‹ La France avec ses colonies;Chapitre 66 sur 147 · lies zones de cnltare. — Plus qu'aucune autre i · texte numérisé non relu

lies zones de cnltare. — Plus qu'aucune autre i

(1) Le règne inorganique ne fournit qu'un élément important : M et un condiment, le sel.

strie, l'agriculture est subordonnée au climat et à la nature du . C'est principalement d'après le climat qu'ont été tracées grandes zones de culture qui coupent obliquement, du sudst au nord-est, le territoire français. Ces zones sont : ■ La zone de l'olivier, dont la limite septentrionale est à près figurée par une ligne courbe allant des Pyrénées jusà Valence, en longeant le pied des Corbières et des Cévennes, e Valence à la frontière, en contournant les Alpes du Dauné et de Provence. C'est la région la plus chaude de la nce. Elle comprend, sur la côte de Provence, la petite zone oranger.

La zone du maïs, dont la limite septentrionale est à peu figurée par une ligne onduleuse allant de l'embouchure a Sèvre niortaise jusque dans laTouraine, contournant ene par le sud le Massif Central, trop froid pour cette culture, ant le pied des Cévennes, embrassant une partie de la Lor- 1e, et aboutissant à l'extrémité septentrionale des Vosges ; naïs, qui exige une assez grande chaleur, mûrit tard et nt les automnes brumeux; c'est pourquoi, dans l'est de la ice, il s'étend beaucoup plus au nord que sur les bords 'Océan. Cette zone renferme la zone secondaire du mûrier, la limite est une ligne courbe s'étendant jusqu'à Toulouse, intournant le Massif Central sur lequel ne poussent ni le ier ni le maïs .

La zone de la vigne, dont la limite septentrionale s'étend

embouchure de la Loire à la Meuse vers Mézières.

aque ligne marque seulement le point septentrional au

duquel la température ne permet plus la culture indiquée.

i 'esl pas elle-même une limite absolue ; car on cultive du

en Bretagne e! dans le Maine. Dans le bassin de la basse

\ au nord de Paris, on trouve près de 20,000 hectares de

ss, tandis qu'on n'en plante pas dans la Beauce, et qu'elle

lusserait pas sur lé Massif Central; à Cherbourg, grâce

ièdes émanations de la Manche, on fait venir en pleine

des plantes qui ne poussent à Paris que dans les serres.

bit région «les céréales. — Les céréales, autres que

lis et le riz, nont pas de zone proprement dite, et poussent

•resque tout le territoire français, à l'exception des mon-

Echelle

cLes tlanicura too.oôo6 des Loti2u£C.r6 Soo.ooo*

tagnes. Cependant elles ne viennent pas également bien dt toutes les terres : le froment aime les sols riches ; le seigle remplace avec avantage dans les sols pauvres, sous les clim froids et dans les régions élevées ; Forge, d'une acclimatât] facile, craint les contrées humides ; l'avoine, au contraire, doute la grande sécheresse et prospère particulièrement de nos départements du Nord.

95. I/altîtude. — L'élévation des terrains au-dessus niveau de la mer, la constitution géologique du sous-sol, 1' position au soleil levant ou au soleil couchant, au nord ou au mi exercent, en effet, une influence non moins notable que le clin

sur la product

~«9»i**u*« agricole. Ainsi, dî

la vallée du Grai vaudan (voir la i 76) dont l'altiti moyenne est de ; à 250 mètres, champs sont u verts non-seulem de froment et chanvre, mais core de maïs, et i

Fig. 76. Coupe de la vallée du Graisivaudan et du versant brageS de muriei i occidental du massif de Belledonne indiquant les zones de vignes qu'on " de végétation. tiye en hautain: I

en treillages ; près de Grenoble, à la Tronche, on peut voir l'oli j en pleine terre (région n° 1 sur la figure). Lorsqu'on s'élève su I premiers coteaux qui renfermentla vallée, jusqu'àune altituc m 500 mètres (région n° 2), la vigne et le mûrier se mêlent en" auxcéréales avec le châtaignier etlenoyeretlacampagnecons« les caractères de la richesse. De 500 à 1,100 mètres (région J l'aspect change : la vigne n'apparaît plus, le châtaignier est m rare, les bois et les prairies dominent au milieu des cul I clair-semées. De 1,100 à 1,700 mètres (région n° 4), le cara* alpestre s'accuse plus nettement : le seigle et la pomme de r sont à peu près les seules cultures qu'on aperçoive au npi des pâturages et des massifs d'arbres résineux et de bouiu

. Soe

L'AGRI CULTURE. 3t5 1

blancs. Au-dessus de 1,700 mètres (région n° 5), dans la chaîne de Belledonne qui borde le Graisivaudan à Test, les arbres deviennent rabougris, puis disparaissent bientôt lorsqu'on s'élè\e. On ne voit pins que des rhododendrons, de vastes pâturages -i le sol est argilo- calcaire, on des surfaces nues, pierreuses, tachetées de mousse, si le sol est peu fertile (I) ; les neiges se montrent ensuite à partir de 2,200 mètres (région n° G), persistant pendant dix mois de l'année, pendant Tannée entière même dans les creux; sur les rocs de couleur sombre s'attnchentçà et là les mousses et les lichens jusqua ce qu'on atteigne 2,700 mètres, la région des glaciers et des neiges perpétuelles.. De la Tronche au sommet de Belledonne, on passe ainsi, sur une longueur de 20 kilomètres, du climat de la Provence au climat du Spitzberg.

La pente seule, indépendamment de l'altitude, influe sur la ■culture; quand elle dépasse 20 centimètres par mètre, on ne peut plu< cultiver qu'en terrasse; mais, si l'exposition est à l'est ou au midi, on a une beaucoup plus grande chaleur à cause del'incidence des rayons solaires plus rapprochée de la perpendiculaire. Sous le rapport de l'altitude, on distingue trois régions: 1° Les régions des montagnes formant moins du cinquième du territoire français, et s'étendant d'une part, sur 13 départements, par les montagnes granitiques et schisteuses des Upes, des Pyrénées et des Vosges ; d'autre part, sur 7 départements, par les montagnes calcaires du Jura et de la Provence. les rochers, les forêts et les pâturages y dominent.

2° Les régions des plateaux formant environ le quart du territoire, et comprenant, d'une part, les plateaux granitiques ou schisteux, celui du Centre s'étendant sur 16 départements, celui de Bretagne et de Normandie s'étendant sur 1 1 départements, celui des Ardennes sur un département; d'autre part, les plateaux calcaires, ceux des Causses et du Languedoc s'étendant sur .') départements, celui de Bourgogne sur o départements, et celui de Lorraine sur 3 départements. On y trouve, à •côté des céréales, les bois, les pâturages, les bruyères.

(1) Cependant dans quelques portions de vallées bien exposées on •uîut encore récolter du seigle; dans le cirque de la Rérarde. on en cul-

tive à une altitude de 1.9U0 mètres.

I A HllMt,

3° Les régions des plaines formant plus de lu moitié du territoire et se composant de la partie centrale des grands bassins des fleuves; elles comprennent: 1° la Flandre, la Champagne (3 départements) et la Neustrie (22 départements) qui représentent à peu près l'ancien bassin parisien avec la grande plaine du Centre durant la période calcaire, c'est-à-dire avant l'existence de l'homme ; 2° l'Aquitaine (12 départements) qui représente l'ancien bassin aquitanique ; 3° la Limagne ou vallée moyenne de l'Allier ; 4° la Bresse et la plaine de la Saône ; o° la plaine du bas Languedoc.- Excepté dans le bas Languedoc, les terres labourables et les prairies dominent dans ces régions qui comprennent elles-mêmes des plaines, des vallées, des coteaux et des plateaux, particulièrement dans le bassin parisien et dans le bassin aquitanique.

96. La nature de» terrains. — La constitution géologique du sol exerce une grande influence sur la fertilité. Les terrains primaires et même souvent les terrains de transition sont rebelles à la culture ; la bruyère et les ajoncs y dominent; cependant le seigle, le sarrasin et le châtaignier y prospèrent. Les terrains secondaires et tertiaires sont beaucoup plus favorables ; les couches calcaires en général sont propres aux céréales, les couches argileuses aux prairies. Dans chaque zone et dans chaque région, il y a des champs de nature et de richesse très-diverses. Il faut tenir compte d'un grand nombre d'autres circonstances, secondaires pour le géographe, capitales pour l'agronome, au nombre desquelles iî convient de placer le voisinage d'une grande ville ou la facilité des communications pour exporter les denrées ou pour apporter les engrais ; dans ce dernier cas, l'homme triomphe des obstacles de la température et du sol par des soins plus savants et plus coûteux.

Dans la région des plaines et des plateaux, toutes les terres de labour, qui forment à elles seules à peu près la moitié de notre territoire (plus de 26 millions d'hectares), sont loin de se ressembler. Quel que soit le sous-sol, qui lui-même a une grande importance pour juger de la productivité, la surface ou sol arable, créée le plus souvent par les apports des eaux durant la période quaternaire, forme un lit peu épais, composé

de débris des roches et des couches voisines, dans lequel on ne retrouve pas toujours les mêmes éléments ou dans lequel on les retrouve mélangés à diverses doses.

Le terrain agricole, c'est-à-dire les couches supérieures du sol qui exercent une influence sur les travaux de l'agriculture, diffère du terrain géologique, c'est-à-dire des masses qui composent l'écorce terrestre ; il a cependant une étroite relation avec ce dernier dont il est presque toujours dépendant dans une certaine mesure. Le terrain agricole se compose en effet de deux parties : la terre végétale, couche superficielle plus on moins profonde, meuble, perméable à l'air et à l'eau, propre à la végétation, formée des débris des terrains géologiques que ronge et que dissout l'action incessante des pluies, des cours d'eau et de l'atmosphère; et le sous-sol, c'est-à-dire le terrain géologique supérieur sur lequel repose la terre végétale.

i° La terre végétale peut être formée par la désagrégation et lu décomposition sur pluce du terrain géologique et, dans ce cas, les terrains agricoles correspondent exactement aux terrains géologiques et ont les mêmes limites : on les désigne sous le nom de terrains agricoles autochthunes. Par exemple, un sous-sol de calcaire compacte donne naissance à une terre végétule toute calcaire, et à un terrain agricole très-perméable, très-sec, impropre aux prairies, mais où les arbres à racine pivotante peu- \ eut réussir parce que ces racines vont chercher l'humidité à une grande profondeur. Un sous-sol d'argile est imperméable et donne naissance aune terre végétale argileuse très-peu perméable qu'il faut diviser par des amendements pour en tiret des récoltes.

2° La terre végétule peut être formée des débris de roches charriées en gros fragments ou en poussière parles eaux ou descendues pur éboulement du haut des montagnes, soit durant la période actuelle, soit durant la période quaternaire, et dans ce cas la terre végétule est tout à fuit indépendunle du sous-sol : on désigne ces terruins sous les noms de terrains de transport. Pur exemple, presque toutes les vallées et une partie des plateaux du bassin de la Seine sont recouvertes d'un limon que les euux de lu période diluvienne ont apporté. Le terrain géologique influe uussi dans ce cas sur lu culture

3ê4 LA FRANCE.

en lui fournissant un sous-sol perméable ou imperméable.

Même dans les environs de Paris, où la puissance des engrais et des amendements a beaucoup modifié les qualités naturelles <lu sol, on voit encore très-nettement marquée cette double influence du sous-sol et du sol superficiel; on trouve généralement des bois et des bruyères sur les sables de Fontainebleau et de Beauchamp et sur les argiles à meulières, de la vigne sur les coteaux du gypse et de la craie, des céréales et des betteraves dans les plaines, comme celles du Soissonnais, et sur les plateaux composés d'un sous-sol perméable de calcaire grossier et recouverts de limon ; quand le calcaire grossier ou la craie blanche sont à nu, et souvent aussi quand le limon repose sur des argiles imperméables (t), on n'y voit guère que des bois, des broussailles, ou des prairies quand le sol a une pente suffisante ; dans les vallées, le froment vient bien sur le lœss calcaire,"tandis que le sol caillouteux du diluvium convient au seigle. Plus loin, dans le pays de Bray, les argiles du crétacé inférieur sont favorables aux herbages et aux peupliers ; il en est de môme ■dans les alluvions de la Marne.

La terre végétale ou terre arable, considérée en elle-même, offre, dans le mélange des éléments qui la constituent, de grandes différences. Selon que domine tel ou tel élément, on a classé les terres arables en quatre espèces :

1 ° Les terres siliceuses contenant plus de moitié de sable siliceux. Elles se dessèchent promptement. Sous un climat suffisamment humide, elles donnent de belles récolles ; mais sous un climat sec, elles sont d'un médiocre produit. Cependant, dans le voisinage des villes, lorsqu'on peut leur donner de l'eau en abondance, elles conviennent à la culture maraîchère, et, lorsqu'elles sont caillouteuses et bien exposées sur la pente d'une colline, elles constituent d'excellents vignobles.

2° Les terres argileuses , dans lesquelles domine l'argile formée par la décomposition des roches feldspathiques. Ce sont des terres grasses, compactes, rudes à labourer, avides d'eau, d'amendements et d'engrais, mais qui, bien traitées,

(1) Du côté de Rambouillet, par exemple; dans la Brie, le limon sableux qui recouvre l'argile à meulière est fertile.

récompensent largement le cultivateur de la peine qu'elles lui ont coûtée.

3° Les terres calcaires, dans lesquelles domine le carbonate de chaux. Ce sont des terres ordinairement blanchâtres, toujours froides, légères et friables. La vigne se plaît souvent dans ces terrains, généralement ingrats pour le laboureur.

4° Les terres d'humus, dans lesquelles dominent les débris organiques ayant formé par leur décomposition le terreau ou la tourbe ; terres noirâtres, riches quand on peut suffisamment les nérer et les amender, mais qui ne peuvent être utilisées pour la culture des céréales sans un assainissement préalable.

D'ailleurs, le sable, l'argile, le, calcaire et l'humus se retrou- \ent souvent mélangés dans un même terrain et constituent les terres argilo-ealcaires, argilo-siliceuses, etc. En proportion convenable, ils constituent un sol excellent. Beaucoup d'agriculteurs désignent sous le nom de terres franches celles où l'argile et le sable se mêlent également; beaucoup n'emploient que deu\ dénominations pour désigner les terres où le rapport n'est pas convenablement équilibré: terres fortes où l'argile est en excès, terres légères où domine le carbonate de chaux ou le sable. Quant aux terres d'humus, elles ne sont qu'une exception en agriculture.

!>7. Les ainendeincnfsct les» engrais. — La culture doit se préoccuper, relativement aux terres, de deux choses: établir l'équilibre lorsqu'il n'existe pas, et rendre au sol par des amendements, à la culture par des engrais, les principes fertilisants que les récoltes lui enlèvent. Amendements et ^engrais agissent souvent de la même manière et peuvent être confondus théoriquement.

Les deux principaux amendements sont la marne, qui con- \ieut aux terrains argileux ou sablonneux, selon qu'elle est elle-même calcaire ou argileuse, et la chaux, qui a pour principal effet de hâter la décomposition des matières organiques; le sable, le plâtre, La terre calcinée sont assez fréquemment employés.

On peut amender un sol, soit en > amenant l'élément qui manque, comme on l'a l'ait en apportant de la marne sur c^r-

Haines terres de la Sologne, soit en défonçant profondément le terrain, pour prendre au sous-sol l'élément qui manque au sol végétal, comme on l'a fait dans les landes sablonneuses du Bourbonnais.

Il y a une autre espèce d amendement, quelquefois factice, quelquefois naturel, qu'on appelle colmatage; une eau vaseuse amenée sur un terrain stérile y dépose, au bout d'un certain temps, une couche de limon suffisante pour créer un bon sol végétal. Il se produit des transformations de ce genre dans la vallée de YOuvêze et de la Durance, dans les paluds du Comtat où pousse la garance, dans la vallée de la Romanche, dans celle de la Dive, dans les îles du bas Rhône, près d'Avignon ; il s'en est produit par suite des endigue ments qui ont rendu à la culture des terrains submergés sur la basse- Seine, près de Gaudebec. Il s'en produit d'analogues sur les bords de la mer, dans les terres conquises sur les eaux comme les prés salés du Calvados et de la Manche, comme le vaste et fertile m ara is de Bol qu'une suite de longs efforts, de 1024 jusqu'à nos jours, a arraché aux flots et conservé à la culture, dans la baie de Bourgneuf, dans la baie de la Vire, etc.

Les principaux: engrais sont :

1° Les engrais de ferme qui se produisent et se consomment le plus souvent sur place : engrais en vert, qui consistent en plantes cultivées ou sauvages qu'à l'époque de leur floraison on enfouit en terre par un labour, et fumier , qui provient soit de la litière des animaux à l'écurie et à l'étable, soit du séjour des animaux eux-mêmes sur le terrain.

2° Las engrais commerciaux, que les cultivateurs achètent à l'industrie ou au négoce : poudrette, cendres, noir animal, boues des villes, tangue des bords de l'Océan, qui dans la basse-Normandie seule donne par an environ 3 millions de mètres cubes, fahluns de la Touraine, coprolithe, phosphorite exploité sur la limite du terrain crétacé, etc., guano ou fiente des oiseauv qu'on tire en grande partie de certaines îles d'Amérique, et en général tous débris, résidus ou déjections, quels qu'ils soient, provenant de végétaux ou d'animaux; il faut ajouter à cette liste les engrais factices, composés de sels divers parmi lesquels Je phosphate de chaux et les dérivés de l'ammoniaque jouent

un grand rôle. C'est la région du nord qui en emploie le plus.

08. f^es régions agrfcoles. — D'après les diverses données du climat, du sol et delà culture, l'administration a partagé la France en treize régions agricoles.

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