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Ibid., p. 2li

L’hNDO-CHINE FRANÇAISE

débarqua le lieutenant-colonel Garreau avec quelques troupes. Le tong-doc de Nain-Dinli, sommé de se rendre à bord du Wmîver répondit par un refus. Le 20 fut employé à reconnaître la place. Le 27, à sept heures du matin, le bombardement commença par les canonnières et les pièces débarquées, dont le brave colonel Carreau, de l’infanterie de marine, rectifiait le tir quand il fut atteint au talon par un biscaïen. Le commandant Badens conduisit l’assaut contre la porte de l’est, enleva le redan, força le pont et enfonça la porte au moyen d’un pétard de dynamite. Les Annamites, au milieu desquels on crut leconnaitre des réguliers chinois, étaient en fuite. Nous avions deux blesses, l.e colonel Garreau mourut des suites de l’amputation de la jambe. '■

Le ministère français, tout en approuvant les faits accomplis, „ ne voulait pas encore s’engager à fond. Il ordonna au commandant Rivière de n’entreprendre aucune autre expédition a moins d’y etre absolument contraint pour la sécurité de ses troupes.

Cependant l’ennemi était toujours bien informé de nos mouveinents. Pendant la marche sur Nam-Dinh, Hanoï était attaque par 4 000 Annamites et Pavillons-Noirs qui profitaient ç U départ d une partie de nos forces. Dans la nuit du 26 au

mars, ils attaquèrent la Pagode royale, vigoureusement défendue par le capitaine Retrouvey. Une sortie de la garnison

V M P’a/tpafse, dirigée par le commandant Berthe

cle Villers, força nos adversaires à se réfugier sur la rive gauche du Song-Koï, où ils furent suivis et obligés à une retraite précipitée vers Bac-Ninh.

Mort de mvière. — Rivière revint le 2 avril à Hanoï. Les 1 aviIlons-Noirs se rapprochaient de nouveau de nos positions occupaient tous les environs, canonnaient nos cantonnements et pénétraient nuitamment avec une grande audace dans la ville marchande. Le commandant concentra ses forces, fit venir de Haiphong une partie de la garnison d’infanterie de nTJnm ^ l’amiral Meyer, commandant la station 1 ' ® quelques compagnies de débarquement.

opérations de détail

furent dirigées contre l’ennemi. Le 19, le commandant Rivière csolut de faire une sortie vers Pliu-Hoï, sur la route de Sontay, pour dégager la ville.

Deux compagnies d’infanterie de marine, les marins de la Viclo/ leuàe, du Vdlars, du Léopard et trois pièces de campagne

quittèrent Ilanoï à quatre heures du matin sous le commandement direct du chef de bataillon Berthe de Villers. Rivière accompagnait la colonne. L’action commença vers six heures du matin, près du marché de Can Giay, qui devait donner son nom à la rencontre, et nos soldats enlevèrent le pônt de Papier, jeté sur un arroyo qui coupe la route de Sontay. Notre artillerie ouvrit le feu contre les positions ennemies et nos troupes s’avancèrent, repoussant les Pavillons-Noirs. A ce moment tomba Berthe de Villers, frappé des blessures qui devaient l’emporter. Rivière pritalors-le commandement direct de la colonne. Malheureusement, l’ennemi, supérieur en nombre, s’efforça de tourner notre droite pour s’emparer du pont de Papier et nous couper de Hanoï. Ordre fut donné aux marins de la Victorieuse, engagés à Trung-TImng, de rétrograder. La retraite commença sous un ftu d’une extrême intensité. Le lieutenant d’infanterie de marine Iléral de Brisis est tué avec plusieurs soldats ; les lieutenants de vaisseau de Marolles et Clerc, de l’état-major, sont blessés. Bientôt le canon du Villars est compromis et tombe dans la rizière. Rivière pousse lui-même aux roues du canon avec l’aspirant Moulun pour le remettre sur la route et l’emporter. Le capitaine Jacquin, de l’infanterie de marine, l’aspirant Moulun, le commandant Rivière sont tués. Les Chinois se précipitent, décapitent les cadavres et ne s’arrêtent que devant le feu de l’échelon de retraite commandé par M. de Marolles, chef d’état-major, qui sauva le canon. La retraite continua et fut très pénible. Nos derniers soldats ne rentrèrent dans la Concession française qu’à neuf heures et demie du matin, suivis à distance par Jcs Pavillons-Noirs. Nous avions 30 morts et 55 blessés.

licnfoi'ts envoyés an Tonlcin. — La nouvelle de la mort du commandant Rivière impressionna douloureusement^ l’opinion' publique. Le gouvernement déposa sur les bureaux des Chambres une demande de crédits qui furent votés, l.e général Bouët, commandant supérieur des troupes en Cochinchine, reçut l’ordre de se rendre à •Hanoï et de prendre la direction des troupes. Une escadre nouvelle, la division navale du Tonkin, fut créée- et placée sous le commandomont du contre-amiral Courbet. Elle se composait de deux cuirassés, le Bayard et VAUüanie, du cioiseur le Chàleati-Hi'iiaiid, du Kersuint, du Ilanielin, du Parseral et du Drue. En même temps, la direction politique et administrative de rexj)édition fut donnée au docteur Harmand, ancien compagnon d’armes de Francis

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Garnier, et explorateur distingué de l’Indo-Chine, qui reçut le titre de commissaire général civil de la Itépiihlique

Quand le général liouët parvint à ilanoï, avec quelques renforts d’infanterie de marine envoyés de Saïgon et de la Nouvelle-Calédonie, et avec deux compagnies de tirailleurs annamites, la situation était grave. Dès les premiers jours de ari’ivee du général, les attaques des Annamites contre Hanoï et contre Haïphong, notre port de débarquement, furent vigoureusement repoussées. Il en fut de même k Nam-Dinh où commandait le chef de bataillon Badens. Les renforts expédiés P®/®"'",’' P®® i'Ji-’mamüe, le Mylho et la Saône portèrent I eilectif du corps expéditionnaire à 3 730 hommes environ v compris les tirailleurs annamites.

Le commissaire général civil, M. Harmand, arriva au Tonkin k la lin de juillet et s’entendit pour les opérations avec le général Bouet et l’amiral Courbet. Il fut décidé que l’escadre, avec des troupes de debarquement tirées de la Cochinchine, s’emparerait ^s forts de Thuan-An, situés à l’embouchure de la rivière de Hué, et s’efforcerait de pénétrer jusqu’à la capitale de l’Annam pour imposer un traité à la cour, tandis que le général Bouet reprendrait l’offensive au Tonkin.

Ex|téfli(ion sur Hué. — On apprit bientôt la mort du vieux souverain Tu-Duc, adversaire déclaré de l’influence francise, notre ennemi acharné depuis le début de notre intervention dans l’extrême Orient. Cet événement ne pouvait empêcher notre action contre l’Annam. L’amiral Courbet se rendit à Thuan-An avec le Baijard, VAtalanle, le Chateau-Renaud, lAi^namvte, le ürac, la Vipère et le Lynx.

reconnut la position des Annamites. Le 17 fut employé aux préparatifs. Le 18, à quatre heures de 1 apres-midi, le bombardement des forts annamites fut comnîencé. Le 20, nos troupes descendirent à terre. Les forts furent

^ B bat, nous n’avions 'que six

blesses. ^

Traité de protectorat avec l’Annam. — La cour de Hue sollicita aussitôt un armistice qui fut accordé.

M. Harmand, assisté de M. Palasne de Champeaux, administrateur des affaires indigènes, se rendit dans la capitale et imposa les conditions de la France. Elles furent acceptées par le tiaite du 25 août 1883. Ce traité reconnaissait entièrement notre protectorat sur l’Annam et le Tonkin, annexait la province de Binh-Thuan à la Cochinchine, nous donnait le droit

France colowiale. ’ 09

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d’occuper à titre permanent les forts de Thuan-An et plusieurs autres positions et ouvrait au commerce européen les ports de Tourane et de Xuanday. Un résident de France, installé à Hué, devait avoir le droit de voir le roi en audience personnelle. L’administration des douanes devait être remise entre nos mains et un traité de commerce spécial devait compléter les avantages consentis à la France par le traité politique.

Operations au Tonkin. — Au Tonkin les opérations militaires n’avaient pas été aussi heureuses. Le 45 août, le général Bouët s’était avancé en trois colonnes sur la route de Sontay et aval t rencontré l’ennemi fortement retranché au village du Vuong et dans les villages avoisinants. La colonne de droite, commandée par le colonel Bichot, soutenue par la flottille, tourna la gauche de l’ennemi. Au centre, le commandant Coronnat, chef d’état-major, s’avança de PIm-Hoaï sur la pagode de Noï et s’y maintint jusqu’au lendemain. La colonne de gauche, sous la direction du lieutenant-colonel Révillon, de l’artillerie de marine, après s’être avancée contre les positions des Pavillons- Noirs, se trouva en présence de retranchements d’une très grande force, défendus par de nombreux ennemis. Le colonel Révillon, après des efforts répétés, ordonna la retraite et rétrograda jusqu’au pont de Papier, où se trouvait le général Bouët.

La journée du 45 août fut considérée par la presse étrangère comme un insuccès. Cependant, si l’on considère l’effet obtenu, il faut reconnaître que cette affaire nous donnait de sérieux résultats, car le lendemain on constata que l’ennemi s’était retiré au village de Phung, à quatorze kilomètres au delà des lignes attaquées, pour défendre le passage du D(iy; il renonçait ainsi à inquiéter et à brûler Hanoï, comme il essayait de le faire depuis le 49 mai.

Prise de Haï-Dzuongr. — Quelques jours plus tard, le 49 août, Haï-Dzuong, ville d’une grande importance stratégique, une des clefs du Delta, tomba entre les mains du lieutenantcolonel Brionval qui s’était dirigé de Haïphong sur cette ville avec deux canonnières, 300 hommes d’infanterie de marine, 300 tirailleurs annamites et une demi-batterie. Il n’y eut qu’un combat insignifiant, et les Annamites se retirèrent abandonnant leur trésor, 450 canons et beaucoup d’armes. La prise de Haï-Dzuong empêcha les Chinois de s’établir dans cette place dont ils appréciaient la valeur : on le vit bien au mois de

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novembre, quand ils s’acharnèrent à l’attaque de la citadelle et du réduit que nous y avions installé.

A la suite des combats du 15 août, le général Bouët demanda des renforts, qu’il pensait devoir être d’une division complète. Le ministère de la Guerre envoya un régiment de marcbe, composé de deux bataillons de tirailleurs algériens et d’un bataillon de la légion étrangère, pendant que le département de la Marine autorisait l’amiral Courbet à mettre à terre ses compagnies de débarquement et expédiait un bataillon d’infanterie de marine et un bataillon de fusiliers-marins. Des armes étaient transportées pour armer les auxiliaires indigènes qui formèrent le noyau des deux premiers régiments de tirailleurs tonkinois.

Après la signature du traité du 25 août 1883, M. llarmand, commissaire général civil, retourna de Hué au ïonkin, où de graves diffîcultés ne tardèrent pas à naître entre le pouvoir civil et le commandement militaire. Le conflit arriva rapidement à l’état aigu, et, le 18 septembre, le général Bouët rentra en France. Pour cacher le véritable motif du retour du commandant des troupes, il fut décidé que le général viendrait à Paris en mission pour renseigner le gouvernement métropolitain sur les mesures militaires à prendre sur le Song- Koi.

Coniliat «le Phung. — Avant son départ le général Bouët avait livré le combat de Phung, le 1er septembre, où se distinguèrent nos soldats indigènes soutenus par une compagnie d’infanterie de marine et une section d’artillerie. Ils enlevèrentlespositionsoccupéespar les Pavillons-Noirs. Les Chinois profitèrent de la nuit pour battre en retraite. Les retranchements abandonnés par Luu-Vinh-Phuoc furent détruits et nos soldats rentrèrent à Hanoï, laissant à Ba-Giang, ou Palan, sur le fleuve Rouge, près de la naissance du Day, un poste fortifié pour dominer le cours d’eau et la route de SontayC

Intervention armée «les Cliinois. — Le colonel d’infanterie de marine Bichot prit le commandement au moment du départ du général Bouët. La situation militaire

1. Pendant toute cette période, nos officiers, secondés par le vicaire apostolique, Msr Puginier, s’efforçaient de retrouver les dépouilles mortelles de Rivière et de ses infortunés compagnons Le 8 octobre, on put ramener en France le corps du commandant Rivière, qui fut reconnu par M. Mondon, médecin de la marine, et celui du chef de bataillon Berthe de Villers.

était difficile; les Chinois, qui se décidaient à lever le masque, faisaient passer des réguliers au Tonkin, et se montraient à Sontay, Bac-Niuh et Néanmoins le colonel Bichot fit enlever et occuper JSinh-Binh.

Peu après, le commissaire général civil, M. Harmand, qui voulait établir à Quang-Yen un port de commerce important, s’entendit avec l’amiral Courbet, notre nouveau commandant en chef, pour installer dans cette place une compagnie d’infanterie de marine. Il pensait à prendre possession des lignes de Vung-Chuoa, dans le Tonkin méridional, sans attendre la ratification du traité du 25 août 1883, afin de couper les communications entre Hué et le delta du Song-Koï.

La nécessité de concentrer toute l’autorité entre les mains du commandement paraissait de plus en plus évidente. L’heure du gouvernement civil n’était pas encore venue, M. Harmand le comprit et demanda à rentrer en France. L’amiral Courbet réunit alors les pouvoirs diplomatiques, civils et militaires. Presque au même moment, le 17 novembre, le marquis de Tseng, ambassadeur de Chine à Paris, se décidait à notifier olficiellement la présence des forces impériales au Tonkin. Nous savions désormais qu’une lutte contre le Céleste-Empire se greffait sur notre action contre la cour de Hué.

Le 12 novembre, Haï-Dzuong fut attaquée par des Chinois et des Annamites. Le 17, la ville eut à repousser un nouvel assaut. Le capitaine d’infanterie de marine Berlin, secondé par l’adjudant Gescbwind, repoussa vigoureusement l’ennemi grâce au concours de deux canonnières, la Carabine et le Lynx.

Prise «le Sontay. — L’amiral Courbet reçut les renforts de France et d’Algérie et put aloj's disposer de 9 000 hommes. Il se décida aussitôt à marcher contre Sontay, situé à la naissance du Delta, où Luu-Vinh-Puoc et Hoang-Ké-Viem avaient leur base d’opérations contre Hanoï.

Deux colonnes furent constituées. La première (tirailleurs algériens, légion étrangère, un bataillon d’infanterie de marine, auxiliaires tonkinois, ime compagnie de tirailleurs annamites, trois batteries, 3 300 hommes environ) était sous le commandement du lieutenant-colonel Belin. La seconde (trois bataillons d’infanterie de marine, bataillon de fusiliers marins, trois compagnies de tirailleurs annamites, quatre batteries, environ 2 000 hommes) était dirigéepar le colonel Bichot, commandant supérieur des troupes. La flottille devait appuyer les opérations.

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Depuis l’arrivée du commandant Rivière au Tonkin, l’ennemi n’avait pas cessé d’accumuler les travaux autour de la citadelle de Sontay.

Le 13 décembre, les deux colonnes françaises se trouvaient réunies à proximité de leur objectif. Le 14, le corps expéditionnaire se mit en marche, le lieutenant-colonel Belin à gauche, le colonel Bichot à droite, et se concentra à la pagode de Thien- Loc; la flottille suivait à petite vitesse, sans dépasser la tète des troupes.

L amiral Courbet reconnut les positions ennemies avec le colonel Bichot, commandant supérieur des troupes, le lieutenant-colonel Belin et le lieutenant-colonel Révillon, commandant de I artillerie. D après la disposition des ouvrages chinois, il décida de s’appuyer sur le fleuve, tant pour avoir une hase d’opérations solide, surtout avec le concours des canonnières, que pour échapper à toutes les difficultés d’approvisionnement en vivres comme en munitions. C’est aussi vers ce point que la porte nord-est de l’enceinte était le plus accessible.

Le commandant en chef fit avancer sur la branche sud de la digue qui relie Thien-Loc aux ouvrages de Phu-Sa les bataillons Dulieu et Reygasse (infanterie de marine), sur la branche nord les bataillons Roux et Chevalier (infanterie de marine). Vers dix heures et demie les avant-postes et les premiers ouvrages de l’ennemi étaient enlevés et nos soldats s’établissaient au village et à la pagode de Linh-Chien, situés à 5 ou 600 mètres des lignes de Phu-Sa dont le feu très vif gênait beaucoup nos mouvements. L’artillerie du corps expéditionnaire établie à Linh-Chien et l’artillerie de la flottille battirent alors Phu-Sa et réduisirent les pièces chinoises au silence.

Cependant les défenseurs de Sontay cherchèrent à opérer une diversion sur notre gauche, mais ils furent repoussés par une portion du bataillon Dulieu, le bataillon Reygasse et le bataillon Donnier (légion étrangère), envoyé comme renfort. Pendant toute la journée ce côté du champ de bataille fut le théâtre d un combat indécis tandis que l’action principale se passait au nord, sur notre droite.

Sur ce point, au nord de Linh-Chien, le bataillon Jouneau (tirailleurs algériens), resté en réserve à Thien-Loc, se porta en avant, a droite des bataillons Roux et Chevallier, ce dernier se reliant au bataillon Dulieu. Les tirailleurs algériens arrivèrent jusqu à 400 mètres environ de la digue de Phu-Sa et prirent position derrière une haie de bambous. La flottille et trois batteries d’artillerie cherchaient à préparer l’assaut par leurs

obus. Vers quatre heures, le lieutenant-colonel Belin, qui dirigeait plus particulièrement l’opération sur ce point, (lemaucla l’autorisation d’attaquer et lança les tirailleurs algériens. Ceux-ci se précipitèrent avec furie. L’ennemi fait une résistance acharnée : chassé de la digue, il se retire derrière une barricade ; deux fois les tirailleurs algériens tentent l’assaut, deux fois ils sont repoussés. La nuit approchait. Le colonel Belin, d’accord avec l’amiral et le colonel Bichot, commandant supérieur, s’établit solidement sur les positions conquises qu’il fit fortifier.

La nuit du 14 au 15 fut employée par le colonel Bichot à réapprovisionner en munitions les difféi-ents corps et à faire une distribution aux troupes qui n’avaient pas eu le temps de manger depuis le matin.

Pendant la journée du 15, on occupa les retranchements abandonnés par l’ennemi.

Le 16, au jour, l’amiral, accompagné des colonels Bichot, Belin, Badens et llévillon, reconnut les positions ennemies et résolut de diriger une fausse attaque vers la porte nord de la citadelle où les Chinois avaient accumulé leurs plus puissants moyens de défense et de diriger le principal assaut contre la porte de l’ouest.

Quant à l’opération principale elle fut préparée par le bombardement lent et méthodique de la porte ouest et de la ville par la flottille et l’artillerie du corps de débarquement; Vers dix heures du matin, le commandant Dulieu avec ses légionnaires s’établit au hameau de Ha-Traij, dans des maisons situées à 300 mètres environ de la porte ouest, et pendant toute la journée, soutenu par les fusiliers-marins, il gagna incessamment du terrain. A cinq heures, nos premières lignes de tirailleurs n’étaient plus qu’à 100 mètres du fossé. L’amiral commande l’assaut, l’artillerie cesse son feu. La légion étrangère court vers la porte murée, le commandant Laguerre et ses marins, la compagnie Bauche, du bataillon Dulieu, vers la poterne de droite. Les troupes désignées pour rester en réserve trépignaient d’impatience et le colonel Bichot était obligé de Se multiplier pour les empêcher de suivre leurs camarades. Malgré le feu de l’ennemi, malgré les obstacles accumulés, le soldat Minnaert de la légion étrangère, le quartier-maître Le Guirizec des fusiliers-marins, le caporal Mouziaux de l’infanterie de marine pénétrèrent les premiers dans la place et furent immédiatement suivis de masses nombreuses. A cinq heures quarante-cinq, l’amiral et son état-major pouvaient

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entrer dans la ville. L’ennemi fuyait en désordre, protégé par la nuit : il n’essayait même pas de défendre la citadelle qui fut occupée le lendemain.

Les pertes des Pavillons-Noirs ont été de plus de 1000 hommes tués; ils abandonnèrent plus de 100 canons, des armes, des munitions et la correspondance de Luu-Vinh-Phuoc. De notre côté, nous avions 83 tués dont 4 officiers, et 319 blessés dont 22 officiers.

Il faut encore îles renforts. — Si important que fût notre succès, il ne pouvait pas terminer la guerre : la plus grande partie du delta du Song-Koï restait encore entre les mains de nos adversaires avec les places fortes de Bac-Ninh et de Hong-Hoa. Plus loin, dans la région montagneuse, était Langson et, sur le haut fleuve Rouge, Laokay. La Chine ne se sentait pas assez frappée pour renoncer à la suzeraineté sur l’Annam et pour consentir à nous avoir comme voisins. De son côté, la cour de Hué, voyant le Géleste-Empire s’engager à fond dans la lutte, ne cessait de nous créer des difficultés. L’oligarchie des lettrés et le parti militaire, souvent divisés entre eux, s’entendaient contre nous. Le malheureux successeur de Tu- Duc, Iliep-Hoa, coupable d’avoir subi le traité Harmand et d’avoir essayé de s’appuyer sur nous, fut empoisonné et remplacé par un jeune homme de quinze ans, Kien-Phuoc, intronisé sans notre participation (2 décembre 4883). Notre résident à Hué, M. de Champeaux, qui avait rompu les relations diplomatiques, était menacé à la légation. Pour parer à toutes les éventualités, la garnison de Thuan-An fut renforcée. M. Tricon, ambassadeur de France en Chine, se rendit à Hué. Les régents parurent se soumettre et, pour le moment, une tranquillité apparente régna dans la capitale.

L’amiral Courbet aurait désiré marcher sur Hong-Hoa aussitôt après la prise de Sontay. La baisse des eaux ne le permit pas. Il dut se borner à quelques expéditions de détail pour purger le pays des bandes de pillards qui l’infestaient. D’un autre côté, le gouvernement français ne pouvait se dissimuler que les forces envoyées au Tonkin étaient insuffisantes pour la tâche qui leur incombait. Une brigade de renfort fut envoyée avec le général de division Millot qui eut comme brigadiers les généraux Brière de l’Isleet de Négrier. L’effectif du corps expéditionnaire s’élevait maintenant à environ IGOOO hommes.

L’amiral Courbet en remit le commandement à son succès-

seur le 42 février 1884. Il conservait la direction de l’escadre et mit son pavillon sur le Bayard.

Prise fie Bac-l\inb. — Le général Millot dirigea d’abord ses opérations contre Bac-Ninh, ville située à 35 kilomètres de Hanoï, près du Song-Cau et du canal des Rapides, point stratégique bien choisi, dominant les routes de Thai-Nguyen, Langson et Haï Dzuong. Pendant la concentration du corps expéditionnaire, un bataillon de la légion étrangère s’établit aux Sept pagodes, dans l’angle formé par le Song-Cau et le canal des Rapides, et repoussa deux attaques des Chinois qui voulaient reprendre celte position dont l’occupation nous permettait d’entrer dans le Song-Cau avec les canonnières de la flottille.

Les Chinois avaient multiplié les forts autour do Bac-Ninh et avaient établi des travaux de défense sur les deux voies par lesquelles notre armée était attendue, la route de Hanoï et le cours du Song-Cau. L’enlèvement de ces ouvrages, par une marche directe, aurait entraîné de grands sacrifices d’hommes, le général Millot préféra tromper l’attente do l’ennemi, prendre ses positions à revers et menacer sa ligne de retraite, en concentrant tout le corps expéditionnaire au confluent du canal des Rapides et du Song-Cau pour faire tomber la place sous l’clïort combiné des deux brigades et de la flottille remontant le Song-Cau,

Le 7 mars, le Mousqueton prit le contact avec l’ennemi, et la première brigade, venue de Hanoï, passa sur la rive gauebe du fleuve Rouge. Cette opération fut terminée le lendemain à buit heures. Pendant que les troupes se dirigeaient vers le marché de Clii où elles devaient rencontrer la brigade de Négrier, partie par eau de Haï-Dzuong, le commandant Morel- Beaulieu avec les canonnières nous assurait la possession des voies fluviales et faisait évacuer les positions ennemies du canal des Rapides. Ces opérations prirent les journées des 7,8, 9 et 40 mars. Le 11, les deux brigades se trouvaient sur la rive gauche du canal des Rapides et les Chinois se retiraient sur le Trung-Son, massif montagneux de 350 mètres d’altitude, situé au sud-est de Bac-Ninh. Toutes les positions des Impériaux tombèrent les jours suivants entre nos mains, presque toujours enlevés par des mouvementstournanls, soigneusement préparés par le feu de l’artillerie. La flottille, sur notre droite, détruisait les Ijarrages et s’avançait sur Bac-Niidi par le Song-Cau. Le Trung-Son tomba entre les mains de la première brigade pen-

L’ I N DO-C II I N li Fil ANC A IS lî

dant que le général de Négrier et la flottille s’emparaient de Dap-Caii sur la rivière et coupaient aux Chinois la route de Bac-Ninh. La prise du fort de Dap-Cau, le plus important des quatre ouvrages qui protégeaient les abords de la place, amena l’évacuation des autres retranchements et même celle de la ville. L’ennemi débandé était en pleine déroute et les fuyards se dirigeaient, par un détour, sur les routes de Langson et de Thai-Nguyen. Bac-Ninh était pris (12 mars).

Dans la place nous trouvâmes une centaine de canons, dont ])lusieurs batteries Krupp, des fusils à tir rapide et de nombreux étendards.

Pendant la marche sur Bac-Ninh nous avions perdu 8 tués, dont 1 officier, et 39 blessés.

Après la prise de Bac-Ninh, le général de Négrier poussa une pointe sur la route de Langson, chassant devant lui ks réguliers du Kouang-Si et les battant à Plm-Lang-GiaiKj et à Lang-Kep. De son côté le général Brière de l’isle s’empara de } en-Tké et de Thai-Nguyen. Le corps expéditionnaire rentra alors à Hanoï pour préparer la marche sur Hong-Hoa.

Prise de iiouj;;r-Hoa. — Le 10 avril, chassés de retranchement en retranchement, les Célestes abandonnèrent Hong- Iloà et prirent la fuite après avoir incendié la ville. Le 13 avril, à une heure de l’après-midi, un bataillon entrait dans la citadelle où nous trouvâmes une trentaine de canons. L’ennemi avait fui devant le mouvement de la brigade Brière de l’isle et devant le bombardement lent et précis de nos canons; il n’avait pas songé à défendre la ville qui est cependant très forte. Nous avions un tirailleur algérien blessé, cinq hommes dont trois artilleurs, et onze coolies noyés.

Deux colonnes légères poursuivirent les Chinois. Le commandant Coronnat rasa la citadelle de Dong-Van, évacuée par nos adversaires. La place de Phu-Lan-Tao tomba également entre nos mains.

La période active de la conquête paraissait terminée.* Le général Millot s’attacha alors à l’organisation du pays et à la création de deux régiments de tirailleurs tonkinois. Quant aux troupes, elles procédèrent à une série d’opérations de détail dont la plus importante fut, le t®*' juin 1884, l’occupation de luycn-Quan, place ({ui domine le cours de la rivière Claire, affluent du fleuve Bouge.

L,e traité Fournier. — On put croire bientôt que la Chine allait se décider à la paix. Un peu avant que nous nous

établissions h Tiiyen-Onan, le grand mandarin Li-IIung-Ghang, vice-roi du Pé-tclié-Jji, qui avait engage' des négociations officieuses avec le capitaine de frégate Fournier, venait de signer le H mai, avec l’autorisation de la cour de Pékin, le premier traité de Tien-Tsin. Ce traité portait que la France respecterait et protégerait contre toute agression d’une nation quelconque et en toutes circonstances, les provinces méridionales de la Chine, limitrophes du Tonkin. De son côté le Géleste- Empire s’engageait à retirer immédiatement sur les frontières les garnisons chinoises du Tonkin; à respecter, dans le présent et dans l’avenir, les traités directement intervenus ou à intervenir entre la France et la cour de Ilué. C’était dire, sans l’exprimer, que la Chine renonçait à la suzeraineté qu’elle avait revendiquée sur l’Annam et qui était la cause première du conflit entre Paris et Pékin. Le principe d’une indemnité de guerre due par le Céleste-Empire était admis, mais la France déclarait en faire remise à cause de l’attitude conciliante du gouvernement chinois et de son négociateur. L’indemnité devait être remplacée par des facilités accordées au libre trafic sur les frontières du 'fonkin et par des avantages particuliers à consentir par un traité de commerce à intervenir. Un quatrième article disait que le gouvernement français s’engageait à n’employer aucune expression de nature à porter atteinte au prestige du Céleste-Empire dans la rédaction du traité définitif qu’il allait signer avec l’Annam et qui abrogerait les traités antérieurs relatifs au Tonkin.

Tout paraissait devoir aboutir à la paix. Des dates pour l’évacuation du Tonkin par les Impériaux avaient été fixées et notifiées au général Millot et aux commandants chinois. Malheureusement, le parti de la guerre, ennemi de Li-Hung- Chang, parvint à ressaisir l’influence à Pékin et un conflit éclata sur la route de Langson, à Bac-Lé, entre les réguliers du Kouang-Si et une faible colonne française.

surprise de Bac-l^é. — Confiant dansla signature du traité de Tien-Tsin, le gouvernement métropolitain avait ordonné au général 3Iillot d’envoyer le bataillon de fusiliers marins à Madagascar et le bataillon de tirailleurs annamites h. Saïgon. Le général en chef ne tarda pas à vouloir prendre possession des villes qui devaient être évacuées par les Chinois. Le lieutenant-colonel Dugenne, avec huit cents hommes environ, se dirigea sur Langson par la route mandarine.

Le 23 juin 1884, le détachement était arrivé au delà de

L’LNDO-GIIINE FnANÇATSE

Bac-Lé qnanrl il se trouva en présence des réguliers chinois qui l’accueillirent à coups de fusil. Puis un parlementaire se présenta, porteur d’une lettre des mandarins militaires. Us déclaraient ne pas vouloir violer le traité de Tien-Tsin, mais ils refusaient de se retirer sous prétexte qu’ils n’en avaient pas reçu l’ordre. Le commandant Crétin, chef d’état-major, entra en pourparlers avec les envoyés des mandarins. L’entrevue n’eut aucun résultat et le colonel Dugenne fit avertir les Chinois qu’il allait reprendre sa marche.

Une heure plus tard notre avant-garde se mit en mouvement et se heurta contre les réguliers. Le combat s’engagea et dura jusqu’à la fin de la journée. Le 24 juin il recommença à huit heures du matin. L’ennemi, profitant de sa supériorité numérique, nous entoura de toutes parts. Le lieutenant-colonel Dugenne ordonna la retraite, s’arrêta à Bac-Lé jusqu’au lendemain et rétrograda jusqu’à une forte position défensive où il attendit les renforts que lui conduisit le général de Négrier. Il put alors rentrera Hanoï. Peu de temps après le général Millot demanda à rentrer en France et laissa le commandement au général Brière de l’Isle.

Le gouvernement de la Répulilique demanda satisfaction à la Chine et donna des instructions en ce sens à notre ambassadeur, M. Patenôtre. Pour appuyer les observations de notre ministre plénipotentiaire, l’amiral Courbet reçut l’ordre de prendre le commandement supérieur de nos deux divisions navales de l’extrême Orient dont l’une avait pour chef le contre-amiral Lespès.

Difficiiltcs a%'ec l’itnnam. — Il faut maintenant nous reporter à Hué et dire quelles étaient nos relations avec l’Annam. Nous avons laissé notre récit au départ de M. Tricon après l’avènement de Kien-Phuoc. Le cabinet français chargea M. Patenôtre, qui se rendait à Pékin, de s’arrêter à Hué pour modifier quelques clauses du traité Harmand. A la suite d’un ultimatum, les régents annamites signèrent une nouvelle convention le 6 juin 1884. Les modifications apportées par le traité Patenôtre au traité Harmand sont assez profondes. Le Binh-Thuan est rétrocédé à l’Annam, les trois provinces méridionales du ïonkin, celles de Tlianh-IIoa, du Nghé-An et de fJatinh, sont rattachées à l’Annam. Cette concession est à regretter, car ces dernières provinces ont toujours fait partie du Tonkin; elles sont habitées par des populations remuantes, elles sont dévouées à l’oligarchie des lettrés et elles ont besoin

d’être activement surveillées. Par contre, le nouveau traité donnait au résident français et à son escorte le droit de séjour dans l’enceinte de la citadelle de Hué.

A peine M. Patenôtre avait-il quitté l’Annam, après s’être fait remettre et avoir détruit le sceau impérial, signe de la suzeraineté de la Chine, donné autrefois à Tu-Duc, que le roi Kien-Phuoc mourut prématurément, le 31 juillet 1884, comme son malheureux prédécesseur lliep-Iloa. Les régents s’empressèrent d’appeler au trône un autre enfant, Ung-Lich, jeune homme de quatorze ans, frère du monarque défunt. En vain 31. le lieutenant-colonel Rheinart, notre résident, fit-il remarquer au premier régent Nguyen- Van-Tuong, que son conseil ne pouvait, par suite du traité de protectorat, nommer un roi sans l’intervention du gouvernement de la République. Il ne fut pas écouté. M. Rheinart ne pouvait laisser un tel précédent s’établir sans protester et avertit le général Millot. Celui-ci envoya immédiatement à Hué son chef d’état-major, le lieutenant-colonel Guerrier, avec un bataillon et une batterie. Le 12 août, un ultimatum fut remis au conseil de régence : nous exigions une lettre demandant l’autorisation d’élever au trône le prince Ung-Lich. Grâce à la fermetçdes colonels Rheinart et Guerrier, la cour fit sa soumission et, le 17 août, la mission française pénétra dans le palais royal par la porte du milieu pour assister à la première réception du nouveau souverain. Ce détail d’étiquette avait une importance capitale, car, seules, les ambassades du Céleste-Empire avaient joui de cet honneur quand elles apportaient au roi d’Annam l’investiture du Fils du Ciel. Aux yeux d’un peuple aussi formaliste, nous montrions une fois de plus que nous entendions jouir des droits de suzerains.

Difficultés avec le €amB>oflg:e. — Dans le Cambodge, le gouvernement de Norodon ne s’inspirait guère des idées de l’administration française. Il ne considérait en toutes choses que l’intérêt personnel du prince et ne semblait pas se douter que les rois sont faits pour les peuples et non les peuples pour les rois. Aussi les dépenses de la cour s’élevaient-elles chaque année, le monarque ajoutant au luxe asiatique les dépenses du bien-être de l’Europe : la magnifique contrée soumise à notre protégé soutirait de cet état de choses et aucune réforme ne lui était appliquée. Nos gouverneurs de la Cochinchine insistaient vainement [)Our obtenir quelques modifications heureuses dans la direction des affaires. Norodon promettait, signait des traités, mais ces actes restaient à l’état de lettre morte. Une ordon-

L’INDO-CHINE FRANÇAISE

nance royale, signée en 1877, prononçait l’abolition de l’esclavage; elle n’était pas appliquée. 11 avait fallu imposer plus d’une fois notre volonté pouf empêcher la contrebande des armes de guerre, de l’opium, obtenir l’extradition de malfaiteurs, etc. Bref, la situation devint intolérable. Devant un dernier refus du roi de consentir à l’établissement d’une uniondouanière entre le Cambodge et les autres parties de l’Indo-Ghine française, M. Thomson, gouverneur de la Cochinchine, se transporta à PImiim-Penh avec quelques troupes et obligea, le 17 juin 1884, Norodon à signer un dernier traité. Par l’article premier, le roi accepte toutes les réformes administratives, judiciaires, financières et commerciales, que la République française jugera utile de proposer pour faciliter l’exercice de son protectorat. Le résident de Phnum-Penh prit le titre de résident général; il eut le pouvoir d’établir les comptes de chaque exercice. Chef de tous les services, il eut la surveillance des mandarins cambodgiens. Les finances furent placées sous la direction d’agents français.

Enfin l’abolition de l’esclavage fut de nouveau prononcée et la propriété individuelle constituée, la terre cessant d’être la propriété exclusive du/oi.

La convention du 17 juin 1884 est une véritable révolution qu’il nous appartiendra de diriger pour en faire sortir tous les heureux résultats. Nous y arriverons en agissant avec prudence et en amenant chaque réforme à son heure. Le roi’ Norodon, sous la pression de quelques individus de son entourage, lésés dans leurs intérêts particuliers par l’intervention de plus en plus directe de la France dans le gouvernement du Cambodge, essaya d’empêcher par des protestations la ratification de la convention du 17 juin. Il ne fut point écouté, et cet acte, ratifié par le Parlement, est devenu obligatoire poulies deux parties contractantes.

Il a toutefois été appliqué avec beaucoup déménagements*.

Ainsi donc, au moment où nous sommes arrivés dans notre récit, c’est-à-dire vers le milieu de l’année 1884, nous trouvons que la Chine, après avoir signé le traité de Tien-ïsin, manque à sa parole sous la pression du parti militaire et oblige la France à continuer la guerre pour tirer vengeance du guetapens de Bac-Lé. L’Annam, après une tentative d’alfranchisseT ment, marqué par l’intronisation à demi secrète du nouveau roi Ung-Lich, est obligé de reconnaître le protectorat et d’ob-

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