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GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE DE MADAGASCAR

Situation. — Etendue sur une longueur de plus de douze degrés et parallèlement à la côte orientale d’Afrique, dont elle n’est séparée que par un bras de mer large de quatre-vingtcinq lieues marines, le canal de Mozambique, Madagascar est une des plus grandes îles du monde.

Partageant en deux branches le courant équatorial, elle commande les deux routes de l’Inde, celle qui embouque le canal de Mozambique aussi bien que celle qui passe entre cette grande île et les Mascareignes.

Si, aujourd’hui que l’isthme de Suez est percé, la position stratégique de Madagascar paraît, au premier abord, moins importante, il ne faut pas oublier cependant que les deux extrémités de cette route peuvent être fermées par l’Angleterre, Malte et Chypre au nord, Périm et Aden au sud, étant les clefs de la mer llouge. Aussi, toute puissance qui, en lutte avec la Grande-Bretagne, voudrait faire passer des vaisseaux aux Indes, devrait-elle prendre l’ancienne route du cap de Bonne- Espérance. On comprend, de reste, l'intérêt qu’aurait l’Angleterre à ce créer dans ces parages une colonie à côté de celles du Cap, de Natal et de Maurice, qui ne brillent pas précisément par le nombre et la sûreté de leurs ports, non plus que par leurs ressources en vivres frais, en rechanges, en charbon et en approvisionnements de toute sorte que fournirait à profusion Madagascar.

Supoi'flcie. — La superficie de cette grande île dépasse celle de la France actuelle de 60 000 kilomètres carrés ; bien plus longue que large, elle a I 600 kilomètres du nord au sud et 470 kilomètres de l’est à l’ouest dans sa largeur moyenne.

MADAGASCAR

Relief du sol ; moutag;ues. — Sur une étendue de plus de trois cents lieues, une chaîne de montagnes court parallèlement à la côte orientale et suit le rivage san^ s’en écarter .jamais, sauf au nord, de plus de quelques milles. Une fois qu’on a gagné la crête de cette chaîne, à 800 ou 900 mètres au-dessus de la mer, on reconnaît que son revers forme tantôt une gorge étroite et profonde, tantôt un plateau, amas séculaire des éhoulis et des détritus d’une seconde chaîne granitique qui domine la première de 400 à SOO mètres. Qu’on ne croie pas cependant qu’à partir de ce point, le sol s’abaisse graduellement vers le canal de Mozambique ; il forme une sorte de plateau central large d’une trentaine de lieues, très tourmenté et déchiré qui, par une pente extrêmement rapide, s’abaisse brusquement jusqu’à une plaine sablonneuse, coupée de ravins, dont le niveau ne dépasse que de 200 mètres celui de la mer.

Les seuls accidents sont une étroite chaîne de montagnes, le Bémaraha, qui court du nord au sud et, dans les provinces méridionales de Madagascar, deux chaînes secondaires qui partent de 21® degré de latitude et dont la première forme, en rejoignant le Bémaraha, un vaste plateau.

Rég^isnc des eaux. — On peut donc dire que Madagascar est divisée en deux versants principaux ; le plus étroit, celui de l’est, s’élargit jusqu’à avoir 60 à 80 milles dans le nord ; il est coupé par nombre de rivières torrentueuses. Barrées de rocs et de cataractes, elles entraînent avec elles quantité de détritus organiques ou végétaux. Accumulés à l’embouchure, sous l’influence des vents et du flot, ils forment des barres et des deltas marécageux dont les émanations putrides engendrent des fièvres endémiques terribles qui ont fait donner à cette côte le nom de cimetière des Européens.

Quant au versant occidental, large de trois à quatre degrés, il donne naissance à des rivières importantes par leur débit et la longueur de leur cours. Le Maningory aux nombreux rapides, le Mangorô, long de 400 kilomètres, qui sort comme le précédent de la province d’.Vntsihanaka et qui se jette à la côte est, le Manangarâ, le Mangoka, VHonara, le Belsibokd et VIkopa qui passe à Tananarive et est le plus long cours d’eau de Madagascar, car il n’a pas moins de 115 lieues, telles sont les rivières les plus considérables.

Ajoutons, pour compléter les renseignements relatifs à l’hydrographie, qu’il existe dans l’intérieur un certain nombre do lacs, en général peu connus, dont les principaux sont les

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rilANCE COLO.MALÏ.

LA FHANCE COLONIALE

lacs Ima, ïtasy, Kinkouni, assez large pour qu’on n’aperçoive pas le bord d’une extrémité à l’autre, et Vlkotry, renommé pour l’excellence de son poisson.

Climat. — On comprend qu’une île aussi vaste, aussi tourmentée que Madagascar, offre une très grande variété de climats et de sols. Si la chaleur y est étouffante sur la côte, on jouit sur les hauts plateaux d’une température peu élevée et le froid y est même sensible pendant les mois d’hiver. Deux saisons bien tranchées se partagent l’année, l’hivernage ou la hors saison, et la saison sèche, qui commence avec le mois de mai pour finir avec octobre. En thèse générale, on peut considérer comme fertile toute la côte orientale, où les pentes des montagnes sont couvertes d’une luxuriante végétation, tandis que la plupart des plateaux de l’intérieur sont stériles et rocailleux.

Ka«icM cl — Dans sa partie septentrionale surtout,

la côte olfre de bons mouillages et des ports magnifiques, citons ; le havre de Diégo-Suarez, avec ses cinq haies et son bassin central; le port Louquez, les haies de Vohémar, d’.4«tongil, de Tintingiie, celle de Fénérife qui passe pour la moins sûre de la côte orientale ; Tamatave, la haie Saint-Luce dans la partie méridionale; puis, sur le canal de Mozambique, les haies Saint- A ugustin, àe Baly, d'^ Boinbêlok, Mojanga, Narindinâ et Pasandava en face de Nosy-lié.

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