Francis Garnier, Exploralion du Mékong, 1. 1, p
L’INDO-CHINE FRANÇAISE m
Canibo(li?e, et fut le principal auteur du traité du l î août 1803, qui nous donnait le protectorat du Camltodge.
Bientôt après, il explora le cours du Mékong’, traversa le Laos et parvint jusqu'au Yunnan, où il mourut (12 mars 1868), après avoir dirigé une des plus merveilleuses reconnaissances géographiques du xix® siècle.
Premier projet «le protectorat sur l’Aiinam. —
L’amiral de la Grandière, après avoir occupé les trois provinces occidentales de la Basse-Cochinchine , constatait l’état de décomposition dans lequel tombait l’empire d’Annam. Il pensa lui imposer notre protectorat par un traité qui consacrerait la prise de possession des contrées occupées, et ouvrirait enfin au commerce les ports spécifiés par le traité de Saigon, lesquels étaient demeurés fermés en dépit de la convention acceptée par l’Annam
La guerre de 1870 ne permit pas uses successeurs, héritiers de la ferme politique de l’amiral, un des plus remarquables fonctionnaires ejue nous ayons jamais eus, de mener à bonne fin les négociations engagées dans ce but. Les revers essuyés sur le Rhin et sur la Loire avaient eu un douloureux retentis^ sement dans l’extrême Orient. Les princes asiatiques croyaient que nous étions devenus impuissants.
M, Dupuis. — Au commencement de l’année 1873, un de nos compatriotes, M. Jean Dupuis, fixé depuis longtemps en Chine, avait passé des traités pour la fourniture d’armes et de munitions avec le maréchal chinois Ma, chargé de la répression des rebelles musulmans du Yunnan. Ce négociant, ayant appris des membres de l’exploration du Mékong que le fleuve Rouge ou Song-Koï, qui traverse le Tonkin, pouvait porter des bateaux depuis la mer jusqu’à Mang-hao, réussit, malgré le mauvais vouloir des mandarins annamites, à faire remonter un chargement jusqu’à cette ville. Il revint à Hanoï le 30 avril 1873.
L hostilité des autorités indigènes obligea M. Dupuis à employer la force pour se faire respecter. Il disposait alors de
i. On n’a pas assez remarqué que le protectorat se trouvait on germe dans le traité du S juin 1S62. L’art. 4 de cet instrument diplomatique dit : « Si une nation étrangère voulait, soit en usant de provocation, soit par un traité, se faire donner une parlie du territoire annamite, le roi d’Annam préviendra par un envoyé l’empereur dos Français, afin de lui soumettre le cas qui se présente en laissant à l’empereur pleine liberté de venir en aide ou non au royaume d’Annam; mais si dans ledit traité avec la nation étrangère, il est question do cession de territoire, cotte cession ne pourra être sanctionnée qu’avec le consentement de l’empereur des Français. »
400 hommes' environ, donl. la plupart étaient des réguliers du Kouang-Si ou du Yunnan, armés de chassepots, et mis à sa disposition par les fonctionnaires du Céleste-Empire. La cour de Hué envoya alors au Tonkin notre vieil adversaire des lignes de Ki-Hoa, le maréchal Nguyen-Tri-Phuong, demeuré l’ennemi acharné de la France.
Impuissant contre M. Dupuis, le gouvernement du roi Tu- Duc demanda à l’amiral Dupré, commandant en chef de nos forces militaires à Saïgon, d’intervenir pour contraindre notre compatriote à quitter Hanoï. De son côté M. Dupuis introduisit contre la cour de Hué une demande reconventionnelle de 200 000 taëls ' d’indemnité par les dommages éprouvés du fait des Annamites.
Dans ces conditions, l’amiral Dupré pensa pouvoir agir au Tonkin. Son hut était d’obtenir un traité qui consacrerait l’occupation des trois provinces occidentales de laBasse-Gochinchine, opérée en 1807, et la signature d’une convention commerciale, ouvrant à nos nationaux le fleuve Rouge.
Francis Ctaruicr. — L’amiral Dupré appela à Saïgon le lieutenant de vaisseau Francis Garnier, ancien compagnon de Doudart de Lagrée, comptant beaucoup « sur l’intelligence de cet officier, instruit par un long séjour en Gochinchine, par le grand voyage qu’il avait fait, sur sa vue fort nette et fort juste de nos intérêts dans l’extrême-Orient et du but auquel nous devions tendre * ».
L’amiral chargea Garnier d’une mission que celui-ci a ainsi caractérisée : ,« Ghercher à apaiser les conflits élevés entre M. Dupuis et le vice-roi du Yunnan, d’un côté, et les mandarins annamites, de l’autre; étudier les dispositions des populations et s’en servir, au besoin, comme d’une arme pour vaincre les dernières résistances des lettrés annamites; négocier avec eux et les autorités du Yunnan un tarif douanier donnant satisfaction à toutes les parties; essayer, enfin, d’obtenir pour notre industrie et nos nationaux l’exploitation des mines du Yunnan, qu’un décret impérial venait de rouvrir ” ».
Tout le programme de l’expédition du Tonkin se trouve dans ces lignes.
Garnier quitta la Gochinchine le H octobre 1873 e arriva,
L Le taël est un lingot d’argent du poids de 37 gr. 7o Le taël est soumis aux variations du change : Longtemps il a valu 7 fr. 50.