ARCHIPELS OCÉANIENS
liCs CîainWer. — Les Gambier ont 30 kilomètres carrés et 463 habitants catholiques, relativement civilisés et placés sous le protectorat français depuis 1844. On s’y livre surtout à la pêche des huîtres perlières. C’est un ensemble circulaire d’îles dont les principales sont Mangaréwa, Aukéna, etc.
On exporte la nacre à Papeete et de là en Amérique et en France.
Les missionnaires, dirigés par un provicaire apostolique, instruisent les enfants, garçons et filles, non en français, mais en tahitien et en mangaréwien.
Après l’annexion définitive de Tahiti, il était nécessaire que la situation de l’archipel des Gambier fût nettement réglée. Le vieux roi Putaïri, les chefs et le peuple s’assemblèrent en février 1881 et demandèrent à se donner à la France.
Le gouverneur de Tahiti se rendit à Mangaréwa, et, dans l’assemblée des indigènes à la maison du résident français, en présence du commandant de l’aviso le Guichen, de l’état-major et des missionnaires, accueillit cette demande, le 23 février.
Cette assemblée s’occupa aussi de la révision des lois mangaréwiennes. Un nouveau reglement fut mis en vigueur, comprenant un ensemble de dispositions civiles et pénales applicables aux diverses éventualités de la vie de ces peuples enfants. La presque totalité de ces prescriptions est conforme aux lois françaises. Du reste, tout Mangaréwien peut, comme les Européens, se placer volontairement sous le régime de la législation française pure et simple.
Il y a un juge de paix français.
1. Les quatre autres sont Okumaru, Akakawitaï, Tarawaï et Crescent.
C’est le gouvernement du pays par le pays sous la haute autorité du résident français. Dans chaquedistrict, l’assemblée, composée de tous les hommes de plus de 21 ans, nomme au suffrage universel les divers fonctionnaires appelés à présider à la vie communale : le grand chef, le conseil, les juges, les maîtres d’école, les agents de police.
Les premières élections eurent lieu le jour qui suivit l’annexion.
On voit que ces peuples primitifs n’ont, en fait de droits politiques, rien à envier à la France.
Les îles Gambier fournissent annuellement pour un million de perles, de nacre ou de coprah.
lies Tubuaï. — L’archipel des Tubuaï, ou îles Aiislrales, est à 600 kilomètres de Tahiti. Tubucii, VavitGO ou Raivaval, Bapal ou Oparo, les trois principales, n’ont que 874 habitants et 445 kilomètres carrés de superficie. En mars 1882, les 450 habitants de l’île Rapa demandèrent également à changer le protectorat en réunion complète à la France. Le roi Parima obtint cette satisfaction.
Les îles Tubuaï et Vavita ont été également annexées : elles sont administrées à peu jirès comme Tahiti; l’unité est complète, faction de la France est bien définie, à l’abri de toute contestation et de toute ri\'alité européenne.
On exporte des Tubuaï à Papeete des gâteaux, de l’arrowroot, et divers autres produits.
Rurutu et Rurutara. — Ces deux îles peuvent se rattacher au groupe des Tubuaï. La première comprend quatre villages et 330 habitants, la seconde trois villages et 550 habitants. Elles ont été soumises au protectorat en 1889, la première le 27, la seconde le 29 mars. On ne les a point annexées depuis.
l,es Marquises. — Les îles Marquises, ou archipel de Mendana, sont au nord des Tuarnotou. Elles ont été découvertes en partie, en 4595, par Alvaro de Mendano, qui allait fonder une colonie aux îles Salomon par ordre du marquis de Mendoza, vice-roi du l^érou. De là aussi le nom de Marquises de Mendoza donné au groupe des quatre îles du sud-est.
Pendant 190 ans, elles n’attirèrent pas les navigateurs; mais, après que le capitaine Cook, en 1774, eut reconnu les îles de ce groupe, un Français, nommé Marchand, visita en 1791 le groupe du sud-ouest, comprenant Nouka Hiva.
Il lui donna le nom d'Ai'cliipel de la Révolution et en prit