‹ La France chrétienne;Chapitre 7 sur 48 · DÉSINTÉRESSEMENT ET SAINTE INTRÉPIDITÉ IMN SOLDAT CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

DÉSINTÉRESSEMENT ET SAINTE INTRÉPIDITÉ IMN SOLDAT CHRÉTIEN

Enflammé par cette céleste vision d'un nouveau zèle pour la gloire de Dieu , Martin demanda le baptême, et le reçut dans sa dix-huitième année. Il aurait voulu dès lors s'éloigner des drapeaux : cependant, à la prière de son tribun, qui l'aimait tendrement, il passa encore deux ans dans le métier des armes. Mais , tout occupé des obligations de son baptême, il n'avait plus guère de soldat que le nom , et il soupirait après le moment où il pourrait se consacrer entièrement au service du Monarque du Ciel.

Vers ce temps-là, les Germains ayant fait irruption dans les Gaules, on assembla les troupes pour marcher à leur rencontre. Martin donna alors un exemple de désintéressement et de délicatesse qu'on ne pouvait attendre que d'un soldat chrétien. Des largesses ayant été faites à chaque légion , à l'occasion de la guerre qui allait commencer , il eut la générosité de renoncer à des récompenses qui

supposaient une continuation de service et demanda que sa part fût donnée à quelque autre. Comme on lui reprochait d'agir par la crainte de la bataille qui devait se livrer Je lendemain, en demandant la liberté de se retirer, il répondit avec une sainte intrépidité : « Si c'est à des motifs de lâcheté qu'on attribue ma conduite, je demande à paraître à la tête de l'armée , sans armes , sans bouclier, sans autre défense que le nom de Jésus- Chrit et le signe de la Croix. Je me précipiterai ainsi au milieu de l'armée ennemie, dans les escadrons les plus épais. » On n'accepta point sa proposition : la nuit suivante les Barbares ayant demandé la paix, Martin obtint facilement sa liberté, et put se livrer dès lors tout entier au sublime apostolat pour lequel la Providence l'avait envoyé dans les Gaules.

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