‹ La France coloniale: histoire--géographie--commerce;Chapitre 51 sur 159 · I. ÉTABLISSEMENTS OE LA COTE DES GRAINES ET DE LA COTE D'IVOIRE · texte numérisé non relu

I. ÉTABLISSEMENTS OE LA COTE DES GRAINES ET DE LA COTE D'IVOIRE

OIstoriQue. ■— Les Français étaient établis depuis longtemps sur la Côte des Graines ou du Poivre, à un petit village que les indigènes appellent Ajacouty ei\(à^ Anglais Trade-Town, situé au sud de Grand-Bassa (qu'il ne faut pas confondre avec Grand-Bassam). En 1842, les pays de Grand-Bassa et des Boutou (Grand et Petit) furent achetés par le gouvernement français. Us furent ensuite cédés à la République de Libéria, et nous ne parûmes même plus nous soucier de nos droits sur Ajacouty. En 1852, on reprit pied dans le pays par un nouveau traité passé avec le chef de ce village.

Un peu plus loin, les traités de 1838 et 1842 avec les frères Blackwell nous ont donné une enclave comprenant les deux rives de la rivière Garroway et les territoires avoisinants.

En 1868, par le traité du 4 février, la France acquit, sur la Côte d'Ivoire, tout le pays de Krou, avec les villages et territoires du Grawrf eiduPetit Béréby, le paysduGrand-Casha ; puis, par d'autres traités passés par les indigènes, les bassins des deux rivières Lahou (1884), du Rio Fresco, de la rivière San-Pedro.

Enfin les traités pasfeës, de 1888 à 1891, par plusieurs de nos missionnaires, notamment le capitaine ( alors lieutenant) Quiquandon, Treich-Laplène », Quiquerez, Segonzac, etc., nous ont assuré la possession de tous les territoires, depuis le Rio Cavally jusqu'à notre colonie de Grand-Bassam, sans interruption. Ds comprennent : VOuorodohougou, le Tiassolé, le Baoulé, etc. C'est ainsi que nos établissements de la Côte d'Ivoire ont rejoint la frontière des États de Samory et Tiéba.

cséoirraphiepliyslqae. — La Côte d'Ivoire est arrosée par le Rio Cavally, qui coule entre nos possessions et la République de Libéria, le Rio Pedro, le Tabelah, la rivière Saint- André, le Rio Fresco, le petit Lahou, le grand Lahou ou Bandamana, qui n'a été explorée qu'en partie, qu'on suppose avoir sa source non loin du Niger et qui, avant de se jeter dans la mer, forme le lac ou lagune Lozoa, parsemé de petites îles boisées, comme celles de Piler (nom du chef qui nous céda, en 1884, cette rivière), de Pandam et Afé. Puis vient la lagune d'Ébrié, profonde à peine d'un mètre, mais longue de 120 kilomètres, qui renferme quantité d'îles, entre autres celles de Deblay et Petit-Bassam, Enfin les rivières Tiakba ou Sira, Biéchai, Agnibi ou Issi, Layon ou de VAscension, qui toutes se jettent dans celte lagune.

Baces ei peuples. — Les peuplades les mieux connues de ces contrées sont :

A l'ouest, les Krou, ou Kroumen, une des nations les plus vigoureuses de l'Afrique, de très bonnes gens, très fiers et braves, qui ont su se faire respecter des négriers d'autrefois, tout en refusant de leur vendre d'autres nègres comme esclaves. Ils forment de petites républiques, présidées par un chef qui gouverne avec le concours des anciens. Au contact des Européens ils ont pris le goût du commerce et sont volontiers polyglottes.

Au nord, on retrouve des peuplades mandingues, apparentées à celles de notre Sénégal et de notre Soudan.

A l'est, en allant vers les rivières Lahou, on trouve les Grébo ou Glébo, ou t gens de Saint- André » de race krou; les Avekvom, ou Avikom, auxquels on donne le sobriquet ôeKoua- Koua; et enfin sur la lacune d'Ébrié, les Aradian plus connus sous

i. Mort le 15 janvier 1892. -- En avril 1891, sur le Lahou, meurtre dee explorateurs français Voituret et Papillon, par les indigènes de TiaêsaU, Ils ont été vengés, le 11 mai 1892, par le combat de Touué*

un autre sobriquet, celui de Jack-Jack, très habiles courtiers de commerce.

Au nord de la lagune d'Ébrié, sont les tribus turbulentes et guerrières des Boubouri.

nu ÉTABLISSEMENTS DE LA COTE D*OR : GRAND-BASSAM ET AS8INIE.

Historique. — Les établissements français de Grand- Bassam et d*Assinie datent de 1843. Sur les demandes de maisons françaises qui avaient fondé des comptoirs sur cette côte et y faisaient un commerce important, une occupation effective du pays fut décidée. On conclut des traités avec Amatifou, roi du pays d'Asshiie, et différents chefs de Grand-Bassam. La France promettait de payer une certaine coutume annuelle, et en retour, les rois et chefs s'engageaient à fournir des terrains sur le bord de la mer, à faciliter les opérations commerciales, et à tenir ouvertes les routes pénétrant dans l'intérieur du pays. Des postes furent établis à Assinie, Grand-Bassam et Dabou.

Au milieu de ces populations paisibles, un tel déploiement de forces était bien inutile. Une simple canonnière parcourant les lagunes suffisait à donner toute sécurité aux transactions commerciales et à régler tous les palabres entre tribus. Les troupes, immobilisées dans les postes et constamment oisives, s'adonnèrent à Tivrognerie et à la débauche, et la mortalité fut <^nurme. Grand-Bassam et Assinie eurent alors une réputation déplorable, et tout projet de développer la nouvelle colonie fut systématiquement repoussé.

.\insi la maison Régis, de Marseille, établie sur les lieux, avait proposé d'obliger tous les producteurs d'huile du fond de la lagune à venir traiter avec les factoreries de Grand-Bassam : il sulTîsait, pour amener ce résultat, d'établir des droits de douane sur les marchandises importées aux Jack-Jack, village situé en face de Dabou. Grand-Bassam devenait ainsi le grand entrepôt d'huile de la côte de Guinée. Mais ce projet rencontra une opposition absolue de la part du gouvernement, qui, loin de songer au progrès de la colonie, ne cherchait qu'un prétexte à l'évacuation. Elle eut lieu en 1870.

A cette époque, les postes d'Assinie, Grand-Bassam et Dabou furent retirés. Les coutumes continuèrent cependant à être payées, et M. Verdier, de la Rochelle, chef de la seule maison française demeurée dans le pays après l'évacuation, prit le titre de résident (1871-1889).

Cette maison de commerce sut persuader aux chefs et aux

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populations, un moment troubles par la retraite des garnisons, que le gouvernement français ne les abandonnait pas, puisqu'elle restait au milieu d'eux. Grâce à ses vigilants efforts, aucune défection ne se produisit malgré les incessantes tentatives d'intervention du gouverneur de la Côte d'Or anglaise, et Assinie et Grand-Bassam sont aujourd'hui, malgré les quinze années d'abandon, des possessions françaises incontestées.

De récents traités ont étendu, au nord, notre protectorat sur le Baoulé et les pays compris entre le Baoulé et le pays de Kong, tel que le Bondoukou, le Djimini, VAnno*, le Mango, le Morénou, VIndénié, le Bettié, le Sanwi, le Potmi, VAkapless, ^r les tribus des Agni et des Ocfiin.

Les conventions anglo-françaises du 10 août 1889 et du 26 juin 1891 ' ont déterminé la limite entre nos possessions et la colonie anglaise de la Côte d'Or. Cette limite, qu'une commission anglo-française travailla à déterminer avec plus de précision, nous confirme les territoires ci-dessus indiqués, mais laisse à l'Angleterre la rive droite de la basse Tanoué, les pays de Broussa, Aowin, Sahné; elle coupe la route d'Annibilé à Gap-Coast, à égale distance de Débmou et Atiébendékrou, nous laisse la route directe d'Annibilé à BondmikoUj passe par Bonko, atteint ensuite la Volta ' et la suit jusqu'au 9' degré de latitude nord. Elle nous enlève le pays do Ligouy, qu'on pouvait regarder cependant comme une dépendance du Bondoukou. /

Dans la zone d'influence anglaise se trouve donc le royaume des Achanti, capitale Coumassie, où les sacrifices humains sont aussi en honneur que dans le royaume de Dahomey. Les Anglais ont dû faire contre les Achanti l'expédition de 1874 qui aboutit à la prise et à l'incendie de la capitale. La population de cet État est d'environ 1 million d'habitants.

Description du pays. — Vue de la mer, la côte ne présente aucune élévation remarquable. Les navires, pour reconnaître l'endroit où ils se trouvent, n'ont parfois pas d'autre point de repère que quelques bouquets de palmiers s'élevant un peu au-dessus des autres. On conçoit que les cartes marines reposant sur de tels indices aient souvent besoin d'être retouchées.

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