‹ La France colonialeChapitre 77 sur 180 · Voyez ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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2. Ou Diego Soarez, du nom d’un navigateur portugais; voyez cidessus, page 370.

25 à 50 mètres sur fond de sable, qui permet aux navires de s’approcher à quelques mètres du rivage. Puis cinq grandes baies ou ports. Ce sont, au nord, Douroutch-Varat ou Baie du Tonnerre; Douroulch-Foutchi ou Baie des Cailloux blancs; à l’ouest, la Baie de l'île du Sépulcre; au sud-est, Douroutch- Vasah ou Baie des F rançais; au sud-ouest, le Port de la Nièvre, où a séjourné la Nièvre en 1832, et qui se continue par Welsh Pool, sur une longueur de 15 kilomètres. Toutes les eaux sont parsemées de nombreux îlots, dont les plus importants sont Vile des Tortues, Vile du Sépulcre, Nosy-Langour et le Pain de Sucre. Les principaux caps sont celui de Vatouminly, le cap Diégo et la Pointe du Corail.

C’est au cap Diégo et au village û.' Anisirane que se sont fondés les établissements français. En 1885 il n’y avait pas là plus de 200 habitants: aujourd’hui on en compte 5 ou 6COO, pour la plupart réfugiés sakalaves ou antankares qui ont élevé leurs paillettes sous la protection de nos canons.

En octobre 1886 le commandant Caillet, passant outre aux protestations du gouvernement hova, occupa la hauteur de Madgiodgarive, point stratégique de premier ordre. On y éleva des fortifications pour y enclore le baraquement de nos troupes. Pour protéger les deux passes, on construisit un fort sur l’îlot de la Lune et des batteries sur les deux pointes de la passe. Un autre fort occupe Nosy-Langour et commande le bassin central. Sur le territoire occupé on a créé, outre le baraquement pour les troupes, une église, des écoles, un hôpital; plus, un sanatorium sur la montagne d’.4m/y?‘c. On étudie la construction d’un phare, d’un bassin de radoub, l’élargissement des deux passes, des travaux pour amener les eaux.

Nous avons à Diégo-Suarez 3 compagnies de l’infanterie de marine. (En mars 1894, fut votée une augmentation de 2 compagnies), 1 batterie de l’artillerie de marine, 1 compagnie de disciplinaires, 1 détachement d'ouvriers, enfin 1 compagnie de tirailleurs sakalaves. Le décret du 3 mai 1892 a décidé que cet effectif sakalave serait porté à 1 bataillon, dont chaque compagnie comprendra 3 officiers et 7 soldats européens, et 110 sergents, caporaux ou soldats indigènes. En outre le projet de loi sur l’armée coloniale (mai 1892) porterait l’effectif des troupes européennes à 5 compagnies. La science française a pris aussi possession de la grande île. Outre l’observatoire royal de Tananarive, à 1 400 mètres d’altitude, on a créé, en 1889, les postes météorologiques de Tanialave, Fianarantsoa, Arivonimamo, en 1890, dans l’intérieur de Elle, avec ceux d’d?n6oi'ib’u, Ambohimandroso,

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Belafo. Ils sont dirigés par les missionnaires catholiques.

Notre colonie de Diégo-Suarez adéjà un budget local qui s’élève à 128 410 francs pour 1895, tant en dépense qu’en recette.

Outre le Résident général à Tananarive, il y a un vicerésident à Finaranlsoa, un à Mojanga^ sans compter celui de Nosy-Bé. Diégo-Suarez a un gouverneur .

Le commerce de Madagascar a été, en 1888, de 4 050 779 fr. à l’importation, dont 2 319400 pour les tissus; de 41 119 234 à l’exportation. Les principaux articles d’exportation ont été : peaux, 1 760 801 fr. ; caoutchouc, 1 366 211; raphia, 401 079 ; cire, 280243 ; bétail, 244 044.

Sur 91 navires de commerce qui sont entrés dans le port de Tamaiave dans les six premiers mois de 1887, 65 étaient anglais, 14 français, 4 allemands et 4 américains.

Les cleniîers événements. — M. Larrouy Succéda à M. Bompard comme résident de France à Madagascar; c’est SOUS son administration, le 6 juillet 1893, que fut votée par la Chambre la création d’une vice-résidence à Fort-Dauphin.

La mauvaise volonté du premier ministre qui cherche par tous les moyens à nous dégoûter et, il faut le reconnaître, son impuissance absolue ne font qu’augmenter.

Tantôt les Fahavalos s’emparent du gouverneur de Behamazimbina et de 200 habitants, tantôt les Bares ruinent la province d’Issandra, enfin à Tananarive môme les tantakely s’attaquent aux vasahas (étrangers). Le premier ministre réunit une colonne expéditionnaire de 2 000 hommes pour le Bouéni, mais, déjà singulièrement réduite au départ, elle fond si bien en route que pas un homme n’arrive à destination.

Un jour les Hovas font arrêter sous prétexte de recrutement tous les porteurs, ce qui désorganise le transport des marchandises à la capitale. L’impôt, d’une piastre par tête, destiné à payer l’indemnité de guerre, pèse si lourdement et si inégalement, qu’il soulève les plus violentes protestations et que dans le sud près de Fort-Dauphin les habitants refusent le paiement.

Un complot est organisé contre le premier ministre par son fils Razoëlina, l’ami des Anglais. Il est arrêté ainsi que ses complices et Rainilaiarivony apprend qu’ils ont été poussés par l’Anglais Kingdom. Condamnés à mort, les coupables voient leur peine commuée en détention perpétuelle et Kingdom, pour ne pas partager leur sort, implore l’intervention de notre résident qui se voit obligé d’intercéder en faveur d’un de nos ennemis les plus acharnés.

Le désordre est à son comble et rinsécurité absolue, ce ne sont plus des bœufs que les fahavalos se contentent de voler, ils s’attaquent aux maisons mêmes et la route de Tamatave est entre leurs mains; le D’’ Beziat est assassiné, on essaie d’en faire autant au P. Montaut, on incendie la maison de l’inspecteur du télégraphe Courtadon, l’explorateur Muller est massacré ; plus tard, le 13 juin 1894, un soldat de l’escorte du résident général est assailli dans la capitale sur l’ordre d’un prince neveu de la reine et laissé pour mort; enfin, on essaie d’empoisonner M. Courty, secrétaire d’ambassade et son secrétaire. Les représentations, les plaintes de notre réside L ne reçoivent aucune suite. La situation est devenu impossible et M. Larrouy informe le ministre des affaires étrangères que, devant son impuissance et le danger chaque jour couru par nos nationaux, il demande à leur faire rallier la côte. Un congé est accordé à M. Larrouy et M. Le Myre de Vilers, avec M. Ranchot, qui fera l’intérirr de la résidence, reçoit la mission d’exiger du gouvernement hova la reconnaissance effective de notre protectorat et de l'amener à faire droit à nos réclamations et à nos demandes d’indemnité. Enfin un nouveau traité devra nous permettre d’intervenir assez largement dans l’administration du pays pour pouvoir y mettre un peu d’ordre, et l’escorte de notre résident devra être augmentée dans de telles proportions qu’il soit à l’abri de toute insulte.

Eu attendant, notre station navale était puissamment renforcée.

Parti le 14 septembre 1894, M. Le Myre de Vilers débarquait le 9 octobre à Tamatave et neuf jours plus tard arrivait à Tananarive.

En France, les événements qui se passaient à Madagascar avaient eu un profond retentissement. Le 22 janvier 1894, M. Casimir-Périer, ministre des affaires étrangères, interpellé à la Chambre, avait répondu qu’il ne désespérait pas encore d’arriver à une solution pacifique. Pour faire voir cette fois au gouvernement hova que le ministère et le pays marchaient bien d’accord, un ordre du jour avait été voté à funanimité qui invitait le gouvernement à faire respecter les droits de la France à Madagascar.

Le U*" août, M. Hanotaux, dans une lettre à M. Larrouy, déclarait qu’il n’estimait pas encore arrivé le moment d’une rupture; devant l’insistance de notre résident qui, dans une lettre du 28 août, reçue le 2 septembre, se déclarait arrivé à ce qu’il considérait comme la limite extrême pour procéder à

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l’évacuation, qui ne pourrait plus se faire si l’on attendait la mauvaise saison, la réponse du ministre fut l’envoi de M. Le Myre de Vilers avec l’ultimatum.

Le premier soin de ce dernier fut d’assurer le retour à la cote de nos nationaux, les uns gagnant en colonne Mojanga ou Tamatave, tandis que les autres, épars dans différents ports : Mananjary, Mahela, Malianoro, Vatomandry, Foulpointe, Fenerife, Fort-Dauphin étaient ramassés par le Hugon. — Le renforcement de l’escorte du résident, la création de voies de communication permanentes et faciles entre la capitale et la côte, les concessions soumises au consentement du résident, telles étaient, avec les articles que nous avons plus haut énumérés, les points principaux de rultimatum présenté par M. Le Myre de Vilers.

Le contre-projet du gouvernement hova, qui fut publié in extenso dans les journaux français, équivalait bel et bien au rejet de notre protectorat; il était si loin de ce que nous réclamions qu’il n’y avait même pas à discuter. M. Le Myre de Vilers se contenta de gagner du temps pour permettre à nos compatriotes d’achever leur exode, puis il amena son pavillon et regagna la côte; cette fois c’était bien la guerre.

Que fallait-il faire? Plusieurs solutions étaient en présence. Ou renoncer complètement à Madagascar, ce qui était du môme coup l’abandon de nos droits séculaires et un démenti que nous nous infligions à nous-mêmes, ou n’occuper que certains points de la côte comme on le fit en 1883-85, procédé détestable qui n’eut d’autre résultat que de nous coûter fort cher et de ne rien produire, ou procéder enfin à une expédition véritable qui amènerait la soumission des Hovas, la montée d'une armée jusqu’à ïananarive et l’établissement sérieux de notre protectorat.

Malgré la gravité d’une semblable expédition qui distrayait de nos frontières une partie de nos forces, malgré l’importance des sommes qu’il faudrait dépenser alors qu’on avait tant de peine à mettre le budget en un équilibre d’apparence, ce fut à cette solution que se rallia la Chambre, après quatre jours de discussion, votant par 372 voix contre 135 le crédit de 65 millions demandé par le gouvernement.

Nous n’avions reculé en 1885 que pour mieux sauter dix ans après.

Le corps expéditionnaire, sous le commandement du général Duchesne, se compose de 15 000 hommes en y comprenant les services auxiliaires, qui se rendent à Madagascar au moment où nous écrivons ces lignes.

pü^uxie: géogrü^phique:

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