Au pluriel, Danakil. On les appelle aussi Afar et Adal
Le Donkali vit en nombreuses tribus appelées kahils, dont le gouveruemeut est à la fois aristocratique et démocratique. L’autorité y est bieu exercée par des chefs héréditaires, mais toutes leurs décisious sont soumises aux assemblées de la nation, dites kalam, et où toutes les affaires sont traitées : elles ne peuvent être exécutées qu’après avoir obtenu les suffrages de l’unanimité des membres présents. Les kalam exercent envers les chefs de tribus les droits de réprimande et même de punition.
Les mœurs des Danakil sont sauvages et sanguinaires. L’étranger, chez eux, tant qu’il n’a pas lié amitié avec les membres de la tribu, peut impunément être assassiné. Tout meurtrier a le droit de se décorer d’une plume blanche qu’il porte au sommet de la tête et qu’il remplace plus tard par des anneaux en métal aux poignets et d’énormes boutons aux lobes des oreilles.
Officiellement les Danakil sont musulmans, mais ils ne pratiquent ni les prières, ni les autres cérémonies de l’Islam.
La langue des Danakil a nom afar. Cet idiome peut se rattacher aux autres idiomes éthiopiens. Un dictionnaire de cette langue a été publié, en 1840, par le Rév. C. W. Isenberg à Londres.
Les Danakil apprennent assez facilement à faire des travaux de manœuvres. Nous en avons employé à Obock jusqu’à deux cents en 1882 : on leur avait enseigné, en quelques jours, à se servir de la brouette, du pic et de la pelle de terrassier. Les Anglais en occupent à Aden pour le débarquement des navires, à bord desquels sont aussi embarqués quelques Danakil comme chauffeurs.
Sur ce territoire d’Obock proprement dit, on compte sept tribus, divisées elles-mêmes en fractions plus ou moins nombreuses : les Takj/il, qui habitent Obock; les Asmila, sur l’Atella, les Madelina, les Hassouba, les Aden-Sara, les Ab- Anirnila, \es Bédouitamila, qui comprennent quinze fractions. Sur le territoire de Tadjoura et Gobad, trois tribus : les Adaïl, administrés par le sultan de Tadjoura, les Hassouba, par Omar-Bourham, les Debéné, par le sultan Houmed-Loïta. Toutes ces tribus forment un total de 22 000 têtes, pouvant armer 6000 guerriers.
Tadjoura, ainsi que les autres villes ou villages de la côte appartenant aux Danakil, a dû être fondé par des marchands arabes, qui établirent des comptoirs près des criques où ils trouvaient un abri pour leurs embarcations. Les Arabes qui
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fondèrent Tadjoura, aussi bien que ceux qui ont fondé Reita ou Bailloul, s étant allies avec des filles danakil, ont créé une population aujourd’hui de sang donkali; mais elle doit à son alliage arabe des mœurs et des aptitudes toutes spéciales : fanatisme religieux, esprit mercantile, aptitude aux voyages sur terre et sur mer, et une organisation sociale particulière.
A la tête de ces villes se trouvent trois autorités, et elles portent, ce qui est à noter, le costume arabe au lieu du vêtement donkali. Ces autorités ont les titres pompeux de sultan, vizii , iniani-cadi. Ce dernier est en même temps chargé de l’instruction publique, fonction dont il s’acquitte avec un zèle louable, car, à la différence des Bédouins qui sont tous illettres, presque tous les citadins savent lire, écrire et compter en langue arabe.
Les fonctions de sultan et de vizir sont héréditaires, mais elles alternent entre elles : le vizir succède au sultan décédé, et 1 hei itier de celui-ci remplace dans ses fonctions le vizir devenu sultan. Ces sultans sont censés exercer une sorte de suzeraineté sur les tribus des Bédouins; il serait plus exact de dire qu’à chaque ville de la côte sont attachées comme clientèle un certain nombre de tribus de l’intérieur ou du littoral.
Toutes les villes danakil de la côte, étant plus désireuses de sécurité pour leurcommerce maritime qu’attachées à leur indépendance nationale, avaient depuis longtemps reconnu la suzeraineté des Turcs, lorsque ceux-ci les cédèrent à l’Egypte. Les Bédouins, au contraire, n’ayant besoin d’autre protection que celle de leur lance, ont toujours refusé de reconnaître une suprématie étrangère.
AtiniiiiistraCioM. — Jusqu’en 1886, notre colonie était administrée par un commandant militaire. Depuis elle a un gouverneur, qui est M. Lagarde, assisté d’un nombre très restreint de chefs de service ou d’agents. La justice y est rendue par un juge de paix à compétence étendue. La dépense de la colonie, pour 1895, est évaluée à 631 450 francs. Le gouverneur s est appliqué à employer le plus souvent possible les chefs indigènes et leurs sujets.
La garnison d Obock, la seule du pays, se compose d’une demi-compagnie d infanterie de marine et de quelques canonniers, le tout commandé par un lieutenant. La station locale comprend une canonnière et un aviso.
Lieux iiabités. — Obock est un port qui aura besoin d être amélioré. Les édifices publics sont, pour la plupart, des
baraquements provisoires, OU des constructions très modestes, de fer ou de briques. La colonie est desservie par un service mensuel de la Compagnie des Messageries maritimes qui met Übock à dix jours de Marseille, ainsi que par le service des transports et affrétés de l’État. Enfin Obock est reliée à Perim par le câble de VEastern Telegrajoh Company à laquelle est versée une subvention annuelle de 37 500 francs.
Tadjoiira n’est que la réunion de quelques habitations construites avec des piquets et des nattes au bord de la mer.
Une mosquée, une maison de douane et un fortin en maçonnerie constituent les édifices de Tadjoura; les deux derniers ont été construits par les Égyptiens. Dans de beaux jardins, bien arrosés par des puits à bascule, poussent sous des dattiers une assez grande variété de légumes.
Tadjoura a deux ports et, suivant la mousson, les boutres mouillent au ras Ali ou à Tadjoura même.
La ville de Tadjoura a une population de 1000 à 1500 habitants, dont un certain nombre, le tiers ou le quart, est étranger à la localité : on y rencontre des Arabes, des Indiens, des Juifs, des gens du Ctioa, etc.
A l’exception de quelques artisans forgerons ou bijoutiers, tous les Tadjourates sont en même temps marchands, conducteurs de caravanes, marins.
Outre Obock et Tadjoura, signalons les deux villages maritimes de Sagallo et Ambabo, où s’organisent les caravanes.
Djiboutil a 800 maisons en fer et en briques dont un pavillon qui figura à l’Exposition de 1889. Des Arabes, quelques Indiens, des Danakils, surtout des Issas et une dizaine d’Européens composent sa population estimée à 1 800 individus.
utilité cic cette colonie. — Notre colonie d’Obock peut et doit devenir :
1° Un port de relâche et de ravitaillement entre Suez et la Cochinchine et les autres possessions françaises de l’Extrême- Orient ;
2° Une colonie française;
3° Un centre de commerce maritime ;
4° La tête de ligne d’une route commerciale vers l’Éthiopie méridionale.
1" Un port €le rclnclie tV Obock. — Il ne faut point l’oublier : les Anglais à Aden ont, pendant la guerre franco-
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allemande, interdit de vendre du charbon à des navires fiançais. Ce seul fait, et il est historique, prouve surabondamment que, si la France ne veut point s’exposer, dans certaines circonstances données, à perdre dans l'Extrême- Ûrient une situation laborieusement acquise, elle doit avoir un port à elle dans les parages mêmes où les Anglais ont reconnu qu il leur était indispensable de posséder un établissement pour la sûreté de leur empire des Indes.
Le simple examen d’une carte suffit à démontrer qu’un port de relâche entre Suez et les Indes est tout aussi bien placé sur la côte d’Afrique que sur celle de l’Arabie. La situation de notre établissement est bien supérieure, pour un port de refuge, à celle d Aden : c’est l’opinion de tous les navigateurs qui connaissent le port anglais et la rade française.
Il ne faut que longer la côte d’Afrique de Massaouah à Lardafui, visiter Assah, Reita, Tadjoura, Zeilah, Berbera meme, pour reconnaître la grande supériorité d’Obock sur tous ces différents ports, tous plus ou moins ouverts aux vents du sud ou du nord.
Dans ces parages, soumis à l’influence des moussons de la merdes Indes, les vents sont périodiques et réguliers, plus ou moins impétueux; ils souffient constamment ou du sud ou du noi d , généralement du sud-ouest en été, ils tournent au nordest en hiver.
Le mouillage d’Obock, situé à la corne nord de la baie de Tadjoura et à l’intérieur du redan que forme le ras Bir, se trouve ainsi fermé à tous les vents qui souffient du nord.
Les vents qui soufflent du sud sont sans effet sur la mer d’Obock, car elle est brisée et amortie par les îles, bancs et récifs qui se trouvent entre Obock et Zeila, point qui est lui-môme abrité par un cap des vents du sud.
Le mouillage d Obock, tel qu il est, sans travaux^ offre une rade close, abritée de tous les vents, où un grand nombre de navires de tout tonnage peuvent trouver en tout temps un refuge assuré; mais c’est surtout à Djiboutil qu’on trouve un excellent mouillage, une rade sûre, sans compter que le port est muni d’une jetée de 600 mètres de longueur. C’est à Djiboutil que M.Lagarde voudrait voir transférer le chef-lieu de notre établissement.
2° Obock colonie — Obock ne sera jamais
une colonie agricole ; mais les ressources de son sol sont suffi-
santés pour permettre à des Européens de s’y établir dans de bonnes conditions.
On y trouve tous les matériaux nécessaires aux constructions : bois, argile, sable, pierre à chaux, moellons, pierres de taille.
Les terres arables et irrigables y sont en assez grande quantité pour fournir les légumes et fruits nécessaires à la consommation d’une importante population fixe et à l’approvisionnement d’un grand nombre de navires.
Les pâturages de l’intérieur nourrissent de nombreux troupeaux; ils s’augmenteront, d’après la loi de l’offre et de la demande, à mesure que les achats seront de plus en plus importants.
Les Européens établis à Obock pourront s’y livrer à plusieurs industries rémunératrices que nous allons énumérer.
Il sera facile de transformer en marais salants une partie notable des plages de notre possession ; partout le sel a une valeur, mais à Obock on est aux portes des Indes et de l’Afrique centrale, ces deux grands marchés du monde pour le sel.
La pêche peut, elle aussi, devenir à Obock une industrie prospère : la côte est très poissonneuse ; de tout temps les indigènes y ont fait sécher des poissons, surtout l’aileron d’une espèce particulière de requin, très abondante à Obock et qui serait l’objet d’un commerce important aux Indes pour la Chine. On pourra facilement saler du poisson; or, des quantités considérables de poissons salés venant de l’Arabie, des Indes, de Zanzibarsont consommées àla Réunion, Madagascar, Maurice. Dans cette dernière colonie, la ration réglementaire des engagés indous comprend 250 grammes de poisson salé.
On pourra aussi faire exploiter l’écorce et le bois même de certains arbres, tels que le mimosa et le palétuvier, par exemple.
De produits minéraux, en dehors des matériaux de construction, il n’y en a pas de connus. On avait signalé la présence de la houille i ur plusieurs points; vérification faite, on s’était trompé. Près d’Obock se trouvent des sources d’eaux thermales sulfureuses, qui indiqueraient la présence du soufre dans le sous-sol de la possession.
Nous avons vu, ci-dessus, que nos colons trouveront dans la population indigène d’Obock une partie des bras qui leur seront nécessaires.
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Au reste, deux factoreries françaises existent déjà à Obock.
3“ Obock centre «le commerce maritime. — La
mer Uouge et le golfe d’Aden sont sillonnés par de nombreuses embarcations indigènes dont quelques-unes sont de véritables navires (50, 80, 100 tonneaux de jauge) et qui se livrent à un commerce côtier d’une certaine importance. Il y a aussi dans les mêmes parages de nombreux pêcheurs de nacres, huîtres perlières, tortues.
Obock a été de tout temps fréquenté par de nombreux boutres arabes, venant de tous les points de la mer Rouge et de la mer des Indes; autrefois c’était dans ces mers le seul lieu où ils pussent relâcher et faire aiguade sans avoir rien à payer. Ils y viendront plus nombreux encore le jour où ils sauront qu’ils peuvent s’y livrer à des opérations commerciales suivies.
La première denrée que ces boutres demanderont à acheter ou à vendre, ce sera le riz. Car il est important de noter qu’à Aden le plus grand nombre des boutres arabes venant des Indes y sont chargés de riz ; d’autre part, tous les boutres de la côte d’Afrique qui viennent à Aden y chargent du riz.
A Obock, le riz a pour le commerce maritime la même importance que le sel pour le commerce avec l’intérieur. Obock, aussi bien et mieux qu’Aden, peut devenir un centre commercial important. Si la colonie d’Aden a derrière elle l’Arabie, Obock a l’Ethiopie.
4° Obock tête «le lis-ne d^uiie route commerciale vers l’Élliiopie méridionale. — Prenons la carte et examinons le golfe de Tadjoura. Ce golfe, qui ne mesure pas moins de 100 kilomètres de profondeur, étant de toute cette côte le point où la mer pénètre le plus en avant dans les terres, est par conséquent le point naturel d’arrivée des caravanes du haut pays.
Le golfe de Tadjoura a la forme d’un estuaire et, en le voyant sur la carte, l’on cherche naturellement le fleuve dont les eaux ont dô le creuser. Ce fleuve existe, c’est VAouache dont les eaux viennent se perdre aujourd’hui dans les lacs Aoiiassa à 60 ou 70 kilomètres dans l’intérieur. A une époque relativement peu reculée, mais au moment où le lac Assal devait être un volcan en pleine activité, il y eut un soulèvement de terrain qui interrompit par un renflement les communications entre le fleuve et la mer. Les eaux de l’Aouache, ne pouvant plus s’écouler vers la mer, durent d’abord inonder la
plaine relativement basse du Aoiissa, et, au fur et à mesure du colmatage des bords de cette plaine, il s’est formé les lacs que nous voyons aujourd’hui.
Les caravanes pour aller à Ankober, capitale du Choa, suivent encore la vallée de l’Aouache, et, après les lacs, leur route se confond souvent avec l’ancien lit du fleuve que l’on retrouve en partie, et elles débouchent sur la mer par Allouli et Sagallo. Là, elles trouvent, au milieu d’un pays plat, une riante oasis, de l’eau, des pâturages, des arhres, parmi lesquels le palmier-dattier; en passant par Amhabo, elles arrivent à Tadjoura, qui est le dernier point de l’oasis, car après ïadjourah le terrain change: il devient montueux et aride.
Relations actuelles de Tatljoiirali avec l’Abyssinie. — Les Tadjourates se sont constamment regardés comme les vassaux du Choa, et ils n’ont jamais cessé de payer tribut aux souverains de cet Etat. Pour être également protégés sur mer et sur terre, ils s’étaient ainsi placés sous une double suzeraineté. Le Choa est le but de toutes leurs caravanes, et une grande partie de la population tadjourate a des maisons et de la famille dans les provinces frontières du Choa, notamment dans l’Argoha.
Malheureusement, et jusqu’à ces dernières années (cela durait èncore en 1884), la ville de Tadjoura a été le centre d’un honteux trafic d’esclaves. Le roi de Choa actuel, Ménélick II, a bien interdit la traite dans ses États, mais les négriers contournent le Choa proprement dit et font en contrebande traverser les provinces musulmanes du royaume par leurs convois. La France saura mettre un terme à ce honteux état de choses.
Les Tadjourates exportent au Choa des tissus d’Europe et des Indes, des métaux, acier, cuivre, zinc, étain, argent, de la parfumerie, de la verroterie et de la bimbeloterie. Ils forment leurs caravanes de concert avec des Bédouins de l’intérieur qui, de leur côté, exportent au Choa du sel du lac Assal et du beurre fondu.
Ces caravanes se rendent à Chano et à Farré: là, l’impôt dû au gouvernement du Choa est payé en sel. Les Tadjourates (appelés Tegouri au Choa) vont à Aliemba, grand marché, où viennent se vendre une notable partie des produits du llarar, Djema, Kalïa, Ennerea, Nonno. Ils vendent leurs marchandises achètent de l’ivoire, du musc, du café, de l’or, des plumes, des peaux, et traitent par courtiers des affaires d’esclaves à livrer.
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Les Bédouins échangent à Chano ou Farré leur sel et leur beurre fondu contre des produits manufacturés au Ghoa même : de la poterie, des étoffes de coton, des fers de lance et des lames de couteau.
Depuis 1882, les Français ont fait quelques opérations directes avec le Ghoa. Elles ont été limitées à des importations d’armes et de munitions de guerre et à des exportations d’ivoire, or, musc, etc.
Ce Cfu’est pour nous l’AI>y.ssiiiie. — Le Ghoa, avec son ancienne province de Harar, qui reste son annexe géographique, offre à notre commerce et à notre industrie autre chose que des affaires ainsi limitées. Il peut, avec ses trois millions de populations chrétiennes et civilisées, ses nombreux marchés, Aliemba, Boule-Orké, Djarso, Rogué, etc., en relation avec l’Éthiopie jusqu’au Kaffa, actuellement tributaire du Ghoa, assurer un immense débouché à nos produits manufacturés et nous offrir les productions de son sol riche et fertile.
Le plateau central éthiopien peut se diviser en trois zones auxquelles correspondent des climats et des productions différentes. A ces zones les Éthiopiens donnent les noms de:
1“ Kolla : les régions les plus basses, où se cultivent le coton, le mil, le café, la canne à sucre, le bananier. Les indigofères cactus, euphorbes arborescents, y poussent spontanément. L’altitude des Kolla varie de 1 5UU à 2000 mètres. Les Kolla sont formées par de petites vallées recoupées en tous sens par des lits de torrents et de rivières.
2o Ouina-Daga (plateau à vignes), où se cultivaient, avant l’invasion musulmane, les vignes ; où se cultivent les céréales, teff, blé, orge, des plantes légumineuses et oléagineuses, des cognassiers, pêchers. Les cyprès, sycomores, oliviers et citronniers sauvages sont les arbres caractéristiques de la région. La Ouïna-Daga est formée d’une série de petits plateaux en terrasses.
3° Daga est le nom des plateaux les plus élevés, de ceux dont l’altitude dépasse 2 SOO mètres ; là, se cultivent le blé et l’orge; les stipées, les églantiers, les conifères y sont les plantes caractéristiques. Les Daga sont formés par de grands plateaux légèrement concaves, au milieu desquels l’on remarque des buttes gazonnées en forme de ballon.
A ces trois régions correspondent aussi trois faunes particulières : la première est caractérisée par l’éléphant, le rhinocéros, l’hippopotame, le buffle, le caïman, le lion, le zèbre, la
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panthère noire, le léopard, le chat musqué (civette d’Afrique), l’oryctérope. La deuxième l’est par des antilopes, des gazelles, le golobe gonereza. La marmotte, un corbeau particulier à corps noir et à plumes blanches, qui lui font sur la tète comme une calotte de prêtre, certaines espèces d’antilopes dont une, le sass, a des poils forts et piquants, caractérisent la troisième région.
De même que les animaux sauvages, les animaux domestiques sont localisés. Les bœufs, les ânes, les chèvres sont communs aux trois régions, mais le cheval et le mouton ne prospèrent que sur la Daga.
Avenir «le nos relations avec l’x4byssinie. —
De ce qui précède, on doit conclure que nos colons d’Obock auront d’autres opérations à faire avec le Ghoa que d’y porter des armes et d’en retirer de l’ivoire et de l’or ; mais il faudra, avant tout, faire un effort pour créer entre le Ghoa et la côte un autre moyen de relation que celui, par trop long et coûteux, des transports par chameaux. Actuellement, il faut aux caravanes un mois pour aller de la mer au Ghoa, et les marchandises qu’elles transportent ont un fret à supporter variant de 2 000 à 2 500 francs la tonne.
Une route, un chemin de fer peuvent changer cet état de choses ; on peut plus facilement utiliser l’Aouache, qui est probablement navigable et certainement flottable des lacs Aouassa aux mines de soufre du Ghoa. Il n’y aurait donc qu’à réunir- par une route, un chemin de fer ou un canal, ces lacs qui ne sont qu’à soixante ou soixante-dix kilomètres de la mer et ont une altitude positive de 300 mètres environ. Ainsi poùvons-nous, avec une facilité relative et des dépenses minimes, mettre en rapport régulier et constant notre colonie d’Obock avec cet État de Ghoa, notre ancien allié, où déjà un certain nombre de Français ont résidé et résident, protégés par un traité qui a près de cinquante années de date et qui a toujours été religieusement observé par les rois de Ghoa *.
1. Traité politique et commercial entre le roi Louis-Philippe et Sahela- Sellacsié, roi de Choa, et ses successeurs :
Vu les rapports de bienveillance qui existent entre Sa Majesté Louis- Philippe, roi de France, et Sahela-Sellasié, roi de Ghoa, et ses successeurs ;
Vu les échanges et cadeaux qui ont ou lieu entre ces souverains, par l’entremise de M. Rochet d’Héricourt, chevalier de la Légion d’honneur et décoré des insignes de grand du royaume de Ghoa, le roi de Ghoa désire alliance et commerce avec la France.
Vu la conformité de religion qui existe entre les deux nations, le roi de Ghoa ose espérer que, en cas de guerre avec les musulmans ou
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[1 a été signé par Sahela-Sellassié, mort vers 1849, Taïeul de Ménélik II, actuellement roi de Ghoa et, depuis 1889, négus ou empereur d’Abyssinie. Ménélik II, tout enfant, a reçu la bénédiction de l’aïeul mourant. 11 semble avoir hérité de son goût pour les Français. Il a fait un accueil cordial à plusieurs de nos voyageurs, notamment Paul Soleillet et M. Borelli.
C’est xMénélik II qui écrivait à M. Jules Grévy, président de la République : « Nous n’en poursuivrons pas nioins notre œuvre d’ouvrir et d’assurer à la science, au commerce et à 1 industrie les routes qui de Clioa conduisent dans les riches pays du sud. »
Ménélik II cherche à attirer auprès de lui les Européens j plusieurs sont établis depuis des années dans ses États! Pour consolider nos bonnes relations avec Ménélik, le gouvernement de la République lui a envoyé en décembre 1892, le grand cordon de la Légion d’honneur.
AuChoa,la France a donc une œuvre importante à accomplir : aider au développement économique d’un peuple qui a une civilisation analogue à la nôtre, puisqu’il est chrétien et
régi par un code inspiré du droit romain, n o
Paul Soleillet.
En 1893, l’exploitation des salines du lac Assal a été concédée à M. Chefneux pour une période de 50 ans moyennant une redevance fixe, annuelle à la colonie d’Obock. Enfin un service postal vient d'être organisé, de concert avec le ras Makonnen, gouverneur du Harar, par M. hagarde au moyen de courriers montés à mehara. Souvent en moins de cinq jours, une lettre est portée de DJiboutil à Harar, ce qui est considérable, car auparavant les lettres étaient concentrées àAssàb, Zeila, Berbera et Djiboutil jusqu’au départ d'une caravane.
autres étrangers, la France considérera ses ennemis comme les siens propres.
Sa Majesté Louis-Philippe, roi de France, protecteur de Jérusalem s engage à faite respecter comme les sujets français tous les habitants de Ghoa (jui iront au pèlerinage et à les défendre, à l’aide de ses représentants, sur toute la roule, contre les attaques des infidèles.
Tous les fiançais lésidant au Ghoa seront considérés comme les sujets les plus favorisés, et, à ce titre, outre leurs droits, ils jouiront de tous les privilèges qui pourraient être accordés aux autres étrangers.
foules les marchandises françaises introduites au Ghoa seront soumises a un droit de 3 pour 100, une fois payé, et ce droit sera prélevé en nature afin d éviter tou te discussion d’arbitrage sur la valeur desdites marchandises, fous les Français pourront commercer dans tout le royaume de Ghoa. Tous les brançais résidant au Ghoa pourront acheter des maisons et des terres, dont l’acquisition sera garantie par le roi de Ghoa; les brançais pourront revendre ou disposer de ces mômes propriétés.
Fmance colomale.