‹ La France colonialeChapitre 102 sur 180 · Livre jaune, Affaires du Tonluit, Iro partie, p · texte numérisé non relu

Livre jaune, Affaires du Tonluit, Iro partie, p

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Bientôt la situation de nos nationaux et de nos protégés fut intolérable sur le fleuve Rouge. Les Pavillons-Noirs de Luu-Vinh-Phuoc devenaient de plus en plus dangereux et étaient appuyés sous main par les vice-rois du Kouang-Si et du Yunnan, M. Le Myre de Vilers, gouverneur de la Cochincbine, après maints avertissements adressés à la cour de Hué, dut écrire une lettre énergique au roi Tu-.Duc et envoyer à Hanoï le commandant Rivière.

Misi^ioii fie liivière. — rVoiivelIc prise de liauoï.

— Dans les instructions adressées au capitaine de vaisseau Rivière, le gouverneur de la Cochincbine insistait sur la prudence à suivre dans les relations avec les mandarins annamites et recommandait de n’avoir recours à la foi’ce qu’en cas d’absolue nécessité, « Toute ma pensée , disait-il, peut se résumer en cette phrase : Evitez les coups de fusil; ils ne serviraient qu’à nous créer des embarras. »

Malbeureusement les autorités indigènes se montrèrent aussi hostiles qu’au moment de la mission de Francis Garnier. Le commandant Rivière, ayant fait appel au concours de la compagnie de débarquement de la division navale et de la garnison d’IIaïpbong, réunit un petit corps de 600 hommes d’infanterie (450 hommes d’infanterie de marine, 130 marins, 20 tirailleurs annamites) et sept canons, plus trois canonnières. Le tong-doc (gouverneur) de Hanoï fut sommé de nous livrer la citadelle. Sur son refus, le 25 avril, l’assaut fut donné, après un bombardement pi’éparatoire de deux heures et demie, effectué par les canonnièi'es et l’artillerie de marine. La citadelle, attaquée à dix heures trois quarts par la face nord, était prise en moins d’une demi-heure. Nous n’avions que quatre blessés, dont le commandant d’infanterie de marine Bertbe de Villers. Les pertes des Annamites étaient considérables. Le lendemain, le tong-doc, craignant la colère de son souverain, se suicida.

La prise de la citadelle de Hanoï n’était ni dans les intentions du gouvernement métropolitain, ni dans celles du gouvernement de la Cochincbine. M. Le Myre de Vilers couvrit cependant son subordonné et écrivit au ministre ; « La destruction de la citadelle de Hanoï apporte un facteur nouveau dans nos négociations avec rAnnam. Peut-être auralt-on pu éviter d’en venir à cette extrémité, mais il faut tenir compte, dans l’appréciation des faits, des entraînements auxquels sont exposés les militaires, dont le principal objectif doit être riionneur du drapeau et la sécurité des troupes qu’ils commandent*. En même temps, 4, Livre jaune. Affaires du l'uukin, partie, p. 227.

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M. de Vilers protesta énergiquement, à Hué, contre la conduite des autorités indigènes de Hanoï. La citadelle fut remise aux Annamites, sauf la Pagode royale, où nous laissâmes une compagnie dans une position qui dominait tous les travaux ennemis.

L.e marcitiis <le Tseng;. — A Paris, le marquis de Tseng intervint et demanda le rappel de nos troupes. Il lui fut répondu par M. de Freycinet, ministre des Affaires étrangères, « que nous avions donné Tordre au gouvernement de la Cochinchine d’assurer Tapplication complète du traité de 1874, que les suites de l’action que nous entendions exercer dans cette vue concernaient exclusivement les deux Etats signataires et, qu’en conséquence, nous n’avions aucune explication à fournir au gouvernement chinois *. » Cette réponse montrait une fois de plus que « pas plus à Pékin qu’à Paris, nous ne devions permettre à la Chine de s’ingérer dans la politique que nous suivions en Indo-Chine ^ ».

Rien ne put engager la Chine, sollicitée par Tu-Duc, à modifier sa ligne de conduite au Tonkin. La cour de Hué, de son côté, armait des troupes et cherchait à exciter une révolte tlans la Cochinchine française, où M. Le Myre de Vilers fut obligé, avant son départ pour la France, de faire arrêter et interner à Poulo-Condore 150 individus compromis par leurs agissements.

IjC traité llourée. — M. Bourée, notre ministre à Pékin, pensa alors à prévenir un conflit imminent entre la France et le Céleste-Empire, et communiqua au ministère des Affaires étrangères un projet de convention qui, portant constitution d’une zone neutre à délimiter entre la Chine et TAnnam, cédait Laokay au Yunnan et contenait l’engagement, pour la France, de respecter la souveraineté territoriale de l’empereur d’Annam. Le projet de M. Bourée ne fut pas accepté par le gouvernement de la République et ce diplomate fut rappelé.

IVouvcIle conc|iiétc du Delta. — Cependant, au Tonkin, après la prise de la citadelle de Hanoï, le commandant Rivière avait fait occuper Hony-Guy, point important sur le golfe à cause des gisements de houille (ju’on y trouve. Pour assurer ses communications avec la mer, le chef de notre station navale se dirigea sur Nam-Dinh, où les Annamites préparaient des barrages. Le :25 mars, une petite flottille

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