‹ La France chrétienne;Chapitre 32 sur 48 · GÉNÉROSITÉ DE BAYARD · texte numérisé non relu

GÉNÉROSITÉ DE BAYARD

L'an 1512.

Bayard , cet illustre guerrier , surnommé le chevalier sans peur et sans reproche , fut redevable aux sentiments religieux dont il fut toujours animé, de cet esprit d'honneur et de généreuse délicatesse qui se révéla en lui par tant de beaux exemples. On relit toujours avec plaisir le trait suivant , que nous ont transmis ses historiens.

A la prise de Brescia en Italie par les Français , en 1512 , le chevalier Bayard reçut une dangereuse blessure , et fut transporté dans une maison ha-

bitée par une dame et ses deux filles, dont il reçut beaucoup de soins. Lorsqu'il fut guéri et qu'il se disposait à partir, cette dame vint le prier d'accepter une petite boîte renfermant 2500 ducats , que le bon chevalier n'accepta qu'après beaucoup d'instance ; puis , la priant de faire venir ses filles : « Voici , votre dame de mère , leur dit-il , qui m'a » donné 2500 ducats , je vous en donne à chacune » 1000 pour vous aider à vous marier, et pour » ma récompense, vous prierez , s'il vous plaît, » Dieu pour moi. » S'adressant ensuite à l'hôtesse : « Madame , je prendrai ces cinq cents ducats à mon » profit , pour les départir aux pauvres religieuses » qui ont été pillées et ont le plus souffert pendant » le siège , et vous en donne toute la charge, car » mieux entendez la nécessité que tout autre. »

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