CHARITÉ DE SAINT MARTIN
Quatrième siècle.
Saint martin , évéque de Tours, et l'apôtre des Gaules, fut un de ces hommes puissants en œuvres, que la Providence suscite ici-bas , comme les instruments de ses merveilleux desseins sur les nations. Né en Pannonie de parents idolâtres , il était dès Fâge de quinze ans soldat dans les légions romaines ; déjà il se distinguait entre tous ses compagnons par sa charité , sa douceur et la pureté de ses mœurs. Martin , prévenu par la grâce divine, s'était fait inscrire au nombre des cathécumènes ; et docile à ia voix du Ciel , il retraçait déjà dans toute sa conduite le portrait d'un véritable chrétien. L'historien de sa vie nous a transmis un trait touchant de sa charité envers les pauvres.
Un jour, rapporte Sulpice Sévère, comme il était en marche avec ses compagnons d'armes , au milieu d'un hiver très-rigoureux , Martin rencontra à la porte d'Amiens un pauvre presque nu qui demandait l'aumône. Personne encore n'avait songé à le secourir; pour lui, il fut touché de compassion; mais le pieux soldat, ayant distribué tout son argent, ne possédait plus que ses vêtements et ses armes. Que fera-t-il? Il prend son sabre , coupe son manteau en deux , en donne la moitié au pauvre, et s'enveloppe lui-même comme il peut avec l'autre moitié. A cette vue , les uns se mirent à Je railler; le» autres, frappés d'une si belle action , l'admirèrent en secret, se reprochant de n'avoir pas eux-mêmes secouru ce malheureux.
La nuit suivante , Martin eut une vision qui le combla de consolation et de joie. Jésus-Christ lui apparut couvert de cette moitié de vêtement dont il s'était dépouillé par amour de lui, et le jeune guerrier entendit l'Homme-Dieu dire à une troupe d'anges qui l'environnaient : a Martin, qui n'est encore que cathécumène , m'a revêtu de son manteau. »