‹ La France colonialeChapitre 82 sur 180 · LES SATELLITES DE MADAGASCAR · texte numérisé non relu

LES SATELLITES DE MADAGASCAR

Marie trente-deux villages indigènes, mis en communication j)ar des sentiers à peine frayés, à travers des bois épais où se rencontrent la petite natte, le filao, le bois de fer, etc. Du riz, des cocos, des fruits, telles sont, avec les essences que nous venons de nommer, les ressources peu abondantes de Sainte- Marie, qui n’a jamais dû sa fréquentation qu’à son voisinage de Madagascar et particulièrement des districts où les bœufs sont extrêmement nombreux.

En 1888, Sainte-Marie, qui auparavant était rattachée à la Réunion, a été placée sous l’autorité du gouverneur de Diégo- Suarez. Un administrateur réside dans l’île et commande à douze chefs entre lesquels elle est répartie. Les autres fonctionnaires sont un préposé du trésorier-payeur de la Réunion, un garde-magasin, un instituteur, un commissaire de police, un médecin de la marine, un commis de la marine, un conducteur des ponts et chaussées, un garde du port, deux prêtres desservants,

lies Comores. — Le groupe des îles Comores, en presque totalité sous le protectorat de la France, est situé à l’entrée du détroit de Mozambique, entre le nord-ouest de Madagascar et la cote orientale d’Afrique et se compose (outre Mayotte dont nous parlerons plus loin) de trois îles principales : la Grande Gomore ou Angazyza; Nijoiian, Anjouan ou Johanna ; Mohéii ou Moali, la plus petite.

La superficie de ces trois îles est de i 606 kilomètres carrés ; la population était, en 1887, de 47 000 âmes. Leurs habitants primitifs étaient des noirs de la côte voisine d’Afrique. Au commencement du xvine siècle, des Arabes de la mer Rouge, chassés sans doute par quelque révolution dont nous n’avons pas le secret, vinrent s’établir dans cet archipel et ne tardèrent pas à se mêler à la population nègre.

Anjouan fut longtemps Rœquentée par les navires qui se rendaient dans l’Inde. En 1801, Bonaparte y fit déporter Rossignol et d’autres individus compromis dans le complot de la machine infernale. En 1816, le sultan d’Anjouan réclama vainement la protection de la France contre les incursions des Malgaches. Les Anglais eurent dans l’île, jusque vers 1883, un dépôt de charbon. Mossarnoudou ou Anjouan, la résidence du roi, est construite sur l’orée, entourée de mauvaises murailles et défendue par deux fortins armés de vieux canons; ce gros village est composé de mauvaises murailles en pierres à terrasse et de buttes couvertes en chaume.

i\6 LA FRANCK COLONIALE

En 1892, Saïd-Omar, sultan d’Anjouan, est mort de vieillesse et aussi des austérités du Ramadhan. Comme le traité de protectorat nous donnait le droit de désigner son successeur, le gouverneur de Mayotte a donné l’investiture au fils aîné du défunt, Saïd-Mohammed, très dévoué à la France et parlant bien notre langue. Il a fallu l’imposer de force à un parti de rebelles, principalement de race arabe.

A la suite de ces événements, le protectorat français sur Anjouan est devenu plus actif. De concert avec le nouveau sultan, on a fait un recensement plus exact de la population, établi des droits de douane, imposé une capitation de 10 francs par tète sur certaines catégories d’habitants, organisé une police sanitaire et de sûreté.

La population de l’île d’Anjouan est de 25 à 30 000 âmes, noirs ou .Arabes. Ceux-ci, qui sont l’élément turbulent, tendent depuis notre occupation à émigrer. Anjouan présente des ressources considérables, des terres vierges, la main-d’œuvre et la vie à bon marché. On y a 12 poulets pour 3 fr. CO.

L’île de Âlohéli n’a que 231 kilomètres carrés et 6 000 habitants. Elle est abondamment arrosée par des eaux trop riches en magnésie; les palmiers, les caféiers, cannes à sucre, girofliers, vanilliers y prospèrent. Les habitants fournissent des travailleurs aux plantations de Mayotte.

La Grande Comore, dont l’abord est dilficile à cause de sa forme tabulaire est moins bien connue qu’Anjouan et Mayotte. Elle est d’origine volcanique, dominé par le Kartal appelé aussi Djoungou dja Dsaba « la marmite de feu », dont le sommet a 2 650 mètres d’altitude et le cratère 150 mètres de profondeur et 2 kilomètres de tour On n’y rencontre ni source ni ruisseaux, et l’on ne peut s’y approvisionner d’eau qu’au moyen de citernes.

Saïd-Ali, le sultan de cette île, après avoir vainement demandé le protectorat français, conclut, il y a quelques années, un traité de commerce avec M. Ilumblot, négociant français, qui est devenu résident de France auprès de lui.

Les sultans des îles voisines, voyant d’un mauvais œil les Français s’établir dans le pays, voulurent les cbasser et marchèrent contre Mouroiini, capitale de la Grande Comore.

L’aviso le La Boiirdonnais fut aussitôt envoyé pour protéger nos nationaux ; nos marins, avec l’aide des soldats de Saïd- Ali, battirent complètement les forces ennemies (1886), et, depuis cette époque, on peut considérer l’archipel entier comme placé sous notre protectorat.

Page 1