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tenir l’autorisation du général Millot pour régulariser la situation de son souverain. Enfin le Cambodge est contraint de consentir a l’extension de notre action sur les bords du Mékonsr.
0|ici*a<ious fie l'amiral Courbet- — Notre adversaire le plus puissant était toujours le Céleste-Empire. C’est aussi contre lui que furent portés les coups les plus vigoureux. L’amiral Courbet, sur les ordres venus de Paris, sc proposa un double but ; saisir, à titre de gages Kélung et Tanisui, ports septentrionaux de l’île de Fonnose, importants à cause de leurs mines de houille, et détruire l’arsenal maritime de Fou- Tchéou, à l’embouchure de la rivière Min. L’amiral Courbet, laissant à son lieutenant, l’amiral Lespès, le soin d’atteindre le premier but, se tint embossé, depuis le IG juillet, devant Fou-Tchéou. Les négociations engagées avec la Chine lui imposèrent une longue inaction. Elles échouèrent et, le 22 août, il reçut l’autorisation d’agir.
Le plan de l’amiral, longuement médité, avec cette méthode et cette science qui ont caractérisé toutes les opérations de ce vaillant officier général, trop tôt enlevé aux légitimes espérances de la France, était d’une hardiesse extrême. Dès le jiremier jour, il était entré dans le Min et avait dépassé les défenses élevées par les Chinois pour empêcher l’accès du fleuve. Il se coupait ainsi toute retraite en cas d’insuccès et se condamnait à vaincre pour regagner la haute mer.
Itoiiibardemeiit «le Fou-Tcliéoii. — Le 22 août, aussitôt après la réception des ordres de combat, l’amiral Courbet lit amener le pavillon du consulat français et prévint de l’ouverture des hostilités les autorités chinoises et les consuls étrangers. Il disposait dans le Min, du Volta, portant son pavillon, du Duguay-Trouin, du d'Estaing, du Lynx., de la Vipère., de V Aspic et des torpilleurs 45 et 46, à l’entrée du fleuve, où ils ne pouvaient pénétrer à cause de leur tirant d’eau, du Villars et de la lYiomphante et au mouillage de Quantao, du Château- Renaud et de la Saône.
Les Chinois avaient 23 bâtiments, le Yang-Ou, le Tchen- Hang, le Yong-Pao., le Fou-Po, le Fey-Yune, le Tsi-Ngan, le I-Sing, le Tchen-Ouëi., le Fou-Sing, le Fou-Sheng, le Kieu^ Sheng et 12 grandes jonques de guerre.
Le 23 août, les opérations commencèrent avec le flot, vers deux heures de l’après-midi. Dès le début, les torpilleurs 45 et 46 s’élancèrent sur le Fou-Po et le Yang-Ou et les coulèrent. En même temps V Aspic., la Vipère, le Ejnx attaquèrent les
L’INDO-CHINE FRANÇAISE SU
Dfitiments qui se trouvaient devant l’arsenal, tandis que le Üuguay-Trouin, le Vitlars et le d’Estaing devaient réduire les trois derniers navires chinois, battre les jonques de guerre et les batteries de terre qui dominaient l’arsenal. Ce plan fut exécuté avec un ensemble parfait : une demi-heure plus tard, il ne restait plus que les débris de la flotte chinoise. Elle avait perdu 22 navires en y comprenant les jonques de guerre et 2 000 ofliciers et matelots. Les bateaux-torpilles chinois, qui paradaient les jours précédents autour de nos bâtiments, avaient disparu avant l’action et s’étaient retirés, les uns dans le haut du fleuve où le tirant d’eau de nos canots à vapeur ne permettait pas de les poursuivre, les autres dans l’arroyo de la douane où ils furent rejoints et détruits. Le feu des batteries de l’arsenal et de la pagode de l’île Losing était éteint également.
Le 24, après avoir achevé la destruction des jonques, des épaves en ignition et des brûlots, le commandant en chef poursuivit le bombardement de l’arsenal et bouleversa la fonderie, l’ajustage, l’atelier de dessin, un croiseur en construction. La destruction complète de l’établissement ne put avoir lieu; il aurait fallu pour cela des obus de 24 centimètres ou du moins de 19 centimètres, et on ne pouvait amener à portée le Duguay- Trouin et la Triomphante, qui possédaient seuls des canons de ce dernier calibre.
La flotte chinoise, coulée ou brûlée, les premiers établissements de l’arsenal détruits en partie, notre escadre devait descendre le Min sur un parcours de douze milles et démanteler les ouvrages établis sur les rives. L’opération était d’autant plus périlleuse que, sur deux points, aux passes de Mingan et de Kinipat, le fleuve se resserre, sa largeur est réduite à 4 ou 500 mètres, la navigation est difficile, et que des fortifications avaient été élevées par l’ennemi. Heureusement le plan audacieux de l’amiral nous permettait de prendre à revers la plupart des batteries, construites en vue de défendre l’entrée de la rivière et non d’empêcher la sortie d’une flotte victorieuse.
Le 25, les compagnies de déhdirquemeni du Duguay-Trouin, de la Triomphante, du d’Estaing et du Vülars furent mises à terre pour détruire des batteries chinoises. Le bombardement des forts par l’escadre continuait.
Le 26, les batteries de la passe Mingan furent bouleversées et le 27, à deux heures et demie, tous les bâtiments avaient rallié la Saône et le Château-Renaud, restés en dehors de la passe de Kimpdi. Ces deux bâtiments avaient fait évacuer le camp de Qaantao et empêché l’établissement d’un barrage
dans la passe. Les jonques chargées de pierres, disposées dans ce but, avaient été rangées sur la rive. Elles furent détruites par la Vipère et V Aspic, malgré le feu du camp retranché de Kimpaï.
Les opérations continuèrent le 28, dès le point du jour, et, après avoir réduit au silence plusieurs ouvrages, soit par l’action de l’artillerie de l’escadre, soit par celle des compagnies de débarquement, l’amiral Courbet franchit heureusement la passe de l’ile Salamis, où il craignait de trouver des torpilles.
Le 29, dès le commencement dü flot, les bâtiments sortirent du Min sous la protection du Duguay-Trouin et de la Triomphante pour rallier le mouillage de Malsou.
Nos pertes ne s’élevaient qu’à 10 tués, dont 1 officier, le lieutenant de vaisseau Bouët-àVillaumetz, et à 45 blessés, dont 6 officiers.
Le bombardement de Fou-Tchéou devait causer à la Chine une perte de 25 à 30 millions de francs.
Opérations clans l’îlc Formose. — L’amiral Courbet avait également été chargé de s’emparer, à titre de gage, des ports de Kélung, de Tamsui et des mines de houille qui les avoisinent dans l’île de Formose. Il avait chargé l’amiral Lespès, son lieutenant, de cette opération. Dès le 3 août, le Villars, le La Galissonnière et la canonnière le Lutin étaient devant Kélung; le 5, le port était bombardé, et les compagnies de débarquement détruisirent une partie des fortifications de l’ennemi. L’escadre avait ensuite rallié le pavillon de l’amiral Courbet pour prendre part à l’attaque de Fou-ïchéou,
Ce ne fut qu’après la destruction<le la flotte chinoise que les opérations furent conduites avec vigueur contre les ports septentrionaux de Formose, quand les bâtiments de l’amiral Courbet purent joindre la division de l’amiral Lespès, et qu’un petit corps de débarquement, formé d’un régiment de marche d’infanterie de marine et de trois batteries d’artillerie, fut mis à la disposition du commandant en chef.
Le 2 octobre, les troupes débarquées la veille, sous la protection de l’escadre, occupèrent le morne Saint-Clément, et les jours suivants les forts qui dominent Kélung. La place fut enlevée et les ouvrages ennemis retournés. Malheureusement, l’amiral Lespès était moins favorisé de la fortune devant Tamsui, où une tentative de débarquement échoua le 2 octobre. L’elïectif des troupes mises à la disposition de l’amiral Courbet était insuffisant pour garder à la fois Kélung et renouveler l’attaque de Tamsui. Il se contenta de garder la première de
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ces villes. Nos positions à terre furent même attaquées à plusieurs reprises, et, malgré l’arrivée de renforts, nos soldats turent presque constamment réduits à la défensive, faisant parfois des sorties heureuses, mais ne gagnant que peu de ter- ^ n. La mauvaise saison fut cause de maladies qui éprouvèrent beaucoup le corps expéditionnaire.
Tonicin. - Au Tonkin, le général Brière de 1 Isle, successeur du général Millot, avait trouvé une situation assez embarrassée à cause des intrigues et des agissements des legents annamites. Des bandes de pirates profitfient de l’éta^ trouble du pays pour piller les villages et durent être poursui- ™ par nos colonnes, surtout par les tirailleurs tonkinois nui venaient d etre organisés et étaient particulièrement aptes à
europle^ns.''" " ‘‘"■““on de cadres
Le général Brière de l’Isie allait avoir à repousser des attaques plus serieuses, celles des forces du Kouang-Si. Les
WmréfT* l’ennemi se produisirent sur le Loch-
*i» et furent repoussees par nos canonnières. Le commandant aussitôt ses dispositions pour repousser les assailants et envoya vers le nord quatre colonnes qui, sous le comnandement supérieur du général de N.égrier, s’emparèrent des
Znes^d? ■"«■"«.temps les
oupes du Yunnan s avançaient par la rivière Claire sur
Tuyen-Quan, d ou elles furent repoussées. Une colonne dirigée
par le colonel Duchesne, nettoya le pays. Par ces opérations
liions vadéT’* “'‘a'*! «t nous débarrasi
sions la vallee supérieure du Song-Koï des bandes du Yunnan.
i^iA**!® "«“"•«'«é anglais. — Les opérations mili¬
aires devant Formose étaient gênées par les maladies et
la mousson de nord-est. D’un autre côté, l’Angleterre en presence de la prolongation des hostilités, promulgua le
rlvUnUllr ér** belligérants de
se ravitailler en vivres, munitions et charbon dans les posses-
sions britanniques. Cette mesure nous était beaucoup plus nré-
f Célestes. Pour parer à la fermeture des ports
anolai^ le puvernement français établit des dépôts de char-
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mesure que nous devons continuer en vue de certaines éven-
dlît devkiîe r*"""'- f"l alors investi du
droit de visite des navires neutres.
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Coiirlict fait sauter les navires cliinois. — L’amiral Courbet demandait en même temps de bloquer le Pé-tché-li, afin de gêner le ravitaillement de la Chine septentrionale et d’empêcher le riz, qui constitue la plus grande partie de l’impôt des provinces, d’arriver à Pékin. En attendant cette autorisation, il se mit à la recherche d’une division chinoise de cinq navires, sortie du Yan-tsé-Kianf). Il la rejoignit le 13 janvier 1883 et commença aussitôt la chasse. Trois bâtiments chinois réussirent à s’échapper; deux autres cherchèrent un refuge vers le port de Sheipou, et dans la nuit deux canots porte-torpilles, commandés par le capitaine de frégate Gourdon et le lieutenant de vaisseau Ravel, qui avait reconnu la ' passe, s’avancèrent sur les deux navires ennemis chinois et les coulèrent.
lie blocus (lu riz et Poccupalioii des îles Pescudores. — Après différentes opérations de détail, l’amiral Courbet reçut l’autorisation de commencer le blocus du Pé-tché-li et d’occuper les îles Pescadores, situées à l’ouest de Formose, pour servir de base d’opérations à sa flotte. Cette dernière opération fut vigoureusement menée, entre le 29 et le 31 mars, par le chef de bataillon Lange, de l’infanterie de marine, commandant le corps de débarquement. Les préliminaires de la paix vinrent arrêter les progrès de l’amiral et amenèrent l’évacuation complète de Formose. Le blocus fut levé le 16 avril.
lia marclie sur liangsou. — Au Tonkin, les échecs de Kep et de Chu avaient arrêté pendant un certain temps les opérations des réguliers chinois. Le général Brière de l’Isle, commandant en chef du corps expéditionnaire, prépara avec un soin minutieux la marche sur Langson. La plus grande difficulté consistait dans la préparation d’une route et dans le transport des convois de vivres et de munitions dans un pays montagneux et boisé où jamais armée européenne n’avait pénétré et sur lequel nous n’avions presque aucune donnée géographique.
Le général de Négrier repoussa d’abord les Célestes à Nui- Bop, le 3 janvier 1885, et leur infligea des pertes sérieuses.
Bientôt le ministère de la Guerre, ayant envoyé de nouveaux renforts, prit la direction des opérations le 7 janvier 1885. Dès le 31 décembre 1884, le gouvernement, comprenant la nécessité de concentrer tous les pouvoirs dans les mêmes mains, avait
décidé que les fonctionnaires civils seraient soumis à Tautorité du général en chef.
La partie du corps expéditionnaire destinée à marcher contre Langson était partagée en deux brigades placées, la première sous le commandement du colonel Giovanninelli, la seconde sous la direction du général de Négrier. L’effectif s’élevait cà 7 000 hommes environ. Avant son départ pour Langson, le général Brière de l’Isle, commandant en chef, prévoyant une attaque des réguliers du Yunnan sur le fleuve Bouge et la rivière Glaire, avait confié la défense de la place de Tuyen-Quan au chef de bataillon Dominé.
Plusieurs routes s’ouvraient devant le général Brière de l’Isle. Les Chinois nous attendaient surtout sur la route mandarine, suivie autrefois par la colonne Dugenne avant le guetapens de Bac-Lé. Le commandant en chef résolut de délaisser cette voie et dirigea le corps expéditionnaire vers une route de montagne, plus difficile pour la marche, mais ayant l’avantage de tourner les principales défenses de l’ennemi.
Prise de iLangrson. — Le mouvement commença le 3 février et, avant d’arriver cà Langson, nous fûmes obligés de livrer plusieurs combats à Tay-Hoa,h Hao-Ha, kDong-Song, à Deo-Quan, à Pho-Vi, à Bac-Viaï; nous arrivâmes le 13 devant Langson, et les Célestes, chassés de position en position, essayèrent de se rallier au marché de Ki-lua, situé à peu de distance de la place. Quelques coups de canon eurent raison de cette dernière résistance
Défense héroïque de Tuyeii-Quau. Comhat de Hoa-Moc. — Aussitôt après la prise de Langson, le commandant en chef laissant le général de Négrier à Langson avec la seconde brigade, se dirigea à marches forcées vers Tuyen- Quan, sur la rivière Glaire, où le chef de bataillon Dominé, avec 600 hommes assistés par la canonnière la Mitrailleuse, était assiégé par 15,000 Chinois depuis le 20 novembre 1884.
La défense de Tuyen-Quan demeurera toujours un des plus beaux faits d’carmesde notre Jeune armée. L’ennemi se montra d’une grande audace et d’une telle habileté qu’on put supposer que ses opérations étaient dirigées par des ingénieurs européens. Les Chinois eurent en effet recours aux opérations de la guerre de mine et réussirent, non seulement à couper
t. Nous avons perdu dans cette expédition le commandant Levrard, de l’artillerie de marine, et le sous-lieutenant Bossant, officier d’ordonnance du général en chef.
toutes les communications avec l’extérieur, mais à pousser leurs travaux souterrains jusque sous les murs de la place où ils pratiquèrent plusieurs brèches par l’explosion des mines. Le sergent Bobillot, chef du génie, fut blessé mortellement, le tiers de la garnison fut atteint par le feu de l’ennemi. Plusieurs sorties furent faites par les légionnaires ou par les tirailleurs tonkinois. Le 28 février 1885, nos soldats aperçurent enfin les fusées tricolores tirées par l’artillerie de la première brigade qui accourait de Langson à leur secours et indiquait ainsi son approche.
En prévision de l’arrivée du secours, Luu-Vinh-Phuoc, chef des Pavillons-Noirs, avait fait fortifier le défilé de Hoa-Moc, que notre colonne devait franchir pour arriver à Tuyen-Quan.
Le 2 mars, la première brigade s’avança, éclairée par les tirailleurs tonkinois. Arrivés à 60 mètres des ouvrages chinois, les éclaireurs sont accueillis par un feu roulant. Les tirailleurs algériens marchent à notre droite, l’infanterie de marine à notre gauche. L’assaut est préparé par l’artillerie. Tous nos hommes s’élancent la baïonnette au canon. Une mine, préparée en avant de l’ouvrage attaqué par les tirailleurs algériens, saute mettant de nombreux soldats hors de combat. Mais l’infanterie de marine s’empare de plusieurs retranchements. La nuit arrête notre offensive. Nuit terrible qu’il fallut passer à quelques mètres de l’ennemi,' sans pouvoir faire un feu de bivouac ou même allumer une lumière. Le lendemain, 3 mars, les derniers ouvrages de l’ennemi furent enlevés et, à deux heures de l’après-midi, le général Prière de l’Isle pouvait féliciter le commandant Dominé de son héroïque résistance *.
li’aflTaire de L^angson : succès et retraite. — Revenons à Langson. Le général de Négrier, poursuivant ses succès, battit les Célestes en plusieurs rencontres, s’empara de la porte de Chine qu’il fit sauter pour frapper l’imagination des Impériaux et leur prouver notre puissance. 11 s’avança jusqu’à Dong-Dang et à Bang-Bo, position qui fut enlevée le 24 mars au matin. Vers trois heures de l’après-midi les Chinois reprirent l’offensive, et après une résistance acharnée le général de Négrier, devant les forces écrasantes de l’ennemi, ordonna la retraite sur Dong-Dang.
1. La prise de Langson et le souvenir impérissable de la délivrance de Tuyen-Quan ont valu au général Brière de iTsIe l’honneur d’ôlre maintenu en activité au delà de la limite d’âge. L’infanterie de marine a salué, avec fierté, celte récompense accordée à son valeureux inspecteur général.
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Le 25, le général de Négrier demeura avec son avant-garde devant la porte de Chine, attendant les Célestes qui ne se jDresentèrent pas. Le 26 il rentra a Ki-luü et à Lungson avec le gros de sa brigade.
Le 27 fut calme jusqu’à l’après-midi. Quelques renforts répartis entre les bataillons portèrent notre effectif à 3 500 hommes.
Le 28 au matin, les réguliers du Kouang-Si s’avancèrent, dessinant, grâce à leur grande supériorité numérique, un double mouvement tournant. Le général de Négrier résista victorieusement jusqu à trois heures de l’après-midi. A ce moment il fut blessé et laissa le commandement au lieutenant-colonel Ilerbinger. Celui-ci commanda la retraite à cinq heures du soir.
Cette retraite, inutile et trop précipitée, ne fut pas inquiétée par l’ennemi, qui redouta un piège, et la deuxième brigade rétrograda jusqu’à Kep et à Chu où elle fut recueillie par le colonel Borgnis-Desbordes , chargé du commandement en attendant l’arrivée du colonel Giovanninelli, promu général de brigade, et du général en chef. Celui-ci ordonna immédiatement de réoccuper une partie des positions abandonnées. A ce moment survinrent l’armistice et la paix.
lia paix avec la Chine. — La nouvelle de la retraite de Langson arriva à Paris le dimanche 29 mars et fut connue dans l’après-midi. Elle excita une douloureuse émotion qui eut son contre-coup le lendemain à la Chambre des députés. Le ministère, mis en minorité, succomba.
Sur ces entrefaites, M. Jules Ferry, profitant du succès précédemment obtenu à Langson, avait renoué des négociations avec la Chine pour conclure la paix sur les bases de la convention Fournier. Il les continua en attendant la formation du nouveau ministère, le ministère Brisson. Les préliminaires furent signés à Paris, le 4 avril, par M. Billot, directeur des affaires politiques au ministère des Affaires étrangères, et M. Campbell, représentant du gouvernement chinois. L’évacuation du Tonkin par les forces impériales commença immédiatement.
Les négociations pour la paix eurent lieu à Tien-Tsin entre nom de la France, Li-IIung-Chang et deux délégués du Tsong-Li-Yamen au nom du Céleste-Empire. Le traité fut signé le 9 juin. La Chine, malgré la fâcheuse retraite de Langson, qui aurait pu l’enrourager à la résistance, se trouvait dans la nécessité de traiter. Les événements dont la Corée
avait été récemment le théâtre mettaient le Tonkin au second rang des préoccupations des conseillers de l’impératrice régente. Le blocus du Pé-tché-Li par la flotte de l’amiral Courbet empêchait l’arrivée dans le nord, c’est-à-dire vers la capitale, des envois de riz. Or, le riz est à la fois un produit alimentaire indispensable à la consommation des Asiatiques et représente la valeur de l’impôt, payé en nature ■pour la plus grande partie de sa quotité; la disette de riz pouvait entraîner la révolte de certaines provinces et ne permettait pas de payer les troupes qui reçoivent en nourriture leur solde presque entière. D’un autre côté, nous savions que, le Céleste-Empire voyait ses finances épuisées par les dépenses de la guerre et ne pouvait faire appel au crédit interilational. Pour lui, la paix s’imposait à bref délai.
Le nouveau traité de Tien-ïsin relève le Tonkin et l’Annam de l’antique suzeraineté chinoise; il règle les rapports de bon voisinage de la France et du Céleste-Empire, la délimitation des frontières, ouvre à notre commerce deux points situés au delà de Laokay et de Langson, prévoit l’installation de consuls des deux puissances sur le territoire de leur voisin, l’ouverture de voies de communication,^ et- spécifie que, si la cour de Pékin juge à propos de faire de grands travaux publics, elle demandera de préférence le concours d’ingénieurs français.
Mort de l’amiral Co«rl>et. — Lajoie de la paix fut troublée par la nouvelle de la mort du vaillant amiral Courbet, dont le Bayard ramena en France les dépouilles mortelles.. Courbet était un de ces boihmes qui, comme Chanzy, permettaient à la France de légitimes espérances dans le cas d’une guerre européenne. La fortune jalouse nous a ravi ces capitaines, mais ils ont laissé des élèves et des émules. Quant à nos marins et à nos soldats, ils ont montré, dans l’extrême Orient, de telles qualités militaires que la République, fière de leurs succès, peut désormais considérer l’avenir avec confiance.
Cfuct-apciis «le Hué. — La paix avec la Chine étant signée, le général de Courcy, nommé commandant en chef du corps expéditionnaire, avec les généraux Prière de-l’Isle et de Négrier pour lieutenants, se rendit à Hué. Il débarqua -à Thuau-Au, avecuii bataillon du 3® zouaves et deux compagnies du 11® chasseurs à pied, et arriva dans la capitale le 1®'' juillet. 11 négociait pour régler les détails de la remise de ses lettres de créance au souverain quand, dans la nuit du 4 au 5, les Anna-
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mites, sous les ordres du second régent Thuyet, attaquèrent à rimproviste nos soldats. Vivement repoussés, ils prirent la fuite, emmenant dans les montagnes à Cam-Lo le roi Ham- Nghi. Le premier régent, Nguyen-Van-Tuong, fit sa soumission et protesta qu’il avait été étranger au guet-apens de^son collègue. Nommé membre du gouvernement réorganisé, -il ne tarda pas à donner de npuvelles preuves de sa fourberie et fut interné à Poulo-Gondore, puis à Tahiti, où il mourut. Des troubles éclatèrent sur plusieurs point du royaume. Le roi Ham-Nghi fut alors déposé par le général de Courcy et remplacé par le prince Chanh-Mong, qui prit le nom de Dong- Khanh ou Union des deux Nations {\9 septembre 1885). Nguyen- Huu-Do, qui avait donné des gages certains de sa fidélité à la France, était chargé de la régence*.