CHAPITRE IV
gouvernement et administration
Divisions administratives. — La colonie a pour cheflieu Saint-Denis, qui est aussi le chef-lieu de l’arrondissement du Vent. L’arrondissement /e Feîiï a pour chef-lieu Soi/îf- Pierre. L’île n’est divisée qu’en 15 communes, dont la plus grande, après les deux chefs-lieux, est Saint-Paul. Les bourgs sont presque tous situés sur le littoral. Dans l’intérieur, cependant, quelques plateaux ou plaines sont aussi colonisés.
Voici la liste des communes avec leur population :
Impartie du Vent : Saint-Denis (30,000 habitants), Samïe- Marie (5 300), Sainte-Suzanne (6 000), Saint-André (8800), Bras-Penon (2 700), Saint-Benoît (11 300), Sainte-Rose (2 900).
L\ nÉUNION
2° Partie sous le Vent : Saint-Pierre (24 000), Saint- Paul (19 600), la Possession (distraite du territoire de Saint- Paul et érigée en commune par la loi du 14 août 1890, 6 000 habitants), Saint-Leu (8 000), Saint-Louis (17 850), Entre-Deux (3 000), Saint-Joseph (9000), Saint-Philippe (2000).
Ciouvcriiemeut et admiiiistration. — Un gouverneur, représentant le chef de l’Etat, est la plus haute personnification de l’administration. Il est assisté d’un directeur de l'Intérieur, ayant à peu près les pouvoirs des préfets, d’un procureur général, chef de la justice, du chef du service administratif de la marine, de V inspecteur des services administratifs et financiers. Ces cinq fonctionnaires et deux civils, choisis par le ministre administrant les Colonies, constituent le conseil privé, consultatif, dont l’avis est parfois facultatif, parfois obligatoire, pour la validité des arrêtés du gouverneur.
Le directeur de l’Intérieur a sous ses ordres tout le personnel administratif : Finances, Douanes, Travaux publics, etc., etc.
liOîs et justice. — Les lois sont celles de la métropole, sauf sur quelques points, comme le travail, régi par des dispo- .sitions particulières. C’est en 1870 que le suffrage universel et le droit de nommer ses mandataires ont été donnés à la colonie par un décret du gouvernement de la Défense nationale.
Le procureur général est le chef du service judiciaire, qui comprend deux arrondissements, ceux de Saint-Denis et Saint-Pierre. Dans chacun se trouvent un tribunal de première instance et, une cour d'assises. La cour d'appel siège à Saint- Denis.
Les communes sont réparties en neuf cantons, pourvus chacun d’une justice de paix, savoir :
Partie du Veut : Saint-Denis, Sainte-Suzanne, Saint- André, Saint-Benoît. .
Partie sous le Vent ; Saint-Paul, Saint-Leu, Saint-Louis, Saint-Pierre, Saint-Joseph.
Beligiou. — L’immense majorité des Français est catholique; il y a fort peu de protestants, et ils n’ont point de temple. Le clergé colonial se compose de quatre-vingts prêtres, ayant à leur tête un évêque, celui de Saint-Denis.
Les Indous ont élevé çà et là quelques rares édifices religieux; ils ne semblent pas, en général, professer de culte bien déterminé.
LA FHANCI-: COLONIALE
Instruclion publiigiie. — Le clief du service de l’instruction publique est un viee-recteîir, relevant directement du gouverneur. 11 a sous ses ordres un inspecteur primaire.
Les établissements d’instruction sont :
1° Un lycée, celui de Saint-Denis, fondé en 1821, qui compte 400 élèves et 24 professeurs, plus le personnel complet de l’administration et les maîtres répétiteurs ;
2° Trois collèges communaux, à Saint-Pierre, Saint-Paul et Saint-André;
3° Deux institutions secondaires et un petit séminaire;
4^104 écoles communales, 6 écoles subventionnées, 40 établissements libres. Les écoles communales occupent 275 instituteurs ou institutrices et inscrivent un nombre de 12 000 élèves.
Un jury local décerne des brevets qui sont échangés en France contre le diplôme de bachelier, après examen des épreuves écrites. Chaque année, un grand nombre de jeunes gens et de jeunes filles obtiennent aussi des brevets pour l’enseignement et des certificats d’études.
Une école normale d’instituteurs, établie à Saint-Denis, comporte un directeur et trois maîtres adjoints.
On trouve à la Réunion des cours secondaires libres, un cours d’hydrographie, une station agronomique, deux musées d’histoire naturelle, plusieurs sociétés savantes, une bibliothèque publique assez riche.
Les dépenses de l’instruction publique inscrites au budget de la colonie (vice-rectorat et lycée) s’élèvent à environ 450 000 francs. Celles des budgets communaux représentent la même somme. L’instruction publique coûte donc près d’un million.
Presse. — La colonie possède plusieurs périodiques : Journal officiel, Salazien-Moniteur, Sport colonial. Revue commerciale. Trois seulement sont quotidiens : le Créole, la Vérité, le Réveil.
Bu<lg;et. — Le budget local de la colonie pour 1892, tant en recettes qu’en dépenses, s’élève à 3 847 700 francs pour le budget ordinaire, et 3 835 689 pour le budget extraordinaire.
Il faut ajouter à ce budget les parts d’impôts attribuées aux communes et aux Chambres d' agriculture et de commerce, les recettes propres des municipalités, qui dépassent 500 000 francs.
Les dépenses de souveraineté effectuées par la métropole pour l’armée, la marine, la justice, les cultes, etc., s’élèvent, en 1892, à 4 447 405 francs. Crédits demandés pour 1893 : 4554 745 francs.
LA RIÎUNION
Les spiritueux, à. eux seuls, produisent environ un million et demi.
Itoiianes. — Tous les produits exportés de la Réunion sont frappe's d’un droit de sortie de 4 0/0 ad valorem. Les objets importés subissent un droit d’octî'oi de mer dont un tiers est réparti entre les communes, moitié au prorata de la population, moitié à celui des dépenses obligatoires. Des tarifs de douanes frappent un certain nombre de marchandises étrangères.
Représentation coloniale. — La colonie est représentée au Parlement par deux députés et un sénateur.
Un conseil général de 36 membres, nommés par les 9 cantons en proportion de leur population, a des attributions considérables, conférées par les sénatus-consultes des 3 mai 1854 et 4 juillet 1866. Il fixe les droits de douanes, vote le budget local j etc.
Une commission coloniale fonctionne pendant les intersessions du conseil général.
Les municipalités sont régies parla loi du 5 avril 1884.
Ces diverses assemblées ont toujours fait preuve de sagesse et de patriotisme ; aucun reproche ne peut leur être adressé sur leur gestion.
Services militaires. — Un conseil de défense est institué dans la colonie. Il est présidé par le gouverneur et se compose du directeur de l’intérieur, du commandant des forces navales, du chef du service administratif de la marine, du chef de hataillon commandant les troupes d’infanterie, du commandant en second des milices, du directeur de l’artillerie, de l’ingénieur en chef, du capitaine du port.
La Réunion est gardée par 18 brigades de gendarmerie, 3 compagnies d’infanterie de marine, une section d’artillerie de la marine, un détachement d’ouvriers. Toutes ces troupes sont sous les ordres d’un chef de hataillon et sous l’autorité supérieure du gouverneur.
La colonie, à la différence de nos îles des Antilles, a conservé des milices : elles ont détaché de nombreux volontaires pour l’expédition de Madagascar.
Dans le projet de loi sur l’organisation de l’armée coloniale (1892), on prévoit la création d’un bataillon de la Réunion, recruté dans le pays, à 3 compagnies, et d’une batterie d’artillerie coloniale.
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LA FUANCE COLONIALE