‹ La France chrétienne;Chapitre 10 sur 48 · ADMIRABLE CHARITÉ DE SAINTE GENEVIÈVE · texte numérisé non relu

ADMIRABLE CHARITÉ DE SAINTE GENEVIÈVE

Ce changement inespéré , quand tout semblait perdu , ce départ extraordinaire de l'armée des Huns, quand une grande victoire lui était facile, avait frappé les Parisiens d'étonnement et de joie. Tous virent clairement dans ce fait merveilleux l'œuvre de la Providence , et n'hésitant pas à reconnaître qu'ils devaient leur salut aux prières de Geneviève , ils l'environnèrent dès lors de toutes les marques d'une vénération profonde.

Cette tendre vénération des Parisiens pour leur libératrice s'accrut de jour en jour par les nouveaux services qu'elle rendit à ses concitoyens et les miracles qu'elle opéra en diverses rencontres. Emportée par l'ardeur de sa charité , souvent déjà elle avait été vue sur les routes allant de ville en ville implorer des secours pour les pauvres Parisiens, aux jours de leurs malheurs. Partout elle était entourée de respect et d'hommages ; d'abondantes aumônes qu'elle recevait de personnes charitables étaient le fruit de ses pénibles labeurs. Des prodiges de bienfaisance s'attachaient à chacun de

ses pas : Beaux , Orléans , Tours , Troyes , Laon et d'autres villes , furent ainsi les témoins des œuvres merveilleuses que la bonté divine opéra par ses mains. Un jour, se trouvant à Tours où l'avait amenée sa dévotion au tombeau de saint Martin , elle rencontre une pauvre mère de famille , nommée Fraterne , pleurant sur sa fille qu'elle venait d'exposer mourante sur le passage de Ja sainte. Peu de temps après elle la retrouve encore dans une église où elle l'avait suivie; Fraterne, se jetante ses pieds, lui disait, les yeux mouillés de pleurs : a Dame Geneviève , rendez-moi ma fille ! — Cessez de vous affliger, lui répond-elle , touchée de compassion , vous avez eu confiance en Dieu , et déjà il vous a exaucée ; retournez dans votre maison , votre fille est en bonne santé. » La pauvre mère, pleine de reconnaissance et de joie, se rend en toute hâte dans sa demeure , et trouve en effet sa chère fille, la jeune Claudia, entièrement guérie. Bientôt Ton voit cette enfant, qui tout-àl'heure était prête à expirer, se rendre elle-même au logis de Geneviève pour la remercier. Un autre jour , comme la sainte entrait à Arcis-sur-Aube, à la suite d'un pénible voyage que nous raconterons , un des principaux habitants de la ville , qualifié du nom de tribun dans les vieilles chroniques , accourt au-devant d'elle , et la supplie de venir visiter sa femme , atteinte depuis long-temps de paralysie. Geneviève suit cet homme dans sa demeure , et, s'approchant du lit de la malade, elle se met à prier selon sa coutume. Sa prière finie, elle fait un signe de croix sur la pauvre infirme, lui ordonnant de sortir de son lit. Soudain cette

femme qui , depuis près de quatre années, n'avait pu remuer ses membres , s'élance de sa couche dans un état complet de guérison. Et tous les témoins de ce miracle rendent grâces au Seigneur , toujours admirable dans ses saints.

Une autre fois, comme elle se trouvait aux environs de Meaux ; au milieu de moissonneurs qu'elle encourageait au travail , le ciel , jusqu'alors serein , s'assombrit et menaça d'un violent orage. Les pauvres moissonneurs , trompés dans leurs espérances , se livraient déjà au désespoir. c< Prions le Seigneur, dit Geneviève , il sera avec nous. » Elle tombe à genoux , tous imitent son exemple , et soudain les nuages se dissipent , et l'éclat du plus beau soleil reluit de nouveau, ramenant l'espérance au cœur des villageois.

Ailleurs, aux portes de la ville de Troyes , c'est une grande multitude de peuples qui vient à sa rencontre , plaçant devant elle des malades qu'elle guérit , en les bénissant par le signe sacré de notre salut. Dans cette même ville on lui présenta une jeune fille, aveugle depuis près de douze ans. et aussi un ouvrier qui, pour avoir travaillé le saint jour du dimanche, avait été privé de la vue par la vengeance divine : Geneviève fait sur leurs yeux le signe du chrétien, et soudain ils se rouvrent à la lumière. Témoin de ces prodiges, un autre habitant lui amène son lils , tourmenté depuis dix mois par une lièvre ardente; Geneviève ordonne qu'on lui apporte de l'eau , et invoquant le nom du Seigneur, elle la donne à boire au jeune homme qui recouvre aussitôt la santé.

On dit qu'on vit plusieurs fois des malades , des

infirmes , s'approcher d'elle, toucher le bord de ses vêtements et s'en retourner guéris. C'est ainsi que la vierge de Nanterre , à l'exemple du divin Sauveur , qu'elle avait choisi pour modèle et pour son partage , passait ici-bas en faisant le bien ; enfin le peuple était revenu de ses préventions, tous avaient en elle une confiance égale à leur respect : les rois francs eux-mêmes ne savaient point résister à ses prières, lorsqu'elle sollicitait auprès d'eus la grâce d'un coupable. Voyez-vous ce prince allié des Romains , guerroyant avec eu\ sur le sol gaulois ? C'est Childéric ier, le père du grand Clovis : dans le cours de ses marches il s'est arrêté près de Paris, et il a placé son camp dans les plaines voisines. Un jour, dit-on, il venait de porter un arrêt de mort contre plusieurs personnes. A cette nouvelle, Geneviève se presse d'aller faire révoquer la sentence. Elle cherche le monarque dans la ville; mais le prince ; apprenant son dessein , se dérobe à ses sollicitations. Impatient de faire exécuter ses ordres , il sort de la cité et en fait soigneusement fermer les portes. Rien n'arrête la courageuse fille : elle se présente avec assurance à ces mêmes portes, qui soudain , à la vue des gardes étonnés , s'ouvrent d'elles-mêmes. Geneviève passe alors librement et court vers Childéric , qui , rempli d'admiration , lui accorde la grâce des pauvres condamnés.

i>AUI§ DÉLIVRÉ DE LA FAMINE PAR SAINTE GENEVIÈVE.

Un nouveau danger ? qui vint menacer Paris , fournit plus tard à notre sainte une occasion solennelle de déployer toute l'ardeur de sa charité.

Les Francs , déjà établis dans la partie septentrionale des Gaules , poursuivaient en d'autres provinces le cours de leurs conquêtes. Aussitôt après la prise de Soissons , ils vinrent sous la conduite de Clovis assiéger Paris (an 486). Ce monarque, encore païen , l'attaqua d'abord dans les formes et livra plusieurs assauts ; mais ses troupes furent repoussées. Clovis , voyant que la position de cette vill et les fortifications qui la protégeaient rendraient l'attaque inutile , transforma le siège en blocus , espérant la prendre par la famine. Déjà les Parisiens commençaient à ressentir toutes les horreurs de ce fléau , lorsque Geneviève , émue pour eux d'une immense compassion , entreprend de les sauver de la mort. Elle sait que les Francs n'occupent point les cités champenoises , baignées par les eaux de la Seine : elle s'y rend en toute hâte , pour aller chercher des vivres , avec onze grosses barques dont elle dirige la marche avec autant de résolution que d'habileté. Suivons notre sainte dans ce périlleux voyage, et recueillons les détails qu'en rapporte son vieil historien. La petite flotte étant parvenue à un passage de la Seine où se trouvait une sorte d'écueil , qui déjà avait été funeste à plus d'un navire , Geneviève ordonne à ses pilotes de se rapprocher de la rive ; puis f

s'étant mise en prières , elle fait abattre un grand arbre qui , détournant Je courant de l'eau , était la principale cause des naufrages ; soudain , diton , on vit deux horribles monstres sortir d'un gouffre voisin et s'enfuir au loin, laissant tous les spectateurs glacés d'effroi. Or, depuis ce jour, aucun nouvel accident ne survint en ce lieu redouté ; la flotte continua sa route et arriva heureusement à Arcis-sur-Aube.

Geneviève , n'ayant pas trouvé dans cette ville une quantité suffisante de blé , se rendit par terre jusqu'à Troyes. Accueillie dans cette cité comme une envoyée de Dieu , elle y accomplit sur des infirmes , des malades , ces prodiges dont nous parlions tout-à-l'heure. Le soin des pauvres , des infortunés qu'elle rencontre sur son chemin , ne lui fait point cependant perdre de vue l'objet de son voyage. Dès qu'elle a ramassé la quantité de blé suffisante pour charger toutes les barques , elle revient à Arcis , d'où , après quelques jours , elle s'embarque pour retourner à Paris. La flotte , en descendant la Seine , est assaillie par une violente tempête , et jetée contre des arbres et des rochers. Les barques , couchées sur le flanc , se remplissaient d'eau , et allaient être submergées , quand Geneviève , les mains levées vers le ciel , implore l'appui du Seigneur : soudain la tempête s'apaise ; la flotte poursuit heureusement sa route et rentre dans Paris, au bruit des cantiques des matelots et de l'allégresse des habitants, qui tous reçoivent notre sainte comme l'ange de Dieu.

Voyez maintenant comme son industrieuse charité sait aller au-devant des besoins de chacun et en

mesurer retendue. Tous onl part à ses largesses mais ceux dont la disette a complètement abattu les forces , sont les premiers objets de sa sollicitude , et en reçoivent des secours plus abondants. Aussi , lorsque les jeunes filles qui l'aidaient dans ce pieux travail revenaient pour retirer du four les pains qu'elles y avaient placés, souvent elles ne les trouvaient plus. La plus grande partie en avait été distribuée secrètement par Geneviève , et les jeune» tilles découvraient ensuite le pieux larcin , en rencontrant dans les rues des groupes d'indigents , qui, portant dans leurs mains des pains tout chauds encore , bénissaient le nom de Geneviève.

Ainsi la ville que l'humble vierge de Nanterre avait déjà sauvée des fureurs d'Attila , fut sauvée alors de la famine par son courage et sa charité. 0 puissance merveilleuse des saints ! vous êtes donc plus grande que celle des princes et des rois ! Vainement , dans les temps de disette , les pauvres frapperaient-ils à la porte des grands , des riches de la terre.... Pour vous, heureux élus du Ciel , votre sein fécond leur est toujours ouvert , et dans ce sein brûlant de l'amour de Dieu et des hommes , sont cachés des trésors inépuisables. Dix siècles plus lard , un autre saint de France , Vincent de Paul, en des temps malheureux, nourrira aussi à lui seul des provinces entières !

Le voyageur, qui se rend aujourd'hui d'Arcissur-Aube à Troyes en Champagne , rencontre sur sa route une antique chapelle , dédiée à la patronne de Paris , et que la piété des peuples de ces contrées environne d'un grand respect. Elle fst sise dans le village de la Chapelle-Vallon , sur

Ja place même où , suivant une ancienne tradition , s'arrêta sainte Geneviève, lorsque dans ses courses charitables , l'illustre aumônière franchit la distance qui sépare ces deux villes. Depuis longtemps, cette chapelle menaçait ruine ; mais, honneur aux pieux fidèles du pauvre et petit bourg , qui sut révérer la trace des pas de notre sainte ! Us viennent de donner une mémorable leçon à Paris , la riche et grande capitale. Tandis que celle-ci laisse toujours fermé et profané le magnifique temple élevé sur la colline à la bienheureuse bergère , de simples villageois , réunissant leurs dons volontaires , ont restauré à leurs frais son antique chapelle. Naguères , en un jour de fête , la solennité de sa bénédiction était célébrée au milieu d'une multitude innombrable accourue de tous les pays l. La foule se dirigea processionnellement vers le monument sacré , relevé de ses ruines. De longues files de vierges vêtues de blanc, rangées sous la bannière de la Reine des cieux , et faisant retentir les airs de leurs pieux cantiques , ouvraient la marche. Venait ensuite un nombreux clergé , tant de la paroisse de la Chapelle-Vallon que des paroisses voisines. L'antique statue de sainte Geneviève , sauvée des orages révolutionnaires avec mille peines et périls , portée en triomphe , allait reprendre son ancienne demeure. Et tous les visages rayonnaient d'une joie pure, et tous les cœurs étaient émus. Puis , quand le pieux cortège fut arrivé au terme de sa course , un digne prêtre éleva la voix pour louer les vertus , les bienfaits de la sainte.

! 15 août 1842, jour de l'Assomption,

Alors , dans tous les rangs du peuple avide de l'entendre , rémotion, la joie , la confiance furent plus grandes. Et Geneviève , du haut des cieux souriant à ces hommages, bénissait les pieux enfants d'une contrée demeurée si fidèle , en ces temps d'oubli et d'indifférence , au culte de la reconnaissance et de l'amcuir. »

CLOTILDE , ET LE PREMIER ROI TRÈS-CHRÉTIKN. L'an 495 et suiv.

Clotilde , que Dieu , danà les merveilleux desseins de sa Providence, s'était choisie pour initier les Francs à sa foi chrétienne, avait reçu du ciel tout ce qui charme et subjugue les hommes. Issue de race, royale, belle entre toutes ses compagnes, et brillante dès ses plus jeunes ans de tout l'éclat d'une sagesse consommée , elle parut aux yeux du Tout-Puissant comme une terre fertile , au sein de laquelle il pouvait , en toute coniiance , jeter ces semences divines qui devaient produire bientôt des fruits si précieux. Heureuse entre toutes les reines , elle eut la première l'insigne honneur de s'asseoir sur le trône de France à côté d'un monarque chrétien , et la gloire plus grande encore d'avoir ellemême , en dessillant les yeux du roi son époux , hâté le réveil du soleil du christianisme sur la terre gauloise.

Clotilde était fille de Chilpéric , frère de Gondebaud , roi des Bourguignons. Ce dernier prince , ambitieux et cruel , trempa ses mains barbares

dans le sang de son frère , de sa belle-sœur , et de leurs enfants. Il n'épargna que les deux filles de Chilpéric , toutes deux d'une rare beauté , et peu redoutables à cause de leur extrême jeunesse. L'aînée fut renfermée dans un monastère , et Clotilde resta à la cour de son oncle , où , bien que vivant parmi les Ariens , elle eut le bonheur d'être élevée dans la foi catholique. Ses sentiments ne firent que s'accroître par la pratique habituelle des exercices de piété. On admirait en elle un heureux assemblage de toutes les vertus. La sagesse qui reposait sur ses lèvres émerveillait les vieillards. Elle vivait en grande retenue et modestie , « pitoyable aux indigents et souffreteux , dit un vieil historien , plus assidue es oraisons que coutumière de festes et mots. » Son esprit , sa beauté, sa douceur, lui acquirent une réputation qui pénétra bientôt dans les royaumes voisins.

Clovis , ier roi des Francs , à qui ses exploits méritèrent le nom de grand , fit demander la princesse Clotilde en mariage à son oncle Gondebaud. Il obtint ce qu'il demandait , après avoir promis que la nouvelle reine aurait la liberté de professer sa religion. Le mariage fut célébré solennellement à Soissons , en 495.

Ce fut alors , qu'un bien touchant et bien digne spectacle vint réjouir les yeux de l'Eternel , et briller d'un pur éclat sur la terre de France , vierge encore de ces sublimes tableaux que le christianisme seul devait réaliser. Une reine, jeune et belle, entourée de tous les hommages qui environnent le trône des souverains , ne parut élevée au faite de l'empire que pour donner l'exemple

des plus hautes vertus chrétiennes, et gagner à la foi du Christ un peuple entier plongé encore dans les ténèbres de Terreur. Une vive et ardente piété animait toutes ses actions. Sa charité pour Jes pauvres lui faisait répandre dans leur sein des aumônes abondantes. Elle s'était ménagée dans le palais du roi un petit oratoire , où elle passait un temps considérable en prières. Attentive à veiller sur les femmes de sa suite , elle leur apprenait à se conduire en tout avec sagesse et dignité.

Soigneuse de plaire à son époux , elle s'efforçait de gagner son affection , tout en tâchant d'opposer la douceur chrétienne aux saillies de son caractère violent. Elle se rendait ainsi , par degrés, maîtresse de son cœur, et préparait le grand œuvre de sa conversion , qui , dès les premiers jours de leur union , était devenue Tune des pensées dominantes de son âme.

La reine Clotilde , maîtresse du cœur de son époux , ne songea plus qu'à exécuter son projet de le gagner à Jésus-Christ. Elle lui parlait souvent de la vanité ridicule des idoles et de l'excellence de la religion chrétienne. Le roi l'écoutait toujours avec plaisir ; mais le moment de sa conversion n'était point encore arrivé. Il permit cependant , par condescendance pour son épouse , que le premier fruit de leur mariage reçût le baptême ; mais Dieu, pour éprouver la foi de sa fidèle servante, permit à son tour que ce même enfant mourût peu de jours après. Son père , qui ne l'avait vu qu'avec peine présenter aux fonts baptismaux , s'écriait dans l'amertume de sa douleur : « Femme, les dieux de ma nation m'ont châtié , parce que

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nous leur avons dérobé notre i\\$. — Que le vrai Dieu mon Seigneur soit béni ! répondait Clotilde , parce qu'il a daigné appeler notre enfant dans le séjour des bienheureux. »

La pieuse reine devint mère d'un second fils qu'elle lit encore baptiser. Quelques jours après l'enfant tomba dangereusement malade. Le roi se livra alors aux plus violents transports de colère. Clotilde , pleine de confiance en Dieu , lui adressa de ferventes prières. Elle fut exaucée et obtint la guérison de son fils. Le roi se calma et reconnut le pouvoir du Dieu des Chrétiens. Une occasion solennelle se présenta bientôt ,où le monarque franc devait reconnaître avec plus d'évidence les prodiges de cette puissance divine , et tomber à ses pieds pour adorer le Dieu véritable qui venait de se révéler dans le fond de son cœur.

Ciovis livrait une bataille aux Allemands, dans les champs de Tolbiac, près de Cologne, Le désordre s'était mis dans son armée. Enveloppé par les bataillons ennemis , désespérant de son épée et de ses dieux , qu'il appelait en vain à son secours , le prince s'écria soudain : g Dieu de Clotilde, à moi la victoire , et je t'adore. » On vit aussitôt changer la face du combat ; les fuyards se rallièrent, et les Allemands, d'abord vainqueurs, furent vaincus à leur tour.

Ciovis , iidèle à acquitter le prix du triomphe , fut conduit par Clotilde vers l'évêque Rémi , qui se chargea de l'instruire dans la religion chrétienne. On vit peu de temps après , dans l'église de Reims, un beau spectacle : un monarque franc devenu premier roi très-chrétien , courbant sa tête altière sous

la bénédiction d'un saint veillard , jurant de brûler ce qu'il avait adoré , et d'adorer ce qu'il avait brûlé.

La monarchie chrétienne se fondait ainsi dans les Gaules. Clovis recevait le baptême avec trois mille officiers de son armée , prémices d'une nouvelle race d'enfants de l'Eglise , appelée à de glorieuses destinées.

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