‹ La France avec ses colonies;Chapitre 87 sur 147 · Les machines agricoles. — Nous ayons dit com · texte numérisé non relu

Les machines agricoles. — Nous ayons dit com

nent l'agriculture tendait à remplacer les simples outils à la

nain par de grandes machines traînées par des chevaux ou

hues par la vapeur. On fabrique ce< machines à Paris et

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dans les pays de riche culture, à Amiens, à Saint-Quentin, à Liancourt (Oise), à Grignon (Seine-et-Oise), pour la région du Nord-Ouest ; à Nancy pour la Lorraine ; à Meaux, à Dourdan (Seine-et-Oise), à Orléans pour la Brie et la Beauce ; à Tours, a Saumur, à Nantes, à Grand-Jouan, pour la région de la basse Loire ; à Bourges, à Châteauroux pour une partie du centre de la France ; à Dijon pour la Bourgogne, à Vic-Fezenzac pour le Midi.

Toutefois cette fabrication est encore loin d'approcher du chiffre de la fabrication des herses, rouleaux, charrues, etc., qui appartiennent à la petite industrie et sont confectionnés dans un très-grand nombre de bourgs par les charrons.

173. Los machines «le filature et de tissage. — De tous les travaux industriels, la filature et le tissage sont ceux dont la mécanique s'est le plus complètement emparée. Au>-i la seule fabrication des machines de filature et de tissage constituet-elle de grandes industries, 'pratiquées partout où les industi textiles elles-mêmes sont florissantes : à Paris d'abord ; puis à Rouen, au Havre, à Saint-Quentin, dans l'ouest, pour le coton ; à Lille. à Maubeuge pour le lin : à Roubaix (Nord), à Elbeuf, à Louvù

à Sedan, à Rethel, à Reims pour la laine ; à Saint-Pierre-lès- Calais (Pas-de-Calais) pour le tulle ; à Troyes pour la bonneterie ; à Nancy pour la broderie ; à Lyon, à Saint-Chamond (Loire), à Saint-Hippolyte (Gard) pour la soie ; à Nîmes pour la bonneterie ; à Marseille, à Nantes pour la fabrication des filets. Le» machines pour l'impression des étoffes se font à Paris, à Rouen, etc. L'Alsace (Mulhouse, Thann, Guebviller) nous fournissait beaucoup de machines pour la filature, le tissage el l'impression.

Les machines à coudre, qui sont maintenant répandues dans les petits comme clans les grands ateliers, sont fabriquées i Lyon et à Paris.

174. Les machines-outils. — Après les industries te\ tiles, ce sont les industries des métaux qui emploient le pu d'outils mécaniques, machines à percer, machines à taraudci machines à raboter, tours, etc. Le plus puissant de ces engin est le marteau-pilon qui, aux marteaux des forgerons et au' martinets, a substitué un mécanisme aussi simple, aussi facil

a manœuvrer que puissant dans ses effet* • „„ h* , * •

agir sans avoir d'autre peine o»p ^ "' le fa,t

robinet du tuyau de vapeu et Tr ™ °U d* ^^ le masse, gui pèse ^Mm^T^ Pétrit le fer maintenu sur ' ' ^ en «***«*,

l'enclume par un autre ous rier, qu'il peut à son gré ou forger des pièces d'acier de plus de 20,000 kilogrammes, ou casser une noisette sans l'écraser. (V la

L'industrie du bois s'est depuis quelque temps armée de machines-outils analogues.

On les fabrique, pour tout genre de travail, à Paris, à Saint-Demis; pour le bois spécialement, à Fé-

<JS. La chaudronnerie. - La ehaudromm-ie co,„n,,>n,I •

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Fig'. 124. — Marteau-pilon. H. û"> 20.

i96 LA FRANCE.

En premier lieu, les outils ordinaires : limes, rabots, scies, enclumes, étaux, etc., dont les lieux principaux de fabrication sont : Paris, Maubeuge (Nord), Somouse, la Hutte, Plombières (Vosges), Valentigney, Pont-de-Hoide (Doubs), le Chambon (Loire), Saint-Etienne, Saint-Maur (Seine).

En second lieu, plusieurs articles du bâtiment, tels que clous, vis, serrures, espagnolettes, etc., dont les lieux principaux de production sont: Valcneiennes, C ha rleville (Ardennes), Laigle (Orne), qui a la spécialité des épingles et des aiguilles, Rugles (Eure), Feuquières, Friville-Escarbotin et plusieurs autres communes du département de la Somme, où cette industrie occupe un grand nombre de bras, Châtillon (Cote-d'Or), Metz, Vuillafans (Doubs), Toulouse, Nevers, le Chambon (Loire), Lyon, Pamiers.

En troisième lieu, les articles de ménage et de batterie de cuisine qui se font en fer battu, en fonte ou en fer-blanc, et dont les principaux lieux de production sont Paris, Ranclonnay (Orne), Lille, Fumay (Ardennes), Guise (Aisne), Albert (Somme), Varigney (Haute-Saône), Rouen.

Dans l'Alsace et dans la partie de la Lorraine, que nous avons perdue, cette industrie a une grande importance : Molsheim , Zornhoff, une des plus grandes fabriques de quincaillerie du continent, Beaucourt, ville restée française, Arssur-Moselle.

À l'exception de quelques grandes villes, comme Paris, Lyon, Toulouse, et de quelques lieux, comme Villedieu (Manche), Chanu (Orne), Aurillac, Monistrol (Haute-Loire), où ce genre d'industrie s'est perpétué par tradition, les fabriques de quincaillerio se sont installées dans le voisinage des lieux qui produisent le fer.

177. L,e» armes. — Les armes sont de véritables outil> destinés, soit à défendre l'homme contre une agression étrangère, soit à lui procurer sa subsistance par la chasse. Elles se divisent en armes blanches, dont on fabrique les lames à Chute/ lerault qui possède une fabrique de l'État, à Saint-Etienne, et que l'on monte le plus souvent à Paris ; et en armes à feu, comprenant elles-mêmes les armes de guerre que fournissent les manufactures privées de Charleville (Ardennes), de Maubeuge (Nord), de Saint-Etienne, de Chàtellerault, les fabriques de

L'INDUSTRIE. Hfl

1 État de Saint-Etienne, de Tulle, les fonderies de canons de Ruelle (Charente), de Bourges, etc., et les armes de luxe dont Ui fabrication se partage entre Paris et Saint-Etienne. En Alsace, Blutzig et Klingenthal fabriquaient naguère pour la France des armes blanches et des armes à feu.

178. JL'alcool. — En distillant du vin ou du marc de raisin, on obtient de Yeau-de-vie ; en distillant l'eau-de-vie de manière i la séparer de l'eau à laquelle elle est mélangée, on obtient .! abord l'esprit qui contient encore une certaine portion d'eau, puis, en poussant plus loin la distillation, de Y alcool pur. L'eau-de-vie est une liqueur de table ; l'esprit est un liquide très-employé dans certaines industries. La quantité d'alcool est estimée à plus de 1/2 million d'hectolitres, par an, produit de la distillation de 6 millions d'hectolitres de vin.

Les départements qui fournissent le plus d'eau-de-vie et d'alcool de vin sont : YHérault qui fournit les eaux de-vie dites de Montpellier ; le Gers avec son eau-de-vie d'Armagnac, la Charente et la Charente-Inférieure, célèbres par leur eau-de-vie des Charentes ou Cognac. (Y. §§ 123 et 124.) Longtemps ils ont été à peu près seuls en possession du marhé ; mais aujourd'hui, on distille la betterave, la mélasse et aème les grains, non-seulement de manière à faire de l'esprit tropre aux usages manufacturiers (environ 1 million d'hectolires), mais de l'eau-de-vie, et les départements du Nord et du Pas-de-Calais sont au uombre de ceux qui produisent le plus L'alcool. (Y. §111.)

I 79. Les produit.*» chimiques. — Sous le nom de piu- 'nits chimiques, on comprend un très-grand nombre de subtances diverses, acides ou sels, matières tinctoriales, acide ullïirique, acide chlorhydrique, acide nitrique, carbonate de rode, blanc de céruse, etc., qu'on obtient par des réactions himiques dan- des usines montées comme dévastes labora- •ires scientifiques. Ces produits jouent dans l'industrie un rôle autant plus considérable que l'industrie est elle-même plus ancée, c'est-à-dire mieux instruite par la science à tirer partie ces agents naturels ou artificiels.

Nous i\o-i- mesuré la force productrice de l'industrie par la "liile, par le fer, par les machines à vapeur employées; on

peut, presque avec la même exactitude, la mesurer par l'acide sulfurique consommé ; car c'est lui qui sert de réactif pour produire la plupart des autres acides et des sels, pour nettoyer les métaux et épurer un grand nombre de matières grasses et sucrées. Or, en 1830, la France consommait par an environ 14 millions de kilogrammes d'acide sulfurique ; elle en consomme 150 millions aujourd'hui; et, ce qui est un signe non moins favorable, le prix du kilogramme a considérablement diminué.

On prépare l'acide sulfurique avec du soufre natif, importé principalement de Sicile, ou plus ordinairement aujourd'hui avec les pyrites des fers ; on fait griller dans des fours ces pyrites qui dégagent, de l'acide sulfureux ; on fait pénétrer m acide sulfureux, avec de lu vapeur d'eau, de l'air atmosphérique et de l'acide azotique, dans de vastes chambres d( plomb, où. l'acide sulfurique se forme par une des plus belle: réactions dont la science ait doté l'industrie, mais qu'il n'y pas lieu de développer ici.

C'est surtout dans la région industrielle du Nord et du Nord Ouest que se trouvent les fabriques de produits chimiques : Paris, qui, entre autres fabriques, comprend, dans son er ceinte, depuis 1860, celle de Javel, et, autour de Paris, à Ivr; ' Vaugirard, Clichy, Auber voiliers, Saint-Ouen, Saint-Denis, Ai genteuil, Nanterre ; à Lille, qui en possède plusieurs dans s< murs ou dans sa banlieue, entre autres, celles.de Loos, de Madeleine, etc.; à Aniche, à Arras, à Amiens, à S'ànt-Gobai avec ses annexes Chauny et Cirey, à Tours, à Rouen; on ( trouve aussi au Havre, parce que les matières premières évoques arrivent dans les grands ports. Sur les bords de la rflt la présence de la soude et de l'iode dans les varechs a don naissance aux fabriques de Cherbourg, d'Avranches, du Conqi (Finistère), etc.

Dans l'Est et dans le Midi, il existe de ces mêmes fabriqi • à Dijon, à Dole, à Tournus, à Pouilly-sur-Saône, à Lyon, i la fabrication des soieries a donné un grand développement l'industrie de la teinture ; à Annonay (Ardèche), à Alais, à A gnon, où l'on prépare la garance, à Marseille et dans Vile d< ' Camargue, à Montpellier, à Bordeaux et son annexe Floirac, » •

Au Nord-Est, nous avons perdu les importantes fabriques de Dieuze et de Bouxwiller.

1 80. Les matières grasses. — Il y a diverses espèces {Y huiles destinées à des usages distincts ; les unes sont propres à l'alimentation, comme l'huile d'olive, l'huile de noix, l'huile d'oeillette (V. ,5 113); d'autres à l'éclairage, comme l'huile de colza ; d'autres à la saponification ou à d'autres usages industriels, comme l'huile commune d'olive, l'huile de palme, l'huile siccative de lin. On fabrique l'huile d'olive, sous le nom d'huile d'Aix, du nom de la ville où elle se vend souvent, dans le Roussillon, dans la Provence, dans le bus-Languedoc; Ofttte région a presque le monopole de la culture de l'olivier ; on fait l'huile d'amandes douces dans toute la région du Midi ; L'huile de mii\, dans les Charentes et dans la Dordogne ; l'huile d'à Mette et l'huile de lin dans les départements du Nord; l'huile de colza, dans les environs de Caen, dans le pays de Gaux, les Deux-Sèvres (Niort, etc.), et dans la Vendée (Fontenay-le- Gomte, etc.) ; l'huile de navette dans les mêmes départements •I dans la Bourgogne et la Franche-Comté, etc. ; l'huile de chènevis, dans la Lorraine, etc. ; l'huile de résine, dans les Landes •t à l'usine de Saint-Ouen (Seine).

Les graisses, provenant de la dépouille des animaux, sont mrnies pur les grandes villes qui consomment le plus de iande comme Paris, et elles \ sont préparées. La graisse sert à faire la chandelle, qui, il y a un siècle, » I. lirait presque exclusivement nos demeures, la bougie de ire riant un objet de luxe. De la graisse on extrait aujourd'hui ertains acides, acide stéarique, etc., dont on fait à peu près miles les bougies, excepté celles qui sont destinées aux églises. >aris, avec sa banlieue (Ivry, Clichy, Gentilly, Aubervilliers, 'oint-Denis), est encore le centre principal de cette fabrica- '"ii : il faut citer aussi Lyon, Montpellier, Marseille, Lille, le lans, Nantes, Landerneau (Finistère), Dole, Casteljaloux (Lo't- I-',, nonne), etc.

L'huile ou l,i graisse, combinée avec un alcali, soude ou

otasse, forme le savon, dur ou mou. La Provence, possédant

huile d'olive, donne les meilleurs saxons, connus sous le nom

■ Bavons de Marseille, et Fabriqués dans celte ville, à Aix, à

DragUignan, et dans le bas-Languedoc ; les ports, comme Nantes, le Havre, recevant ainsi que Marseille, des graines oléagineuses, arachide, sésame, etc., ont aussi d'importantes savonneries ; les grandes manufactures de tissus, comme Amiens, Rouen, Elbeuf, Saint- Quentin, Reims, Lyon, consommant beaucoup de savons, ont également d'importants établissements de ce genre. A Paris et dans sa banlieue, à Neuilly, à la Chapelle, à Saint-Ouen, à Saint-Denis, etc., est concentrée la fabrication des savons de toilette.

181. l»es cuir». — Pour être employée dans l'industrie, la peau des animaux doit subir de nombreuses et longues préparations. L'industrie se procure les peaux, soit par l'abattage des animaux en France, lequel donne les cuirs verts, c'està-dire les peaux fraîches, soit par l'importation d'Angleterre, d'Allemagne, d'Amérique, laquelle donne principalement les cuirs salés, c'est-à-dire les peaux salées pour prévenir la putréfaction. On convertit ces peaux en véritable cuir, dit cuir tanné, par le tannage, c'est-à-dire en les laissant s'imprégner pendant plusieurs mois du tannin qui les durcit et les rend imputrescibles. Les cuirs pour semelles sont des cuirs tanné? et simplement battus au marteau. Mais la plupart du temps lr cuir doit recevoir encore diverses mains-d'œuvre qui en fonl du cuir corroyé pour la chaussure et la sellerie, du cuir mé gissé pour la ganterie, du cuir chamoisé, du cuir verni, etc.

Les tanneries, mégisseries, etc., se trouvent surtout là oi l'on consomme la viande, où l'on élève les bestiaux et où Foi importe les peaux, particulièrement à Givet (Ardennes) qu donne beaucoup de cuirs forts, à Lille, à Yaleneiennes, à Pari: où l'on fabrique des cuirs de toute espèce, à Rouen, au Havre à Nantes, à Bordeaux, grâce surtout à l'importation ; dan l'Ouest, à Evreuœ, à Pont-Audemer, à Avranches (Manche . Rennes, dans le Finistère, à Tours, à Château-Renault Jndre-i Loire), à Montargis, à Meung (Loiret), dans le Berri, à Mort qi fournit principalement des peaux chamoisées ; dans l'Est, Haucourt (Haute-Loire), en Bourgogne, à Annonay (Ardèche i à Grenoble qui donnent des peaux pour la ganterie ; dans 1 Midi, à Brignolles (Var), à Aniane (Hérault), à Montpellier, Millau (Aveyron), un des centres les plus importants de la tai

L'INDUSTRIE. :;0i

unie cl de la corroierie, dans le Périgord. Les cuirs vernis sont, abriqués principalement dans le département de la Seine.

Strasbourg, que nous avons perdu, fabrique beaucoup de uirs forts.

: Le caoutchouc et la gutta-percha qui, grâce à la vulcanisation, est-a-dire à leur combinaison avec le soufre, se prêtent à tant usages différents, sont travaillés surtout à Paris; en seconde gne, dans les usines de Clermont-Ferrand, de Bezons (Seine-etîse), de Langlée (Loiret), etc.

La colle, qui comprend diverses espèces, colle de pâte colle • poisson, colle forte, rentre dans la môme catégorie que les fors puisque la colle forte, la plus employée, provient de défis d animaux. La meilleure est la colle de Flandre; Givet jouen, Pans fournissent aussi de la colle estimée.

3me section.

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