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CHAPITRE II

GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE

La CJuadeloupe. — La Guadeloupe est située entre 16° 14' 12" et 15° 59' 30" de latitude nord; — 64° 4' 22" et (35° 51' 30" de longitude ouest. Elle est distante de la Martinique de 110 kilomètres.

La colonie se compose, non compris ses dépendances, de deux îles principales que sépare un bras de mer appelé la Rivière Salée, d’une largeur moyenne de 40 à 50 mètres, et qui ne peut être traversé que par les navires d’un faible tonnage. La partie située à l’ouest de ce détroit portele nom de Basse-Terre^ ou Guadeloupe proprement dite ; elle a la forme d’une ellipse irrégulière dirigée du nord au sud et dont la partie sud tend a se terminer en pointe ; la partie à l’est s’appelle la Grande-

Terre : elle a la forme d’un triangle.

Ces deux terres sont différentes par leur aspect et leur constitution géologique. Le soulèvement volcanique qui les a formées s’est accentué beaucoup plus à la Guadeloupe qu’à la Grande- Terre. Ici, le sol est plat, marécageux en quelques endroits ; le calcaire et l’humus y dominent; ses ondulations sont marquées par des mamelons de peu d’élévation; il est presque complètement dépourvu de cours d’eau. Là, le terrain est volcanique, hérissé de montagnes hoisees, et traversé par des rivières qui descendent des sommets de cascade en cascade. Parmi ces rivières, dont les embouchures mêmes sont rarement navigables, on peut citer la grande rivière Goyave, la Lézarde, la Moustique, la Rivière Rose, la Rivière des Pères, le Galion.^

La plus haute montagne de la Guadeloupe est la Soufrière,

1. Ce serait plutôt la Haute-Terre qu’il faudrait dire, puisqu’elle est la plus montagneuse des deux îles; de même elle est plus étendue que la Grande-Terre, dont l’appellation, également impropre, s’explique par l’histoire de sa découverte. Désormais nous n emploierons plus cette expression la Basse-Terre que pour désigner la ville chef-lieu. ‘ ’’

qui atteint une élévation de 1 559 mètres, et sur le dernier plateau de laquelle s’ouvre un cratère encore fumant.

A des altitudes diverses, on rencontre des sources d’eaux thermales sulfureuses ou ferrugineuses. Les plus recherchées de ces eaux sont, dans la commune de Sainte-Rose, celles de la Ravine-Chaude et de Sofaïa, dans la commune de Gourheyre, celles de Dole' et, dans la commune de Bouillante, celles de Bouillante.

La superficie de la Guadeloupe proprement dite est de 94 631 hectares; celle de la Grande-Terre, de 65 631 hectares.

Dépendances de la Guadeloupe. — La Guadeloupe a cinq dépendances : Marie-Galante, la Désirade, les Saintes, Saint-Barthélemy, Saint-Martin.

Marie-Galante, ainsi appelée du nom du vaisseau monté par Colomb à sa deuxième expédition, la Maria-Galanda, est la plus importante des dépendances de la colonie. Sa superficie est 14 927 hectares. Elle est située par 16“3' de latitude nord et 63° 29' de longitude ouest, à six lieues au sud de la Grande- Terre. Son sol, de nature calcaire et sablonneuse, est arrosé par de petits cours d’eau; il est couvert de mornes, dont le plus élevé, le Morne Constant, atteint 205 mètres. L’île, dans le sud et l’est, est hérissée de rochers sous-marins qu irendent la navigation assez dangereuse. Lapopulation de cette dépendance, qui comprend environ 14 000 habitants, est active et industrieuse. Elle se livre à la pêche, à l’élève du bétail, au commerce du bois de campèche, à la culture de la canne, du café, du coton, Marie-Galante formait autrefois un petit gouvernement, dépendant de celui de la Guadeloupe et placé sous l’autorité d’un commandant particulier.

La Désirade est située par 16° 20' de latitude nord, et 64° 22' 51" de longitude ouest. Elle est distante de deux lieues de la Pointe des Châteaux, qui forme l’extrémité est de la Grande-Terre. Sa superficie est de 2 720 hectares. Son sol, sablonneux et aride, est favorable à la culture du cotonnier et du maïs. Cette île jouit d’un climat très sain. On y trouve un hospice de lépreux, fondé en 1728, et qui reçoit les malades tant de la Guadeloupe que des colonies environnantes. A peu de distance de la Désirade s’élèvent les îlots de la Petite-Terre, dont l’un porte à son extrémité orientale un phare à feu fixe.

Les Saintes, que Christophe Colomb avait appelées los Santos, en commémoration de la fête de la Toussaint, sont un

groupe d’îlots qui tirent toute leur importance des avantages qu’ils peuvent présenter au point de vue militaire. Cette circons tance leur a valu la dénomination de Gibraltar des Antilles.

Les principaux de ces îlots sont la Terre-de-Haut, la Terrede-Bas, Vllet-à-Cabrits, le Grand-Ilet. Le port de la Terre-de- Haut est très sûr, très profond, et sert d’abri, pendant la saison d’hivernage, aux bâtiments de la division navale de l’Atlantique, qui se trouvent dans les eaux de la Guadeloupe. '

A la ïerre-de-Haut se trouve un important ouvrage militaire, le fort Napoléon, de construction récente.

L’Ilet-à-Gabrits possède une maison centrale de correction et"un lazaret, qui desservent toute la colonie.

Ces îlots sont d’une grande salubrité. Leur sol est rocailleux ou sablonneux. Leurs habitants se livrent surtout à la culture du coton et à l’industrie de la pèche. La plupart des terres sont propres à la culture de la vigne. La superficie totale est de 1422 hectares.

Saint-Barthélemy est situé par 17° 5' 35" de latitude nord, et 650 10' 30" de longitude ouest, à 40 lieues au nord-ouest de la Guadeloupe. L’île mesure 25 kilomètres de tour. Le cheflieu de la dépendance est Gustavia, petite ville bien bâtie, et qui porte encore les traces d’une ancienne prospérité. Le port de Gustavia, qui fut autrefois le rendez-vous des corsaires français et anglais, et assez spacieux, mais peu profond. Le sol, rocailleux ou sablonneux, point arrosé, ne se prête guère qu’à la culture du coton, de l’ananas, et à l’élève du bétail. Il s’y trouve des mines de plomb et de zinc qui n’ont pas encore été utilement exploitées.

Cette île, qui avait appartenu dans le principe à la France, a été cédée à la Suède en 1784, puis rétrocédée à la France, par le traité du 10 août 1877. La reprise de possession par les autorités françaises a eu lieu le 16 mars 1878. f

Saint-Barthélemy possède une justice de paix à compétence étendue. Les seuls impôts qui y soient perçus consistent dans des taxes municipales.

Saint-Martin est situé à 45 lieues au nord-ouest de la Guadeloupe, par 18“ 5' 3" de latitude nord, et 65° 23' 25" de longitude ouest. Occupée en même temps, en 1648, par les- Français et les Hollandais, cette île a été partagée entre les deux nations, dans la proportion d’un tiers à la France. La partie française mesure une superficie de 5 177 hectares. Elle a pour chef-lieu le Marigot, qui est le siège d’unejustice de paix à compétence étendue.

KiHAiNCE COLONIALE. H

climatolos;ie. — Le climat de la Guadeloupe est doux. La chaleur s’y élève souvent jusqu’à 30 et 32° ; mais elle est atténuée, le jour, par la brise de mer et, la nuit, par la brise de terre. Le minimum de la température est de 17°. Il descend quelquefois plus bas dans les parties élevées de l’île.

L’année se divise en trois saisons distinctes et de durée irrégulière: la saison fraîche, la saison chaude et sèche, la saison chaude et pluvieuse. La première de ces périodes commence en décembre et finit en mars ; la seconde commence en avril et finit en juillet : la troisième commence en juillet et finit en novembre.

Cette dernière saison porte le nom d’hivernage. C’est celle des grandes pluies et des vents violents. L’atmosphère est soumise, durant cette période, dans tout l’archipel des Antilles, à des perturbations qui ont causé trop souvent de considérables ravages.

La colonie a été plusieurs fois le théâtre de terribles ouragans. Ceux dont le souvenir est resté le plus fortement gravé dans les esprits sont : l’ouragan du 24 août 4832 et celui du 6 septembre 1865. La dépression barométrique a été de 36 millimètres pendant le premier de ces ouragans, et de 32 m.illimètres, pendant le second.

Les jours sont à peu près d’égale durée en toute saison, sauf dans les mois de décembre et de janvier, où ils sont un peu plus courts. Le soleil se lève vers 5 heures du matin, et se couche vers 6 heures du soir. Le crépuscule et l’aurore sont presque imperceptibles, comme dans tous les pays tropicaux.

L’air est fortement imprégné d’humidité. Les observations recueillies pendant les années 1878 à 1883 ont donné une moyenne hygrométrique de 80 degrés.

Les tremblements de terre sont fréquents, mais ne se manifestent guère que par de légères secousses. Cependant, en 1843, le 8 février, un grand cataclysme s’est produit : la ville de la Pointre-à-Pitre a été renversée de fond en comble, plusieurs localités ont subi de grands dommages, et l’aspect même de la principale montagne de l’île a été modifié. Depuis cette époque, on a substitué, dans les villes, les constructions en bois ou en fer aux constructions en maçonnerie.

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