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HISTOIRE ET GEOGRAPHIE GENERALE

Découverte et occupation de la :Vouvelle-Calé« doute. — Les explorations du capitaine anglais Cook en Océanie avaient eu un grand retentissement en Angleterre et en France. Il avait découvert l’Australie en 1770 et la Nouvelle-Calédonie le 4 septembre 1774.

Les Anglais ayant envoyé une expédition occuper l’Australie, La Pérouse reçut la mission d’explorer la Nouvelle-Calédonie et les îles voisines, « ces contrées pouvant, écrivait Louis XVI, ouvrir un nouveau champ aux spéculations du commerce » .

Le départ de cette expédition excita en France un grand enthousiasme; mais elle n’eut pas de résultat, La Pérouse ayant péri à Vanikoro. ’

D’Entrecasteaux fut vainement envoyé à sa recherche en 1791. Dumont-d’Urville releva la position des îles Loyalty en 1827 et en 1840. Une corvette porta en 1843 des mission-

1. A. Schreiner, La Nouvelle-Calédonie depuis sa découverte jusqu’à nos jours, 1882. — Ch. Lemire, La colonisation française en Nouvelle-Calédonie, 1878. — L. Gauharou, Géographie delà Nouvelle-Calédonie et dépendances, 1882. — G. Gallet, Notice sur la Nouvelle-Calédonie, 1884. — Notices coloniales, 1885, et Notices coloniales illustrées, 1889.

■ naires français en Calédonie. Enfin, malgré d’horribles scènes de cannibalisme, l’hydrographie du nord de l’île était terminée eu 1851.

La France cherchait alors une contrée salubre où les condamnés pussent être établis sur des terres qu’ils mettraient en culture.

Le 24 septembre 1853, l’amiral Febvrier-Despointes prit possession de la Grande lie et, cinq jours après, de Vile des Pins.

Trois mois plus tard (janvier 1854), M. de Montravel découvrait la rade de Nouméa et, malgré le manque d’eau douce, il y établissait le chef-lieu de la colonie, en raison de la facilité de défendre ce point.

Cette possession ne fut d’abord qu’une annexe de nos établissements de l’Océanie, dont le centre était Tahiti; mais, en 1860, elle fut déclarée colonie et reçut un gouverneur. La France y attirait les émigrants par des concessions de terres, de vivres et d’outils, et les premiers colons furent des familles françaises, anglaises et allemandes qui ont fait souche dans le pays.

Géograpble physique. Situation. — La Nouvelle- Calédonie est située en Océanie, dans l’océan Pacifique. Elle fait partie, comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande, de la Mélanésie. Elle se compose d’un groupe d’îles qui sont ; la Calédonie ou Grande-Terre, l’île des Pins, les îles Loyalty, l’île Ouen, les îles Bélep, les îles Huon, les îles Chesterfield et un grand nombre d’îlots qui se rattachent au même groupe.

Elle s’étend, du sud-ouest au nord-ouest, entre les 20° 10' et 22° 26' de latitude méridionale et entre les méridiens 161° et 164° 25', à l’est du méridien de Paris. C’est, après l’Australie et la Nouvelle-Zélande, l’île la plus considérable du Pacifique.

Aspect g;énéral. — La Calédonie est trois fois plus grande que la Corse. Elle a 13 lieues de large et 75 lieues de long à vol d’oiseau. Pour en faire le tour par terre, les sinuosités du rivage sont telles que la route serait de 1 000 kilomètres ‘. Sa forme est celle d’une ellipse allongée ou d’un long fuseau. Vue

1. La superficie de la Nouvelle-Calédonie est de 2 102 193 hectares; celle de File des Pins de 15 000 environ; celle des Loyalty de 278 000. Ensemble : 2 210 000. Environ 20 000 kilomètres carrés. La Corse en a 8 748.

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de la mer, elle ressemble à l’Écosse, et c’est pourquoi Cook lui donna le nom de Nouvelle-Calédonie.

Comme aspect, c’est un entassement de montagnes s’élevant jusqu’à plus de 1 600 mètres. C’est un soulèvement de formation volcanique et sédimentaire dans la grande île, et madréporique aux Loyalty. Entre ces massifs montagneux, couverts de forêts, s’ouvrent des vallées, sur la côte est, étroites et propres à la culture, sur la côte ouest, plus larges et propres en outre à l’élevage des bestiaux. Des rivières et des cascades arrosent tout le pays. La partie nord se distingue par les roches de marbre, de quartz, de serpentine.

Les rivières coulent perpendiculairement à l’axe de l’île, sauf le Diahot ou grand fleuve, qui se rend à la mer entre deux rangées de montagnes suivant l’axe même de l’île.

Climat et saisons. — La salubrité du climat de la Nouvelle-Calédonie est désormais incontestable.

Pas de maladies, malgré les grands travaux de terrassement; pas d’endémies tropicales.

La température est de 25 à 35° dans la saison chaude, de novembre en mars, et de 15 à 25° dans la saison fraîche, d’avri en octobre.

La brise du sud-est tempère les ardeurs de l’été et la pluie est assez fréquente pendant toute l’année.

Des ouragans (cyclones) se produisent tous les quatre ou cinq ans. La baisse du baromètre, signalée par le télégraphe, en annonce l’approche, et des mesures préservatrices sont pri ses pour fixer les toitures avec des chaînes et des madriers et pour clouer toutes les ouvertures des maisons.

Cittoral et portis. — L’île est entourée dans toute sa longueur d’une formidable ceinture de corail, coupée de passes qu’il faut bien connaître pour y pénétrer. On voit combien l’exploration était difficile pour les bâtiments à voiles des premiers navigateurs. Ces récifs forment autour de l’île un canal, où le navigation côtière est à l’abri de la houle du large et s’accomplit sans danger. C’est un avantage inappréciable dans un pays où les routes et les transports par terre sont insuffisants.

La rade de Nouméa est vaste et d’un accès facile. Elle est formée par une presqu'île, qui présente dans ses découpures plusieurs anses pouvant recevoir des navires d’un fort tonnage, et par Vile Nou, qui court parallèlement à la côte, dont elle est séparée par un canal d’une longueur de trois milles et d’une

largeur moyenne de un mille. Ce canal, qui a deux issues, offre un mouillage sûr et à l’abri de tous les vents. Des quais en pierre sont en partie construits. C’est là qu’accostent les grands paquebots.

oivisions administratives. — La Nouvelle-Calédonie est divisée en cinq arrondissements :

Le l®"" a pour chef-lieu Nouméa, sur la côte sud-ouest;

Le 2®

Canala, sur la côte est ;

Le 3®

Houdilou, sur la même côte;

Le 4®

Touho, sur la même côte;

Le 5®

Ouégoa, au centre nord de l’île, sur

la rive étroite du grand fleuve ou Diahot.

L<es lies secondaires. — Le premier arrondissement comprend, en outre, comme dépendances de la colonie, l’île Nou, l’île Ouen, l’île des Pins et le groupe de Loyalty,

Vile Ouen, habitée par environ 80 Canaques catholiques, contient beaucoup de fer chromé, de cobalt et de serpentine. Les habitants sont marins et pêcheurs.

Vile des Pins est située à 14 milles au sud-est de la Calédonie. Elle est de formation madréporique et couverte de forêts sur son littoral. Le pic Nga est le plus élevé de l’ile.

Les indigènes, au nombre de 600, obéissent à une * chéfesse », qu’on appelle la reine Hortense, et à son époux Samuel. Ils sont robustes et bons marins. Tous sont chrétiens.

Près de la mission catholique sont les écoles. On y apprend le français et en outre la culture aux garçons et la couture aux filles. L’île produit des bois d’essences diverses. Le sandal y est devenu rare.

C’est dans cette île que les déportés furent internés en 1873, au nombre de 3 408. Ils ont quitté le pays en 1880 et ont été remplacés par 720 Canaques faits prisonniers pendant la révolte de 1878-1879.

liocalttés principales. — Les principales localités, après les chefs-lieux cités, sont : dans le 1«^ arrondissement, le Pont des Français, la Dumbéa, centre de culture, le bourg de Païta, Saint-Vincent au milieu de belles plaines à pâturages, la Baie du sud avec ses exploitations forestières, les établissements des missionnaires français à Saint- Louis; sur la côte sud-est, aride et tourmentée, Yaté et Unia.

Après avoir visité Thio, centre des mines de nickel, dans le 2® arrondissement, nous trouvons, autour de Canala, les pre-

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mières grandes tribus canaques, au milieu de plantations de cocotiers et de bananiers. Nakéty est renommé pour ses cultures de café, d’ananas, pour ses mines d’antimoine et de nickel.

A Moindou, on est heureux de rencontrer un village de 120 colons libres qui, après les difficultés du début, sont parvenus à prospérer. Cette agglomération se relie à Foawari^ pénitencier agricole, et à la Foa, centre mixte de colons libres, de colons pénitentiaires et d’indiens malabars.

Nous redescendons à la Ouanéni, où la culture de la canne est à reprendre, à Bouloupari et à Torno, centres d’élevage de troupeaux.

Après les stations de bétail de Bourail (3« arrondissement), du cap Goulvain, de Paya et Muéo, il faut traverser le centre de file et les forêts des montagnes, de Bourail à Houaïlou. Ces deux points sont les plus importants de l’île. De Houaïlou nous rencontrons les jolies vallées de la Tchamba, de la Pouéribouen. Nous admirons en route de splendides cascades. Partout les gisements de nickel alternent avec les cultures des Européens et des Canaques. Pouembout et Kôné sont des vallées fertiles où l’agriculture se développera rapidement. De même à Voh, dans le 4» arrondissement, dont le principal port est Touho, sur la côte est. Au-dessus de ce port s’ouvre la région de Hienguène, la plus pittoresque de l’île et la plus peuplée de tribus canaques.

On remonte la rivière pendant 5 kilomètres en embarcation, tandis que les gros navires mouillent au pied des Tours Notre-Dame, blocs calcaires de 80 mètres de haut et d’un grand effet. Près de là sont d’admirables cavernes et des grottes, plus accessibles que celles de Houaïlou et d’Adio.

A Wagap se trouvent des gisements ardoisiers, des cultures de riz et de café. On y fait aussi l’élevage des moutons.

A Tao, commence, sur le littoral est, la série des cascades mugissantes et, à Panié, la chaîne de rochers abrupts de 800 mètres de hauteur, sur le plan desquels on a essayé de faire un sentier en corniche.

A Panié et Galarino, des gisements aurifères. - - - -

Nous arrivons à Ouégoa, chef-lieu du 5® arrondissement. Il doit toute son importance à la mine de cuivre de la Balade, qui produit du minerai à 18 0/0. Cette mine est actuellement en chômage à cause du has prix du cuivre. Elle a eu à sa disposition 300 condamnés pendant vingt ans.

Balade est la localité où débarquèrent les premiers Fran-

çais et où la prise de possession de Tile fut officiellement proclamée en 1854. Des établissements de missionnaires français sont installés à Pouébo. La région est protégée par un fort et un poste militaire à Oubatcfia, localité où l’on élève des chevaux estimés.

Maugiiine est un territoire aurifère d’où l’on extrait pour 700 000 francs d’or. Pam est le port du Diahot pour les grands navires. Enfin, près de la pointe nord de la Calédonie, est l’île de Paâba, d’une superficie d’environ 3 000 hectares, où l’on exploite l’amande de la noix de coco ou cobrah, dont on fait de l’huile, et les fibres de la noix, dont on fait le crin végétal.

Population. — En 1889, la population de la colonie était de 62 752 âmes et se répartissait ainsi :

Colons (hommes, femmes, enfants) . 5 S85

Fonctionnaires, officiers, soldats . 3 476

Libérés . 2 515

Condamnés . 7 477

Engagés Indous, Chinois, Néo-Hébridais . 1 823

Indigènes . 41 874

La population libre est très disséminée dans ce pays de grands pâturages et de grandes cultures. On s’explique que la plus nombreuse population, en Australie comme en Calédonie, soit dans les villes. Melbourne a 489 000 habitants sur 1 140 000 : donc plus du tiers de toute la colonie, Nouméa en a 4 601 sur 14 000 de population blanche et libre. On forme cependant des centres agricoles sur divers points de l’île.

Le nombre des femmes n’atteint pas la moitié de celui des hommes.

Les 42 000 individus de population indigène se répartissent ainsi : 23 123 sur la Grande Terre, 16 250 aux Loyalty et

1 380 à l’île des Pins. Les Néo-Hébridais sont au nombre de

2 450. Le Malabars, Chinois, Africains au nombre de 250. Cela donne pour la population de couleur 43 453 habitants. La colonie, avec ses 2 102 395 hectares, n’a donc à nourrir pour le moment qu’environ 62 000 personnes, soit, à raison de 400 000 hectares cultivables, 1 habitant par 7 hectares.

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