‹ La France chrétienne;Chapitre 20 sur 48 · ADMIRABLE CHARITÉ DE SAINT LOUIS · texte numérisé non relu

ADMIRABLE CHARITÉ DE SAINT LOUIS

L'an 1250.

La disette et les maladies contagieuses désolaient Tannée française en Egypte. Les guerriers , qu'avaient épargnés les maladies, expiraient de faim et de misère : « Quand le bon roi Loys , dit Joinville, voyoit cette misère , il joignoit les mains , la face tournée vers le ciel , en bénissant Notre-Seigneur de tout ce qu'il lui donnoit. » Rien de plus admirable que la résignation héroïque de ce prince et son dévouement pour le soulagement et le salut des pauvres malades. Oubliant son propre danger , il volait chaque jour sous les tentes de ses soldats. Là , ses mains royales pansaient leurs plaies hideuses , et il s'efforçait, par de pieuses paroles, d'ouvrir à ces infortunés la route du Ciel. Rien ne pouvait ébranler son courage et l'ardeur de sa charité. Aussi tous bénissaient-ils un si bon roi , et mouraient-ils sans regret, sans effroi, quand ils avaient pu jouir de sa présence. Gangelme , un de ses serviteurs, se voyant près d'expirer, disait au prêtre qui l'exhortait à bien mourir : « Non , je ne mourrai point que je n'aie revu mon saint maître. » Le roi vint visiter son serviteur , et le malade consolé par ses douces paroles rendit tranquillement son dernier soupir.

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