LES SATELLITES DE MADAGASCAR
Saïd-Alî, depuis cette époque, a dû être protégé plusieurs fois par nous contre des attaques ou des révoltes. En novembre 1891, M. Papinaud, gouverneur de Mayotte, a dû le renvoyer avec des troupes sur le Boiirsaint et le réinstaller dans son île.
ilayolte. — Mayotte, ou Maouté, est déjà une ancienne possession française. Un peu après 1830, Adriansouli, un chef de Sakalaves sur la côte nord-ouest de Madagascar, chassé de ses États par les Hova, vint s’établir à Mayotte et, ayant épousé la fille du sultan Amadi, devint le maître d’une partie de file. Puis survinrent des guerres civiles dans lesquelles intervinrent les sultans d’Anjouan et Mohéli. C’est alors qu’Adriansouli offrit de céder Mayotte à la France moyennant une pension de 5 000 francs et l’éducation de ses enfants à l’île de la Réunion. Un traité sur ces bases fut signé en 1841 par le capitaine Passot et ratifié à Paris le 10 février 1843. La prise de possession officielle eut lieu le 13 juin. Les autres prétendants avaient disparu ou avaient renoncé à leurs droits.
L’île Mayotte est traversée par une chaîne de collines dont les plus hautes ne dépassent guère 650 mètres. Son sol volcanique est inégal, coupé de profondes ravines où les eaux s’amassent pendant la saison des pluies quand elles ne s’écoulent pas en forme de torrent. Le rivage marécageux est à ce point couvert de palétuviers qu’on ne sait où la mer finit, où la terre commence. Seuls les versants des collines sont tapissés d’une végétation un peu fournie qui devient plus serrée dans les fonds. Une ceinture de récifs entoure cette île et forme, une fois qu’on a pénétré à l’intérieur, un mouillage excessivement sûr, d’autant plus que jamais un ouragan, jamais un ras de marée semhlahle à ceux de l’Inde, n’a fondu sur Mayotte.
Parmi les îlots sont Zambourou, Choazü, Ajanga, Souri, Pamanzi, relié par une chaussée à Andrima, « l’île blanche », où se trouve Dzaoudzi, ancienne résidence du sultan indigène. C’est à Dzaoudzi, cause de la facilité de la défense, de l’excellence de la rade et de la salubrité relative de l’endroit, que notre gouvernement a établi sa résidence et le centre des divers services. Il faut le reconnaître, le séjour de Mayotte est à ce point malsain aux Européens qu’ils n’y peuvent résider plus de deux ans, sans être obligés de se venir retremper en Europe. Msapéré, village de 900 habitants, est habité par les négociants indous qui approvisionnent les naturels de toile, de riz et d’objets de toute nature qu’ils font venir au moyen de boutres
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de Zanzibar ou de Bombay. Du sucre, du rhum, de la vanille, tels sont les objets d’exportation de Mayotte qui, en raison de son peu d’étendue et de son isolement, n’ofïrira jamais les éléments d’un commerce un peu considérable. Ajoutons que les naturels sont si indolents qu’on est obligé d’aller chercher à Mozambique les bras nécessaires aux travaux des champs. La culture de la canne, qui était jadis si rémunératrice, ne fournit plus autant, sans doute à cause de l’épuisement du sol. Les derniers chiffres que nous ayons sous les yeux accusent une production de 3 000 tonneaux métriques de sucre et 80 000 fûts de rhum.
La superficie de l’île et des îlots voisins est de 366 kilomètres carrés. La population, en 1889, était de 12 270 âmes, tandis qu’elle n’était que de 3 500 en 1843 et de 10 551 en 1887. Les six dixièmes de cette population sont des indigènes, Malgaches, Africains, Arabes; le reste sont des immigrants, principalement des Indous. Un peu plus de 205 habitants sont Français ou nés dans les colonies françaises. Quant à la religion, plus de 8 000 habitants sont musulmans, environ 500 catholiques.
lies CJlorieiises. — Entre les Comores et Madagascar est une traînée d’îles, d’îlots et de récifs, parmi lesquels l’île annulaire ù’Aldabra, les îles Cosmoledo et Astore, les îles Glorieuses, (j[ui sont les plus importantes. Elles sont rocheuses, coralligènes, inhabitées; mais elles présentent des pêcheries de tortues. Anglais et Français ont à plusieurs reprises élevé des prétentions sur ces îles. D’après un discours de M. llibot, ministre des Affaires étrangères, du 4 juin 1892, les Glorieuses seraient seules à la France. Il en est de même des îles Saint- Paul et Amsterdam au sud de Madagascar.
Itucig^cts. — En 1892, le budget local de Nosy-Bé s’élevait à 90 000 francs. Les dépenses de la métropole ont été de 74598 francs.
Le budget local de Mayotte s’élevait à 260 850 francs. La métropole a dépensé, en 1892, 101,607 francs pour Mayotte et 16 000 francs pour les Comores. — Crédits demandés en 1893: 98 209 francs pour Mayotte et 15 128 francs pour le protectorat des Comores.
Le budget local de la colonie de Sainte-Marie a été en 1892 de 90 000 francs; la dépense de la métropole, pour cette petite ile, en 1892 (de même pour 1893j, de 35 000 francs.
Gabriel Marcel.
Armj/t(i Colin & Ci», éditeurs.
LA MER ROUGE