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portante de partage des eaux et que leurs tor rents, sur l'un et l'autre versant , aillent grossir le Rhin, elles sont, par la continuité et l'élévation de leur crête , une des parties les ; plus saillantes du relief de l'Europe occidentale.
Parallèles au Schwarzwald, dont elles sont séparées par la j plaine du Rhin et qui leur ressemble sous tous les rapports, elles bordent cette plaine de leurs plus grandes hauteurs et de leurs pentes les plus rapides , tandis qu'elles prolongent longuement leurs rameaux à l'ouest sur le plateau de Lorraine jusqu'à la limite des collines du terrain triasique (voir fig. 28). De profondes vallées
VOSGES ET HAARDT Echelles *.ooo.ooo (muH.p^Kti.)
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fertiles et verdoyantes, surtout sur le versant alsacien, et qui sont pour la plupart des fractures de la masse soulevée à diverses époques géologiques et des lits d'anciens glaciers de la période glaciaire, les traversent et coupent même sur plu-' sieurs points la ligne de faîte.
Les sommets, de roches granitiques ou porphyriques dans le sud, doucement arrondis et souvent désignés à cause de leur forme par le nom de ballons, s'élèvent de peu au-dessus des crêtes qui se dessinent au loin comme des lignes horizontales couvertes de forêts ou de pâturages, qu'on appelle quelquefois des cnaufnes. Au-dessous des ballons, nus ou gazonnés, les flancs et nwne les crêtes sont parés de magnifiques forêts de sapins et de*mélèzes ; plus bas, ce sont des hêtres; plus bas encore, sur les coteaux, la vigne se mêle aux cultures de la plaine, pendant que de limpides et bruyants ruisseaux courent dans le fond des vallées au milieu des prairies et des usines.
Les Vosges se divisent en quatre parties :
1° Au sud, de Belfort jusqu'à la vallée où coule la Bruche, sont les Hautes Vosges, longues de 100 kilomètres (voir fig. 26). De Belfort, une suite de croupes étagées les unes au-dessus des autres conduit rapidement au sommet du ballon d'Alsace (1,250 mètres). A partir de là, la crête, formant plateau, conserve une altitude àpeuprès uniforme de 1 ,000 à 1 ,200 mètres, avec quelques ballons ou quelques crêtes plus élevées : le Gresson (1 ,249 m.), le Drumont (1,226 m.), le Grand-Ventron (1,209 m.), le Rothenbach (1,319 m.),\eHuhneck (1,366 m.), énorme massif de granit, qui est le principal point de partage des eaux dans les Hautes Vosges et qui, vu du plateau de Lorraine comme de la plaine d'Alsace, est un des points les plus remarquables du panorama des Vosges,. les Hautes-Chaumes ( l ,300 m.), le Climont (974 m.) au pied duquel la frontière française quitte aujourd'hui les Hautes Vosges, le Champ du feu (1,090 m.), à l'extrémité duqu^ est la forêt de Bar, dominant la vallée de la Bruche. Quelques cols presque aussi élevés que la crête interrompent à peine la continuité de cette ligne : la route de Giromagny à lie mire mont qui passe au pied du ballon d'Alsace et que rejoint la route qui, par le col de Bussang (734 m.), gagne la vallée de Saint- Amarin; la Schlucht, (1,142 m.) munie aujourd'hui d'une bonne route qui descend
lans la vallée de Munster; le col du Bonhomme (940 m.), la route de Sainte-Marie-aux-Mmes à Saint-Dié (environ 800 mètres m sommet). Entre les profondes vallées qui découpent à l'est e massif Vosgïen et qui semblent avoir été limées par les glajes presque au niveau de la plaine d'Alsace, vallée de Saint - AmarinoùeoulelaThur, vallée de Munster, vallée de Sainte-Marie aux Mines, etc., toutes riches par leurs prairies et par leurs manufactures, se prolonge, comme autant de rameaux, la crête des Hautes Vosges. Entre la vallée de Saint-Amarin et celle de Munster, cette crête latérale se maintient à plus de 1,000 mètres ; on y trouve le point culminant de toutes les Vosges, le ballon de Soultz ou ballon de Guebwiller (1 ,426 met.) (voir fig. 27), présentant, à côté des lignes ondulées de ses pâturages, quelques rocs abrupts, particulièrement sur les bords du lac du ballon ; de son sommet, on jouit d'un magnifique panorama qui non-seulement embrasse la plaine d'Alsace et le Schwarzwald, mais s'étend jusque sur la Suisse et les grandes Alpes. A l'ouest, les "rameaux, séparés aussi par de verdoyantes vallées, se perdent par une suite de pentes plus douces et généralement boisées sur le plateau de Lorraine. Un des plus importants est celui qui commence au ballon de Servance (1,189 mètres), et qui longe jusqu'à Plombières et Remiremont la rive gauche de la Moselle.
2° Une dépression dans laquelle coulent, d'un côté la Bruche vers la plaine d'Alsace, de l'autre la Fave, affluent de la Meurthe, vers le plateau de Lorraine, sépare les Hautes Vosges des Moyennes Vosges. Le col de Saales, devenu frontière de la France, depuis 1871, marque la séparation de la vallée de la Bruche de celle de la Fave et a une altitude de 580 mètres. Les Moyennes Vosges (voir fig. 26), qui, du confluent de la Fave et de la Meurthe à la roule de Saverne, n'ont que o0 kilomètres, sont moins hautes et beaucoup moins larges que les Hautes Vosges. Elles commencent, à l'ouest du col, par s'allonger parallèlement aux Hautes Vosges, puis elles les dépassent pour former à leur tour la bordure de la plaine d'Alsace. Elles ne tombent pas directement sur la plaine comme les Hautes Vosges : une région ondulée de petites collines et formée de terrains tiiasiques et tertiaires s'étend entre le pied du mas-
Fig. 27. — Ballon de Guebwiller. (Extrait de la carte de l'État-major au «0,000e.)
LE SOL. 6i
sif de grès Vosgien dont elles sont composées et les terres d'alluvion du Rhin. Sur un de leurs principaux sommets, le Donon (1,017 mètres), limite septentrionale à laquelle la frontière française touche aujourd'hui les Vosges, les roches porphyriques apparaissent; le Prancey, un peu plus élevé, a 1,024 mètres. A partir de cette montagne, la crête s'abaisse vers le nord ; la Zorn, qui prend sa source sur un des versants occidentaux de la chaîne, file vers l'est par une profonde dépression, à une altitude de 220 à 187 mètres, traverse toute la f chaîne et débouche à l'orient dans la plaine d'Alsace : c'est par là le passage de Saverne, dans lequel se serrent la route, de canal et le chemin de fer, après avoir franchi un plateau [de 331 mètres d'altitude formant seuil. Un peu plus au nord, sur un point où ne passe pourtant aucune route, est la plus grande dépression de la ligne de faîte (312 m.).
3° Entre la route de Saverne et la source de la Lauter, sont les .Basses Vosges (voir fig. 26). C'est moins une chaîne de montagnes, qu'un plateau de grès vosgien, haut de 300 à 500 mètres, très-boisé (foret de Waldeck, forêt de Philippsbourg, etc.), se confondant peu à peu avec les collines de la Sarre, présentant à l'Alsace une muraille régulière de pentes brusques,
Imais coupées par les vallées pittoresques qui débouchent vers Ile Rhin (voir fig. 25). Le Breit Schloss (418 mètres) et le Gross IWintersbevg (577 mètres) en sont les plus remarquables somnets. Plusieurs routes, celle de la Petite-*Pierre (377 mètres), e chemin de fer de Bitche (environ 400 mètres), coupent ce •Liteau; au nord-ouest de Phalsbourg est un passage dont l'alitude ne dépasse pas 300 mètres. La frontière française, avant es pertes de la guerre de 1870-71, passait à 8 kilomètres au îord-est de Bitche.
Devant les Basses Vosges, comme devant les Moyennes Vosges, s'étend jusqu'à la plaine et presque jusqu'au Rhin, au sud le la Lauter, une région de terrains jurassiques ou tertiaires mdulée par de légères collines. C'est sur ces collines, au débouté du chemin de fer de Bitche, entre Wœrth et Reichshoffen, lue l'armée française a éprouvé un des premiers désastres do ierre de 1870.
4° Dans les pays allemands, on désigne souvent sous le nom
de hardt les régions de terres presque stériles, couvertes de I landes ou de maigres buissons. Tel est le Haardt qui, depuis 1 la source de la Lauter jusqu'au mont Tonnerre, sur une lon-l gueur de 40 kilomètres, est la continuation des Vosges. Comme ■ les Basses Vosges, il présente à l'est un front qui, vu de la plaine du Palatinat, ressemble à une muraille percée de nombreuses brèches par les vallées (voir fig. 25) ; cette muraille, dont le Rehberg (578 mètres) et le Kalmit (680 mètres) sont les principales éminences, est le talus d'un plateau de grès vosgien, boisé, triste, mais cachant dans ses replis de fertiles vallées ; le point culminant de l'intérieur du plateau est YEschkopf (613 mètres), qui s'élève au sud du col de Dreysen (230 mètres) et qui domine, ainsi que le Kalmit, la roule et le chemin dé fer de Neustadt à Kaiserslautern. A l'ouest, le Haardt se continue, sur la rive droite de la Blies, par le plateau du Westrich, et, plus au nord, près du Glan, par le Kœnigsberg (552 mètres). Au nord du Haardt, se dresse tout à coup, à une hauteur de 6hÔ mètres, la masse porphyrique du Donnersberg, « mont Tonnerre », dont le sommet forme un plateau, en partie stérile, en partie cultivé, et qui est le point le plus remarquable de l'horizon dans la plaine du Palatinat (voir fig. 25).
5° A l'est des Vosges, s'étend la longue et fertile plaine que le Rhin partage par le milieu : plaine de l'Alsace avec le Sundgau et le Palatinat, autrefois Nortgau, à l'ouest, plaine di Bade, à Test ; l'altitude varie entre 250 mètres à Bâle el 79 mètres au confluent de la Nahe. C'est surtout au pied des Vosges et dans la région des collines tertiaires du nord qu'on trouve les terres fertiles de cette riche contrée ; près du Rhin, en maint endroit, sont des alluvions sablonneuses, impropres à la culture et recouvertes de forêts (forêt de la Harth, forêt de Haguenau).
Au nord du Donnersberg, entre le Rhin et la Nahe, est une plaine ondulée de collines qui ne dépassent guère H00 mètres.
18. E*a Lorraine. — A l'ouest des Vosges est le plateau delà Lorraine (voir fig. 28), qui commence au pied des grès vosgiens avec les collines du terrain triasique et s'étend jusqu'au delà de la Meuse, presqu'à la limite des terrains jurassiques. Comme les Vosges, dont il a subi l'influence, il est en gé-
néral plus élevé au sud, où il dépasse 500 mètres,
qu'au nord, où il descend à 300 mètres et au-des-
ous, dans la partie où la Meurthe,
a Seille et l'Orne confluent vers la Moselle. Au sud, où se trouvent la côte de Vaudemont (545 mè très), avec ses belles ruines et le plateau de Grand (445 mètres), il se lie entièrement aux Faucilles et au plateau de Langues, et, dans sou ensemble, il constitue une région tout ondulée et couverte de bois.
Les rivières y coulent en général au fond de vallées étroitement encaissées dans le plateau, dont les bords tombent souvent sur les vallées <"u talus à pentes rapides, découpés par des ra-
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vins ; tels sont les coteaux de la Moselle (de 407 à 356 mètres) qui bordent la rive droite de cette rivière en amont de Metz, la rive gauche en aval, et qui marquent la limite du calcaire à gryphées arquées. C'est sur les hauteurs situées en aval de Metz et renfermant le mont Saint-Quentin (361 mètres) qu'ont été livrés la plupart des combats de l'armée française contre les armées prussiennes pendant le siège de cette ville en 1870. Plus à l'ouest, des deux côtés de la Meuse, la limite de l'étage moyen du terrain jurassique est également marquée par une ligne de coteaux boisés ; celles qui sont à l'est de Verdun et qu'on appelle les côtes (de 412 à 357 mètres d'altitude) séparent la vallée de la Meuse de la plaine marécageuse, mais fertile, des Woèvres, sur laquelle tombent leurs pentes les plus accentuées et qui est arrosée par l'Orne (1).
Au nord de la Lorraine et à l'est de la Nahe s'étend jusque par delà la Meuse et la Sambre une vaste région de terrains paléozoïques. C'est en général une région de plateaux froids, tristes et infertiles. La Moselle la traverse dans une profonde vallée, souvent très-étroite, s'élargissant un peu sur certains points, comme à Thionville et à Trêves, tranchant partout par la richesse de sa culture avec la pauvreté du haut pays.
19. E.c IliiiiflKrtick. — Le massif entre Moselle, Rhin, Nahe et Sarre s'appelle d'un nom général : le Hundsruck (voir fig. 29) ; c'est un plateau de grauwacke, découpé presque à pic par les étroites vallées des quatre cours d'eau qui l'enveloppent et appartenant entièrement à l'Allemagne. Sur le plateau s'allongent dans la direction du nord-est plusieurs rangées de chaînes parallèles, l'Errwald (689 mètres), le Bocliwald qui lui fait suite et dans lequel est le Wald Erbeskopf (817 mètres), qui est la plus grande hauteur de tout le massif schisteux situé à l'ouest du Rhin, Yldarwald (782 mètres, au point dit ara den Zwei Steinen, « aux deux pierres »). A l'es* se trouve le Suonwald (662 mètres
(I) C'est par une extension non justifiée que l'on a donné quelquefois à cette chaîne le nom d'Argonne occidentale. L'Argonne paraît ne s'être jamais étendue sur la rive droite de la Meuse, bien que la carte de l' État-major au 320,000e donne à un village à l'est de Verdun le nom de Fleury-en-Argonne; mais la carte au 80,000e et la minute dressée sur le terrain donnent, ainsi que les documents du ministère de l'intérieur, le nom de Fleury-devant-Douaumont.
' au Simmerer Kopf) composé d'une double chaîne et flanqué à l'est par le Bingerwald dont les pentes rapides tombent jusque dans le Rhin. 'Au nord-est, est le Hundsruck proprement dit : il constitue la partie la plus stérile du plateau, mais il borde le Rhin qui court serré, à une altitude de 65 mètres, entre ses sombres murailles hautes de 400 mètres et plus (596 mètres au Fleckertshœhe) et les murailles également hautes du Taunus ; c'est une des parties les plus pittoresques du cours de ce grand fleuve.
20. L'Eifel. — Sur la rive gauche de la Moselle commence le massif de l'Eifel et de l'Ardenne. L'Eifel (voir fig. 29) appartient, comme le Hundsruck, à l'Allemagne. C'est un plateau encore plus monotone et plus pauvre. Les rivières y coulent très-étroitement encaissées et leurs rives présentent seules des sites pittoresques. Des bords escarpés de la Moselle jusqu'à la partie la plus haute du plateau, il s'élève en une série de gradins coupés transversalement de failles par lesquelles les ruisseaux vont à la Moselle. A l'est, il est volcanique et le lac Laacher est un de ses anciens cratères; son plus haut sommet est le Hœhe Acht (760 mètres), couvert de bois. Entre les sources de la Kyll, de la Prum et de l'Our, est la partie la plus stérile, la plus triste et la plus froide de l'Eifel, le Schneifel ou « l'Eifel des neiges », que couvrent en grande partie des tourbières et des landes et que la route de Prum à Montjoie traverse par une altitude de 693 mètres.
Au nord du Schneifel, le Zitterwcdd (679 mètres au point culminant] conduit à YHohe Venu, expression qui correspond à celle de hautes Fagnes ou hautes fanges en langue française, c'est-à-dire haut pays de marécages tourbeux. L'Hohe Venn est en effet un plateau de tourbières et de marais, sans arbres et sans sommets proéminents ; c'est au signal de Botranche (095 mètres), presque sur la limite de la Belgique et de l'Allemagne, qu'est le point le plus élevé de ce plateau qui, avec le Zittcrwald forme le nœud entre l'Eifel et l'Ardenne.
Au sud le plateau de l'Eifel descend par des gradins étages sur la /daine du Luxembourg où coule l'Alzette.
Au nord, il s'étend, en s'abaissant peu à peu vers la grande
\lolainede Y Allemagne et des Pays-Bas, jusqu'à Bonn, Aix-la-Chapelle et Liège, entre le Rhin et la Meuse ; son extrémité septentrionale marque encore l'emplacement du rivage des mers de lia période tertiaire et indique le golfe qui pénétrait entre le 'Westerwald et l'Eifel et qui est devenu la vallée du Rhin. Le tVille (154 mètres) est un coteau de terrain tertiaire et boisé, qui (prolonge l'extrémité de l'Eifel, de Bonn jusqu'au delà de Cologne.
21. li'Ardenne. — L'Our forme la limite entre l'Eifel et ll'Ardenne. L1 Ardenne (voir fig. 29) dont l'étymologie est la même que celle de Hardt, terre de landes, de broussailles et de marécages, justifie son nom. Depuis la source de la Roer à l'est jusqu'à la source de l'Oise à l'ouest, c'est un vaste plateau de terrains de transition, principalement de schistes argileux et de calcaires carbonifères, très-anciennement émergé, sans sommets saillants, quoique fortement plissé par les contractions de l'écorce terrestre, autrefois très-boisé, conservant encore de grandes forets (au centre, forêt de Saint-Jean, forêt de Saint-Hubert, célèbre dans les légendes de la chasse, foret des Ardennes au sud), n'offrant ailleurs que des landes et de maigres pâtures au milieu desquelles on rencontre çà et là quelques cultures de seigle ou d'avoine. Les lignes de faîte mesurent entre 400 et 650 mètres; le point le plus élevé de toute l'Ardenne est entre l'Amble ve et l'Ourthe, dans le plateau des Tailles (650 mètres), qui forme pour ainsi dire une île aux bords escarpés au milieu du terrain ardennais. Les rivières coulent dans des failles à parois abruptes, à angles brusques et multipliés ; ainsi, la Semoy est une des rivières d'Europe, dont le cours, à cause des fréquents changements de direction de ces failles, est le plus sinueux. La Meuse qui, de Mézières à Givet, traverse l'une d'elles, s'y tord en nombreux replis au pied des rochers qui la dominent de 2 à 300 mètres.
A l'extrémité occidentale de l'Ardenne est une région de collines tertiaires qui s'étend jusqu'à l'Oise et à la Serre, son affluent, région élevée de 232 mètres (à la Capelle) à 150 mètres, Ires-boisée, très-découpée par des vallées creusées jusque dans le terrain crétacé : c'est la Thiérache. La pente septentrionale de l'Ardenne, entre la Lesse et l'Ourthe, s'appelle du nom signifi-
eatif de la Famenne, « le pays de la famine ». Plus au nord, le terrain s'abaisse rapidement ; c'est un long pli du sol ardennais qui s'étend de Maubeuge jusqu'au delà de Liège. Les couches du terrain carbonifère l'ont en partie rempli, et, à une époque bien postérieure, la Sarnbre et la Meuse s'y sont creusé un lit à une altitude moyenne de 75 mètres. Là sont la Marlagne et le Coiidroz, régions où la houille a créé la richesse manufacturière. A lest de l'Ourthe est le pays d'Hervé un peu plus accidenté.
Sur la rive gauche de la Sambre et de la Meuse, le sol se relève, mais ne forme qu'un léger dos de pays qui ne dépasse pas 200 mètres. C'est là qu'est la Hesbaie, recouverte d'un limon fertile et riche en céréales.
L'Ardenne est traversée aujourd'hui par plusieurs lignes de chemin de fer. Bien qu'elle offre trop peu de ressources aux armées pour avoir jamais été le théâtre de grandes opérations militaires, c'est au sud de son plateau qu'ont été livrées les batailles contre les armées envahissant la France : à Rocroi (1643) de glorieux souvenir, à Sedan (1870) de triste mémoire; c'est au nord du plateau qu'on s'est battu pour la possession de la Belgique. La Sambre et la Meuse forment un fossé qui est, de ce côté, la défense naturelle de la Belgique et auquel les collines de Sambre-et-Meusc servent d'escarpe ; c'est sur le fossé, à Charleroi, à Jemmapes (1792), ou sur le glacis de l'escarpe, à Seneffe (1674), à Fleurus (1794, 1815), à Ligny, et même plus loin au sud, à Waterloo (1815), à Nerwinden (1693-1793), que les armées françaises ont envahi la Belgique pour tourner les défenses de la plaine ou qu'elles ont essayé de maintenir leurs positions.
22. L.a plaine de Flandre. — Le glacis s'incline doucement vers la plaine des Pays-Bas, et, depuis Maëstricht, Bruxelles, Mons, Cambrai, jusqu'à la mer, le sol est partout audessous de 100 mètres, et môme au-dessous de 50 mètres dans les Flandres et dans la Campine ; du moins, on ne voit au-dessus de ce niveau que quelques rares monticules sablonneux, comme le mont Trinité (146 mètres) près de Tournay, ou le mont des Cats (158 mètres) et le mont Cassel (157 mètres), dans la Flandre française. La surface de la plaine est dans certaines par-
lities, telles que le Brabant, ondulée de légers mouvements de terrain ; dans d'autres parties, elle est uniformément plate, comme dans la Campinc. Mais il semble que la surface du sol (se soit rompue, par suite des soulèvements, dans le sens même |des grands plissements de FArdenne, c'est-à-dire du sud-ouest lau nord-est: c'est ainsi que s'est formée, transversalement à la I pente générale qui porte au nord-ouest, une série de petites cassures et de bourrelets parallèlement orientés au nord-est. ! Cette plaine pourrait être comparée à un fleuve qui s'est congelé [après avoir charrié des glaçons ; les glaçons, pressés les uns I contre les autres, s'inclinent au fil de l'eau en présentant ce- | pendant une arête relevée à contre- sens du courant. Les cours d'eau, descendant vers le nord-ouest, rencontrent et suivent dans leurs cours parallèles ces talus qui bordent leur rive gauche et ils ne reprennent leur direction au nord-ouest que lorsqu'ils trouvent une issue pour s'échapper.
23. Les Faucilles. — A partir du dernier contre-fort méridional des Vosges, s'étend jusqu'à la source de la Meuse, sur une longueur de 63 kilomètres, une région de terrains triasiques formant des plateaux onduleux plutôt que de véritables montagnes ; le plus haut sommet, la montagne de Laino, entre Remiremont et Plombières, ne dépasse pas 613 mètres et l'altitude moyenne n'est guère que de 4 à 500 mètres. Entre la source de la Saône et celle du Madon, la ligne de faîte n'a que 338 mètres. La forme recourbée de cette chaîne lui a fait donner le nom de monts Faucilles. Les plateaux sont quelquefois boisés, plus souvent cultivés, et d'un aspect peu varié; mais les vallées y sont profondément découpées, encadrées par des pentes rapides et boisées, bien arrosées et pittoresques, comme le val d'Ajol, la vallée de l'Augrogne qui arrose Plombières et celle du Coney. Le chemin de fer d'Epinal à Vesoul traverse la chaîne.
24. Le plateau de Langrcs et la Côte d'Or. — Au sud-ouest de la source de la Meuse s'étend, sur une longueur de 135 kilomètres mesurée a la ligne de partage des eaux, un vaste plateau de calcaire jurassique ou plus exactement une suite de plateaux séparés par les vallées des cours d'eau. La pente générale de ces plateaux, qui semblent avoir obéi au soulèvement
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