GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE DU GROUPE DU VENT
üituatiou. — L’île Tahiti est située entre 17° 29' 30" et 17° 47' de latitude sud, et entre 151° 29' 53" et 151° 56' de longitude ouest. Elle présente sur une carte l’aspect d’une gourde, dont le ventre serait l’île Tahiti proprement dite, et le goulot la presqu’île de Tdiarapu. Ces deux parties sont reliées entre elles par l’isthme de Taravao, dont la longueur est de 2200 mètres.
La superficie totale de Tahiti est de 104 215 hectares, dont les deux tiers pour l’île proprement dite. Son périmètre est de 191 kilomètres.
L’île Moorea, primitivement désignée sous le nom de Eimeo, est située au nord-ouest de Tahiti à une distance de douze milles environ, dans sa partie la plus rapprochée.
Elle a une superficie totale de 13 237 hectares et son périmètre est de 48 kilomètres.
Ciéog:raplite physique et pittoresque. — Les îles Tahiti et Moorea doivent, tant à raison de leur importance territoriale que de la hauteur de leurs montagnes et de la puissante
végétation qui les couvre, être considérées comme les plus belles de nos possessions dans cette partie de l’Océanie.
Le voyageur qui veut jouir d’un des plus magnifiques spectacles que la nature puisse lui offrir doit gravir un des sommets de l’île Tahiti, parmi ceux qui sont accessibles, car il en est, VOrohena par exemple, que nul pied humain n’a, dit-on, jamais foulé, et de là, regarder les paysages que son ascension a fait surgir à ses côtés. La variété des lieux et des couleurs est bien faite pour gravera jamaisdans son espritlepanoramaqui se déroule alors devant ses yeux éblouis. Derrière lui, les hauts pics infranchis, couverts d’une végétation particulière à ces altitudes, forment un altier rempart d’un bleu sombre, coupé par les lignes argentées des cascades et le noir des ravins profonds. Autour de lui, sur les flancs de toutes les collines, dans les vallées, comme sur les plateaux, une flore riche et puissante s’offre à sa vue; des arbres touffus dont les feuillages multiples empruntent en toutes saisons les couleurs de Tarc-en-ciel, mêlés aux fougères arborescentes des contrées tropicales et parmi lesquels les troncs élancés de quelques cocotiers, égarés sur ces hauteurs, se détachent et livrent à la hrise leurs panaches ondoyants, forment de gracieux paysages. Son regard se dirigeant ensuite vers la mer, rencontre les contreforts des massifs qui forment Taxe de l’île, et suit leurs pentes douces dans leurs divisions capricieuses jusque sur le littoral, où elles viennent se fondre avec la plage peuplées d’habitations. Dans la plupart des nombreux vallons, formés par les divisions de ces contreforts, coulent des ruisseaux dont le bruit sur les cailloux révèle seul la présence, cachés qu’ils sont par la végétation haute et serrée qui les protège. Tous ces ruisseaux se jettent à la mer, quelques-uns avec assez de force pour que leurs eaux, projetées par le courant à quelque distance de leur embouchure, fassent obstacle au travail invisible des polypes qui ont élevé autour de Tîle une ceinture de corail, sur laquelle la mer vient se briser et qui forme un sûr rempart contre les cyclones et les ouragans.
Les teintes vertes ou azurées de la mer profonde, le ruban argenté des brisants, le sable doré de la plage, sont autant de séductions pour l’œil charmé du voyageur, qui comprend alors l’émotion et la surprise des premiers navigateurs qui ont dépeint ce pays du soleil.
Les montagnes de Tahiti, dues à un soulèvement plutonien, sont les plus élevées de l’océan Pacifique : le pic de VOrohena atteints 237 mètres et celui de l’Aoraï 2013 mètres.
LES ILES TAHITI
L’île est arrosée par de nombreux cours d’eau. Ils ne sont pas navigables, se transforment en torrents pendant la saison des pluies et causent quelquefois des dégâts sur les plantations riveraines.
Le littoral de Tahiti est la seule partie de l’île qui soit habitée. Il y a bien, dans celles des vallées qui sont cultivées, quelques cases de colons chinois, destinées à disparaître avec les colons eux-mêmes, à l’expiration des baux de courte durée qu’ils font avec les propriétaires du sol. L’indigène préfère vivre sur la plage, car c’est dans la mer qu’il trouve principalement sa nourriture.
Les ports de Tahiti sont nombreux et presque tous sont sûrs. Celui de Papeete, centre commercial des établissements, est profond et très spacieux. Les passes par lesquelles on y accède, au nombre de trois, sont assez étroites, mais elles suffisent pour des bâtiments à vapeur. Quant aux grands voiliers, il n’est pas prudent pour eux de s’y aventurer, et ils préfèrent attendre le moment favorable pour entrer par la grande passe du Nord, dite passe de Papeete.
L’île Moorea offre les mêmes perspectives que Tahiti, amoindries toutefois, sa superficie n’étant que d’un tiers à peu près de celle de cette dernière île; mais si ses paysages sont moins étendus, elle rachète cette infériorité par une grande originalité dans ses montagnes. L’une d’elles est percée à jour d’un large trou, que la cosmogonie tahitienne attribue à la flèche d’un dieu. Cette flèche, lancée de Tahiti pour atteindre les îles Sous-le-Vent, aurait rencontré dans son trajet une montagne de Moorea et l’aurait traversée.
Climat, salubrité. — Le climat de Tahiti est très salubre et la chaleur supportable. Le thermomètre atteint quelquefois 32° à midi et descend rarement la nuit au-dessous de 15°. La température moyenne de la journée est de 24°. Il n’y a pas de différence bien marquée entre les saisons. Les mois de novembre, décembre et janvier sont les plus chauds et ceux pendant lesquels il pleut le plus abondamment : cependant la pluie tombe assez fréquemment pendant les autres mois de l’année pour qu’il soit difficile d’adopter une classification des saisons. Les qualifications de saison sèche et saison humide ne sont guère justifiées, bien qu’elles soient ordinairement employées par les habitants