La piastre tunisienne équivaut à environ 60 centimes
LA FRANClî COLOxMALE
L’exercice 1302 (1884-1885), avec 30 860 864 piastres de recettes et 21 780110 de dépenses, se soldait par un excédent de recettes d’un peu plus de 9 millions. Les excédents de chaque exercice s’ajoutaient naturellement aux recettes de l’exercice suivant. Ils ont été de 6448 443 piastres pour 1885-86, de 11 329 731 pour 1886-87, de 9 818571 pour 1887-88, de 9 256 512 pour 1888-89.
L’exercice 1308 ou budget de 1890-1891, dit prolongé parce qu’il devait aller du 13 octobre 1890 au 31 décembre 1891 afin de faire coïncider à l’avenir l’année financière tunisienne avec celle de France, est évalué, en recettes, à 47 627 500 piastres ; en dépenses, à 47 627 198 piastres.
Le budget d e 1 892 prévoit: pour 1 es recettes, 24 960 566 francs ; pour les dépenses, 24 901 435 francs; excédent des prévisions de recettes : 9 131 francs. — A partir de ce budget la comptabilité, comme on le voit, se fait en francs.
Les principales sources de revenus sont, d’après les prévisions pour 1892 : la medjba, ou taxe de capitation levée sur les adultes des tribus, 4 140000 francs ; le kanoun àe?, oliviers et dattiers, 1 420000; les dîmes sur les oliviers, 355 800; Vachour ou dîme, tant en argent qu’en matière, 1 770 900; les douanes, 1 368 400; le karoube sur la vente et les loyers des immeubles, 303 600; le timbre, 434 700; les monopoles (tabac, poudre, sel, peaux, etc.), 521000; les produits des domaines, forêts, mines , 667 400 ; les produits des postes et télégraphes , 639 200. Les principales dépenses sont : la liste civile du bey, 900 000 francs; les dotations des princes et princesses de la famille beylikale, 720 000 ; le personnel et service des palais, 120 000; la direction des finances, 3048 000; le service de la dette, 6 327 920.
On a attribué, sur ce même budget, 1 800 000 francs aux travaux du port de Tunis, 1 666 666 pour ceux du port de Bizerte, 1 368 000 pour les routes et ports, etc.
La Tunisie a pu prendre à sa charge, sans détruire l’équilibre de son budget, les frais du contrôle civil, de la justice et des prisons, dépenses précédemment supportées par la métropole.
Tout en payant les créanciers de l’Etat, en multipliant les dépenses utiles, on a pu opérer de nombreux dégrèvements dont l’agriculteur a surtout profité : pour la période du 13 octobre 1884 à la fin d’avril 1890, ils s’élèvent à 6 445 925 piastres.
Si l’on songe qu’en 1883 les recettes s’élevaient seulement
à 18 millions de piastres par an à peu près, soit 10 à H millions de francs, on reconnaîtra qu’en ce court espace de temps les revenus de la Régence ont plus que doublé ; résultat très digne de remarque et qui suffirait à lui seul à montrer les avantages d’un régime de protectorat convenablement établi. Ces chiffres sont d’autant plus importants à noter que les ressources naturelles de la Régence sont loin d’avoir atteint leur développement normal, et que, d’autre part, le chilïre de nos forces d’occupation qui avaient pu causer d’abord un certain accroissement dans les importations, a été sans cesse en diminuant d’année en année. Tl ne semble pas, à comparer ces résultats avec ceux obtenus dans d’autres régions, qu’aucune nation, même parmi celles qui sont le plus célèbres pour leur génie colonisateur, ait jamais fait mieux ni plus vite, ni, à tout prendre, plus pacifiquement.
Le décret beylikal du 1®'' juillet 1891 a réformé le système monétaire, substitué le franc à la piastre, ordonné que les monnaies nouvelles, conformes au système monétaire de France, seraient frappées à Paris. Elles ont été accueillies avec faveur par les indigènes.
lia Comnii!«sion consiiKative. — Outre la création d’une direction des contrôles et renseignements, si importants pour l’extension de la colonisation française, l’année 1891 a vu le résident général réunir autour de lui une délégation de colons pour s’aider de leurs avis. Cette délégation est devenue la Commission consultative, qui est désormais une institution et qui est convoquée deux fois par an *. Elle comprend : le bureaude la chambre de commerce française à Tunis; les membres correspondants de cette chambre à Sousse et à Sfax ; les vice-présidents et les plus anciens conseillers français des principales municipalités ; les présidents et les vice-présidents des viticulteurs et de chacune des associations agricoles reconnues. Le secrétaire de cette commission est élu par elle. Les chefs de service et agents de la Résidence assistent et prennent part aux délibérations. Comme elles ont un caractère consultatif, elles ne sont point publiques. Cependant les procès-verbaux des deux sessions de 1891 ont été publiés par la Résidence.
3° Reforme de l'inistruction publique. — Enfin une troisième réforme importante a été celle de l’enseignement. Beaucoup plus civilisables que les Marocains et les Algériens,