Discours au Sénat, 23 mai
APPENDICE
I. — LA CONVENTION DU 14 AOUT 1894 entre la France et l’État indépendant du Congo.
La Convention dn 29 avril 1887, conclue entre la France et l’État du Congo, relativement aux frontières de cet État vers le nord, contenait la clause suivante : « L’État indépendant du Congo s’engage à n’exercer aucune action politique sur la rive droite de l’Oubanghi, au nord du 4® parallèle. » Or les Belges, prétendant que ce n’était pas l’Ouellé mais le .M’Bomou qui était la branche maîtresse de l’Oubanghi, avaient dépassé la limite fixée et créé des postes sur le M'Bomou. De là des difficultés qui, dans le courant de l’année 1894, ont pu faire craindre un conflit. Des conférences engagées à Bruxelles en 1894, entre les représentants des deux États intéressés n’avaient pas abouti. En juin 1894, les Chambres françaises, sur la proposition du Gouvernement, volèrent les crédits nécessaires pour la formation d’une colonne destinée à aller renforcer nos postes de l’Oubanghi. Cette expédition, placée sous les ordres du commandement Monteil, était déjà en route lorsqu’une convention fut enfin signée le 14 août 1894, entre la France et l’État indépendant. ’Voici la clause principale :
Article 1'®. LcT frontière entre l’État indépendant du Congo et la colonie du Congo français, après avoir suivi le thalweg de l'Oubanghi jusqu’au confluent du M’Bomou et du Ouellé sera constituée ainsi qu’il suit :
1“ Le thalweg du M’Bomou jusqu’à sa source ;
2° Une ligne droite rejoignant la crête de partage des eaux entre les bassins du Congo et du Nil.
A partir de ce point, la frontière de l’État indépendant est constituée par ladite crête de partage jusqu’à son intersection avec le 30“ de longitude est Greenwich (27“40' de Paris).
Ainsi la frontière était reportée au M'Bomou et les Belges obtenaient l’accès du Bahr el Gazai. Mais ils cédaient à la France les postes qu’ils avaient créés au delà.
La colonne Monteil était devenue inutile. Elle fut en partie dirigée sur une autre partie de l’Afrique, sur la côte d’ivoire où des difficultés étaient à craindre. On redoutait, en effet, une attaque de Samory contre la région de Kong. Nommé lieutenant-colonel, Monteil fut chargé de protéger Kong et tout le pays contre les attaques des Sofas. Ceux-ci ont été battus en plusieurs rencontres, à la suite desquelles la marche en avant des bandes de Samory semblant arrêtée, et le ravitaillement de la colonne présentant de grandes difficultés, elle a été en partie rappelée (mars 1895) et le commandement du colonel Monteil a pris fin.
LA l'IlANClî CÜLONIALIÎ