‹ La France colonialeChapitre 144 sur 180 · L.4 MARTINIQUE 7i · texte numérisé non relu

L.4 MARTINIQUE 7i

Les éléments créoles peuvent se répartir à peu près dans • les proportions suivantes : blancs, 5 000; — hommes de couleur (noirs et mulâtres), 143 000.

Depuis l’abolition de l’esclavage, l’état civil ne fait plus mention de la race de chaque individu. On comprend combien il est difficile, dans ces conditions, d’établir une proportion bien exacte. Quoi qu’il en soit, il est constant que la population de couleur, numériquement, va se développant, taudis que les blancs diminuent sensiblement. — J’ajouterai qu’aux points de vue matériel, intellectuel et moral, les progrès faits par la population de couleur ont dépassé les espérances les plus hardies. Datant à proprement parler de l’époque où l’esclavage fut aboli avec toutes les entraves que cette institution leur opposait, les hommes de couleur sont rapidement devenus, à force d’épargne et d’intelligence, propriétaires d’une fraction très importante du sol. C’est entre leurs mains qu’est aujourd’hui l’admininistration des intérêts de la colonie. On les trouve dans toutes les hranches de l’administration et dans toutes les carrières ouvertes au mérite et au savoir. Il faut voir dans la puissance d’assimilation du génie français la cause des progrès que je signale et qui ont eu pour point de départ les principes de liberté et d’égalité, sincèrement propagés par la métropole dans cette colonie, et dont l’établissement du suffrage universel est la plus éclatante manifestation. Aussi les hommes de couleur sont restés et resteront fidèles à la France, à la République, dont ils n’ont jamais oublié les bienfaits.

\'îHcs of lïouï’gs. — Les deux centres les plus importants de la colonie sont Fort-de-France et Saint-Pierre. La première ville est le chef-lieu de l’île et la résidence du gouvernement. Saint-Pierre est la ville commerciale.

Fort-de-France comble S 116 habitants. Fondée en 1673, elle a été détruite presque entièrement par le tremblement de terre de 1839. Depuis cette époque, on n’y voit guère que des constructions en bois, à l’exception de quelques édifices, tels que l’église, la direction d’artillerie, etc.

Fort-de-France est le siège d’une cour d’appel, d’un tribunal de première instance, d’une justice de paix, d’une chambre de commerce.

Le port de Fort-de-France est un des plus beaux, des plus sûrs et des plus vastes des Antilles. 11 est situé au fond d’une baie magnifique, et défendu par des forts assez importants, le fort Saint-Louis, le fort ïartenson, le fort Desaix, et par plusieurs fortins ou batteries.

La ville est plate, les rues tirées au cordeau. L’aspect en est très agréable.

Saint-Pierre est le centre du commerce de toute la colonie. C’est une ville bâtie en amphithéâtre, très longue ; elle a 1711b habitants. Sa rade, qui aune forme semi-circulaire, comme la ville, est très belle et très fréquentée mais ouverte, ce qui oblige les navires à la fuir pendant les gros temps de l’hivernage pour aller chercher un abri à Fort-de-France.

Saint-Pierre est divisé en trois quartiers : le Mouillage, le Centre et le Fort. Les maisons de commerce se trouvent situées dans le quartier du Mouillage. C’est au Fort que se portèrent les premiers Européens qui débarquèrent à la Martinique.

Saint-Pierre fut fondée, en 1635, par d’Esnambuc.

Cette ville est le siège d’une cour d’assises, d’un tribunal de première instance, de deux justices de paix (cantons du Fort et du Mouillage), d’une chambre de commerce. C’est la résidence de l’évêque de la colonie depuis 1853.

Elle possède un jardin des plantes qui est incontestablement le plus beau des Antilles et que complète un petit musée géologique, botanique et zoologique.

Saint-Pierre n’est protégée que par des fortins insignifiants, sa rade foraine ne lui permettant guère d’être une ville fortifiée.

La distance par terre de Saint-Pierre à Fort-de-France est de 32 kilomètres. Par mer, ces deux villes sont reliées entre elles au moyen d’un service de bateaux, fonctionnant deux fois par jour et effectuant ce trajet en une heure et quart.

Les environs de Saint-Pierre sont des plus pittoresques. On y trouve plusieurs endroits propres à la villégiature. On peut citer particulièrement le quartier des Trois-Ponts, le Morne- Rouge, le Fonds-Coré et la rivière Blanche.

Après ces deux villes, les localités les plus importantes par leur population sont : la Trinité, le Français, le Lamantin, le Carbet, le Prêcheur, le Marin et Sainte-Marie.

A<lmiiiistration. — L’administration de la Martini(pie est fondée sur les mêmes principes que celle de la Guadeloupe et de la Réunion.

Le gouverneur est assisté : P de chefs d’administration {directeur de l'intérieur, procureur général) et de chefs de services (service administratif de la marine, service de santé de la marine, instruction publique, trésorier-payeur); 2° d’un conseil privé ; 3° d’un conseil général.

LA MARTINIQUE

Les membres du conseil général sont élus :

A pour le canton de Fort-de-France ;

3 — du Lamantin ;

5 — du Saint-Esprit;

2 — du Diamant ;

4 — du Marin ;

4 — du Fort (Saint-Pierre);

5 — du Mouillage (Saint-Pierre);

3 — de la Basse-Pointe ;

7 — de la Trinité.

La commission coloniale se compose de 7 membres.

L’organisation municipale est réglée par la loi métropolitaine du 5 avril 1884.

Les communes sont au nombre de 32, reparties entre les deux arrondissements du Nord et du Sud. Ce sont celles de Fort-de-France, Case-Navire, appelé Schœlcher depuis le 25 novembre 1889, Lamantin, Saint- Joseph, Saint-Espi it, Ducos, François, Rivière-Salée, Anses- d’ Arlets , Diamant , Trois-Ilets, Sainte- Luce, Marin, Vauclin, Sainte-Anne et Rivière-Pilote, pour l’arrondissement du Sud; Saint-Pierre, Carbet, Fonds- Saint-Denis, Morne-Rouge, Grande-Rivière, Marigot, Ajoupa- Rouillon, Prêcheur, Case-Pilote, Basse-Pointe, Macouba, Lorans, Trinité, Sainte-Marie, Gros-Morne et Robert, pour l’arrondissement du Nord.

«fustice. — Il existe à la Martinique neuf justices de paix, deux tribunaux de première instance (bort-de-France et Saint-Pierre), une cour d’appel (bort-de-France) et une cour d^sissiscs.

Les codes de la métropole sont en vigueur dans la colonie.

Le code pénal métropolitain est applique en entier dans la colonie, sauf quelques restrictions relatives aux pouvoirs du gouverneur, à la police du travail et a la repression du vagabondage. , ,

Le code d’instruction criminelle colonial a ete moditie par plusieurs lois et décrets, en dernier lieu par la loi du 27 juillet 1880.

Services inilîtalres. — L’autorité militaire est entre les mains du gouverneur. Les troupes employées à la Martinique, sous les ordres d’un lieutenant-colonel dinfanteiie de

marine, commandant d’armes, consistent en i compagnies d’infanterie de marine, 1 batterie d’artillerie de marine, 1 détachement d’ouvriers d’artillerie de marine, 1 compagnie des disciplinaires des colonies et 1 compagnie de gendarmerie coloniale répartie en 14 brigades.

Les compagnies de sapeurs-pompiers, à Saint-Pierre et à Fort-de-France, ont été placées dans les attributions de l’autorité militaire, dont elles relèvent directement.

Dans le projet de loi sur l’armée coloniale (1892), on prévoit pour la Martinique 6 compagnies du régiment des Antilles et 2 batteries de Varîülerie coloniale.

Le régime de l’inscription maritime a été établi fi la Martinique par le décret du 3 mai 1848.

La Martinique est le centre de la division navale de l’Atlantique nord, qui se compose actuellement d’un croiseur à batterie, d’un aviso de station et d’un éclaireur d’escadre placés sous les ordres d’un contre-amiral commandant en chef.

c:ultc!$. — La population de la Martinique est catholique.

La colonie a été érigée en évêché par décret du 18 décembre 1830.

Le cadre du clergé colonial se compose d’un évêque, de 2 vicaires généraux, de 62 prêtres, curés, vicaires ou desservants, de 3 aumôniers militaires.

On compte dans l’île 28 paroisses.

Des conseils de fabrique ont été organisés par arrêté du 8 avril 1857.

Il existe dans la colonie cinq congrégations religieuses : 1° les Pères du Saint-Esprit qui dirigent le séminaire-collège; 2“ les frères de l’Institut de Ploërmel; 3° les sœurs de Saint- Joseph de Cluny, vouées à l’instruction; 4° les sœurs de Saint- Paul de Chartres, consacrées exclusivement au service des hôpitaux; 3° les sœurs de la Délivrande, vouées à l’instruction.

lu«$ti'uciiou public|iie. — ; La Martinique est très largement dotée au point de vue de l’enseignement public.

La gratuité de l’enseignement primaire a été établie par une délibération du conseil général de la colonie, le 24 février 1871. En dehors des écoles primaires gratuites de garçons et de filles dont sont pourvus tous les hameaux, bourgs et villes, il existe à la Martinique :

Pour l’enseignement supérieur, une école préparatoire de droit, fondée en 1882.

Pour l’enseignement secondaire : 1° un lycée à Saint-Pierre,

Page 1