E«a Réunion. — La Réunion owile Bourbon (2,51 5 kil. c
'. ;t 182,000 hab.) est une des îles Mascareignes qui sont situées
| «nviron par 21 degrés de latitude australe, à 600 kilomètres de
j jladagascar, et qui, découvertes en 1505 par le Portugais Masca-
Ijenhas, lui doivent leur nom. Un Dieppois y planta le drapeau
jrançais en 1638; la France en prit officiellement possession en
643 et les premiers colons y débarquèrent en 1664. Sur
I 82,000 habitants, population qui équivaut à peu près à celle
,e la moitié d'un département français, 60,^00 sont des travail-
jîurs immigrants récemment amenés de l'Inde ou de l'Afrique;
ans cette partie de la population, les décès excèdent les nais-
jmces.
Bourbon est une île volcanique, de forme elliptique dont le
tus grand diamètre a71 kilomètres et dont les côtes présentent
un développement de 207 kilomètres, sans golfe ni baie poui abriter les navires. Deux centres d'éruption semblent l'avoii formée: au nord, le Piton des neiges (3,069 mètres), volcan qu est éteint aujourd'hui et qui, avec le Gros Morne, domine deir anciens cratères encaissés dans une bordure de roches abruptesd'un côté le plateau de Salazie, de l'autre le vaste cirque de Cilao: (voir fig. loi). Au Gros Morne, la crête formant bordure se bi furque et projette au nord le morne de Fourche (2,267 m.), ai sud-ouest le Grand-Benard (2,895 m.); au sud, se trouvent 1 Piton de la Fournaise (2,625 m.) appelé aussi le Volcan parc qu'il est encore en activité et, à côté, le cratère Brûlan (2,515 m.). Le haut plateau, dit Plaine des Cafres et Plaine de Remparts, d'une altitude de 1,500 mètres environ, relie ce deux pitons. De ces sommets la lave est descendue et s'est figé en formant une série de terrasses et de gradins concentriques Le massif, dont les flancs, à une altitude moyenne, sont boisé;
est raviné par d'étroites et profonde vallées, et va en s'élargissant; les pentf inférieures sont cultivées; de nombrei ruisseaux, dont le principal est la rivilm : du Mât (40 kil.), descendent par ces ml * vins.
La température, sur la côte, varie e tre 36 et 12 degrés, avec une moyeni annuelle de 24 degrés. Les colons vo chercher la fraîcheur sur les plateau L'hivernage, de novembre à mai, est saison chaude et pluvieuse; il tom lm,80 d'eau. Les ouragans et les ras marée y font quelquefois d'épouvantabl ravages .
Les hauts plateaux produisent des vres : embrevades, patates, légum< maïs, manioc (28,000 hectares) ; les pe tes moyennes des montagnes, couvertes de 41,000 hectares forêts, fournissent des bois à la construction et à l'exportatic sur les pentes inférieures et dans les vallées sont les 49, ( hectares de cultures coloniales et surtout de sucre.
Fig. 151. — Coupe de la Réunion de l'E. à l'O.
La canne à, sucre (voir la fig. 152, représentant un pied de canne, et une portion (a) grossie de la tige) est une grande graminée dont la hauteur dépasse ordinairement 3 mètres et dont la tige ressemble à un gros roseau noueux. Elle est mûre, 15 à 30 mois, suivant l'altitude du champ, après i la plantation. On la 'coupe; dans les trois ou ! quatre années qui suivent, elle donne encore ii deux coupes, puis on l'arrache. La tige contient en abondance une moelle sucrée que l'on extrait en broyant les cannes sous des cylindres de pierre ou de fonte; le jus qui en découle est épuré à la chaux et cuit dans de r grandes chaudières, d'a- Iprès divers procédés, •pour donner le sucre jcristallisé. Les dispositions des cylindres 'broyeurs et les méthodes de cuite, que l'on a Notablement perfectionîées depuis l'abolition jie l'esclavage, influent beaucoup sur la quanité et la qualité du produit.
I La vanille, fruit du vanillier, est une gousse noire, longue |le 1 à 2 décimètres, et très-aromatique; la plus estimée est la |ousse plate, recouverte d'efflorescences blanches. Cette culture
îa été introduite qu'en 1818.
II Le giroflier est un arbrisseau toujours vert dont on cueille,
Fig. 152. — Canne à sucre. Hauteur : 3 à 4 mètres.
avant l'épanouissement de la fleur, le bouton, que l'on fait se cher : ce bouton est le clou de girofle. Longtemps les Hollandas en ont eu le monopole exclusif, et ne le cultivaient que dans deux des îles Moluques ; en 1770, un intendant français, Poivre leur déroba des graines et en introduisit la culture à l'île Bourbon ; cette culture est aujourd'hui en décadence.
Le café, qui vient sans culture dans l'île et dont on avait fai venir les plantes de Moka, a été, au xviir3 siècle, la culture prin ♦ cipale de Bourbon. L'ouragan de 1806 et la concurrence di sucre l'ont en grande partie fait abandonner. La cannelle et h muscade, le coton, le rocou, le cacao ne sont que des cultures tout à fait accessoires.
Saint-Denis (36,000 hab.), située au nord de l'île, est le siège du gouvernement qui se compose d'un gouverneur, d'un consei privé et d'un conseil général; c'est aussi le chef-lieu de l'arron dissement du Vent qui comprend 6 communes et deux districts et dans lequel se trouve la ville de Saint -Benoît (10,000 hab.) Saint-Pierre (28,000 hab.) situé à l'ouest, avec un port que de: travaux récents ont quelque peu amélioré, est le chef-lieu d< l'arrondissement Sous-le-Vent qui comprend 6 communes e dans lequel se trouve le port de Saint-Paul (25,000 hab.).
L'île entretient ses principales relations avec l'océan Indiei (Maurice, Inde, Madagascar) et avec la France (Nantes, Saint Nazaire, Marseille). Le mouvement de la navigation est d'envi ron 250,000 tonneaux, et le commerce a été d'environ 60 mil lions en 1872 dont 35 avec la France, 24 avec l'étranger, 1 ave* nos autres colonies. Il consiste :
1° A l'importation, en denrées alimentaires, riz, froment et au très céréales, en viande que l'île ne fournit pas en quantité suf fisante et que ses habitants tirent de l'Inde, de Madagascar, di Cap, de Terre-Neuve (poissons salés), en vins et liqueurs ; en Us sus, surtout en cotonnades de Pondichery, en modes, confec lions; en houille; en meubles et machines qui viennent principa lementde France, le tout pour une valeur déplus de 29 million en 1872.
2° A l'exportation, en sucre, article qui constitue à lui seu les 9/10 de la sortie; en vanille, caoutchouc et gutta-percha, 1 chens tinctoriaux, peaux brutes, cafés, etc., le tout pour un
valeur de plus de 30 millions, en comptant les marchandises importées que la Réunion réexporte dans les colonies voisines ^2 millions environ).
I section.