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CHAPITRE PREMIER

HISTOIRE

Jusqu’à la Révolution. — La Guadeloupe a été decouverte par Christophe Colomh le 4 novembre 1493.

Les Espagnols, sollicités seulement alors par 1 attrait des mines d’or du continent, n’y fondèrent aucun établissement, et ce ne fut que plus d’un siècle anrès, en 1635, que les sieurs de l’Olive et Duplessis, lieutenants de d’Enambuc, alors gouverneur de Saint-Christophe pour le compte de la Conipdgniô des Iles d’Amérique, vinrent en prendre possession au nom de la France.

Les Français, outre Saint-Christophe et la Guadeloupe, occupèrent Saint-Domingue, la Grenade, les Grenadines, Saint- Vincent, la Martinique, ta Dominique, Tabago, Saint-Barthélemy, Marie-Galante, les Saintes, Sainte-Lucie, Saint-Martin, Sainte-Croix. 11 y eut à cette époque tout un archipel français, et, encore aujourd’hui, dans presque toutes ces îles, notre langue est restée dominante.

La Guadeloupe était habitée, comme toutes les autres parties de l’archipel des Antilles, par les Caraïbes, qui l’appelaient Karukera. Ces indigènes provenaient eux- mêmes d’une migration de peuplades de l’Amérique du Sud, et s’étaient substitués

i Colonel Bouïnais.La Guadeloupe. — Notices coloniales Ae et Notices coloniales illustrées ae 1889. — Annuaire de la Guadeloupe, Basse-Terre, 1892. — .1. Scott Keltie. The Slalesman's Yenr Book, 1892.

aux populations primitives, qu’ils avaient chassées ou détruites. Les Caraïbes avaient des mœurs douces; ils ignoraient la propriété, même collective; ils ne connaissaient d’autre gouvernement que l’anarchie et, s’il leur arrivait parfois de se faire des guerres de tribu à tribu c’était beaucoup moins pour étendre leur domination sur des territoires conquis, que pour régler des querelles entre voisins, ou pour assurer, par des rançons en nature, leur alimentation du lendemain. Ils pratiquaient, à la vérité, le cannibalisme; mais cet usage provenait plutôt, chez eux, d’une superstition, qu’il n’était la conséquence du manque ordinaire de nourriture, car ils pouvaient vivre de chasse et de pêche. Ils étaient persuadés qu’un guerrier qui se nourrissait de la chair d’un ennemi vaincu héritait d’une partie de son courage.

Les Caraïbes étaient encore dans l’âge de \q. pierre polie. Ils n’étaient pas dépourvus d’instincts artistiques, ainsi qu’en témoignent les spécimens retrouvés de leurs armes, de leurs ustensiles de ménage et des objets de leur culte.

L’Olive et Duplessis, s’établirent sans difficulté dans le pays, et entretinrent d’abord de bonnes relations avec les indigènes. Mais Duplessis étant mort peu de temps après la prise de possession,] l’Olive déclara la guerre aux Caraïbes. Cette guerre, qui ne devait se terminer que par la destruction complète de la race autochtone, mit, pendant de longues années, de sérieux obstacles aux progrès de la colonisation.

Comme il fallait constituer une population de travailleurs, on recourut, d’une part, au système des engagements contractés, pour trente-six mois, par des immigrants européens, qui étaient recrutés particulièrement à Dieppe, au Havre, à Saint- Malo, et qu’on appelait les trente-six mois, et, d’autre part, à rétablissement de l’esclavage, qui devint dans la suite, par une erreur à jamais déplorable, le principe fondamental de l’organisation coloniale. Européens engagés et noirs achetés étaient courbés, dans l’origine, sur la même glèbe, avec cette différence, toutefois, que ceux-là n’étaient esclaves qu’à temps, et que, ne faisant pas. partie d’un patrimoine, ils ne trouvaient pas, comme ceux-ci, dans l’intérêt bien entendu du maître, une sorte de garantie contre les traitements excessifs.

La Compagnie des Iles d’Amérique, malgré les faveurs très grandes dont elle avait été l’objet de la part du gouvernement métropolitain, géra mal son domaine colonial. Elle fut dissoute en 1648, et la Guadeloupe fut vendue au sieur Houël, qui en était alors gouverneur, et à son beau-frère le marquis de

Boisseret. Quelques années après, en 1664, Colbert ayant fondé une nouvelle Compagnie, dite des Indes occidentales , les propriétaires des îles furent mis en demeure de faire remise de leurs titres et de leurs droits à des commissaires désignés à cet effet, moyennant remboursement de leurs avances. La Guadeloupe passa ainsi dans le capital social de la Compagnie, qui en resta propriétaire jusqu’en 1674, époque à laquelle cette société ayant été dissoute à son tour, la colonie fut réunie au domaine de la couronne et tous les Français purent aller s’y établir. Elle fut dès lors gouvernée par des lieutenants généraux représentants directs du roi.

L’administration agitée et stérile des deux Compagnies, de même que celle des seigneurs propriétaires, avait montré, en définitive, que l’initiative privée, si féconde qu’elle soit en tout ce qui est du ressort de l’activité individuelle, ne peut être utilement substituée à celle de l’État, pour les choses qui se rapportent à l’exercice de la souveraineté.

La Guadeloupe se distinguait des autres possessions françaises par un état social un peu plus démocratique, au moins en ce qui concernait la race blanche. On avait 1 habitude d’opposer les bonnes gens de la Guadeloupe aux messieurs de la Martinique et aux seigneurs de Saint-Domingue.

Dès 1666, on voit les Anglais diriger une expédition contre nos îles, et s’emparer des Saintes. Un ouragan dispersa leur flotte, et la résistance des habitants fit le reste.^ Les Anglais durent évacuer les positions qu’ils avaient occupées.

Pendant la guerre de la ligue d’Augsbourg, après avoir ravagé Saint-Martin et Saint-Barthélemy, ils s’emparèrent de Marie-Galante (1691), et vinrent débarquer dans le voisinage de la Basse-Terre. Ils furent repoussés par les troupes locales, et Marie-Galante même leur fut enlevée.

La guerre de la Succession d’Espagne amena de nouvelles alarmes. Les Anglais firent une autre descente à la Guadeloupe en 1703. Elle ne fut pas plus heureuse que les précédentes.

Le traité d’Utrecht nous enleva, dans les Antilles, Saint- Christophe. A partir de cette époque (1713), l’archipel français vécut dans une tranquillité relative, que vint troubler la guerre de Sept ans. En cette même année 1759, qui vit se décider, sur les champs de bataille lointains, le sort du Canada et de l’Inde, les Anglais débarquèrent à la Guadeloupe, sous les ordres du commodore Moore. Trop inférieurs en nombre, les défenseurs de la colonie durent consentir aune capitulation, qui fut signée, le le’’ mai, par le gouverneur Nadeau du Treil.

La colonie resta quatre ans au pouvoir des Anglais, qui s’attachèrent à y introduire une certaine prospérité matérielle. Au traité de Paris (1763), la France recouvrait la Guadeloupe et la Martinique, faible dédommagement des grandes pertes faites sur te continent américain ; mais elle cédait définitivement à l’Angleterre, dans les Antilles, la Grenade, Saint-Vincent, la Dominique, Tabago.

Depuis la RcTolutiou. — La Révolution fut marquée càla Guadeloupe, comme en France, par des luttes intérieures entre royalistes et patriotes.

La loi du 8 mars 1790 déclara les colonies partie intégrante de l’Empire français. Le décret du 28 mars 1792 appelait tous les hommes libres, sans distinction de couleur, à l’exercice des droits politiques. Le décret du 22 août 1792, confirmant à titre définitif un état de fait qui remontait à la Constituante, accorda aux colonies une représentation dans le Parlement français.

Quand il fut manifeste que le mouvement des esprits ne s’arrêterait pas là, les partisans de l’ancien régime s’apprêtèrent à résister. Le bruit s’étant répandu que les armées autrichienne et prussienne étaient entrées à Paris, le drapeau blanc fut substitué, par les ordres du gouverneur d’Arrot, au drapeau tricolore; on expulsa les patriotes dont l’influence paraissait redoutable, et lorsque, quelque temps après, se présenta le nouveau gouverneur envoyé par la métropole pour appliquer les lois de la Convention, on refusa de le recevoir.

Les patriotes, encouragés par un officier qui avait reçu mission de rendre compte à, la Convention de l’état des lies, le capitaine Lacrosse, contraignirent d’Arrot à se retirer, et le gouvernement de la colonie fut remis au nouveau titulaire, le général Collot.

L’un des premiers actes de ce gouverneur fut de promulguer la constitution de 1793. Mais la guerre avec l’Angleterre ayant éclaté une fois encore, il s’agissait beaucoup moins, dès lors, d’appliquer une constitution que de préparer la défense.

Le 4 février 1794, par suite des troubles de Saint-Domingue, la Convention avait voté, à l’unanimité et par acclamation, l’abolition de l’esclavage.

Le 9 avril 1794, la flotte ennemie, composée d’un grand nombre de bâtiments, se présenta devant les Saintes. Ces positions enlevées, les Anglais vinrent débarquer à la Grande- Terre, d’où ils se répandirent dans la Guadeloupe proprement

dite. Après une résistance qui, du moins, sauva l’honneur, le général Gollot capitula et se retira aux États-Unis. Il ne revint en France qu’en 1800 pour passer devant un conseil de guerre, qui l’acquitta.

Les faits qui suivent méritent une mention spéciale parce qu’ils constituent, bien que trop ignorés, une des pages les plus intéressantes de notre histoire coloniale.

La Convention avait l’habitude de se faire représenter, partout où il y avait une grande action à diriger, par des commissaires ou des délégués, à qui elle remettait un pouvoir absolu. Ainsi fit-elle à l’égard des colonies.

Les commissaires désignés pour la Guadeloupe furent Victor Hugues et Chrétien. 1 150 hommes, commandés par le général de division Aubert, s’embarquèrent avec eux.

Le navire expéditionnaire se trouva devant le Gosier, non loin delà Pointe-à-Pitre, le 2 juin 1794. Là on apprit que les Anglais étaient maîtres de l’île et que leur corps d’occupation était incomparablement supérieur aux forces françaises. Les chefs militaires opinaient pour une retraite pure et simple ou, tout au moins, pour un délai dans les opérations. Victor Hugues intervint. « Nous sommes partis de France, dit-il, pour venir à la Guadeloupe. Nous y voici ! Il m’importe peu que les Anglais y soient arrivés avant nous. Allons à terre! »

Le débarquement a lieu. Victor Hugues appelle les esclaves, proclame leur émancipation, les convie à marcher avec lui contre « ces coquins d’Anglais » . Pour ce qui concerne les colons royalistes qui seraient tentés de faire cause commune avec l’ennemi, il montre une guillotine qui a été dressée, à leur intention, sur le pont de son navire.

Ces exhortations et ces menaces produisent leur effet : patriotes de toute couleur suivent le délégué de la Convention. Les premiers engagements ne sont pas favorables. Les Anglais ont reçu de la Martinique un renfort de 10 000 hommes. La petite troupe de Victor Hugues est menacée d’un écrasement complet. Déjà on prononce le mot de capitulation. Le proconsul s’indigne ; il aborde un général qui doute du succès, lui crie qu’il n’est pas digne de commander à des républicains, lui arrache ses épaulettes et déclare qu’il ira, s’il le faut, lui, Victor Hugues, tout seul à l’ennemi. Cette superbe confiance en soi-même enhardit les plus hésitants; les Français reprennent l’offensive. En peu de temps les Anglais sont complètement expulsés de la Guadeloupe et de ses dépendances, sans pouvoir môme obtenir que les émigrés français qui combattaient avec

eux soient compris dans la capitulation qu’il veut bien leur accorder.

Hugues ne se montra pas modéré dans la victoire; il déploya à la Guadeloupe le système de la terreur; sa guillotine, qu’il avait fait transporter à terre, ne resta pas inactive. Il sut du moins faire respecter le nom français : au milieu de ces mers où la puissance anglaise s’affirmait en dominatrice, il y eut un coin de terre qui devint, grâce à lui, le dernier asile de notre pavillon. Là furent armés des corsaires qui firent un mal considérable au commerce ennemi. Les Anglais renoncèrent, pendant la durée de l’administration de Victor Hugues, à toute entreprise sur la colonie et ses dépendances. Le représentant de la Convention les avait prévenus qu’il ferait fusiller autant de leurs prisonniers qu’il serait tiré de coups de canon sur le littoral des îles. Un jour il n’avait pas reculé devant la grande République américaine ; à l’occasion d’un conflit maritime, il avait pris sur lui d’autoriser ses corsaires à courir sus aux bâtiments des États-Unis.

Hugues fut remplacé, en 1798, par le général Desfourneaux, puis par les agents du Directoire Jeannet, Laveaux et Baco. Ce dernier est celui-là même qui avait été antérieurement maire de Nantes, et qui s’était signalé par son ardeur dans la lutte contre les Chouans.

Dans cette période, il faut citer une expédition infructueuse dirigée contre l’île hollandaise de Curaçao, et la prise par les Anglais, en 1801, de Saint-Martin.

D’après l’arrêté consulaire du 19 avril 1801, qui mettait en vigueur la constitution de l’an VIH, la Guadeloupe devait être gouvernée par trois magistrats : un capitaine général, commandant des forces de terre et de mer et représentant direct de l’autorité métropolitaine, un préfet, un commissaire de justice. Le soin d’inaugurer ce régime fut confié à Lacrosse, au préfet Lescalier, le même qui avait été précédemment chargé d’une mission à Madagascar, et au commissaire de justice Gosier. Le contre-amiral Lacrosse, qui s’était signalé, dans le passé, comme un ardent ami des patriotes, arrivait, maintenant, après le 18 brumaire, avec d’autres dispositions. Les rigueurs inutiles qu’il exerça, dès le début de son administration, contre les anciens esclaves devenus citoyens, lui attirèrent la haine de l’élément populaire sans lui procurer la confiance des anciens colons. Ceux-ci ne crurent pas à sa conversion, et plusieurs d’entre eux prirent le parti d’abandonner l’île, prévoyant, disaient-ils, que ces procédés allaient les exposer à des mal-

heurs non moins grands que ceux dont ils avaient déjà souffert. Le. mécontentement se propagea avec rapidité dans le pays. Les troupes, parmi lesquelles se trouvaient beaucoup d’affranchis, se soulevèrent. Un jour que Lacrosse passait une revue, des officiers le mirent en état d’arrestation et l’embarquèrent sur un navire qui alla le déposer à l’île anglaise de la Dominique.

Un gouvernement provisoire fut constitué. Il se composa, sur la demande des habitants, du chef de brigade Pélage, homme de couleur, l’officier le plus élevé en grade, et des conseillers Danois, Frasans et Corneille. Ces hommes étaient au péril beaucoup plus qu’à l’honneur. Us se proposaient, après avoir ramené le calme dans les esprits, de remettre la colonie à l’envoyé, quel qu’il fût, du premier Consul, en expliquant les circonstances qui les avaient amenés à accepter la responsabilité du pouvoir.

Les préliminaires du traité d’Amiens venaient d’être signés. Le premier Consul voulut profiter du repos relatif dont allait jouir l’Europe pour faire disparaître, même aux colonies, les derniers vestiges de l’agitation révolutionnaire. Il avait dit « qu’à Saint-Domingue et à la Guadeloupe il n’y avait plus d’esclaves, que tout y était libre, que tout y resterait libre ». Les instructions données à Richepanse, pour la Guadeloupe, étaient-elles conformes à cette déclaration ? Quand ce général arriva dans l’île, la population et les troupes, fatiguées des dissensions antérieures, l’attendaient avec impatience et vinrent au-devant de lui. On pense qu’il se trompa sur la nature de ces manifestations. A ses premiers actes, les affranchis comprirent qu’il s’agissait de les remettre en esclavage et, en même temps qu’ils faisaient appel à la République, ils se mirent en insurrection. Le nom du chef de bataillon Delgrès, qui, après avoir rédigé un éloquent appel à la postérité, se fit sauter dans un fort avec trois cents des défenseurs de la liberté, est reste honoré à la Guadeloupe. On se souvient aussi de cet autre officier, Kirvan, qui, voyant perdue la cause pour laquelle il combattait, se fit creuser une fosse, s’y étendit et se donna la mort. Un autre encore, Monnereau, le secrétaire de Delgrès, ayant eu, devant les juges, la facilité de se sauver en niant sa participation aux actes de son ancien chef, aima mieux subir la peine capitale.

Ces épisodes douloureux d’une lamentable histoire furent suivis d’un acte qui devait avoir, même au point de vue exclusivement politique, de funestes conséquences : le rétablissement officiel de l’esclavage à la Guadeloupe. La nouvelle de

cet événement ralluma la guerre à Saint-Domingue, et, dès lors, la plus belle des Antilles fut à jamais perdue pour la France. Richepanse mourut quelque temps après, à la Guadeloupe, d’un accès de fièvre jaune.

Lacrosse fut restauré dans son gouvernement de la Guadeloupe, et le même homme, qui avait autrefois prêché dans cette colonie la propagande révolutionnaire, fut chargé d’y appliquer l’arrêté consulaire du 16 juin 1802, qui rétablissait aux Antilles le régime antérieur à 1789.

Il eut pour successeur le général Ernouf, sous le gouvernement duquel, après la rupture du traité d’Amiens en 1803, une attaque fut dirigée par les Anglais sur l’anse Dehaies. Cette tentative demeura sans résultat. Quelques années après, les hostilités recommencèrent. En 1809, les Anglais s’emparèrent de la Martinique et tentèrent, sans succès, une descente à la Guadeloupe. Enfin, en 1810, ils vinrent, en grand nombre, sous les ordres du général Georges Beckwith, débarquer à Sainte- Marie, d’où ils se portèrent sur la Basse-Terre. Après quelques combats qui ne mirent pas sérieusement obstacle à la marche de l’ennemi, Ernouf capitula. La Guadeloupe tomba encore au pouvoir des Anglais, qui en restèrent maîtres jusqu’en 1813, époque à laquelle ils la cédèrent à la Suède. Cette cession ne reçut pas d’exécution effective : par le traité de Paris du 30 mai 1814, la colonie fut rétrocédée à l’Angleterre, qui la rendit à la France. Il ne fut pas facile de déterminer le gouverneur anglais Sldnner à exécuter cette dernière partie du traité.

Pendant la période des Cent-Jours et avant que des désastres récents encore eussent été réparés, la Guadeloupe, qui avait alors pour gouverneur le comte de Finnois, fut reprise par les Anglais, qui y restèrent jusqu’au traité de 1815.

A partir de cette époque, la paix avec l’Angleterre étant devenue définitive, la colonie n’eut plus à se défendre contre les attaques du dehors et ne subit que des transformations intérieures, résultant de l’application des différents systèmes de gouvernement qui y furent introduits par la métropole.

La Guadeloupe a donné naissance à un certain nombre de personnages connus, parmi lesquels on peut citer ; le général Dugommier, qui reprit Toulon aux Anglais en 1793 ; les généraux Gobert, tué à Baylen(1808), et Bouscaren, qui fit les campagnes d’Afrique avec Lamoricière; Gobert, fils du général, est le fondateur des prix académiques pour l’histoire de France; le faoneux chevalier de Saint-Georges qui était un mulâtre, le peintre Lethière, l’auteur de Brutus condamnant ses fils à

mort, et delà. Mort de Virginie; Bébian, qui fit des travaux sur les sourds-muets et devint directeur de leur institut, les poètes Léonard et Gampenon, le chroniqueur Privât d’Anglemont, l’auteur dramatique Dumanoir.

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