lia Champagne et l'Ile-de-France. — Entre la
Thiérache et LArdenne, le plateau de Lorraine, le plateau
• It1. Langres, la Cote d'Or et l'Auxerrois, s'étend la région
des plaines de la Champagne et de l'Ile-de-France. Les
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divers terrains géologiques dont cette région est composée et qui y forment plusieurs cercles concentriques, dont Paris est le centre, y diversifient le relief. La pente générale est vers l'Ouest, jusqu'à Paris du moins, ainsi que l'indiquent les cours d'eau; mais, à la limite de chacune des formations géologiques," se rencontre un bourrelet de hauteurs formant arc de cercle et présentant, comme le plateau de Langres et la Côte d'Or, son talus le plus rapide du côté de l'est, à contre-sens de la pente générale (voir fig. 33). Toute la masse a été fortement rongée par les eaux qui ont mis à nu, dans les vallées et dans de vastes plaines, les couches inférieures, ne laissant les couches les plus récentes que sur le haut des collines et des plateaux.
La première ligne de ces hauteurs commence à l'est de la Champagne avec les terrains crétacés inférieurs. La partie la plus caractéristique est l'Argonne qui se prolonge sur les terrains jurassiques de la rive gauche de la Meuse, à peu près depuis Mouzon jusqu'à l'Ornain, sous-affluent de la Marne.
L'altitude (346 mètres au point le plus élevé et 342 mètres à Montfaucon) est moindre que celle des côtes de la rive droite de la Meuse; mais, coupée du sud au nord par les longues vallées de l'Aire et de l'Aisne, traversée de l'est à l'ouest par d'étroits défilés (lés Islettes qui débouchent à Sainte-Menehould et pai où passe aujourd'hui le chemin de fer de Verdun, La Chalade, Grandpré où passe l'Aire pour rejoindre l'Aisne, la Croix-aux- Bois, et, au nord de l'Argonne, le Chêne-Populeux par où passe le canal des Ardennes), toute boisée autrefois, conservant encore de nombreuses forêts dont la principale est la forêt d'Argonne, elle présente dans son ensemble ou du moins elle présentait une région accidentée, d'un accès difficile. Après la prise de Verdun, c'est dans ces défilés dont il comptait faire les « Thermopyles de la France » que s'était retranché Dumouriez et, quand les défilés eurent été forcés par les ennemis, c'est à la lisière de l'Argonne, sur les petits coteaux qui marquent la limite du terrain crétacé inférieur et du terrain crétacé supérieur, qu'il les arrêta par la canonnade de Valmy.
Au sud de l'Ornain et à l'est de la plaine dans laquelle se réunissent l'Ornain, la Saulx et la Marne, de Bar-le-Duc jusque
vers Troyes, le terrain crétacé supérieur forme une suite de plateaux élevés de 330 à 180 mètres, boisés (forêt du Der, foret du Grand Orient, etc.), riches en minerai de fer, coupés par les cours d'eau du bassin delà Seine et formant, avec l'Argonne, une des lignes de défense de Paris. C'est là que durant la campagne de 1814, Napoléon livra les combats de Saint-Dizier, de Brienne, de la Rothière.
Au sud de la Seine, le môme terrain reparaît et des forêts (forêt d'Aumont, etc.) le caractérisent. Mais c'est un peu plus au nord, sur un plateau de terrain tertiaire, qu'on rencontre avec la grande forêt d'Othe (249 mètres) le principal accident du sol de cette région. Au sudouest de la forêt d'Othe, l'arc de cercle se continue jusqu'à la Loire par la Puisaye, formée également de terrain tertiaire et coin cite de bois et d'étangs.
Dans l'intérieur de ce premier arc de cercle, des bords de l'Aisne jusqu'au pays d'Othe, s'étend la plaine de la Champagne, vaste surface de craie, à peine accidentée de quelques collines tertiaires attestant les érosions de l'époque diluvienne, Bêche, monotone et infertile, quoiqu'elle commence à se cou-
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vrir çà et là de semis de pins ; sa stérilité lui a fait donner le nom de Champagne pouilleuse ; les vallées seules, arrosées par les cours d'eau et engraissées par leur limon, sont riantes. C'est cette plaine qu'Attila, avec sa nombreuse cavalerie, choisit pour champ de bataille (451), et c'est là qu'était, en 1870, le camp de Châlons.
A l'ouest de cette plaine commence le terrain tertiaire et se? dessine un second arc de coteaux qui forment le talus oriental du plateau de la Brie. Ce talus, aux bords déchiquetés, percé par les cours d'eau qui traversent la Champagne pouilleuse , ou qui prennent naissance dans les marécages qui en bordent le pied, peut être désigné sous le nom de coteaux de la Brie Champenoise, bien qu'il s'étende, au nord de la Brie, jusque sur la lisière du Tardenois et sur le Laonnais. La montagne de Laon, au nord, en est un contre-fort détaché. La montagne de Reims (280 mètres) en est le promontoire le plus avancé à l'est. Quelques bois recouvrent le sommet de ce talus ; les pentes, qui regardent l'orient, depuis la Vesle jusqu'au Petit Morin, sont couvertes, à Verzy, àAvize, à Vertus, de vignobles qui donnent les vins renommés de la Champagne. Les coteaux de la Brie champenoise constituent la seconde ligne de défense du bassin parisien. Dans la campagne de 1814, Napoléon culbuta les Autrichiens sur les hauteurs qui dominent la Seine à Montereau ; il mit en déroute les Prussiens à Baye, à Champaubert, à Montmirail, au moment où ils venaient d'aborder le plateau du côté oriental, et c'est sur les hauteurs de Craonne qu'il échoua dans une dernière tentative faite pour couvrir la route de Paris.
Le plateau de la Brie, haut de 200 à 100 mètres en moyenne, incliné vers l'ouest, comme toute cette partie de la France, marécageux et pauvre à l'est, mais, partout ailleurs, riche en céréales et en cultures industrielles, sillonné de Test à l'ouest par de verdoyantes vallées, s'étend à l'occident jusqu'à Villeneuve-Saint-Georges, c'est-à-dire jusqu'à la plaine où confluent la Marne et la Seine; il domine d'un côté la plaine de Champagne et de l'autre les plaines de l'Ile de France.
Au sud de la Seine est le Gâtinais, c'est-à-dire la mauvaise
terre, sol de grès peu fertile en effet, mais portant la belle Corot de Fontainebleau dont les rochers bizarrement entassés s'allongent en lignes parallèles vers le nord-ouest, comme la plupart des cours d'eau et des rangées de collines de l'Ile de France ; ils marquent ainsi la direction des eaux qui, à l'époque de la fonte des grands glaciers de l'Europe centrale, ont balayé toute la contrée et achevé le dessin de son relief actuel.
Au sud-ouest du Gàtinais est la Beauce, grandplateau calcaire, uni, monotone, sec, mais riche par la culture des céréales ; il s'étend à l'ouest jusqu'au Loir, au nord jusqu'au Hurepoix; il a une altitude moyenne de 120 à 160 mètres et son relief indécis sépare le bassin de la Seine, à laquelle il envoie ses eaux, de la Loire qui coule au pied de ses coteaux.
L'Ile de France proprement dite était primitivement la région située au nord de la Seine entre l'Oise, la Marne et la Nonette. C'est une plaine fertile, surmontée çà et là de collines d'un terrain tertiaire plus récent, alignées dans la direction du nord-ouest et généralement couvertes de bois, comme la forêt de Montmorency ou les hauteurs de Cormeilles-en- Parisis ; au sud de la Seine, les plateaux couverts de bois (bois de Meudon, forêt de Marly) présentent la même direction. Entre ces plateaux élevés de 80 à 200 mètres, est creusée, à une altitude de 30 à 15 mètres, la vallée dans laquelle serpente la Seine, tandis que la Loire, à Orléans, coule à une altitude de 93 mètres.
Au nord de l'Ile de France, vers les sources de la Somme et de l'Escaut, est une région de terrain tertiaire, boisée (forêt de Bohain, etc.), haute seulement de 166 à 108 mètres à la ligne de faîte, séparant le bassin de la Manche de celui de la mer du Nord. C'est entre l'Ardenne et la Thiérache d'une part, le plateau d'Artois d'autre part, la route naturelle de l'Ile de France aux Pays-Bas; deux canaux et deux chemins de fer y passent ; la guerre y a conduit souvent les armées.
27. 1,e relief entre l'Oise, la Seine et la Mancne. — Sur la rive droite de l'Oise, dont la vallée basse a peu de pente, s'étend un bourrelet de hauteurs au pied desquelles coule
la rivière. L'altitude est médiocre et ne dépasse pas celle des plateaux de la rive droite (120 à 180 mètres) ; elle s'abaisse même à 85 mètres à l'endroit où passe le canal Crozat dont le bief de partage n'est que de 50 mètres au-dessus de l'Oise et de 30 mètres au-dessus de la Somme. Ce sont les coteaux du Vermandois et du Noyonnais, qui forment la limite occidentale du bassin de la Seine.
Le Vermandois se relie lui-même au plateau d'Artois et de Picardie (voir fig. 34), terre argilo-calcaire propre au labourage, sillonnée de creuses vallées où l'on rencontre les prairies et les tourbières, descendant au nord en pentes doucement ondulées sur la plaine de Flandre et en pentes plus allongées encore sur la vallée de la Somme. Au nord-ouest, le bord du plateau tertiaire se relève jusqu'à 207 mètres et s'entr'ouvre, en quelque sorte, pour laisser place à une petite région de terrain calcaire et jurassique, accidentée de collines et arrosée de limpides ruisseaux : cette région est le Boulonnais (voir fig.34). Les rayons parallèles des vallées de l'Artois et de la Picardie sont autant de fossés qui défendent de ce côté l'entrée de la France et dont nos forteresses occupent les passages. C'est plus souvent au pied des hauteurs, dans la plaine de Flandre, que sur le plateau qu'ont été livrées les grandes batailles contre les armées du Nord ; Crécy (1346) et Azincourt (1415) font exception, mais les armées anglaises qui y ont remporté des AÏctoires venaient de la vallée de la Seine et se repliaient vers le nord lorsqu'elles ont été attaquées.
La vallée de la Somme est basse ; la source du fleuve est à moins de 100 mètres d'altitude, et la plaine de son cours inférieur est presque au niveau de la mer : c'est là qu'est le Marquenterre, nom qu'on donne à la région de terres d'alluvions qui est comprise entre les dunes et la mer.
Au sud de la Somme, le terrain se relève en plateau : c'est le petit Caux qui atteint 245 mètres, au sud-ouest d'Aumale (1 ). Cette région paraît avoir été le centre d'un soulèvement récent qui a relevé en terrasse et en plateau les couches tertiaires ; mais ces
(1) D'après la minute des officiers. Le 80,000e a donné jusqu'ici 243. Une partie du petit Caux a porté dans l'histoire le nom de Telle.
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-couches se sont fendues et entr'ouvertes dans la partie centrale du soulèvement; ellesont mis à nu un fond imperméable de terri.in crétacé, allongé en forme de boutonnière du nord-ouest au sudest, tout verdoyant de prairies et arrosé de petites rivières , dont l'une, la Béthune, va directement
jà la mer et dont les autres, l'Epte et leThérain, vont grossir la Seine et l'Oise : c'est le pays de Bray , la contrée la plus caractéristique du relief de cette partie de la France (voir fig. 34). C'est sur les lèvres de cette boutonnière, c'est-à-dire sur
i les bords relevés du terrain tertiaire qu'on trouve la côte de 243 mètres.
La lèvre méridionale , par une brèche de laquelle l'Epte descend dans le Vexin, forme à l'ouest de l'Andelle la bordure du pays de Caux. Le grand Gaux est un plateau calcaire et sec qui s'incline doucement vers l'ouest en mesurant 180 à 100 mètres et moins. Il se termine en hautes falaises sur le bord de la mer et il est sillonné de fraîches vallées creusées jusqu'à la profondeur du terrain crétacé.
28. Le Perclie, la Normandie et le Maine. — A l'ouest de la Beauce et du pays Chartrain qui en dépendre plateau tertiaire devient un peu plus accidenté ; il dépasse 200 mètres d'altitude, s'élève jusqu'à 287 près de la source de l'Eure et se couvre
de forêts : là commence le Perche. Dans l'intérieur de l'arc de cercle dessiné par le relèvement de la couche tertiaire, le
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