ILES SAINT-PAUL ET AMSTERDAM
Bien que rite de la Désolation ait été découverte, en 1772, par le lieutenant de vaisseau Kerguelen, et que, Tannée suivante, nous en ayons pris possession, on ne comprendrait pas beaucoup l'intérêt qu'on peut avoir à la compter au nombre de nos colonies, si, dans certaines circonstances données, les routes de Tlnde, par Suez, le canal de Mozambique et le large des Mascareignes, étant coupées par des croisières ennemies, on n'avait intérêt à s'enfoncer dans l'extrême sud pour gagner rOcéanie. A ce point de vue, Kerguelen peut offrir quelques ressources; encore seraient-elles bien bornées, car aucun quadrupède ne saurait vivre dans ce climat humide et froid, parmi ces énormes glaciers, au milieu de ces montagnes escarpées où ne poussent que des mousses et des lichens et cette crucifère, la Pringlea, dont les qualités antiscorbutiques peuvent être précieuses pour un équipage épuisé par une longue croisière.
L*archipel se compose d'une île principale, décent trente îlots et de cent soixante roches ou récifs. L'île principale est située entre 48o3(y et 50^5' de latitude sud, et m^W et ôS^Ky de longitude est. Elle est à peu près à égale distance de l'Afrique et de l'Australie, au milieu d'une mer couverte de varechs. C'est un des derniers débris d'un vaste continent submergé qui se relie par un plateau sous-marin aux îles du Prince-Edouard, Crozet, Saint-Paul et Amsterdam *.
Les rivages de Kerguelen, au moins sur sa côte orientale sud et sud-ouest (car l'occidentale n'a jamais été visitée que par des pê-
i. La France vient de prendre possession (U et â7 octobre 1892) des lies Saint-Paul et Amsterdam. Ces lies, d'origine volcanique, sont situées au milieu de l'océan Indien^ à égale dislance du Gap et de la côte occidentale d'Australie. La première est par 3So 43' de latitude sud et 75ol5' delongitude est de Paris; la seconde par 37o50' de latitude sud et 75o 13' de longitude est. Elles commandent les lignes de navigation de cette partie de l'Océan et sont toutes désignées, surtout Saint-Paul, pour servir de dépôt de charbon et de point d'attache pour un câble reliant l'Australie et l'Afrique méridionale. C'est un important centre de pèche fréquenté par les pécheurs des lies Mascareiffnes. Enfin on y trouve en nombre considériaible des otaries dont la fourrure est employée en pelleterie sous le nom de loutre.
Les anciens voyageurs ont souvent confondu les deux lies : Saint -Paul fut découverte en 1522 par Sébastien el Cano, un des compagnons de
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cheurs peu en état de procéder à des observations et à des levers scientifiques), est très découpée et présente une multitude de presqu'îles entre lesquelles on trouve de précieux mouillages, entre autres Porf-CAmto(W, les baies de Cwwô^/an(/, Breakttater, Blanche, du Centre y Rhodes, Pallisser, Whale^ Brass Fonderie, Royal Sound, Big Eléphant, Young William, Iceberg, Greenland, A rintérieur, le sol est bossue par une énorme chaîne de montagnes, dont les pics les plus élevés atteignent près de 2000 mètres, et qu i offrent les formes les plus variées : terrasses, pics aigus, dômes, plateaux, cônes effilés, arcades naturelles. Glaciers et névés courent au milieu de rochers volcaniques, de basaltes et de collines cratériformes. On comprend, du reste, qu'un pays aussi rude, continuellement balayé par des vents qui soufÎQeQt en tempête, n'ait guère d'autres habitants que les oiseaux de de mer : frégates, pétrels, albatros ou pingouins. Quant aux phoques à fourrure, quant aux éléphants de mer et aux cétacés qui avaient attiré les pécheurs dans ces parages désolés, ils ont presque entièrement disparu et sont allés chercher au milieu des glaces et des banquises australes un refuge plus assuré. Le 6 janvier 1774, la frégate V Oiseau, que commandait M. de Rosnovet, prit possession de l'archipel Kerguelen au nom du roi de France; trois ans plus tard, Cook, pendant sa croisière dans les mers australes, débarqua dans le havre même où était descendu l'officier français et lui donna le nom de Christmas Harbour. Depuis, ce furent principalement des baleiniers qui s'arrêtèrent à Kerguelen, et, pour retrouver des explorateurs sérieux, il nous faut descendre jusqu'à James Clarke Ross qui, en 4840, séjourna deux mois entiers dans l'archipel et recueillit sur sa flore les observations les plus nombreuses et les plus nouvelles. En 1874, le Challenger, au cours d'un voyage scientifique autour du monde, puis le vaisseau allemand VArcona visitèrent ce groupe. Enfin, pour l'observation du passage de Vénus sur le soleil, trois missions scientifiques, anglaise, américaine et allemande, y firent un séjour de quelque durée et rapportèrent des ervations qui concordent avec celles qu'on possédait déjà sur )eu d'avenir, sur l'absence de ressources des îles Kerguelen,
Gabriel Marcel.
^ellan, et Amsterdam en '1617 par le navigateur hollandais Harwick 2SZ de Hillegom.
L'île Saint-Paul avait déjà été occupée en juillet 1843 par des troupes içaises, sur Tordre du gouverneur de la Réunion ; mais le gouvemeit de la métropole ne ratifia pas cette première prise de possession ionna l'ordre d'évacuer l'île. Elle avait élé, en 1874, visitée par une ision scientifique française.
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