Rapport Machuel
Louis, de fouilles exécutées sur le sol même de l’ancienne Carthage, sous la direction du P. Delattre.
Services mililaires. — L’effectif du corps français d’occupation est actuellement réduit à 9 617 hommes : il comprend le 4« régiment de zouaves, le 4® régiment de tirailleurs algériens, le 3® et le 4® bataillon d’infanterie légère d’Afrique, la D® compagnie de fusiliers de discipline, le 4® régiment de spahis, 3 batteries du 13® d’artillerie, 1 compagnie du 2® du génie, 3 compa-gnies du train des équipages; de la gendarmerie, des sections d\afirmiers et d’ouvriers militaires.
La brigade se subdivise en trois commandements militaires : Tunis, Sousse, Gabès.
Le 4® de tirailleurs et le 4® spahis ont été formés en partie avec des soldats de l’ancienne armée tunisienne. Ils continuent à se recruter dans le pays au moyen d’un système de conscription, établi avant nous, conservé et même perfectionné par nous, mais incommode aux populations, ne pouvant donner que des résultats douteux, vu la faible durée du service, ou dangereux. Il importerait de le remplacer au plus tôt par des enrôlements volontaires et à longue durée, comme cela se pratique en Algérie.
De l’ancienne armée du bey il ne subsiste plus que sa garde d’honneur, composée d’un bataillon , d’un escadron et d’une batterie.
Les dépenses de cette armée, avec les pensions accordées aux invalides et retraités de l’ancienne armée, s’élèvent, en 1892, à 595 370 francs.
Résumé des réformes. — Telles sont, à grands traits, les principales réformes introduites en Tunisie ; elles n’ont pas été exécutées avec trop de lenteur : quelques années ont suffi à les accomplir. Elles n’ont rien eu non plus de précipité ; elles se sont fait admettre l’une après l’autre par les indigènes et n’ont provoqué ni trouble ni révolte. De quoi il faut rendre grâce aux' résidents généraux de France : à M. Cambon, qui ne s’est pas montré moins bon administrateur que son prédécesseur, M. Roustan, ne s’était montré bon diplomate, et à leurs successeurs.
Prospérité financière de la Tunisie. — Dès aujourd’hui, comme on l’a vu, la Tunisie subvient à toutes ses dépenses, et même la charge des services français, dont elle a été récemment dotée, a été mise â son compte. C’est ainsi
que les frais de la justice française, 368482 francs, ne ligurent plus que pour mémoire au budget de la métropole; le bey, au bout de l’année, en acquitte le montant. Les nouveaux services des finances, des ponts et chaussées, des forêts, de l’instruction publique, de la police sont également entretenus aux frais du bev, sans rien coûter à la France. Restent à notre charge les frais d’entretien du corps d’occupation, mais réduit à 9617 hommes avec une dépense d’environ 6 millions. D’ailleurs, maintenant que nous n’avons plus à défendre la frontière de la province de Constantine et que les limites de notre empire se trouvent reculées jusque par delà les Chotts, c’est cette dernière frontière que nous avons à protéger, et il ne nous faudra en réalité pas plus de troupes pour assurer la sécurité des deux provinces qu’il n’en fallait autrefois pour celle de Constantine seule. On peut donc dire que la Tunisie ne coûte plus ni un homme ni un sou à la métropole, et c’est plus qu’on n’en peut dire de la plupart des colonies relevant des grandes puissances européennes.