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La moyenne de la population est généralement faible et en même temps très variable d’un pays à l’autre. Elle est d’envirou 3 à 4 habitants par kilomètre carré sur te haut Sénégal, daus la Bouré, les États de Samory, les États de Tiéba; dans le Bélédougou, de 8 à 10. — Dans le Macina, elle serait de 8 à 10; dans le Mossi, qui depuis longtemps n’a pas vu de guerre, de 22 à 24.

Les pays anexés sont en réalité des pays protégés d’un peu plus près, parce que les rois ou chefs indigènes n’y commandent que sur une superficie assez restreinte. De ceux-ci, les uns sont d’anciens alliés de la France; les autres ont été récemment installés par nous, quelquefois dans des pays conquis sur leurs oppresseurs El-Hadj-Omar, Âhmadou ou Samory. Ils acceptent d’autant plus volontiers notre autorité.

Les territoires annexés sont divisés en cercles, à la tête de chacun desquels est placé soit un commandant, soit un résident,

ou Gaman, qui a pour marché et capitale Bondoukou (mais le roi ré^de à Amenvi)-, à l’ouest, le Barabo; à l’est, le Fouqoulaon pays que

les Anglais ont depuis revendiqué; au nord-est, celui des Pakkalla (voyez Binger). .-..i

LA FHANGE COLONIALE

avec le grade de capitaine ou de lieutenant. — Voici l’énumération des cercles existants à ce jour :

1“ Bakel, dont une partie du territoire a été récemra.ent cédée au Sénégal. Poste fortifié : Bakel.

2° Kayes^ comprenant le Khasso, le Logo, le Aiataga, le ^Diombokha,le Guidimaka, le Kamera, le Niambia, le Sirimana, le Dentilia, le Sangara, etc. Postes fortifiés : Médine, Kay es.

3° Bafoulnbé, comprenant tout le pays du Tringa et du Lankamané dans le nord,- du Merentambaia, Konkorodougoit, Orodougou dans le sud. Postes: Bafoulabé, Badombé , Koundou.

4” Kita [Foiiladougoii, Kolou, etc.). Poste : Kita.

5“ Bammako, comprenant principalement le Bélédougou. Postes : Bammako, Nyamina, Kangaba.

6“ Nioro, comprenant le (le district de Koniakary a

été réuni au cercle de Kayes). Poste : Nioro,

7° Ségou, comprenant: l°le Ségou septentrional ou États de Mademba, capitale Sansanding ; 2" le Ségou méridional avec le Minianka, le Bendougou et le Baninko, capitale Ségou, où habite le commandant de la région, qui a aussi une surveillance sur les États de Tiéba.

8° Siguiry, comprenant une partie des anciens États de Samory, sur la rive gauche du Niger. Postes : Siguiry, Niagassola, Kouroussa.

9“ Kankan, comprenant la province conquise par le colonel Archinard sur la rive droite du Niger. Poste : Kankan.

Bissandougou, Kérouané, Faranah, Kissidougou, etc... au sud; Bïenné, Bandiagara, Sokolo, etc... au nord, sont autant de postes où résident nos officiers-administrateurs.

Caractères de notre domination au §»oudan. —

A ces populations bambaras ou malinkés, d’une civilisation toute primitive, échappées d’hier seulement à la tyrannie de sultans négriers, on ne peut songer à imposer, je ne dis pas nos idées et nos institutions, mais celles mêmes qui ont pu être introduites en Algérie, en Tunisie et dans notre ancienne colonie du Sénégal. Il faut les rattacher au sol dont les razzias les avaient comme déracinées, les rappeler dans les villages, supprimer la traite, rendre supportable l’esclavage de case en attendant (ju’un progrès intaillible, mais certainement lent, en amène l’abolition. Il faut à nos sujets des chefs de leur race, surveillés et conseillés par nos officiers, des impôts légers, une justice équi-

4. En ce moment (août i89i!), il est question de rattacher le cercle de Dakcl au Sciiéyul.

table et rapide, le respect de leur religion et de leurs coutumes, la securité du travail et du commerce. Les instructions laissées par le colonel Archinard ‘ à nos résidents militaires méritent d’être citées comme un modèle de sagesse pratique, de haute raison, de politique humaine et sagace, reposant sur une profonde connaissance de l’ethnographie, des institutions et des mœurs, des faiblesses mêmes et des superstitions indigènes. Elles embrassent les mesures de défense militaire et de surveillance, le système de justice et d’impôts, la tenue des marchés, les moyens de développer la production et le commerce, de gagner à notre civilisation ces populations qui sont encore dans l’enfance. On devra leur donner le régime qu’elles-mèmes semblent préférer, c’est-à-dire, suivant les cas, un fama ou roi héréditaire, un almamy ou chef religieux élu, ou un conseil d’anciens. «Autant que possible, quand il ne s’agira pas de questions graves, le commandant du cercle renverra les affaires devant les cadis, les chefs de villages ou les anciens. Il devra peu à peu, à mesure qu’il connaîtra la population, chercher à nommer les indigènes chargés de rendre Injustice. Il cherchera toujours à la faire rendre aux gens d’une même race par des notables de cette race; il évitera soigneusement que des Toucouleurs soient chargés de la rendre à d’autres qu’aux Toucouleurs. Il aura à intervenir directement quand les intéressés seront de races différentes. »

Ailleurs M. Archinard a écrit : « Notre action au Soudan n’est pas une action purement militaire... On n’usera de la force que pour surmonter les obstacles quand il a été bien reconnu qu’ils ne pouvaient être surmontés autrement. » Il veut aussi que « des mesures soient prises dans chaque poste pour permettre à tous les indigènes qui veulent s’instruire et faire instruire leurs enfants de le faire ».

Les résultats de cette politique ont été de suite visibles : en détruisant les Etats brigands d’Ahmadou et de Samory, en supprimant les guerres de traite et le trafic des esclaves, en rétablissant sous notre contrôle les anciens pouvoirs, nous avons donné à chaque Noir la sécurité de sa personne, de sa famille, de sa propriété, de son travail. Où nos colonnes ont passé, les villages se repeuplent et les champs se couvrent de moissons. Les populations que nous avons trouvées fugitives, traquées comme un gibier, misérables et nues, s’enrichissent, commercent avec nous, se font gloire de porter des vêtements, se construisent

1. Le présent paragraphe est un de ceux que nous avons ajoutés à l’œuvre primitive du colonel Archinard (note de la Rédaction).

(les huttes plus propres et mieux aménagées. Les provinces conquises il y a trois ans sont déjà redevenues prospères ; il en sera de même, dans un avenir prochain, de celles dont la conquête s’achève aujourd’hui. Notre domination est solide précisément parce qu’elle ne s’est manifestée que par des bienfaits et que parce que nous nous sommes bornés à remettre chacun à sa place, à faire régner partout la paix française.

l*t*iiicii>aiix centres. — Les villages de 2 ou 3000 âmes ne sont point rares dans les régions prospères du Soudan. Un ertain nombre comme Dienné, Tombouctou, Ségou, San, Nyamina, Tuba, Gombou, Nioro, Nora,Sikasso, etc., comptent de 5 à 10000 habitants. Ouagaddougou, au témoignage de M. Binger, en aurait 5000, et atteindrait 15 000 habitants.

On ne peut donner des chiffres un peu précis que pour nos anciens postes : Bakel a environ 1800 habitants; Kagcs s’est élevé de 300 à 4000, y compris le village de liberté; Médine en a près de 15 000 ; Kila, Bafoulabé, Bamniako, environ 3 000 ; Siguiri, 2000; Dinguiray ei Timbo à peu près autant.

On appelle villages de liberté des centres d’habitation établis sous le canon de nos forts et qui ont servi d’asile à des fugitifs de toute sorte, captifs des pays voisins ou esclaves évadés des caravanes. On y a établi aussi des prisonniers faits dans nos campagnes et, avec des lots de terre, les tirailleurs et spahis libérés du service.

Aclminiistratioii. — C’est le décret présidentiel du 18 août 1890 quia constitué le Soudan français comme colonie à peu près autonome, transformé le commandant supéj'ieur du Haut-Fleuve en un commandant supérieur du Soudan. En novembre 1893, il a été nommé un gouverneur civil., avec, sous ses ordres, un commandant des forces militaires.

Ce gouverneur, pour les services civils, a sous ses ordres un chef du service administratif [àécvei du 22 octobre 1890), assisté de trois aides commissaires ; un sous-agent administratif et trois commis administratifs; un trésorier pour le paiement des dépenses. — Les travaux publics, qui ont presque tous un caractère d’utilité militaire, sont dirigés par des officiers. Le chemin de fer a pour directeur un capitaine du génie militaire, assisté d’officiers et de quelques employés civils.

11 y a dans le Soudan 11 bureaux des postes et télégraphes. — Le personnel comprend des employés indigènes.

Le chemin de fer soudanais, de Kayes à Médine, a été

prolongé jusqu'à Bafoulabé. Des études ont été faites et elles sont terminées en vue de le prolonger jusqu’à Bammako sur le Niger sur un parcours de 400 kilomètres.

A Rayes, on a créé un grand hôpital, composé de deux bâtiments à étage, avec vérandas au rez-de-chaussée. Chaque poste a son infirmerie. Le service de santé est confié à des médecins et chirurgiens militaires.

A Rayes, il y a une école officielle ; à Rita, une école d’enseignement primaire et d’apprentissage des métiers manuels, dirigée par les missionnaires du Saint-Esprit; dans quelques postes, des écoles ouvertes aux indigènes. Ici, les moniteurs sont des sous-officiers français et les livres, syllabaires, tableaux scolaires, sont en grande partie fournis par l’Alliance française.

La justice a été réorganisée par un décret du 20 mai 1889. Le tribunal correctionnel spécial de Bakel est présidé par le commandant de cercle, qu’assistent deux notables nommés pour un an par l’administration, et d’un greffier. Les fonctions du ministère public sont remplies par l’officier d’administration qui réside au fort. Ce tribunal juge les contraventions et délits attribués à nos tribunaux correctionnels; il prononce sans appel lorsque la peine n’excède pas cinq jours de prison ou 100 francs d’amende, restitutions et autres réparations civiles. En matière de simple police, le président juge seul.

A Rayes, le commandant de cercle est juge de paix à compétence étendue : au civil, il prononce sans appel sur les actions personnelles et mobilières dont la valeur n’excède pas 1000 francs; au correctionnel, sans appel, lorsque la peine n’excède pas deux mois de prison ou ne doit consister qu’en une amende.

Les appels sont portés à la cour de Saint-Louis. C’est là aussi que sont transférées les assises ; le juge de Rayes remplit alors, pour les causes soudaniennes, le rôle déjugé d’instruction.

Services militaires. — 11 existe auprès du gouverneur civil un etat-?nq/or composé d’officiers de diverses armes. Le chef est ordinairement un capitaine ou un commandant. C’est de ce corps que dépendent tous les services relatifs au ravitaillement des postes ; missions diplomatiques, topographiques @u scientifiques; remonte et travaux d’assainissement. Il y a un chef d’escadron qui est directeur de l’artillerie.

La flottille du Niger se compose de deux canonnières, le Mage et le Niger ^ commandées par un lieutenant et un enseigne

de vaisseau. Elles sont armées de canons-revolvers du calibre de 27 millimètres. Leur mouillage a été transféré de Barnmako à Manambougou^^m?, à Kmilikoro, sur la rive gauche du fleuve, et enfin à Ségoii, où un port a été creusé.

Jusqu’à une époque récente, non seulement les troupes blanches, infanterie de marine, artillerie de marine, ouvriers d'artillerie et du génie, faisaient partie d’unités ayant leur centre en France; mais les troupes noires elles-mêmes, tirailleurs et spahis, dépendaient du co7ys de twailleurs sénégalais et de l’escadron de spahis sénégalais de Saint-Louis. Le premier sur ces 3 bataillons en détachait un au Soudan*; le second y détachait une division, soit 50 sabres. Il y avait de même au Soudan un détachement de conductew's sénégalais pour l’artillerie. Le décret de septembre de 1880 a créé, pour le Souaan, une compagnie auxiliaWe d’ouvriers d’artillerie de la marine et des colonies, puis divers décrets ont créé deux escadrons de spahis soudanais, une compagnie de conducteurs soudanais, un régiment de tirailleurs soudanais.

Normalement le régiment de tirailleurs comprend trois bataillons, soit douze compagnies. Chaque compagnie comprend : 4 officiers (dont 1 indigène), li sous-officiers (dont 3 indigènes), 4 clairons (dont 1 indigène), 8 caporaux, 120 tirailleurs, 2 enfants de troupe, — tous indigènes.

L’artillerie du Soudan comprend 100 canonniers européens, et, suivant les besoins, en leur adjoignant des indigènes, on peut former avec le matériel, qui est assez considérable, deux, trois et même quatre batteries de marche (campagne, montagne ou siège).

A plusieurs reprises, dans les expéditions, on a renforcé les colonnes de compagnie de tirailleurs ou aucieus tirailleurs.

On a vu aussi que, dans plusieurs campagnes, les rois et chefs nos alliés ont été appelés à fournir des contingents en cavalerie et infanterie.

Enfin en 1892, on a envoyé au Soudan une compagnie de la Légion étrangère et actuellement deux de ces compagnies y tiennent garnison.

Buclgrct (lu Soudan. — Le budget se compose de deux éléments : 1® les dépenses générales qui sont couvertes parles allocations de l’État français; 2° le budget local. Celui-ci, d’après le colonel Archinard, peut s’alimenter: des redevances

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