est bâtie Constantine ; il traverse encore dans son cours sinueux plusieurs gorges aussi profondes avant de déboucher dans la mer.
Le Saf-saf (100 kil.) « rivière des peupliers blancs » est un petit cours d'eau dont le chemin de fer de Philippeville à Constantine suit la vallée dans sa partie inférieure.
La Seybouse (232 kil.), au cours tortueux, a sa source dans les montagnes de Tifech, se grossit de plusieurs rivières, passe près de Guelma, et termine son cours dans la riche plaine de Bùne où elle devient navigable.
A l'ouest de la Seybouse est le lac Fetzara, très-peu profond et très-poissonneux.
La Medjerda (env. 400 kil.), ainsi que son principal affluent, le Mellègue, prend naissance en Algérie près des ruines de tremissa, coule dans une plaine fertile, arrose la Tunisie septentrionale et débouche dans la Méditerranée au- sud du cap Farine.
2° Le bassin des plateaux se divise en plusieurs bassins. A [l'ouest, le Ghott-el-Gharbi « Ghott de l'ouest », moitié au Ma-
roc et moitié à la France, le Chott-ech-Ghergui « Chott de l'est », sont deux longues dépressions, alignées de l'ouest à l'est et enfermées, la première entre des berges rocheuses hautes de 60 à 90 mètres, l'autre entre des rives peu élevées sur ur fond plat, dans lesquelles confluent les eaux pluviales apportées parl'Oucd-bou-Lerdjem, l'Oued-bou-Remmada, l'Oued-Gucomir rOued-Hammen,rOued-Madber,rOued-Merzoudane, etc.; mais le plus souvent, elles ne présentent qu'une surface toute sèche et composée de sable, de g\>pse et de sulfate de chaux, avec quelques sources salines et quelques puits. Au centre, à l'est de la vallée du Taguin, le Zahrez occidental et la Sebkha Zahre: ou Zahrez oriental sont deux lacs salés. A l'est du bassin di Zahrez, le Hodna ou Chott- es-Saïda, vaste lac salé (plus de 800 kil. carrés), reçoit les eaux (Oued-Chellah, Oued-Malah, etc. d'une vaste région, très-cultivée du temps des Romains ; plus à l'est, le Guérah-el-Tharf est un lac d'eau douce alimenté pai plusieurs torrents de l'Aourès, qui, comme les autres lacs dip plateau, est le plus souvent à sec.
3° Le bassin du Sahara voit bien rarement l'eau couler dan: le lit pierreux, parfois marécageux, de ses ouadi qui ont presque tous la direction du sud-est et qui se perdent dans les dunes de l'El-Erg ; c'est en creusant des puits que l'on trouve la couche d'eau dans les sables. Cependant à l'ouest, sur le territoire marocain, l'Oued-Ghir paraît être un cours d'eau assez important de même que, sur le territoire français, l'Oued -Namous,l'Owerô Seggueur, et au centre VOued-Mia. Le principal est YOued- Djeddi (1) (environ 500 kil.), qui prend naissance au sud di Djebel-Amour, passe à Laghouat sous le nom d'Oued-Mzi, coule à l'est au milieu des sables sur une longueur de plus de 400 kilomètres, reçoit plusieurs torrents descendus de l'Aurès, mai: ne parvient cependant pas d'ordinaire à atteindre le Chott Mel Rhir où il se jette. Le Chott Mel-Rhir occupe la partie occi dentale d'une longue dépression du sol orientée de l'ouest i l'est ; la pointe occidentale du Chott Mel-Rhir est à 27 mètre: au-dessous du niveau de la mer et le sol va s'abaissant encore
(1) Ce mot, qui signifie rivière du chevreau, est une corruption di mot Berbère Idjidi, qui signifiait rivière du sable.
ers l'est ; en été, c'est une plaine unie comme une glace et iaupoudrée de blancs cristaux de sel de magnésie, avec quelnies flaques d'eau marécageuse. D'autres chotts, le Chott ïharnis ou de Rharsa, sur la frontière de Tunisie, le Chott ?avoun ou El-Djerid et la Sebkha-Fedjedj forment un chapelet [ui s'étend jusqu'au golfe de Kabès dont il n'est séparé que tar une ligne de dunes ; un autre chapelet de chotts plus petits narque la dépression de YOued-Rir, dite aussi Igarghar, qui 'étend au sud jusqu'au centre du Sahara et dans laquelle sont iverses oasis (Tougourt, etc.). C'est dans la première dépresion, située au-dessous du niveau de la Méditerranée, du Chott itel-Rhir au golfe de Kabès, qu'on a indiqué la possibilité de iréer à l'aide d'un canal une sorte de mer intérieure. 259. L.e climat. — L'Algérie a des climats différents suivant t latitude, l'altitude et l'exposition. Sur le littoral et dans les laines côtières, c'est le climat méditerranéen, un des climats liauds de la zone tempérée ; la température moyenne est de 7 à 20° ; à Oran, par exemple, elle est environ de 1 1° et demi en iver, de 18° au printemps, de 21° en été et de 19° en automne ; Alger, elle est de 13° et demi en hiver, de 18° au printemps, 3 24° en été, de 19° et demi en automne, de 20 degrés 1/2 en moyenne. On ne connaît en réalité que deux saisons : l'hiver et té ; d'octobre, où les pluies commencent à tomber, jusqu'en dn, la campagne verdoie ; elle se dessèche en juillet. La mutité annuelle de yhde qui tombe à Alger est en moyenne 3 89 centimètres, très-inégalement répartie entre les saisons, :iisque l'été (juin, juillet, août) n'en donne guère que 2 centièmes et demi contre 38 que donne l'hiver, et non moins inéilement répartie d'une année à l'autre, car la quantité varie il 48 à 130 centimètres; elle est beaucoup moins grande à ouest (45 centimètres en moyenne à Mostaganem), et augente vers l'est jusqu'à Bougie où elle atteint son maximum 'I centimètres en moyenne). Ce sont les vents d'ouest, et plus e les vents du nord, qui donnent la pluie après s'être argés de vapeurs sur la Méditerranée, et c'est à peu près i ;us le méridien de Bougie que la Méditerranée a le plus de Urgeur. La pluie tombe surtout sous forme d'orages, et l'on \ impte peu de jours pluvieux ; l'eau s'évapore ou coule vite à
cause des grandes pentes et la sécheresse est un des ineonvé nients du climat, surtout dans l'ouest. Il ne gèle jamais l'hive dans les plaines basses et les brises de mer tempèrent la cha leur estivale : aussi le climat d'Alger est-il recherché par le. malades.
Dans la région des steppes, le climat est excessif. L'hiver, neige ; l'été, la chaleur monte à plus de 40°. Les variation diurnes sont très-grandes; quelquefois il gèle le matin et 1 thermomètre monte à 24 degrés à midi (à Batnapar exemple) en somme, la température moyenne n'est guère que de 15 à 17' La pluie est moins abondante que sur la côte ; elle est d i 68 centimètres en moyenne à Constantine qui est privilégié sous ce rapport, parce qu'elle appartient à la région de l'esl mais plus dans le sud, à Batna, on n'a plus que 4i centimèrtc et 42 à Sétif, dans le centre. La sécheresse de l'atmosphère e: beaucoup plus sensible que dans le Tell. Le climat est ordina rement plus sain que celui du Tell.
Dans le Sahara, dont la température moyenne est d'à peu prc 22° (à Laghouat), le thermomètre descend quelquefois à 0° (, au-dessous pendant la nuit ; mais le jour, en juillet, il s'élèy à l'ombre jusqu'à 50° et plus (56° à Tougourt). A Biskra, moyenne de l'hiver est de 11° au-dessus de zéro ; la moyeni de l'été, de 33°. Le simoun ou sirocco qui vient du Sahar est un vent brûlant, desséché, redouté dans toute l'A gérie.
260. I^es circonscriptions administratives. L'Algérie est assimilée au reste de la France depuis la fin « l'année 1870. Elle est administrée par un Gouverneur génér civil, qui rend compte directement au chef de l'État de situation politique et administrative du pays. Il commande 1 forces de terre et de mer, prépare les budgets et statue s toutes les affaires qui n'ont pas été spécialement réservées une autre autorité. Il est assisté d'un directeur général d affaires civiles et financières, d'un conseil de gouvernent composé des principaux fonctionnaires de l'administrati centrale et d'un Conseil supérieur de gouvernement composé i conseil ordinaire, des principaux fonctionnaires des dépar ■ ments et de 18 conseillers élus.
L'Algérie mesure environ 400,000 kilomètres carrés (1). Elle est divisée en trois départements, Oran, Alger, Gonstantine. ;0n distingue : 1° le Tell, territoire civil, divisé en arrondissements, districts, commissariats civils et communes, et administré par un préfet, par des sous-préfets, des commissaires civils et maires, avec des conseils généraux et des conseils 'municipaux; 2° le territoire militaire ou région saharienne, dépendant exclusivement de la division militaire, divisé en subdivisions, cercles et annexes, et administré par un général de livision, des généraux de brigade et des commandants assistés l'un bureau arabe.
Le territoire militaire, qui comprend toutes les parties du ôud, presque tous les hauts plateaux et certaines régions montagneuses du nord, comme le Dahra et la Kabylie, est bresque exclusivement peuplé d'arabes et de kabyles (environ 1 ,400,000) (2) ; ceux-ci sont groupés en tribus, gouvernées par [les caïds et subdivisées en ferkas ou communes, administrées par des cheikhs, et en douars ou hameaux. Plusieurs tribus ■éunies forment un groupe surveillé par un agha. Ce territoire Hépend des subdivisions militaires.
| 261. IjCH villes principales. — 1° Dans la province 'département et division militaire) d'Oran : Nemours (1,600 îab.) (3), l'ancien port de Nedroma, petit port et sentinelle ivancée près de la frontière marocaine ; Tlemcen (22,000 hab.), < ille forte bâtie sur un plateau à 779 mètres d'altitude, ancienne :apitale du Maghreb central, dite autrefois « Tlemcen la sulane » la ville aux sept enceintes, bien déchue aujourd'hui nalgré les beaux paysages des environs, où l'on remarque entre Kutres la cascade d'El-Oureit, et quoiqu'elle soit encore le marché le plus fréquenté par le commerce marocain, avec celui de
Alla Maghrnia (2,700 hab.), poste fortifié sur la frontière; Sidi-
| (1) Les limites de l'Algérie ne sont pas fixées du côté sud. Le tableau énéral officiel des communes en 187 3 donne 309,000 kil. carrés, à savoir 69,000 en territoire militaire, et 40,000 en territoire civil. 1 (2) Les autres arabes (env. "35,000.) habitent en territoire civil. ' (3) Les chiffres donnés ici sont ceux de la population totale de la .ommune de plein exercice, quelquefois bien différente de celle du
' illage. Ainsi la commune de Blida a 10,000 Lab.; le bourg n'en a que
■ VJOO.
beî-Abbês (8,600 hab.), fondée en 1843 dans une plaine fertile arrosée par l'O'.-Mekerra ; Mascara (9,700 hab.), au nord de h plaine de Chris, ancienne capitale d'Abd-el-Kader ; Saint-Denise Sig (9,800 hab.), fondée en 1845, centre agricole importan de la plaine du Sig dont un double barrage assure l'arrosagj et la fertilité ; Oran (25,000 hab.), bâtie en amphithéâtre ai bord de la mer sur les deux rives de l'Oued-Rehhi (1), villi importante au moyen-âge comme depuis la conquête française chef-lieu de département, munie, grâce à des travaux récents d'un assez bon port ; Mers-el-Kebir situé à l'ouest dans le goîf< d'Oran, bonne rade, qui a longtemps servi de port à Oran n'est plus qu'une station militaire; Arzew (6,500 hab.) l'anciei Portus Magnus des Romains, excellent mouillage qui sert di refuge aux navires ancrés dans la rade de Mostaganem (10,7Ci hab.), ville bâtie à 1 kilomètre de la mer, sur un petit plateai que coupe en deux un ravin ; Relizane (3,500 hab.) villag agricole sur la Mina qui, grâce à un barrage, fertilise la plain voisine; Tiaret, poste important, bâti en 1843 probablement su l'emplacement de l'ancienne Tingartia, pour garder le platea du Sersou et la région du haut Chélif ; Géryville , post avancé, bâti en 1852 dans une gorge de l'Atlas Saharien, à 1,30' mètres d'altitude.
2° Dans la province d'Alger : Ténès (3,500 hab.), fondée ei \ 843, au nord-ouest du Vieux-Ténès, sur l'emplacement d l'antique Cartenna, petit port; Cherchell (10,300 hab.), l'ancienri Césarée, aujourd'hui petit port médiocre; Alger (48,000 hab. (voir fig. 148), capitale de la colonie, située à 800 kilom. d Marseille, port de mer que les grands travaux exécutés jusqu' ce jour ont amélioré sans le mettre entièrement à l'abri de vents, ville pittoresque, bâtie en amphithéâtre au-dessus de eaux, avec de beaux quartiers européens sur la plate- forme qu pointe dans la mer, et d'étroites rues mauresques sur les pente ardues de la colline. La vieille citadelle de la Casbah, où était 1 trésor des deys, domine la ville; dans le voisinage d'Alger, plu sieurs localités curieuses à visiter; le joli village mauresque d Bou-Zarea, le tombeau de la Chrétienne, qui en réalité para
(1) Le ravin s'appelle Ouahran, d'où le nom de la ville.
être le tombeau d'un roi maure, les ruines de la colonie phénicienne de Tipaza, la baie de Sidi-Ferruchoù les Français débarquèrent en 1830. Dellys (8,500 hab.) est le port de la Grande Ka- Ibylie. Ces premières villes sont sur les bords de la mer. Dans l'intérieur des terres, on trouve Blicla (16,000 hab.), au fond de fia plaine de la Métidja et au pied de l'Atlas Tellien avec le Sicli- *abd-el-Kader (1,630 m.) à l'horizon, et au milieu de plantations d'orangers et d'oliviers ; Boufarik (6,400 hab.), Rovigo (3,900 hab.), Fondouk (6,400 hab.), villages prospères dans la même fplaine ; Kolea (3,900 hab.), petite ville également florissante,
Fig. U
Vue d' Alger.
Uns le Sahel ; dans la vallée du Chélif, Orléansville (2,200 hab.), pâtie en 18 13 sur un plateau de la rive gauche où avait été ine station romaine, marché agricole; Milicma (6,200 hab.), iiùtie sur le flanc méridional du Zaccar et dominant la fertile ' allée du fleuve, souvent attaquée par les arabes pendant la Temière période de notre conquête; plus au sud, Boghar qui lomine la plaine du Haut-Chélif et dont. Abd-el-Kader avait ait son arsenal; Téniet-el-Hàd, poste militaire dans les monts ïatmata; Médéa (10,500 hab.), sur un haut plateau sain et
cultivé, au sud de Blida dont elle est séparée par les gorges de la Chiffa; Aumale (3,100 hab.), fondée en 1846 sur l'emplacement de l'ancienne Auzia, position militaire et commerciale importante sur la route d'Alger à Constantine ; dans le sud, Laghouat ou El-Ar'ouat (3,200 h.), bâtie sur les deux pentes d'un ravin au fond duquel un canal d'irrigation amène l'eau de l'Oued-Djeddi (i), à l'entrée de la région Saharienne où pousse le palmier-dattier, chef-lieu de plusieurs ksours ou villages Tadjemout, Aïn-Madhi, etc; plus au sud l'oasis de Ghardaia.
3° Dans la province de Constantine: Bougie (3,700 hab.), ancienne capitale, aujourd'hui petite ville dans une situation pit toresque à l'embouchure du Sahel, avec une bonne rade et ur commerce assez important ; Bjidjelli, (2,600 hab.), petit por abrité par des récifs; Collo (2,4u0 hab.), plus prospère dans l'antiquité que de nos jours; Philippeville (12,600 hab.), ville fondée en 1838, tête de ligne du chemin de fer de Constantine et port muni aujourd'hui de jetées qui dispensent les navire: de mouiller à Stora; Bône (18,800 hab.), voisine des ruine: d'Hippone, dans une belle situation au fond du golfe qui porii son nom, avec un port amélioré par de récents travaux ; La Call (4,400 hab.), abri ordinaire des pêcheurs de corail, où la com pagnie française d'Afrique avait son principal centre, et à l'es de laquelle était le bastion de France, détruit en i 694 ; dans Fin térieur des terres, Sétif (9,800 hab.), ancienne colonie romaine à 1096 mètres au-dessus du niveau de la mer, position militair et agricole importante ; Constantine (33,000 hab.), à 87 kilo mètres de Philippeville, sur Fangle d'un haut plateau calcair (de 534 à 644 mètres) que borde de deux côtés le Rummel roulant ses eaux au fond d'un abîme, et que domine la crût de Mansouras ; c'est une ville très-forte, dans une situatio pittoresque, centre d'un grand commerce entre le Tell et 1 Sahara ; Guelma (4,900 hab.) et Souk-Ahras (2,400 hab.) bâti sur les ruines de Thagaste, près de laquelle la bataille de Zam fut livrée et les Vandales furent vaincus par Bélisaire, marche fréquentés par les marchands tunisiens ; Aïn-Beïda, « la souri blanche » bâtie sur un plateau où sont de nombreuses ruine
(1) Qui se nomme à cet endroit Mzi,
[romaines; Tebessa, bâtie au milieu des ruines de l'ancienne
ITéveste, sur la frontière tunisienne, à 1,088 mètres d'altitude;
IBatna (5,500 hab.), détruite et rebâtie en 1871, à 1,021 mètres
f au-dessus du niveau de la mer entre le Dj.-Tougourt et le
(massif de l'Aourès,non loin des ruines romaines de Lambessa;
: au sud du même massif, Biskra (7,300 hab.) (Ad Piscinam, dans
.l'antiquité), capitale du Zab, fertile en dattiers et renfermant,
! entre autres oasis, Zaatcha qui est célèbre par le siège de 1849
et dont il ne reste que des ruines ; Bou-Saada (4,000 hab.) bâtie
en amphithéâtre dans le bassin du Zahrez. Plus au sud encore,
|en plein Sahara, l'oasis indépendante de l'Oued-Souf, l'oasis
jde Tougourty marché d'une certaine importance et celle de
lOuaryla, communiquant d'une part avec Ghadamès au sud-est,
d'autre part avec Goléa et le Touat au sud-ouest, c'est-à-dire
avec les deux grandes routes des caravanes allant de la côte
barbaresque au Soudan.
262. L/agriculture. — Cette immense étendue de terre, très-inégalement peuplée, est de même très-inégalement cul- 'tivée. Aussi un des plus grands problèmes de l'Algérie est-il d'attirer une nombreuse population de colons.
Dans le Tell, qui constitue la partie arable du territoire, on compte à peu près 3 millions d'hectares cultivés dont 1/10 environ appartient à la culture permanente, 3/10 à la culture nomade. Ils produisent surtout des céréales (plus de 12 millions d'hectolitres en 1870) : l'orge, qui nourrit les chevaux et en partie les hommes et qui est exportée pour la fabrication de la bière, occupe le premier rang et donne 11 millions d'hectolitres sur une surface d'un peu moins de 2 millions d'hectares; le blé dur (5 millions 1/2 d'hectolitres), que les indigènes cultivent beaucoup et en très-bonne qualité et qui est approprié au climat, mais qui rend moins à l'hectare, est plus employé à la fabrication du couscoussou et des pâtes qu'à celle du pain ( 1 ) ; le blé tendre (330,000 hectolitres), est plus recherché du commerce, mais plus délicat et cultivé presque exclusivement par les colons européens. Le maïs (210,000 hectolitres), n'est
(Ij Le pain de blé dur est un peu jaune; c'est néanmoins un excellent aliment.
que médiocrement cultivé, faute de terrains humides ; le sorgho (237,000 hectolitres), qui ne craint pas la sécheresse, le remplace en partie. Les fèves et les pois chiches que les indigènes consomment en grande quantité, les légumes frais que l'on exporte aujourd'hui pour la France, le tabac, dont la cul-' ture, antérieure à la conquête française, s'est grandement développée et donne environ 5 millions de kilogrammes, le coton, qui fournit, surtout dans certaines plaines de la province d'Oran, plaines, du Sig, de l'Habra, de bonnes qualités longuesoie, mais dont la culture, stimulée par la guerre d'Amérique (1), s'est fort ralentie, faute d'eau et de bras (241,000 kilogrammes exportés en 1872), le lin, culture renouvelée en 1862 et qui a fait d'assez rapides progrès, sont, avec les melons, les pastèques, etc., au nombre des principales plantes récoltées sur les terres de labour.
Les forêts, bois et broussailles ont une étendue d'environ 1 million 1/2 d'hectares ; le chêne-vert se rencontre surtout dans la province montagneuse de Constantine, ainsi que le chêne-liége qui est plus abondant en Algérie que dans aucune autre contrée du globe et le chêne-zenn, bon bois de construction ; le pin d'Alep, qui fournit de grandes planches et de bonne résine, se rencontre surtout dans la province d'Alger ; on y trouve aussi des bois d'ébénisterie, le cèdre, le thuya dont les loupes sont richement veinées. Les forêts du littoral, dans les départements d'Oran et d'Alger, consistent surtout en broussailles. C'est sur les flancs et principalement sur les flancs méridionaux de la ligne de faîte de l'Atlas Tellien, au-dessus de Sebdou, deTiaret, de Teniet-el-Hâd, d'Aumale, de Sétif, que sont les plus belles forêts; dans le département de Constantine, ces forêts, plus abondantes encore, s'avancent jusqu'au bord de la mer et sont plus facilement exploitables. Veucalyptus, récemment introduit dans le pays, s'y développe rapidement.
Parmi les arbres fruitiers cultivés, il faut citer en première ligne l'olivier qui constitue des forêts entières, particulièrement dans la Kabylie, et qu'on a greffé en grande quantité dans les
(1) Récolte de 1866 : 860,000 kilog. de coton égrené.
environs de Tlemcen, de Blidah, d'Alger, de Bône, de Guelma, le Philippeville. Cest une des richesses de la population; un lied donne en moyenne 50 kilogrammes de fruits ; la médiocre ualité de l'huile de Kabylie n'est due qu'à un défaut de fabrication. Il faut citer en second lieu l'oranger, le citronnier, le limonier dont le fruit est plus doux que le citron, le cédratier ont le fruit ressemble au citron, qui poussent surtout à Blicla, j Coléa, à Boufarik, à Cherchell, dans la province d'Oran, jq général dans les terres bien abritées et à une altitude inféi.eure à 500 mètres, et dont on compte plus de 150,000 pieds, le ■usinier, grande plante herbacée qui réclame un sol profond, <rrosé, un lieu bien abrité et chaud et qui ne pousse qu'aux .avirons d'Alger, de Bône, de Philippeville, le goyavier, etc., je figuier est l'arbre fruitier le plus commun en Algérie ; il >ime les vallées profondes et particulièrement celles de la nbijlie. La vigne se plaît sur les coteaux entre 6 et 800 mètres ; jlle occupe aujourd'hui 22,000 hectares à Mécléa, Miliana, Masira, Blida, Saint- Cloud (département d'Oran), Tlemcen, dans s environs de Bône, etc. ; on récolte environ 100,000 hectolies de vins dont quelques-uns sont déjà estimés ; mais, comme jir un grand nombre de points, la trop grande chaleur nuit à > fermentation vinicole, on fait beaucoup de raisins de table et î raisins secs.
I Dans les parties non cultivées, on rencontre des broussailles,
x.s pâturages, le figuier de Barbarie, sorte de cactus, et le
limier nain qui hérissent le sol montagneux ; ce dernier
urnit le crin végétal ; dans la région des hauts plateaux,
b irtout des plateaux du département d'Oran, dominent l'alfa,
I ji spita tenacissima, graminée haute de près d'un mètre, et
; sparte, haut de 65 centimètres, qui servent à fabriquer des
? livrages de sparterie et donnent môme par le rouissage une
fiasse propre au tissage. L'alfa, le diss, autre graminée qui
lusse dans l'Atlas Tellien, et le palmier nain servent aussi à la
jiurriture du bétail.
jDans la région des oasis, le dattier (voir fig. 149) donne en
oyenne 72 kilogrammes de dattes par pied, 72 quintaux par
Lctare: c'est un poids de substance alimentaire douze fois
périeur à ce que rendrait une môme superficie cultivée en
céréales. Aussi le dattier, qui donne en outre des bois de cha pente, des fibres pour faire des nattes, et le vin de palmie est-il la providence du désert. Il vient partout sous le soleil c Sahara, pourvu qu'il soit bien arrosé. C'est à Biskra et dai les oasis du Zab (1) que les dattiers sont le plus nombreuxque les dattes mûrissent le mieux; les torrents du Djeb Aourès, recueillis dans des réservoirs, leur fournissent ui eau suffisante.
La grande richesse des régions situées au sud de l'Atlas T( lien est le bétail: ce sont des régions de pâture. Les bétes cornes, petites, mais vigoureuses et sobres, sont au nombre <
1 million : les bœufs sont employ au labourage. Les moutons, rel tivement très-nombreux sur 1 plateaux et dans le sud où ils n cessitent les pérégrinalions d tribus nomades, sont au noi bre de plus de 7 millions ; ils sj partiennent à diverses espèc et sont en général grands, rus ques, mais ils ne fournissent e core, faute de soins, qu'une lai commune, quoique certains trc peaux indigènes aient une lai très-fine ; les laines de carde trouvent surtout dans les dép; tements d'Alger et de Constantii les laines de peigne dans le ( partement d'Oran. Les chèvres se.
au nombre d'environ 3 millk' 1/2 ; on a introduit la chèvre d'igora à la bergerie de Ben-Chicao (Médéa). Les chevaux sont i général inférieurs à leur ancienne réputation : ce sont les clvaux barbes, grands, minces, rapides, durs à la fatigue, et 5 chevaux arabes, petits, mais remarquables par la finesse 3 leurs formes et la vigueur de leurs muscles, passant à jue
Fig. 149. — Dattier. Hauteur 10 mètres.
(I) Ziban au pluriel.
itre pour le type le plus parfait du cheval pouvant fournir une •ongue course ; on ne compte guère plus de 240,000 chevaux en Llgérie. Les mulets et les ânes sont à peu près au nombre d'en- 'iron 350,000; les dromadaires, au nombre d'environ 150,000, tant employés surtout dans le sud, où ils servent de bêtes de tamme et où ils fournissent du lait et une toison utilisée pour
i fabrication des cordes et des feutres. Parmi les autres produits animaux sont la soie que l'on com-
îence à obtenir, jiais en petite quan- 'té ; les peaux de
lièvre dont on fait les outres ; celles de
œuf et de mouton
uc l'on tanne pour
i consommation in-
'igène ou que l'on
'ivoie brutes en Eu-
bpe ; le miel et la cire
lui sont de bonne
ualité, surtout en
abylie ; le port de
taugie a donné son
Dm aux chandelles
! cire qu'il expor-
it; on compte plus
•li 150,000 ruches en
gérie. V autruche,
tbnt les plumes ont
|ie grande valeur,
't devenue très-rare FiS- 150' ~~ Branche de corail. Hauteur : 0m,20.
us le Sahara algérien.
,?63. La pêche. — La mer fournit le corail que l'on pèche I i peu sur toute la côte, beaucoup du côlé de Bône et de la lllle. Certains zoophytes, en se développant les uns au-des- |ls des autres, donnent naissance à un axe rameux et pier- Ijux: c'est la branche de corail, rose ou rouge (voir lafig. 150).
dgré les encouragements donnés aux Français, les marins
Napolitains de Torre-del-Greco sont ceux qui se livrent le pli à cette pêche qui ne procure que de faibles salaires; elle o cupe environ 300 bâtiments et produit 3 millions de francs.
264. Les miues. — Le fer abonde dans les terrains de l'A gérie ; on l'exploite avec profit dans le massif cristallin ■ Bône qui renferme de riches filons de fer magnétique oxydul très-propre à la fabrication de l'acier, à Bou-Hamra, chez 1 Kharezas, à Mokta-el-Hadid (environ 400,000 tonnes de m nerais), dont Aîn-Mokra est une des concessions, à Filfila ; < exploite aussi les mines d'hématite rouge de Soumah, près ■ Boufarik, et d'autres mines près d'Oran, etc. Le plomb pari abonder aussi : Kef-oum-Téboul, près de la Calle, et Gar-Bouba sur la frontière du Maroc, près de Lella Maghrnia, sont 1 principales exploitations de plomb argentifère ; Cavallo, pr de Djidjelli. Le cuivre, qui se rencontre aussi sur un gra nombre de points, est exploité principalement à Aïn-Barbt dans la province de Constantine, à Mouzaïa, dans la provin d'Alger ; il existe un important gisement à Ghil-oum-Djin, da l'Aourès, près de Batna. L'antimoine, avec lequel les femir se teignent les sourcils, le zinc (au Djebel-Nador, provir d'Oran, etc.), le manganèse au Djerf-el-Koheul, etc. existent notable quantité.
Le sel, que l'on rencontre dans la plupart des lacs interm tents, est exploité sur un assez grand nombre de points : saline d'Arzew, la Sebkha d'Oran, les C lacs salés de la pi vince de Constantine, les rochers de sel d'Outaïa, entre Bal et Biskra et, dans le sud, le sel gemme de l'oasis des Ouled-Si Cheikh et celui de Djelfa sont les principales exploitations, salpêtre abonde dans le Zab, à Tougourt, à Sétif.
Le marbre onyx d' Aïn-Tekbalek, près de lisser (provin d'Oran), qu'exploitaient déjà les Romains, les marbres blai; de Filfila, près de Constantine, parmi lesquels le marbre bk statuaire rivalise presque avec celui de Carrare, Yargile pt tique de Kabijlie sont au nombre des richesses minérales. D; la même catégorie sont les sources minérales, les bains la Reine à 3 kilomètres d'Oran, celles d'Hamman Melouan
(1) Hamman signifie bain chaud en arabe.
ms la vallée de l'Harrach, à 34 kilomètres d'Alger, celles Hamman Meskoutine, près de Guelma (province de Constanne), eaux sulfureuses et alcalines qui jaillissent dans un site ès-pittoresque,
2Go. L'industrie. — L'Algérie n'est pas un pays industriel, i minoterie, à Constantine, Aumale, à Blidah, à Tlemcen, etc., fabrication des pâtes alimentaires, des bouchons, des briles, la préparation des peaux, surtout des cuirs mamquinés, à mstantine, à Alger, à Tlemcen, celle du crin végétal avec les ailles du palmier nain, la fabrication des tissus ou des poteries ossières, principalement en Kabylie, celle des couteaux en ibylie, à Bou-Saadi (province de Constantine), constituent les incipales occupations manufacturières des habitants. Les tements et le plus souvent les étoffes sont confectionnés r les femmes chez les tribus qui vivent sous la tente. 26G. lie commerce. — Le commerce de l'Algérie, comme ui de la France, se fait par terre et par mer. Le commerce terre se fait par caravanes avec la Tunisie, le Maroc et le hara ; il consiste en importation de peaux, de laines, de ttes, de bestiaux, de plumes d'autruche, de henné et de séné, ttites médicinales, de gomme, et en exportation de numéraire, savon, de sucre, de tissus de coton et de laine, d'armes, irticles de mercerie, de quincaillerie. Il ne saurait être due d'une manière satisfaisante; mais il est, en somme, trèsla considérable et il est môme presque nul aujourd'hui du Lé de la frontière méridionale ; la conquête française a eu |ur effet de détourner vers le Touât et vers Tripoli les carabes qui n'ont pas encore repris leur ancien itinéraire. .e commerce de mer comprend un cabotage assez actif entre ports de la côte (65000 tonnes transportées) et un commerce ur, d'une part avec la France, qui figure environ pour I quatre cinquièmes dans le trafic, d'autre part avec VAn- Iterre, l'Espagne, l'Italie, etc. Alger, Oran, Philippeville, Bône lit les principaux ports, et sont, avec Constantine, les princi- [ix entrepôts.
Le commerce, extérieur s'est rapidement développé. Il était, bj'époque de la conquête française, en 1830, de 5 millions et mi environ; en 1850, il était de 92 millions, dont près de
73 à l'importation et plus de 19 à l'exportation; il s'est élev en 1873, à 445 millions, à savoir, d'une part, 135 millions av l'étranger et 310 millions avec la France, d'autre part 205 m: lions à l'importation et 240 à l'exportation (t).
L'importation consiste en tissus, surtout en tissus de coto en vins, en sucre, en café, en houille, en fonte, en ouvrages' fer, en vêtements et autres articles de toilette, etc.
L'exportation consiste en céréales et farines, en légun frais ou secs, en bestiaux, en peauœ, en lames, en poissons mer, en graines oléagineuses et en huiles, en liège, en crin i gétal, en alfa, dont la vente s'est élevée jusqu'à 60 millions kilogrammes, en minerai de fer, etc.
Dans l'intérieur, il y a un grand nombre de marchés : Tiar dans la province d'Oran, pour les laines, Guelma dans la p; vince de Constantine, pour les bœufs, sont au nombre (. plus importants.
La banque de V Algérie escompte aujourd'hui environ 200 filions de valeurs par an.
267. Les communications. — Depuis l'occupation frçaise, des routes nationales et départementales et des chern* de grande communication (en tout environ 6,400 kil.) t été tracés, entre autres la route d'Alger à Constantine r Aumale, et de grands travaux d'utilité publique ont été exécis ou entrepris. Deux chemins de fer, construits par la compagî de Paris-Lyon-Méditerranée, celui d'AVer à Oran (426 kil t 8,000 fr. de recette kilométrique) par Blida, par la vallée î Chélif (Affréville, Orléansville, Relizane) et par Saint-Denis- - Sig, qui doit se continuer à l'est jusqu'à Constantine, celui 3 Philippevil/e à Constantine (87 kil. et 21,000 fr. de recette k métrique) sont en exploitation. D'autres, en assez grand m bre, sont en construction et seront prochainement livrés icirculation.
Les paquebots des Messageries nationales mettent en C( munication régulière, deux fois par semaine, Alger avec } seille, une fois Oran avec Marseille, et desservent dans un
(l) D'après le tableau du commerce extérieur. Les documents a riens donnent seulement 306 millions.
ice accessoire les 12 principaux ports du littoral. Plusieurs utres services, à vapeur ou mixtes, leur font concurrence, e total du mouvement de la navigation des ports algériens, à sntrée et à la sortie, est de 1,222,000 tonnes. ! 268. La population. — L'Algérie possède une population iue l'on peut estimer à plus de 2 millions et demi d'individus •,455,000 d'après le tableau officiel pour 1873) et qui se combse de deux éléments très-différents.
il0 Les indigènes (2,163,000 en 1873) (1), comprenant euxêmes plusieurs races distinctes :
Les Berbères ou Kabyles (2) (plus d'un million), appartenant
!ut-étre à la race sémitique, sont les premiers habitants du sol
fins les temps historiques ; les invasions successives, surtout
(•lies des Arabes, les ont rejetés dans les régions montagneu-
1:3, Dahra, Sahel, Kabylie, Ouarnseris, Aourès, etc., ou dans
désert, comme les Beni-Mzab (3) ; dans la grande Kabylie, la
•pulation (75 hab. au kil. carré) est plus dense qu'elle n'est en
'oyenne en France ; les libanais, les Touaregse rattachent à
tte race énergique, laborieuse, ayant une langue et un type
rticuliers, professant l'islamisme, mais sans condamner la
unie à la réclusion et sans pratiquer la polygamie, fixée sur
| sol, vivant dans des maisons et rarement sous la tente, et
ant de fortes institutions communales (la djemaa ou assem-
:< lie communale, etl'amin ou chef de village dans le Djerjera);
jLes Arabes (plus d'un million), sont sédentaires dans une
llrtie du Tell et dans les villes où ils sont désignés sous le
I m de Maures, mais sur les plateaux et dans le Sahara, ils
Mat organisés en tribus, subdivisées en douars ou campements,
•( vivent en nomades sous la tente, sous l'autorité de leurs
'lefs appartenant aux catégories nobles des chérif, des djouad
I des marabouts. Ils sont musulmans et admettent la poly-
jlîiie, mais les gens riches ont seuls plusieurs femmes. Les
• ;1) Nombre auquel il faut ajouter 252 indigènes musulmans natu-
■2) Plus exactement les Kébaïl, c'est-à-dire les confédérés. Ip) Les Beni-Mzab ou Mozabites forment une secte religieuse parti- )y.ère dont l'iman est à Mascate ; on ne les regarde pas comme étant
( purs berbères.
tribus sédentaires connaissent en général la propriété indiv duelle désignée sous le nom de terre melk ; les tribus nomade ne connaissent guère que la terre arch ou propriété collective C'est une race conquérante, plus faite à la vie pastorale qu'a travail assidu de la terre. Les principales tribus sonl : 1( Djafra, les Flita, les Hachem, les Sdama dans le Petit Atlas c la province d'Oran; les Hamian, les Ouled-Sidi-Cheikh, 1» Cha'mbaa, dans le Sahara Oranien; les Ouled-Naid, les Laarb les Aghazlia, dans le Sahara algérien; dans la province ( Constantine, les Hanencha, les Harakta, les Nemencha, I Ouled-Zekri, les Ouled-Moulat, etc.
Les Kouloughlis, descendant de Turcs et de femmes arabe
Les Juifs (33,000), entre les mains desquels est concent presque tout le petit commerce; les Turcs, en très-pe nombre ;
Les nègres, que l'on trouve surtout dans les oasis du sud.
2° Les Européens, parmi lesquels il faut distinguer : Yarmi ayant un effectif variable de 60 à 90,000 hommes suivant 1 besoins du service, et la colonie, formant un total d'envir 258, 0>0 individus et comprenant, d'une part, les fonctionnain d'autre part, les colons proprement dits dont le nombre s'élè progressivement.
Sur les 258,000 colons, on compte 145,000 français et 113,C étrangers, dont 70,000 Espagnols. Les naissances annuelles, nombre de 8,500 en moyenne, excèdent quelque peu, dep1 1860 environ, les décès de la population civile, et assurent recrutement de la colonie par elle-même ; les races du mi espagnols, italiens, maltais (qui sont d'origine sémitiqu provençaux, catalans, s'acclimatent mieux que les races nord qui donnent jusqu'ici plus de décès que de naissance la population juive compte beaucoup plus de naissances queî décès. La province d'Alger est celle où les Européens son 3 plus nombreux, la province de Constantine celle où il y a plus d'Arabes des tribus (Voir tab. de St. n. 62).
La population européenne forme aujourd'hui la majoi" dans les villes. La colonisation de l'Algérie a été longtens entravée par le défaut de sécurité; en 1834, on n'y compi que 8,000 européens et 35,000 en 1841. Le maréchal Buge d
l'ut le premier à encourager d'une manière méthodique la création de villages agricoles composés d'anciens soldats français l;t la colonisation agricole devint possible après la prise d'Abd- [jï-Khader en 1847 et la pacification d'une partie du pays. En 806, la vente des terres remplaça le système des concessions. in 1861 , on comptait 192,000 européens ; en 1873, 258,000 dont 45,000 français. Le sénatus-eonsulte de 1863, en supprimant e cantonnement, qui attribuait à l'État et par suite permettait 'affecter à la colonisation une portion des terres collectives le la tribu, et en reconnaissant aux tribus arabes la propriété ]le tout leur territoire, occupé ou non, dans le but de fonder ne sorte de « royaume arabe » français, fut nuisible au progrès le la colonisation qui ne trouva plus déterres. Depuis 1871, il a eu de nouveau un certain mouvement et 30 villages ont été Dndés. C'est du progrès de la culture et de la colonisation par es européens que dépend en grande partie l'avenir de l'Aléric.
3e section.